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Mardi 2 mai 2006

 

      LE CHEMIN PERDU ( 1 )   

 

                    

 

                       " ... By Him who died on cross ,

                      With his cruel bow he laid full low

                      The harmless Albatross .

                      The Spirit who bideth by himself

                      In the land of mist and snow ,

                      He loved the bird that loved the man

                      Who shot him with his bow .

 

                       ... The man hath penance done ,

                        And penance more will do . "

 

 - " Par Celui qui mourut en croix , c'est lui qui de son arc cruel abattit l'innocent Albatros . L' Esprit qui solitaire habite la terre de la brume et de la neige , aimait l'oiseau qui aima l'homme  qui de son arc le fit périr ...

... L' homme a fait pénitence , et fera pénitence encore . "

Samuel Taylor Coleridge ," The Rime of the Ancient Mariner " , Part V. 

 

 

                             

                   L'ALBATROS

 

 

                          

                 L'albatros est déjà mort ,

                 Transpercé d'une lance en or ,

                 As-tu fait pénitence ,

                 Trouveras-tu le port ?

                 Toi , le vieux marin ,

                    Tu ne sais plus trop bien

                 Naviguer ,

                 Ton attente est si grande ,

                 Et la mer ,

                 Immensité ...

 

                                 ___

 

DAN AR WERN - Le Chemin Perdu - 1 - L'Albatros -  1976 . Pep gwir miret strizh / All rights reserved . " Le Chemin Perdu " , Copyright 1992.

                            ___

 

      " Souvent , pour s'amuser , les hommes d'équipage

     Prennent des albatros , vastes oiseaux des mers ... "

                         

     Baudelaire , " Les Fleurs du Mal " , Spleen et Idéal , II , " L' Albatros " .

                                  ___

par Dan Ar Wern Official Website publié dans : Poésies / Chants
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Mardi 2 mai 2006

 

LE CHEMIN PERDU 
( Table / Taolenn / Contents )

 

 

 

E miz eost 1991, e kejis gant an Aotrou Yann THOS , Drouiz Meur ar gevredigezh sevenadurel "BREKILIAN" , lec'hiet e Pempont , straed veur.

Siwazh e oa serret an ti en hanv diwezhan ( 2005 ) , hag em boa klevet ivez un doare trist. 

D'ar 6 a viz c'whevrer 1992 , koulskoude , e tegemeren ul lizher , sinet Ived Nicol , hag a lare din e oa aet ganin ar priz  " Enorioù Brekilien" evit va levr , anvet : AN HENT KOLLET.

Setu e-barzh an 22 barzhoneg  , e brezhoneg hag e galleg , ha  re , bet embannet dija , hag a vo bet troet ganin .

Kinniget eo bet al levr -man da Yann Thos , ha breman graet en e goun . Doue d'e bardono !

I received a prize ( Honours of Brocéliande ) for my book of poetry in 1992 , after having met Jean THOS , who was a  great druid and also the president of  the cultural association " BREKILIAN " " , located in Paimpont .

This book was called : THE LOST WAY , and was written in french and breton.

It's dedicated to Jean Thos . God bless his memory !

You'll find here the 22 poems , with  those  , been already published , that will be translated .

GS / NB : Bez' e oa 24 barzhoneg da gentan . Koulskoude , em eus divizet da c'houde lakaat an div ziwezhan e-barzh dastumadoù all : " Ster Nevez " e-barzh " Steredennoù Ar Mintin " , ha " Prière " e-barzh " Pedennoù Un Harluad " .

There was 24 poems at first , but I decided after to put the two last ones inside other collections : " Ster Nevez " ( New Stars ) into " Morning Stars " ( Steredennoù Ar Mintin ) , and " Prière " into " Prayers In Exile " ( Pedennoù Un Harluad ) .

