PRIERES D'UN EXILE - PEDENNOU UN HARLUAD - 14 - Je Voudrais Te Dire ... / I'd Like To Tell You ... / Me' Garfe Laret Dit ...
" Le Bouddha est sur l'Autre Rive , qui est Sa Terre d'Illumination , où il n'y a ni avidité , ni colère , ni ignorance , ni douleur , ni agonie , et où ne se trouvent que la lumière de la Sagesse et la pluie de la Compassion . "
L'Enseignement de Bouddha - "Construire une Terre du Bouddha "


Je Voudrais Te Dire ...
pour Aimé Césaire ( 1913 - 2008 )
Moi qui vais mourir ,
Je voudrais te dire
Ces mots fragiles
Sans y croire ,
Cris de douleur
Dans le noir...
Je voudrais te dire ,
Moi qui vais mourir ,
La liberté n'est jamais gagnée ,
Je voudrais te dire
Qu'il faut lutter ,
Toujours lutter ...
Sans cesse on doit reconstruire ,
Après les ombres du passé ,
Il y a le rire de l'avenir ,
Comme une musique inachevée ,
Sans cesse il nous faudra détruire
Ces vieilles murailles qui nous brisaient ...
Je voudrais te dire mon fol espoir
Au jour de ma mort ,
Crucifié ,
Qu'il faut les aider ,
Les aimer ,
Nos frères persécutés ...
Tu sais , la vie n'est qu'un fleuve de souffrance ,
Mais l'amour , un océan ...
Sans cesse il faut tout reconstruire ,
Après les ombres du passé ,
Il y a le rire de l'avenir ,
Comme une promesse d'éternité ...
Sans cesse il nous faudra détruire
Ces grandes murailles qui nous tenaient ...
C'est écrit sur la Pierre ,
Depuis Jo'Bourg jusqu'en Ulster ,
Il y a la Chine , il y a Berlin ,
La Palestine et la Bretagne ,
Le poing levé d'Aimé Césaire ,
Et le Destin des Tibétains ...
Jérusalem ,
Ville de Ma Lumière ,
Et tous ces mondes que J'ai sauvés ...
DAN AR WERN - Prières d'un Exilé / Pedennoù Un Harluad - 14 - Je Voudrais Te Dire ... 21 Novembre 1989 , Présentation de Marie ( revu , Avril 2008 ) - Pep gwir miret strizh / All rights reserved / Tous droits réservés . " Prières d'un Exilé / Pedennoù Un Harluad " , Copyright 2006 .
Tableaux : "Morgen Im Riesengebirge " , Friedrich , 1810 .
"Jérusalem " , Duncan Long
" ... Nous abattrons les murailles honteuses qui nous empêchent de regarder la mer ... "
Alan Stivell - Délivrance ( Enez al Loc'h ) - "Live in Dublin " , Copyright Keltia 3 ( 1975 ) - Pep gwir miret strizh .
AUBERIVE ( 3e Cercle ) - 11 - Histoire d'un Chef d'Orchestre - Geschichte eines Dirigents - Istor ur Bleinier Laz-Senin - Version française / E Galleg ( 5 ) .
AUBERIVE ( 11 )
Histoire d'un Chef d'Orchestre ( 5 )
pour Gustav Mahler ,
en souvenir d'Herbert Von Karajan
" Et ce que tu as vaincu te portera vers Dieu "
Gustav Mahler - Symphonie n°2 , " Résurrection " .
( Auferstehungssinfonie )
Deuxième Mouvement
- II - Balade à Berlin
allegro con spirito
" Qui veut savoir ce qui est beau ,
Et qui peut l'enseigner ? "
Caspar David Friedrich


10 - Elle lui parut très belle , coiffée à la garçonne , avec son minois d'ange tombé sur la Terre et ses fines lèvres d'où émanaient les plus purs accents d'une musique d'outre-monde .
" Quelqu'un peut-il me conduire jusqu'à la porte ? "
Il se rappela qu'il y avait sur son bureau un portrait de Perugini lui ressemblant . ( 11 )
" J'ai reconnu votre présence , monsieur , grâce à un murmure dans la foule ... Vous êtes le grand chef d'orchestre , n'est-ce pas ? , lui demanda-t-elle , rougissante lorsqu'il tendit la main .
Puis il se vit paralysé par la peur , n'osant lui poser cette stupide question : lorsqu'on est aveugle , pourquoi venir à une exposition de peinture ?
" Je n'y vois presque plus moi-même ... , lui dit-elle simplement , tachant d'anticiper son attente sans pourtant répondre à cette étrange pensée .
- " ... mais je vous apprendrai à voir " , lui murmura-t-il sans réfléchir , citant le vieux roi de " Mélisande " ( 12 ) .
Ils se promenèrent dans le parc , et , malgré la pesanteur du premier silence , comme s'ils se connaissaient depuis longtemps , bras-dessus , bras-dessous ...
Tenant sa canne blanche , la jeune fille s'efforça de lui cacher son trouble .
- Vous vous intéressez au Romantisme ? , commença-t-il avec précaution .
- Disons plutôt qu'un drame de Byron m'a conduit vers Friedrich , répliqua-t-elle , souriante . ( 13 )
Elle parlait d'une voix blanche , faible , avec une certaine lenteur , de la timidité .
Son attitude craintive , sa démarche gracieuse , lui évoquèrent celles d'une biche apeurée .
