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Dan Ar Wern Official Website

le jaspe du cercle d'or

LE JASPE DU CERCLE D'OR - Teaser / Bio - .

15 Avril 2025 , Rédigé par Dan Ar Wern Publié dans #LE JASPE DU CERCLE D'OR

LE JASPE DU CERCLE D'OR - Teaser / Bio - .

 

 

LE JASPE DU CERCLE D'OR

 

 

 

 

 

Teaser / Bio

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le héros de cette histoire expose à dessein son existence d'écrivain raté qui doit vendre , en guise de couverture , des chemises dans un grand magasin parisien pour survivre , face à une autre beaucoup plus secrète , celle d'agent dont la fille , Martina , arrive un jour chez lui pour lui dire qu'il doit s'envoler avec elle pour l'Allemagne afin de secourir son amour de jeunesse , ex membre de la Stasi , qui est en grand danger ! La police , qui , à son arrivée à Berlin , lui déclare avoir mis la main sur un pendentif caché dans le bagage de sa progéniture , celle-ci , voyageant incognito , ayant pu s'échapper , lui parle aussitôt d'un dénommé Wilhelm Grüber , organisateur d'un trafic entre l'Afrique du Sud et l'ex-RDA  ( armes contre pierres précieuses ) , qui serait apparenté à un ancien dirigeant complice d'un certain Nemo , milliardaire pilotant toute l'affaire à son compte pour couvrir d'autres activités bien plus étranges , voire criminelles !

 

DAN AR WERN , écrivain breton , vécut sa prime enfance au coeur de la forêt de Brocéliande avant de voyager à travers le monde , se passionnant pour la littérature , la culture celte , la musique , l'ésotérisme et la spiritualité ...

 

 

 

 

 

 

DAN AR WERN - LE JASPE DU CERCLE D'OR Teaser ( 4ème Couv.) - Bio -Pep gwir miret strizh - Tous droits réservés - All rights reserved . " LE JASPE DU CERCLE D'OR  " , copyright 2025 .

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LE JASPE DU CERCLE D'OR - IX - Table des Matières .

14 Avril 2025 , Rédigé par Dan Ar Wern Publié dans #LE JASPE DU CERCLE D'OR

LE JASPE DU CERCLE D'OR - IX - Table des Matières .

 

 

 

 

 

LE JASPE DU CERCLE D'OR

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

IX - Table des Matières

 

 

 

 

 

 

     1 ) Préface / Dédicace 

          Jaspe Rouge

     

     

     ) Prologue 

          Marina Stern

   I - La Fugitive - II - L'Ange - III - Damnation 

     

 

     3 ) Première Partie

        Hallucinations

 

IV - Création - V - Souvenirs - VI - Fugue - VII - L'Aube du Jour ...  

VIII - Soleil Levant .      

     

     

     4 ) Deuxième Partie

           Le Romancier ( " Nouvel Espoir " , Scénario d'Anton )

 

IX - Laura - X - Clarissa Kempf .

 

       5Troisième Partie

         L'Enquête

 

XI - Une Curieuse Visite - XII - Révélations - XIII - Détresse

XIV - Complot - XV - La Passagère - XVI - L'Ange Noir

XVII - La Tombe - XVIII - Guet-Apens - XIX - Confession

XX - L'Héritage de " Klara " - XXI - Le Trésor de la Roche Flamboyante

     

     6 ) Quatrième Partie

        Les Mystères de l'Athos

 

XXII - Vacances - XXIII - Libération - XXIV - Le Chemin de l'Île

XXV - Ulysse - XXVI - Ikaria - XXVII - Le Message des Profondeurs

 

 

      7 ) Epilogue

 

XXVIII - Frère Anton

 

      8 ) Postface 

           Faux-Semblants

     

     9 ) Table des Matières

 

 

 

 

      

 

 

 

 

 DAN AR WERN - LE JASPE DU CERCLE D'OR - IX - Table des Matières - Pep gwir miret strizh - Tous droits réservés - All rights reserved - " LE JASPE DU CERCLE D'OR " , copyright 2025 . 

 

 

 

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LE JASPE DU CERCLE D'OR - I - Préface / Dédicace : Jaspe Rouge .