Dan Ar Wern

 

 

 

 

 

LE CHEMIN PERDU

 

 

 

  TABLE DES POEMES


1 - L'Albatros - 2 - Voyage - 3 - Océan - 4 - Tombelaine - 5 - Finistère - 6 - Setu Va Breizh-Izel - 7 - Evit Ar Brezhoneg

8 - Bretagne - 9 - Bretoned , Da Gentan ! - 10 - Ni Hon-Unan - 11 - Celui Qui Part - 12 - Soazig - 13 - Dremmoù Kollet - 14 - Div Durzhunell

15 - Colombe d'Or - 16 - Merlin - 17 - An Den Gant An Delenn - 18 - Bibrakt - 19 - A-Dreuz Ar Goadeg - 20 - Viviane - 21 - Le Chemin Perdu

22 - Ha Piv Eo Ar Bugel ?

 

NOTE : certains poèmes en langue bretonne  paraîtront prochainement dans la revue AL LIAMM .

Some poems will be published first  in AL LIAMM .

par Dan Ar Wern Official Website publié dans : danarwern
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Vendredi 28 avril 2006

 AUBERIVE ( 6 )

 

 

 

 Villeneuve / Kernevez 

 

 ( Mammennoù / Sources ) 

 

 

- SONGS BY DAN FOGELBERG : " Nether Lands", " Dancing Shoes", "There's a place in the world for a Gambler "-Epic Records, Full Moon.

- SIMON AND GARFUNKEL : "April come she will ", CBS Records.

- CARSON MCCULLERS : " The Sojourner " (An Tremeniad), danevell e-barzh "The Ballad Of The Sad Café " (Gwerz Ar C'hafedi Trist) ha " Who Has Seen The Wind ?" ( Piv En Deus Gwelet An Avel ?) e-barzh " The Mortgaged Heart " ( Ar Galon Ouestlet Warni ), Houghton Mifflin Ed.

- NOVALIS ( Friedrich Von Hardenberg : 1772-1801 )

  " Heinrich Von Ofterdingen ", oberenn veur ar Romantelezh . Romant lourennek , intret a varzhoniezh , a brederouriezh , brudet-kaer .

   Sophie Von Kühn , danvez-gwreg Novalis , a varvas yaouank-tre . Nec'het-bras e oa bet ar barzh gant ar gwalldaol-se .  Evit Sophie , e savas goude " Hymnen an die Nacht " ( Meulganoù d'an noz) ha " Geistliche Lieder " ( Kantikoù ) .

                                     ___

 

DAN Ar WERN - Auberive ( 3e Cercle ) - 6 - Villeneuve , Sources - Pep gwir miret strizh / Tous droits réservés / All rights reserved . " Auberive " , Copyright 2006 .

                                     ___

 

                                                     

par Dan Ar Wern Official Website publié dans : Trilogie 3 / Nouvelles
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Jeudi 27 avril 2006

AUBERIVE ( 6 )                           

 

 

Villeneuve 
( suite )

 

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                                                                               (...)                           Nous sommes redescendus .

J'avais retrouvé les collègues , la vie de bureau .

Heureusement qu'elle m'avait confié son adresse , pensais-je avec angoisse .

Par chance , elle demeurait dans la région parisienne .

" Je suis au pair , à Neuilly , pour deux mois encore ...

                                Je tremblais d'entendre ces paroles , qui semblaient définitives . Je lui écrivais de longues déclarations d'amour , avec ce désir en moi , chaque soir , de l'appeler au téléphone .

Aimablement , de son calme imperturbable et de sa logique toute américaine , elle se moquait de mes avances .

                                Nous convînmes d'un rendez-vous .

Je me rappelle ... Je la pris devant son école de danse , place des Invalides . Le mois d'avril était en fleurs , je la trouvais plus ravissante que jamais . Nous traversâmes les Tuileries sans dire une parole .

Tu m'avais prévenu : " Essaie juste d'entendre ce refrain , - La vie , je t'aime !

En moi pourtant , cet autre couplet psalmodiait sa réponse , au milieu des feuilles déjà flétries par une caresse mortelle d'un vent d'automne :

" Avril , elle viendra ... Septembre , je me souviendrai ."

                                Tu respirais la douceur de l'air à pleins poumons .

" Je suis si heureuse d'être ici ... Quelle  journée magnifique !