- Chez moi , dans les Vosges , poursuivit-elle , gênée , certains paysages mystiques de cloître en ruine ou de cimetière abandonné m'ont fait penser aux siens .
D'ailleurs , ce personnage dans la montagne ... , balbutia-t-elle encore , je trouve ... euh ... Il vous ressemble , n'est-ce pas ?
Le visage de l'adolescente s'était brusquement empourpré . Elle n'en menait pas large . Elle avait réalisé trop tard son audace , et ne savait plus maintenant comment se faire pardonner .
- C'est une surprise de la Providence ! , lui lança-t-elle avec fougue . Vous êtes célèbre ! L'élève de Paul Le Flemm ! ( 14 )
Vous savez , j'étais dans les choeurs de " Manfred " lorsque vous avez dirigé , ici , l'opéra de Schumann . Quel musicien ! C'est mon préféré , avec Liszt ... Et vous , bien sûr . ( 15 )
Sans doute avait-elle tenté , pensa-t-il , d'atténuer sa maladresse .
Mais il aimait tellement la musique de ses paroles , qu'il n'imagina plus maintenant faire s'interrompre l'élégante partition . Le compositeur se rendit alors compte avec dépit , qu'absorbé par son travail ou par quelque intuition créatrice , il avait dû laisser une fois de plus de côté cette belle âme sans la voir .
C'était un reproche favori de sa femme , qui l'accusait souvent de fuir le monde en ignorant la vie de ses semblables .
Cette petite bourgeoise élitiste , jugeait-il , vivait dans sa tour d'ivoire parisienne . Et cette attaque n'était après tout qu'une manifestation de rage habituelle contre l'indifférence de son compagnon .
- Mademoiselle , je suis confus , se mit-il à bredouiller , comme s'il venait de comprendre avec un peu de retard , cet impérieux désir naissant de lui faire des confidences .
Mais non , se défendit-il d'un soupir , je ne suis pas celui que vous croyez , cette idole hors d'atteinte , " ce Phénix dans les nuages " , comme ils disent ...
Je suis quelqu'un de très banal ... Pardonnez-moi .
De prime abord , cette déclaration surprenante ne parut pas la faire ciller .
Mais elle tourna légèrement la tête , et d'un geste gracile ensuite , ôta ses lunettes rondes qui , derrière le noir d'un verre fumé , cachaient deux grands yeux clairs comme l'azur .
- Aujourd'hui , c'est " la Symphonie Pastorale " ! , lui lança-t-elle d'une mine radieuse en guise de réponse . ( 16 )
Elle respirait l'air à pleins poumons , l'éblouissement de son sourire , exaltant toute la beauté de son corps d'adolescente , la montrait goûtant un moment de bonheur , énivrée par cette résurrection grandiose des forces de la Nature !
Fred resta sur la défensive .
Il était évident que cette fille réussissait quand même à le libérer de certains remords inhibiteurs .
Quel paradoxe de la Destinée ! , réfléchit-il .
Sans mentir , il se trouvait bien auprès d'elle . Et même s'il n'avait plus l'âge des amours collégiennes , n'était-elle pas parvenue en quelques mots , par son charme , sa délicatesse , à réchauffer le coeur usé d'un artiste , à comprendre sa solitude ?
- Vous savez , je vous connais depuis longtemps , j'ai tous vos disques dans ma chambre ... Et , je vous joue tous les jours , sur mon piano ... , lui confia-t-elle soudain , tirant , comme une gosse dévergondée , sur la manche de sa veste .
Venir à Berlin , se dit-il , un sourire aux lèvres , pour qu'une aveugle vous rende la vue !
Un coup de Soleil ! Telle serait la marque laissée par cette rencontre dans sa chair . Pour toujours !
- Je dois bientôt m'en aller . Ma soeur vient me chercher .
Ce terrible aveu le cloua sur place !
Il lui faudrait donc laisser s'échapper celle qui avait , l'espace d'un instant , déchiré un coin du ciel , transfigurant sa pauvre vie .
Il se pressa plus fort contre elle , avec la crainte qu'elle ne juge déplacé cet élan .
Mais elle saisit sa main pour la réchauffer contre sa poitrine . Il put ainsi compter les battements de son coeur à la vitesse des pensées fébriles d'un homme amoureux !
- Venez , ce soir , à l'église " Maria Regina Martyrum " . ( 17 )
Nous nous y retrouverons dans la crypte , aux pieds de la Femme de l'Apocalypse .
Savez-vous qu'il y aura Louis-Ferdinand de Prusse , l'héritier des Hohenzollern , un artiste émérite ? ( 18 )
Elle lui expliqua qu'elle était étudiante en théologie dans une école où l'on pratiquait le chant choral , y jouant parfois les apprenties " soprano " . Mais , l'année scolaire se terminant , son retour en Alsace aurait lieu après cet ultime concert donné par les élèves de l'établissement .
- " L'Offrande Musicale " figurera au programme ! , ajouta-t-elle avec entrain . ( 19 )
- Une musique divine , s'efforça-t-il de conclure sur un ton de forfanterie , avec un semblant d'humour qui , vraiment , lui faisait mal , tant il aurait voulu l'étreindre encore avec fièvre !

Il n'en eut pas le temps .
- Je vous présente Marikele Von Braun , claironna la nouvelle venue , triomphante !
