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LES EXPLOITS DE ROLL DAGORN - III - Le Soleil des Armanes ( Cycle de L'Etoile XXXI ) - Chapitre 2 - Le Sous-Marin .

19 Août 2024 , Rédigé par Dan Ar Wern Publié dans #LES EXPLOITS DE ROLL DAGORN

LES EXPLOITS DE ROLL DAGORN - III - Le Soleil des Armanes ( Cycle de L'Etoile XXXI ) - Chapitre 2 - Le Sous-Marin .
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LES EXPLOITS DE ROLL DAGORN

( III )

 

 

 

 

 

 

Le Soleil des Armanes

 

 

 

 

 

 

 

 

 

II - Le Sous-Marin

 

 

 

 

 

 

" Je crus tomber dans un abîme qui traversait le globe . Je me sentais emporté sans souffrance par un courant de métal fondu , et mille fleuve pareils , dont les teintes indiquaient les différences chimiques , sillonnaient le sein de la terre comme les vaisseaux et les veines qui serpentent parmi les lobes du cerveau ... "

Gérard de Nerval - " Aurélia " I ,4 .

 

 

     

 

 

 

     5 - Il s'était senti si fatigué qu'il était tombé tout habillé sur sa couchette !

          L'espace d'un instant , perdu dans son rêve , complètement harassé par le bourdonnement factice d'une étrange mécanique dont l'origine lui semblait comparable au ronron des roues d'un train , le voyageur se demanda ce qu'il y avait de réel au-dessous des blocs de couleur sombre de cette mer inconnue parsemée de montagnes de glace blanche où peut-être évoluait encore un cruel ange noir de la mort , narguant , majestueux , l'effroyable panique de toutes ses pauvres victimes , pantins ridicules dont , sans vergogne , il tirait les

ficelles , voguant comme un aigle aux serres sanguinolentes dégoulinant sur un désert de ces moutons résignés , tremblant de peur , faisant planer son ombre tragique sur les cadavres flottants et gelés de ses crimes inexpiables ! 

         Qui étaient-elles , ces ombres sans vie , à côté de lui ? N'offrons-nous donc rien , se questionna-t-il , à la douleur des autres qu'un peu d'indifférence pour fuir cette terrible culpabilité personnelle dans l'incolore sensation du conformisme et de la banalité de l'horreur ?  

         Et songeant à l'immensité de l'espace des yeux grands ouverts des disparus , l'homme se rappela ce long chemin balayé par le vent qui ne mène nulle-part , quand il se faufile à travers champs vers la falaise abrupte . Il se demanda en sanglotant s'il était vraiment possible de survivre au terme d'un tel parcours , comme si , en se jetant du bastingage , en sautant dans le vide , on franchissait aussi le seuil de cet au-delà inespéré du mal depuis le haut du cercle , parvenant , pour finir , à se débarrasser du vieil uniforme de ses illusions perdues ...

        C'est alors qu'il crut voir , parmi les dépouilles de toutes ces célébrités devenues vaines , le monstre ricanant au bout d'un énorme gouffre de ténèbres trouant  le ciel ! Sa peau s'était mise à redevenir brillante , écailleuse , au fil d'étendues cosmiques bizarrement parcourues d'étranges lueurs verdâtres tandis que , plongeant dans le vide interstellaire , une roue immense détachée d'un gigantesque arc-en-ciel planait au-dessus du château de la " Mort Rouge " où , s'y étant retranchée d'un rictus méprisant , la créature avait su guider les passagers vers le royaume souterrain .

( 7 )

        Tout lui semblait si sombre soudainement ! Mystérieux comme le martèlement de l'eau sur la carlingue , résonance en lui d'un glas sépulcral au-dessus de la cabine où il dormait , chaque fois que venaient lui rendre visite , à minuit sonnant , selon lui , les carillons insatisfaits du vent s'époumonant en vain par la persienne aveugle d'une mémoire outragée !

       Alors , n'était-ce pas une chute interminable , ensuite , horrible cauchemar , dans l'espace infini du silence ?

       Que lui était-il arrivé pour voir de plus en plus grossir ce petit point de lumière blanche et bleue au centre d'une tentaculaire toile d'encre piquetée de points lumineux , liant son âme éternelle à de multiples autres telle qu'une pierre précieuse née du gouffre insondable de l'explosion de millions d'étoiles , vertigineuse plongée au centre de soi-même , rémanent effluve d'une conscience énergie depuis ses premiers balbutiements de roche et matière brute jusqu'aux subtiles ondes fluidiques d'un temple spirituel rutilant de ténébreuse incandescence ? 

       En se sentant devenir aussi vieux d'esprit que son guide et , paradoxalement , comme lui rajeunir physiquement davantage pour prendre enfin son apparence , il se mit à gémir , gagné par la fièvre et le désespoir sous le regard tranquille de la Lune impassible , au-dehors , qui paraissait le narguer d'un sourire au milieu du ciel redevenu clair ...

Puis , se demandant ce qu'il faisait là couché , trempé de sueur , il écouta craintivement le bruit diffus de ceux qui l'avaient réveillé .

      Se levant en sursaut , il remarqua sur la coursive détrempée , quelques traces de l'orage nocturne ayant agité sous son crâne un ouragan bien plus dévastateur , mais il ne se rappelait plus de rien sinon de sa journée d'hier et du navire mystérieux couronné de nuages menaçants qu'il cherchait encore dans les lointains d'un songe assoupi " sillonnant sur le sein de la terre comme les vaisseaux et les veines qui serpentent parmi les lobes du cerveau ... " ( 8 )

     C'est alors que , pour la seconde fois , Roll

fut , en sursaut , brusquement ramené à la réalité par des voix résonnant à côté de lui !

 

 

 

 

 

 

 

 

( A Suivre    

 

 

 

 

 

 

                     ___

 

 

DAN AR WERN LES EXPLOITS DE ROLL DAGORN - III - Le Soleil des Armanes - Chapitre 2 - Le Sous-Marin - Pep gwir miret strizh - Tous droits réservés - All rights reserved . " Le Soleil des Armanes " , copyright 2024 .

 

 

( Cycle de L'Etoile XXXI )

                     

 

                     ___

 

Notes      

 

7" Le Masque de la Mort Rouge " ( The Masque of the Red Death , 1842 ) , nouvelle d'Edgar Allan Poe ( 1809 - 1849 ) parue dans " Les Nouvelles Histoires Extraordinaires " (1857 ) , traduction française de Charles Baudelaire .

 

8 -  " Aurélia ou le Rêve et la Vie " ( 1855 ) , par Gérard de Nerval ( 1808 - 1855 ) , poète , écrivain français .

   

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