Le soleil resplendissant illuminait tes yeux d'émeraude , à moins que ce ne fût ton sourire qui monta vers lui .

                                Je n'oublierais jamais ce restaurant , vers Saint-Michel , où tu m'avais entraîné : " La Petite Hostellerie ".

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C'est devenu un lieu de pèlerinage .

" Tu m'aimes bien ?... J'ai coupé mes cheveux , murmura-t-elle d'un air ingénu qui me donnait encore plus envie de l'embrasser comme un fou !

Je lui tendis son cadeau : de nouvelles chaussures de ballerine , dont elle m'avait fait l'éloge enthousiaste à la devanture d'un grand magasin .

Sa main toucha mon bras , furtivement .

" Merci , Yann ... Je ne les mérite pas , tu n'aurais pas dû ...

Elle hésita un peu , confuse , rougissante :  "... Elles sont trop belles ...

J'allais lui répondre , saisi d'émotion .

Non , ne parle pas , je t'en prie ... Qui peut dire le faux et le réel ?

Après un silence  :  " Tu sais , je vais partir bientôt ... Je vais en Grèce avec ma copine Julie ... Tu la connais déjà , non ?

C'était celle qui vivait en Angleterre . Elles skiaient toujours ensemble .

                                Je n'eus la force que de répondre très lentement , comme anéanti déjà par l'idée de cet avenir sans elle que j'avais pressenti sans avoir le courage d'y faire face .

Et mon humour lui parut glacial , sans doute : " Je crois que je vais me jeter dans la Seine , fanfaronnai-je pour tenter de lui masquer la violence de ce deuil avec pudeur .

Elle fit semblant de ne pas vouloir comprendre , ou plutôt s'efforça de rire :

" Ouah ! Ces français , toujours romantiques !

 

                                                         

 

                                Je n'avais pas encore touché le fond .

La ramenant à l'entrée majestueuse de ce palais qu'elle habitait encore , je me sentis effondré d'y laisser ma jeune princesse , comme devant la porte infranchissable de l'absence .

Elle voulut m'encourager , disant qu'elle reviendrait pour quelques jours .

Ces derniers mots ne firent qu'aggraver ma douleur . Je la tenais tout contre moi , des larmes plein les yeux .

" Je dois rentrer ... So long , Yann !

 

                                Longtemps j'ai pleuré , longtemps j'ai souffert .

Nul n'a senti , plus fort que moi , l'inéluctable contingence de l' homme . J'aurais voulu te suivre au bout du monde , même à travers les mers , sur le dos de mon vieil et fidèle coursier .

Si j'avais pu ...

                                Je t'aimais , Virginia .

Comme l'eau dormante du lac enflammée soudain d'une inaccessible étoile .

Je t'aimais . Tu étais mon rayon de soleil .

                                Mais dis-moi , où faut-il aller lorsqu'on arrive à la fin de son rêve ?

             

                                    ___

 

 Dan Ar Wern - Auberive ( 3e Cercle ) - 6 - Villeneuve / Kernevez ( 2 ) - Mars 1986 - Traduit du Breton par l'auteur - Pep gwir miret strizh / Tous droits réservés / All rights reserved - Publié dans Al Liamm n° 336 ( Février 2003 ) . " Auberive " , Copyright 2006 . 

                                    ___ 
                                       

" Elle est si belle que la regarder touche à la souffrance ; c'est comme une âme visible ...

 Isabelle Rivière - " Images d'Alain-Fournier " - La Belle Histoire .

                                    ___

                                          

par Dan Ar Wern Official Website publié dans : Trilogie 3 / Nouvelles
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Jeudi 27 avril 2006

 

 AUBERIVE ( 6 )

 

 

                              Villeneuve

 

à Vefa de Bellaing


" And where do you go when you get to the end of your dream ? 
Où allez-vous quand
vous touchez à la fin de votr
e rêve ? "

Dan Fogelberg

 

 

                                              

                                Il faut monter pour atteindre Villeneuve .