Elle lui ressemblait , à l'évidence . Mais tellement différente . Si parfaite , un peu plus âgée , plus grande , sportive , extravertie ... C'était Alexandra .
On aurait dit un couple de tourterelles , deux jeunes colombes , qui allaient prendre leur envol , après avoir frôlé de leurs ailes graciles , juste un moment , ce lugubre royaume des ombres ...
( A Suivre )
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DAN AR WERN - Auberive ( 3è Cercle ) - 11 - Histoire d'un Chef d'Orchestre ( 5 ) - 2002 / 2003 - Pep gwir miret strizh / Tous droits réservés / All rights reserved - Version française / E Galleg - Traduit du Breton par l'auteur . "Auberive " , Copyright 2006 .
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Notes :
11 - Charles-Edward Perugini ( 1839 - 1918 ) , " Study in Chalk " .
12 - " Pelléas et Mélisande " ( Acte II , Scène 4 ) , opéra de Debussy ( 1862 - 1918 ) , sur un livret de Maurice Maeterlinck ( 1862 - 1949 ) . Créé en 1902 .
13 - " Manfred " , drame en vers de Lord Byron , publié en 1817 , qui inspira Schumann .
14 - Paol Ar Flemm / Paul Le Flem / ( 1881- 1984 ) , l'un des plus célèbres compositeurs bretons .
15 - " Manfred " ( 1852 ) , opéra de Robert Schumann ( 1810 - 1856 ) , d'après un poème de Byron .
16 - Symphonie n°6 , de Beethoven , dite " Pastorale " , composée entre 1805 et 1808 .
17 - " La Femme de l'Apocalypse " , sculpture de F. Koenig , dans l'église " Maria Regina Martyrum " , construite en 1963 en mémoire des victimes du nazisme .
18 - Louis-Ferdinand de Prusse / Von Preussen / ( 1907 - 1994 ) , petit-fils du Kaiser Wilhelm II. , violoniste et pianiste de talent , compositeur .
19 - " L'Offrande Musicale " ( Musikalisches Opfer , 1747 ) de Johann-Sebastian Bach ( 1685 - 1750 ) , sur un thème de Friedrich II. der Grosse ( 1712 - 1786 ) .
Photos :
Kate Winslet ( Marikele )
Mariette Hartley ( Alexandra )

Tableaux : " Study of a Woman's Head for Charity "
William Bouguereau
" Study in Chalk "
Charles-Edward Perugini
AUBERIVE ( 3e Cercle ) - 11 - Histoire d'un Chef d'Orchestre - Geschichte eines Dirigents - Istor ur Bleinier Laz-Senin - Version française / E Galleg ( 4 ) .
AUBERIVE ( 11 )
Histoire d'un Chef d'Orchestre ( 4 )
pour Gustav Mahler ,
en souvenir d'Herbert Von Karajan
" Et ce que tu as vaincu te portera vers Dieu "
Gustav Mahler - Symphonie n°2 , " Résurrection "
( Auferstehungssinfonie )
Deuxième Mouvement
- II - Balade à Berlin

andante misterioso
" Qui veut savoir ce qui est beau ,
Et qui peut l'enseigner ? "
Caspar David Friedrich

8 - Tandis qu'il aspirait , avec ardeur et crainte , à la vie éternelle , comme un petit papillon prenant timidement son essor au sortir de la chrysalide , l'esprit de Fred ressentit une vive douleur par intermittence .
Il était obsédé par d'horribles visions , chacune d'elles s'effaçant pour faire place à d'autres , plus effrayantes !
Les souvenirs lui revenaient d'une manière impitoyable , bien plus tangibles que dans l'autre monde , celui où il pouvait encore s'arranger avec les largesses de sa conscience .
Devant lui , parmi les étoiles scintillantes , l'oeuvre de son maître Wagner inscrivait en lettres de feu la réponse musicale d'un génie aux bassesses de l'âme humaine .
" Ce devrait être une immense cathédrale , tout autour " , songea-t-il .
Et , comme un " Vaisseau Fantôme " , elle s'élancerait vers les frontières du firmament ! " ( 5 )
Le coeur du héros , sacrifié à l'autel de la gloire , battait à l'unisson de la salle des machines . Sa nef spatiale épousait à peu près les formes du fameux théatre de Bayreuth , que l'architecte Otto Brückwald avait terminé en 1872 sur les conseils du musicien .
Mais , ne serait-il pas condamné à l'errance des incertitudes mortelles , ce téméraire capitaine ayant osé défier la tempête soulevée contre lui par le Tout-Puissant ?
" ... Mon enfant d'Irlande , où traîne ta vie ? ( 6 ) , se mit-il à fredonner , narguant la force victorieuse du Soleil qui rayonnait comme " L'Or du Rhin " sur les belles avenues rectilignes , bâties de magnifiques palais .
La ville reconstruite offrait à l'artiste ses plus beaux sourires , confortant sa puissance créatrice : elle le rassura .
Ne croyait-il pas en recevoir cette "manne providentielle " , disaient certains critiques , " nourrissant son être pour le faire triompher par miracle , au-delà de toute raison , des gouffres obscurs du renoncement , de la mort , qui privent chacun d'entre nous de la vision de Dieu ( ... ) " ?
" Nous ne sommes pas maîtres des flots brûlants de l'âme " , pensait-il , comme Zweig , en ayant lu l'étude que celui-ci avait consacrée au père de " Jean-Christophe " , modèle de tant d'adolescences révoltées !
Son beau roman sut nourrir sans doute , à l'époque , un idéal chez les jeunes , loin de la médiocrité de leur vie matérielle . ( 7 )
Et n'était-ce pas cette lecture enthousiaste qui , au prix d'un travail assidu , l'avait conduit chaque jour davantage à l'amour du piano , à sa connaissance approfondie ?
En outre , avant d'aborder , plus tard , la direction d'orchestre , il avait enrichi sa palette instrumentale en jouant du violon .
Sa mère , pianiste éminente , et qui devint par la suite professeur de musique à Brest , avait su lui inculquer depuis sa prison les rudiments de son art .
Pendant les vacances , revenu en Europe , l'enfant séjournait parfois chez son grand-père , vieil érudit , possédant une belle demeure non loin du château de Comper . ( 8 )
Il y avait là une imposante bibliothèque de campagne .
Alors , dans le secret d'une chambre solitaire , sous les lambris d'une mansarde , au coin de la grande cheminée , dans la pièce commune , ornée de somptueux tableaux d'époque figurant l'histoire de Viviane et de Merlin l'Enchanteur , ou bien encore à l'ombre d'un vieux chêne , le gamin pouvait , au fil des pages d'un manuscrit du Moyen-Âge , laisser librement vagabonder son imagination , puis se mettre à rêver qu'il était enfin devenu un moderne Chevalier de la Table Ronde ...
9 - Il devait être aux alentours de midi trente , lorsque notre promeneur vit les jardins et parterres de la reine Sophie-Charlotte s'offrir à lui , vrai cadeau des Dieux de la Nature , avec le flamboiement du ciel qui mêlait sa lumière argentée aux visages d'ange ou de nymphe des délicates statues de marbre , irradiant leurs multiples jeux d'eau . ( 9 )
Il s'engagea dans l'aile " Knobelsdorff " , la tête fiévreuse , et craignant , peut-être à cause de cette éblouissante luminosité , le poids des souvenirs trop sombres .
C'était une exposition consacrée au grand peintre dont sa femme raffolait , Friedrich .
Et comme on fêtait bientôt l'anniversaire de celle-ci , l'idée lui vint de lui offrir une estampe , un bon livre , ou même une reproduction de sa toile favorite .
Justement , l'oeuvre dont elle râbachait sans cesse , et jusqu'à lui casser les oreilles , voici qu'elle apparut soudain !

Cet intrépide "Voyageur devant la Mer des Nuages " dont elle avait fait mention dans un article du journal à son propos , parce que , écrivait-elle pompeusement , " ce visiteur sur la Terre , c'est un peu lui , lorsqu'il essaie , par sa musique , d'exprimer cette part crépusculaire , cet abandon dans la solitude et la souffrance , préfigurant par son propre éclat l'extraordinaire clarté , bien plus lointaine et bien plus proche , de la grâce divine ... " ( 10 )
Mais était-elle vraiment sincère ?
" Comment se dédouaner d'une telle mascarade ? , songea-t-il avec une certaine amertume , au spectacle de son couple déchiré .
Elle n'était jamais là . Son métier de journaliste l'entraînait aux quatre coins d'une vie par trop mondaine . Critique d'art . Quant à lui ...
Cette pensée fit s'assombrir encore son visage .
Lorsqu'il l'aperçut , le regard fixe , comme hypnotisé par l'admirable paysage , un choc profond bouleversa tout son être .
Il ne put s'empêcher de blêmir ...
( A Suivre )
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DAN AR WERN - Auberive ( 3è Cercle ) - 11 - Histoire d'un Chef d'Orchestre ( 4 ) - 2002 / 2003 - Pep gwir miret strizh / Tous droits réservés / All rights reserved - Version française / E Galleg - Traduit du Breton par l'auteur . "Auberive " , Copyright 2006 .
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Notes :
5 - " Le Vaisseau Fantôme " ( Der Fliegende Holländer ) , 1843 , opéra de Richard Wagner .
6 - Extrait de " Tristan und Isolde " , 1859 , par Wagner . " L'Or du Rhin " ( Das Rheingold ) , 1868 .
7 - " Romain Rolland , der Mann und das Werk " ( Romain Rolland , sa Vie , son Oeuvre ) , 1921 , Stefan Zweig .
" Jean-Christophe " , roman de Romain Rolland ( 1904 / 1912 )
8 - Yann Kervern I , père de Lena ( "La Nuit de Cézembre " , IV - "Maen-Doue " ) .
9 - Sophie-Charlotte de Hanovre ( 1668 - 1705 ) , deuxième épouse de Frédéric 1er ( Friedrich I. ) , roi de Prusse .
10 - " Le Voyageur au-dessus de la Mer des Nuages " ( Der Wanderer über dem Nebelmeer " ) , 1817 - 1818 , Caspar David Friedrich .

AUBERIVE ( 3e Cercle ) - 11 - Histoire d'un Chef d'Orchestre - Geschichte eines Dirigents - Istor ur Bleinier Laz-Senin - Version française / E Galleg ( 3 ) .
AUBERIVE ( 11 )


Histoire d'Un Chef d'Orchestre ( 3 )
pour Gustav Mahler
en souvenir d'Herbert Von Karajan
" Et ce que tu as vaincu te portera vers Dieu "
Gustav Mahler - Symphonie n° 2 , " Résurrection "
( Auferstehungssinfonie )
Deuxième Mouvement
- II - Balade à Berlin
Allegro con spirito
" Qui veut savoir ce qui est beau ,
Et qui peut l'enseigner ? "
Caspar David Friedrich
5 - Il se revit avec une telle intensité , dirigeant l'orchestre , imaginant se trouver à nouveau en face de celle qui avait bouleversé sa vie .