On a quitté la grande ville, anonyme et tentaculaire, à l'aspect grisâtre , pluvieux , laissé au loin la gare de Lyon , ses fumées , ses enchevêtrements de rails et de destinées innombrables.

Gens pressés , qui courent dans tous les sens , et  se bousculent , comme des fourmis . Crissements de roues sur le fer , déchirant l' immense plainte humaine au langage incompréhensible , et là-bas , se diluant dans la foule , comme absorbée par elle , une main tendue sans espoir vers cette silhouette fugitive , l'ombre d'un sourire cherchant le visage rayonnant d'une jeune fille , vite disparue , qui , l'espace d'une seconde , vous a montré le chemin d'une vie renaissante...

                                Vous essayez de vous endormir , allongé sur votre couchette , malgré le bruit , la chaleur , la gêne provoquée par la promiscuité de six personnes , dont l'une ronfle , entassées dans cet étroit compartiment .

Les rires étouffés , le chuchotement ininterrompu de deux d'entre elles , tout là-haut , vous font croire que Laura ou Muriel vous invitent , sans toutefois les connaître , à intervenir et donner  votre avis sur leurs problèmes intimes , dont vous n'ignorez plus rien .

Puis , finalement , vous êtes vaincu par le sommeil , le roulis lancinant du wagon parvient à vous bercer ...

                                Les dernières images de la journée s'accélèrent , tandis que le train fonce à toute allure dans ce tunnel opaque des rêves inachevés : décor de bureau , poussiéreux , jaunâtre de lumière artificielle , avec ses visages glâbres , ses mains molles d'autosatisfaction .

Dossiers qu'on expédie entre deux bavardages dont l'intérêt se limite à celui de vouloir faire avancer la pendule paresseuse , clients récalcitrants , promesses d'hypocrite à une fille qu'on oubliera , parce qu"elle trompe seulement votre ennui ...

                                Toute une morne existence défile , sans nécessité , uniquement par le génie d'une mécanique absurde , incontrôlable , celle d'un jeune fonctionnaire assez seul , qui veut échapper à la monotonie quotidienne , et se retrouve englué dans la routine ...

Ce moment tant attendu de partir enfin , mais qu'aujourd'hui on avance un peu , sur le coup de six heures , car l'ivresse de la liberté , depuis la veille , vous oppresse  le coeur ,  vous noue l'estomac , vous donne envie de vomir. Cigarette sur cigarette , les minutes passent ...

Puis l'on s'enfuit comme un voleur ! 

                                D'autres visions surgissent , plus lointaines , plus imprécises , maintenant , dans la torpeur grandissante , berceau de la nuit : je me revois galopant sur un cheval fougueux , lorsque j'avais quinze ans , le long de cette grève immense et déserte , à Plestin , face à la mer déchaînée de mon enfance et de ma jeunesse .

Mon premier amour inaccessible , à la longue chevelure de miel , et que je regardais à peine ...

Elle rougissait de crainte , et nous n'osions rien dire ...

La lande était parfumée de boutons d'or et de genêts en fleur tapissant le sol des hautes falaises ; touffes printanières que le vent matinal effeuille , posées sur l'océan de toile écrue , et dont les couleurs , si tendres , viennent se perdre dans les nuages d'un ciel rosissant d'espérance .

                                " Que reste-t-il de tout cela ? , me dis-je , à mesure que l'aube toute blanchie de neige immaculée découvre les grands sapins noirs montant la garde au pied des cimes grandioses .

Seulement de " petits riens ", que le spectacle des apparences fait naître , comme un désir inassouvi flottant dans l'air et qui , parfois , voudrait tourmenter le coeur d'un jeune homme en quête d'une autre réalité, d'un autre " lui-même " ?

" Une illusion passagère " , qui dessinerait les contours imprécis d'un Ange de l'Eternel à l'ineffable destinée ?

L'impression pénible d'avoir entendu , déjà , ces paroles évanescentes que l'on retrouve au détour d'un après-midi tranquille , et qui s'envoleraient des lèvres d'une Enchanteresse vers des contrées mystérieuses ?...

Rien , peut-être, sinon que poussière au pays des songes ... De vieilles photographies ?