Elle chantait devant lui , Marieke ...
Son visage inoubliable , présentant une ressemblance troublante avec celui de la chanteuse , rayonnait au centre du choeur angélique .
Ne sachant pas ce qu'elle avait pu devenir en cette sinistre période , il se demanda sans comprendre s'il n'allait pas bientôt la rejoindre , croyant que tout serait possible , désormais , qu'elle allait vite revenir à ses côtés .
Mais l'accepterait-elle encore ?
6 - Il revécut en songe les heures merveilleuses passées près d'elle , au manoir d'Auberive , instants d'un bonheur fugace , dans le vieux " burg " alsacien des parents .
Ne lui reparlerait-elle pas de Novalis , l'un de ses auteurs préférés , chantre du Romantisme allemand , dont la poésie symbolique avait illuminé ses plus beaux rêves ?
De cette enfance au pays d'autrefois , baignée de fééries , de jeux enchanteurs sur le lac , dans la montagne vosgienne , au milieu de la nature et des chevaux à demi sauvages qui s'ébrouent aux sources cristallines ?
Là-bas , comme un voyageur ne cesse en vérité jamais de suivre un chemin vers sa patrie d'origine , il avait éprouvé ce pressentiment bizarre de bientôt l'y retrouver . ( 1 )
7 - Quel souvenir , que ce jour béni de l'Ascension 1989 où , par un début d'après-midi berlinoise assez chaude , ensoleillée , il fit la connaissance de la jeune femme !
Quelques pas dans la capitale de Frédéric II , songea-t-il à ce moment-là , lui feraient certainement le plus grand bien : comme il avait deux ou trois heures devant lui , il se décida pour le château de Charlottenburg , tout proche .
C'était le matin . La journée s'annonçait belle .
Après un petit déjeuner copieux qu'il venait de prendre au " Schweizerhof " , l'hôtel en face du jardin zoologique où il avait ses habitudes , notre promeneur se mit en marche .
Il aimait tant cette ville ! Et comme les répétitions ne devaient reprendre que le lendemain dans le Palais de la République , à Berlin-Est - c'était juste avant la chute du mur - il s'était promis de tirer profit des charmes de la saison printanière , fort prisés , par ailleurs , de nombreux badauds qui , plus ou moins vêtus , déambulaient paresseusement dans les allées ombragées du " Tiergarten " .
Quelques couples s'échangeaient de rapides baisers , tandis que de ravissantes filles-fleurs vous narguaient au passage de leur grâce méprisante , un " walk-man " collé aux oreilles .
Que pouvaient-elles s'imaginer , celles-là , se demanda-t-il , rêveur , avisant une blonde walkyrie s'essayant avec peine à suivre sa compagne , gracieuse sylphide ?
Avait-il remarqué cette lueur complice dans leur coup d'oeil furtif ?
Il s'engagea peu après dans la rue du 17 Juin , qui prolonge " Unter den Linden " , passé la porte-frontière majestueuse de Brandebourg . Il pensait alors que cette escapade en Allemagne , venant à point , servirait à calmer ses sentiments de culpabilité vis-à-vis de sa femme .
En longeant les murs de l'Opéra , bordés de tilleuls séculaires , qui offraient leurs frondaisons fleuries et parfumées comme un baume tentant d'apaiser la folie des hommes , c'était toute la passion wagnérienne , celle du " Mage de sa jeunesse " , ou du " vieil Enchanteur " , qui lui revint d'un seul coup ! ( 2 )
Ce fut comme un orage tumultueux brisant brutalement tous les ponts jetés sur les eaux noires de la Spree !
Et ce sombre tourbillon fit soudain renaître des souvenirs venus d'un âge trouble : avec son demi-frère , il courait sur les antiques chemins de la Forêt de Brocéliande ... Le petit , qui n'avait que trois ans , s'était mis à pleurer , craignant que le Roi des Aulnes , vêtu d'un vieux manteau de brouillard de Lune et d'un costume de feuilles grises , ne vienne peut-être l'emporter vers son Royaume des Ombres , comme dans la balade schubertienne ... ( 3 )
Fred ne l'aimait pas , cet " étranger " qui , en venant au monde , avait fait mourir sa propre mère .
N'aurait-il pas mieux valu , espéra-t-il soudain , que ce jeune " Lancelot " retourne au plus vite vers sa Fée des Ondes , qu'il n'aurait jamais dû quitter ?
Puis , tel un nouveau Siegfried , y achève sa quête de l'inaccessible au fond d'un lac mystérieux ? ( 4 )
Ce jour-là , le destin décida que Yann Kervern fût sauvé de l'abîme .
Un passant providentiel , plongeur émérite , récupéra celui dont on dit , plus tard , qu'il avait glissé par mégarde sur les rives de l'étang du Graal , trompant ainsi la vigilance abusée de son aîné ...
( A Suivre )
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DAN AR WERN - Auberive ( 3è Cercle ) - 11 - Histoire d'un Chef d'Orchestre ( 3 ) - 2002 / 2003 - Pep gwir miret strizh / All rights reserved / Tous droits réservés - Traduit du Breton par l'auteur - Version française / E Galleg . " Auberive " , copyright 2006 .

Notes :
1 - " Heinrich Von Ofterdingen " , de Novalis ( 1802 )
2 - Le " Mage de ma jeunesse " , selon Georges Duhamel , in " La Musique Consolatrice " ( 1944 ) .
" Le vieil Enchanteur " , selon Thomas Mann , in " Richard Wagner et L'Anneau du Nibelung " , Conférence prononcée le 16 Novembre 1937 dans la Salle des Fêtes de Zürich , in " Noblesse de l'Esprit " , essais , par Thomas Mann , Albin Michel , 1960 .
3 - " Le Roi des Aulnes " ( Der Erlkönig , 1815 ) , lied de Schubert d'après le poème de Goethe .
4 - Lancelot , personnage des " Romans de la Table Ronde " .
- Siegfried , héros légendaire de la mythologie nordique , utilisé par Wagner .
Tableaux : " Le Mur de Berlin " , par Guy Thiant ( 2005 ) , " Unter den Linden " , eau forte de Luigi Kasimir ( 1881 - 1962 ) . Tous droits réservés .

AUBERIVE ( 3e Cercle ) - 11 - Histoire d'un Chef d'Orchestre - Geschichte eines Dirigents - Istor ur Bleinier Laz-Senin - Version française / E Galleg ( 2 ) .
AUBERIVE ( 11 )
Histoire d'un Chef d'Orchestre ( 2 )
pour Gustav Mahler
en souvenir d'Herbert Von Karajan
" Et ce que tu as vaincu te portera vers Dieu "
Gustav Mahler - Symphonie n°2 , " Résurrection "
( Auferstehungssinfonie )

Premier Mouvement
Religioso
- I -
Notre-Dame de L'Apocalypse
" Heureuses les âmes appelées à servir le Roi des rois dans cette arche de salut , dont le Capitaine sera notre belle et douce Mère Marie . "
Mélanie Calvat , 18 juin 1877 .
2 - Des images , réminiscences d'un temps plus ou moins défini , se formèrent dans l'esprit de Fred Kervern .
Il se sentit mieux , comme absorbé par une lumière blanche , autour de lui .
Ils étaient passés par une sorte de tunnel débouchant sur la grande salle tamisée de bleu .
Combien pouvaient se trouver là , des milliers , peut-être , que la Sainte Providence avait recueillis du gouffre de la mort ?
Mais il pensa qu'il était seul , gagné tout à coup par le sommeil , tandis que l'immense aéronef aux couleurs d'arc-en-ciel , prenant de l'altitude , s'éloignait maintenant à vive allure dans les abysses de l'insondable !
C'était comme une boule de feu silencieuse , n'éclairant derrière elle que les spectres moribonds d'un monde révolu .
Etait-ce un effet de l'apesanteur , ou bien cette vitesse foudroyante propulsant l'engin vers de vastes étendues sidérales ?
Fred éprouva soudain la sensation que son corps se détachait de lui-même , et qu'il pouvait maintenant contempler son enveloppe charnelle comme s'il venait enfin de se débarasser d'une vieille défroque trop usée .
" La musique est une force horizontale qui se déroule dans le temps . "
Ces paroles de Léon Fleisher , célèbre pianiste et , comme lui , chef d'orchestre , il les avait un jour entendues de sa bouche .
Elles s'imposèrent à lui , tandis que des vibrations de nature inconnue exaltaient l'élan de son âme , la transperçant de toutes parts , la touchant de leur force indescriptible . ( 5 )
Il comprit qu'il serait enfin libre , qu'il pourrait se promener à sa guise , aussi bien dans les contrées les plus lointaines de la galaxie , que dans les profondeurs les plus reculées de sa conscience .
Il lui sembla revivre ce poème illustrant l'oeuvre de Strauss :
" ... Mon âme veut prendre son envol ... " ( 6 )
Alors , s'élevant sur la voie lumineuse qui monte jusqu'aux Portes du Ciel ...
Mais les méandres stagnants de son existence , défilant comme un fleuve sombre , lui rappelèrent aussitôt d'autres réalités , tandis qu'une voix lancinante lui répétait sans cesse :
" Vous n'êtes pas à vous-mêmes , votre corps , c'est le Temple de l'Esprit . " ( 7 )
La symphonie de Gorecki , douloureuse évocation de la tristesse d'une mère pleurant la mort de son fils , lui revint en mémoire .
Ne l'avait-il pas jouée souvent , lorsque , talentueux chef d'orchestre , la critique avait salué en lui " ce génie d'inspiration mystique , transfigurant l'oeuvre d'une touche quasi-divine ?... "
Il revit l'interprète :
" Maman , ne pleure surtout pas ,
Vierge très pure , Reine du Ciel,
Protège-moi toujours ... " ( 8 )
3 - La Troisième Guerre mondiale , avec ses destructions massives génératrices de monstruosités innombrables , n'avait fait que rendre plus difficile toute expression de la Beauté sous une forme artistique .
A moins qu'elle ne fût macabre , songea-t-il , n'était-elle point morte avec les illusions de l'ancien monde ?
Qu'en restait-il , sinon cette volonté farouche de survivre à n'importe quel prix , celui du sacrifice de son propre enfant , par exemple , la chair de sa chair , devenu monnaie d'échange ?