 

                  

                                De temps en temps je les regarde , lorsque j'ai la nostalgie d'anciens jours .

Ton visage m'entraîne encore vers ces moments de grâce et de souffrance , à la recherche d'une époque disparue .

                                Ce n'était pourtant qu'une semaine de vacances , parmi tant d'autres , dans une station de ski des Alpes .

Mais il régnait , dans ce grand chalet de montagne , une ambiance de jeunesse en fête , et moi , j'attendais quelque chose de miraculeux , sans doute , voire même "d'impossible" , ajouteras-tu plus tard sur un ton pragmatique .

" Vous , les Français , vous êtes rêveurs , comme Chateaubriand ... J'ai étudié le Romantisme ! , annonçais-tu fièrement dans un rire aguicheur où affleurait le son de ta voix délicieusement exotique , et derrière ce constat médical un peu froid , méprisant , se cachait , j'en suis sûr , l'envie inavouée d'en savoir plus et de jouer de ton charme , de faire souffrir ...

" O Virginia , y a-t-il une place dans ton coeur pour un amour blessé ? "

                                       En relisant ce poème d'autrefois , j'essaie d'imaginer ta vie présente , si étrangère désormais , de vaincre l'indifférence , mais aussi cette calme lucidité que seul le temps destructeur peut apporter  malgré nous .

Longtemps j'ai pleuré , longtemps j'ai souffert .

Nul n'a crié plus fort que cette douleur en moi , bâtie sur du vide , écrasante et silencieuse .

Comment saisir l'insaisissable ? Comment se perdre dans les caprice du vent qui vous entraîne , et qui change , et soudain s'enfuit dans les nues ?

" Qui a vu le vent ?... Devais-je suivre l'hirondelle au-dessus de l'immense plaine marine , ou simplement me cacher à l'intérieur d'une lettre ?

Jamais je ne reçus de réponses ...

                                Tu n'écrivis qu'une fois , pour me remercier à-propos d'une valise oubliée par mégarde , et que j'avais réexpédiée à mes frais . Ce fut tout .

                                Chez toi , il n'y avait pas de place pour le passé , pas d'avenir pour ces folles descentes sur les pistes de Villeneuve , et nos crises de fou-rire , nos batailles dans la neige avec Patrick et Bernard .

Que sont-elles devenues , nos discussions passionnées sur l'oeuvre de Novalis , ou celle de Carson Mc Cullers ?

" Je suis The Sojourner , celle qui passe , lançais-tu par bravade , et toi tu es Heinrich !"

" Pauvre Henri, il pleure encore, il a perdu sa Sophie , ajoutais-tu sur le ton d'une ironie gentille et condescendante .

Je te parlais de ma Bretagne , de sa langue oubliée , méprisée , de sa culture .

" C'est drôle , vous , les Français ... Je n'ai connu ici qu'un révolutionnaire basque , et maintenant , toi !

                                Et cette soirée au piano-bar ?

Tu avais chanté ta chanson fétiche , celle de Dan Fogelberg , la nôtre :

" There's a place in the world for a gambler " , il y a une place dans le monde pour un flambeur ...

Et nous dansâmes , nous avions un peu trop bu , irish-coffee , sangria ...

" Vois-tu , Yann , il faut penser au moment présent , si tu veux être heureux .

 Je te serrais la taille , reposant ma tête sur tes longs cheveux d'or 

 Un visage d'ange effleurait le mien ...

 C'est alors que , sans crier gare , tu m'embrassas violemment !

 

( A Suivre)

                                                                    

                                    
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DAN AR WERN - Auberive ( 3e Cercle ) - 6 - Villeneuve / Kernevez ( 1 ) - Traduit du Breton par l'auteur - Mars 1986 - Publié dans N° 336 AL LIAMM , février 2003 - Tous droits réservés / Pep gwir miret strizh / All rights reserved .
" Auberive " , Copyright 2006 .

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 " Etude " , par William Bouguereau ( 1898 )  

par Dan Ar Wern Official Website publié dans : Trilogie 3 / Nouvelles
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