Il était convaincu que John avait souhaité la mort de sa belle-mère , par esprit de vengeance , par jalousie peut-être .
Et puis , quand on était du " Bunker ", lorsqu'on avait ce privilège , désirait-on réellement savoir ce qu'était le " No Man's Land " , à la surface , et se préoccupait-on des " Camps de la Mort " ? ( 9 )
Fred n'avait pas touché à un instrument depuis belle lurette .
Une blessure étrange étreignait son coeur . Il soupira .
4 - Poursuivant son ascension vers les sphères célestes , le voyageur sentit que cette magnificence , qui lui avait donné , jusqu'ici , l'impression de parcourir avec facilité un chemin de lumière à la recherche d'un sublime trésor , l'abandonnait .
Le sentiment d'une sollicitude maternelle , en même temps que de compréhension , semblable à l'infinité océane faisant briller davantage les étoiles scintillantes de la Voie Lactée , telles des îles d'or aux fleurs spirituelles et musicales , tout ceci avait maintenant disparu .
Un malaise inexplicable l'avait saisi .
Il n'arrivait plus à entrevoir que de temps à autre une faible lueur , à travers les nuages noirs du Jugement Dernier .
C'était au sommet d'une colline poussiéreuse et sèche , après l'interminable " Chemin de Croix " qu'il venait de gravir .
Une cruelle pesanteur avait écrasé ses épaules .
D'un air triste , l'Astre du matin souriait .
Des perles de nacre gouttaient sur ses joues diaphanes .
La Diva de tout à l'heure s'était élancée sur la scène :
" Qu'as-tu fait de ta vie ? , lui chantait-elle encore d'une voix douloureuse , aux accents de " soprano " , psalmodiant sa plainte mélancolique :
" Mon fils , mon élu , mon bien-aimé ,
Partage tes blessures avec ta mère ... " ( 8 )
( A Suivre )
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DAN AR WERN - Auberive ( 3è Cercle ) - 11 - Histoire d'un Chef d'Orchestre ( 2 ) - Pep gwir miret strizh / Tous droits réservés / All rights reserved - 2002 / 2003 - Traduit du Breton par l'auteur - Version française / E Galleg . "Auberive " , Copyright 2006 .
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Notes :
5 - Léon Fleisher , célèbre pianiste et chef d'orchestre américain , né en 1928 à San Francisco .
6 - L' un des Quatre derniers Lieder ( Vier letzte Lieder ) de Richard Strauss ( 1948 ) , sur un poème de Hermann Hesse : " L'Heure du Sommeil " ( Beim Schlafengehen ) , aus " Gesammelte Dichtungen " , Verlag , 1952 . Alle Rechte Vorbehalten .
7 - Saint Paul , I - Co. , VI , 19 .
8 - Henrik Gorecki , Symphonie n° 3 , opus 36 ( 1976 ) .
9 - " La Troisième Arche " ( Dan Ar Wern )
AUBERIVE ( 3e Cercle ) - 11 - Histoire d'un Chef d'Orchestre - Geschichte eines Dirigents - Istor ur Bleinier Laz-Senin - Version française / E Galleg ( 1 ) .
AUBERIVE ( 11 )
Histoire d'un Chef d'Orchestre ( 1 )
pour Gustav Mahler ,
en souvenir d'Herbert Von Karajan
" Et ce que tu as vaincu te portera vers Dieu "
Gustav Mahler


- Symphonie n° 2 , " Résurrection"
( Auferstehungssinfonie )
Premier Mouvement
Religioso
- I -
Notre - Dame de l'Apocalypse
" Heureuses les âmes appelées à servir le Roi des rois ,
dans cette Arche de salut , dont le Capitaine sera
notre belle et douce Mère Marie . "
Mélanie Calvat , 18 juin 1877 .
1 -... Nous nous retrouvâmes dans une salle aux parois bleutées .
C'était un lieu indescriptible , immensément vide , et pourtant rempli d'une présence invisible , chaude , gigantesque hall de gare souterraine flottant dans l'espace .
On croyait renaître , sensation si douce , dans le ventre d'une mère aux clartés apaisantes .
Nous nous interrogions devant le Signe ...
Chacun de Ses rayons parlait à notre coeur , dans le silence d'un amour fait d'éternité .
La question que nous Lui posions nous était renvoyée :
" Qui êtes-vous ? "
La cohorte d'êtres brisés , gang misérable de criminels revêtus de haillons , nouveaux pauvres couverts d'oripeaux , s'agenouillait humblement .
Vers le centre , on percevait une lueur plus vive d'où semblaient partir toutes les autres .
Céleste présence au-dessus d'un Livre ouvert , la Femme Indicible , nimbée de douze étoiles de cristal en diadème , offrait Ses mains tendues .
Délicatement enveloppés d'un voile de soie virginale , comme un nuage parfumé d'aurore , on devinait à peine Ses pieds de chair diaphane posés sur un jardin de fleurs de lys et de roses blanches , dominant un globe terrestre planté d'une petite croix rouge .
L'orbe de celui-ci figurait un serpent d'airain , qui se mordait la queue .
Il était irradié par une pierre vivante , écarlate , un rubis dont le sang coulait comme si le coeur de l'astre était transpercé d'un glaive de feu .
Nous continuions de nous émerveiller d'une telle évidence !
" Est-il vrai que toute l'histoire de l'Humanité se trouve contenue dans une gemme flamboyante ? "
La Vierge baissait humblement les yeux .
Nous étions des milliers , mais chacun , dans le secret de son âme , devait se sentir , devant Elle , comme une brebis perdue rentrant au bercail , réconfortée , enfin comprise .
" Je suis Notre-Dame de l'Apocalypse . "
Les doigts de l'Immaculée , cerclés de six anneaux d'or , faisaient rayonner leurs ondes sur nos visages transfigurés par cette rivière d'aube naissante , ou de Lune opaline . Autant de paroles muettes , bouleversantes , qui se gravaient dans nos coeurs , source inextinguible de Son Amour et de Sa Miséricorde .
Les images du Recueil Sacré s'animèrent soudain , celles de nos propres vies , dont la trame s'inscrit à chaque page , entre les lignes tracées par l'Eternel ...
Esdras ramenait son peuple , avec l'Urim et le Tummim de l'Ancienne Alliance . ( 1 )
" Qui est Celle-ci , qui surgit comme l'Aurore , belle comme la Lune , resplendissante comme le Soleil ? ( 2 )
" Elle a le Soleil pour manteau , la Lune sous Ses pieds , sur Sa tête une couronne d'étoiles ... ( 3 )
A la pointe du jour , Elle est venue ...
En pleine lumière ! ( 4 )
( A Suivre )
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DAN AR WERN - Auberive ( Troisième Cercle ) - 11 - Histoire d'un Chef d'Orchestre ( 1 ) - 1993 et 2002 - Pep gwir miret strizh / Tous droits réservés / All rights reserved - Traduit du Breton par l'auteur - Version française / E Galleg . "Auberive " , Copyright 2006 .
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Notes :
1 - Esdras , 2 , 63 : L'Urim et le Tummim , deux pierres blanches qui symbolisent la Lumière et l'Intégrité de la Parole Divine .
2 - Cantique des Cantiques , 6 , 10 .
3 - Apocalypse , 12 , 1 .
4 - Les 3 devises de chaque partie de la Trilogie :
" Le Passeur des Mondes " ( A la Pointe du Jour ... )
" La Demeure Enchantée " ( Elle Est Venue ... )
" Auberive " ( En Pleine Lumière ... )

Tableau : " Vierge à l'Hostie "
Ingres ( 1854 )
UNAN BENNAK EVEL-SE - 4 - Histoire des Rues - Story of the Streets - Istor Ruioù .
Unan Bennak Evel-Se ( 4 )
Histoire des Rues
" O Crown of Light , O Darkened One ,
I never thought we'd meet ... "
Leonard Cohen - " Boogie Street " *
Les rues de la ville sont en moi
Quand le vent se met à rire ,
Les voitures semblent ramper
Dans la nuit de mes délires ,
Je reste penché à la fenêtre
De cette vieille chambre d'hôtel
Où mes mains sont tendues
Vers le ciel ,
Au pays des fleurs ...
Je sais que tu m'as entendu ,
Toi qui marches dans les ruines ,
Que ton regard m'a suivi
Là où le soleil décline ,
Mais laisse-moi te dire encore ,
Ô mon enfant d'hier ,
Tous ces gens
Que tu vois perdus ,
Maintenant ,
Cherchent la Lumière ...
Alors , je me demande
Où vont ces grands chemins ,
Que me font parcourir
Les lignes de ta main ,
Toi qui passes dans le noir ,
Etrangère à ma vie ,
Tu es ma prisonnière ,
Et tes souffrances
Me font sourire ...
Je t'en prie ,
Ne reste pas là ,
Sur ce trottoir sans mystère ,
Où les rêves n'ont que l'éclat
D'un pâle réverbère ,
Toi , l'amour de mon coeur ,
Viens briser ce miroir ,
Où je vois tes jeux de hasard
Se perdre en mon regard ...
Viens te blottir dans mes bras ,
Nous trouverons le lieu ,
Puis nous prierons
Pour voir grandir
Cet astre que tu veux ,
Mais si je dois te réveiller ,
Ne me demande pas :
" Faut-il donc s'en aller ,
Faut-il vraiment partir ?... "
Allons , je t'emmène avec moi ,
Seul , avec mes souvenirs ,
Tu regardes ce monde froid ,
Qui nous fait tant souffrir ,
Et perdu dans la foule du métro ,
Comme un navire sur la mer ,
Je vois se dessiner ton visage ,
Dans ces yeux qui désespèrent ...
DAN AR WERN - Unan Bennak Evel-Se - 4 - Histoire des Rues - 1974 / 2021 - Inspiré par la chanson de Leonard Cohen , " Stories of the Street " , Copyright 1967 , 1969 , Stranger Music , Inc., in " Songs of Leonard Cohen " , Sony Music Entertainment / Columbia , 1968 , All rights reserved - Pep gwir miret strizh / All rights reserved / Tous droits réservés . " Unan Bennak Evel-Se " , Copyright 2007 .
* " Boogie Street " , by Leonard Cohen , in " Ten New Songs " , Copyright 2001 , Sony Music Entertainment / Columbia and Sharon Robinson Songs ( ASCAP )- All rights reserved .
" Pardonit , torrit ar melezour ,Aotrou ker ,
Lazhet ho peus ar gouleier dija ,
Noz eo en Ho ti , ma argazhet hoc'h eus ... "
Maguy Kerisit - " Klemmadenn d'an Aotrou "
( AL LIAMM 334 - 30/01/02 - Pep gwir miret strizh )