26 Mars 2025 , Rédigé par Dan Ar Wern Publié dans #LE JASPE DU CERCLE D'OR

 Proserpine ( 1874 ) - Dante Gabriel Rossetti .

Proserpine ( 1874 ) - Dante Gabriel Rossetti .

 

 

 

 

 

LE JASPE DU CERCLE D'OR

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

pour Jean Racine 

        et James Joyce

 

 

 

 

       

 

- Préface / Dédicace -

 

 

 

 

" L'Ange s'était assis sur une pierre . Je le voyais , ou plutôt , je n'apercevais plus que sa silhouette qui ressemblait à la statue d 'un dieu étranger , et le clair nuage qui lui faisait un manteau et qui planait silencieusement dans les ténèbres comme l'auréole d'un saint ... " 

Annemarie Schwarzenbach Tod in Persien "

( La Mort en Perse , 1935 - 36 , II - L'Ange et la Mort de Yalé )  

 

 

 

 


Est-il vrai que toute l'histoire de l'Humanité se trouve contenue dans une gemme flamboyante ? Il est des pierres qui murmurent à l'oreille des âmes attentives , qui résonnent comme une clé au rythme des secrets de l'univers , portant en elles la mémoire des âges qui s'incruste dans leurs veines colorées . Parmi elles , miroir du voyageur , un sceau oublié ouvrant à l'œil du sage les portes des mystères les plus profonds , dans ce palais de cristal bâti sous le flot des nuages , dont la voûte en nacre et les  murs cramoisis , bercés du bruit des vagues de l'éternité , débouchent , par un couloir obscur , sur une citadelle souterraine aux tentacules innombrables ! C'est là , dans ce cercle d’or , figure parfaite et rayonnante de l’alchimie , que s’inscrit la quête essentielle du Grand Œuvre , de la transmutation de l’ombre en lumière , du profane en sacré , là où se rejoignent l’invisible et le tangible , le visible et l’inconnu , écho silencieux des initiés courageux qui osent en franchir le seuil interdit , guidés par la recherche d'un talisman qui n’est pas un simple ornement , mais une parole minérale , un message codé inscrit dans la chair du monde ! Nous le suivons , nous aussi , au bout d'un long tunnel tortueux , finissant par nous retrouver bientôt devant l'entrée majestueuse d'une extraordinaire salle aux parois bleutées , lieu indescriptible , nouveau monde immensément vide , et pourtant rempli d'une présence indicible , chaude où l'on croit renaître , sensation si douce , dans le ventre d'une " Mère " aux clartés apaisantes !

Baissant humblement les yeux devant Ellebrebis perdues rentrant au bercail , nous nous sentons réconfortés , compris dans le secret de nos âmes quand ses doigts , cerclés d'un anneau de jaspe rouge , la Pierre du Destin , font , en silence , rayonner sur nos visages transfigurés , la source inextinguible d'aube naissante et de lune opaline aux ondes bouleversantes qui , en silence , gravent en nos coeurs l'essentiel de l'amour , Sa beauté !

- Notre chute , avoue Nemo , l'inconnu des Etoiles , fut celle d'un Empire , et longtemps nous choisîmes l'errance pour soigner nos blessures , le long de cette Voie Lactée fascinante reliant ,  meurtrie par l'exil , toute vie stellaire .

Mais ici où là , je sais maintenant que rien ne reste lorsqu'au milieu d'une prairie en fleurs , j'entends le rire terrible du printemps que la souveraine des eaux grises fait revenir d'entre les morts . Parfois , je pleure , comme Ulysse , ma belle Perséphone ! *

Ce livre , aussi , est un passage , une traversée . Il raconte une errance qui n’en est pas une , un périple où chaque obstacle est une épreuve initiatique , chaque détour un enseignement . Les chemins qui y sont tracés ne se mesurent pas en distances , mais en révélations . De la poussière des antiques sagas d'Islande aux sommets de l'Himalaya , où l’air est le plus pur , de la densité des nuits opaques de Bangkok aux lueurs insoupçonnées de l’aube intérieure des pays celtiques , " Le Jaspe du Cercle dOr " invite à une exploration qui dépasse le cadre de l’espace et du temps .
Nous suivons ainsi , près d'Anton Gouvelioù , écrivain raté en quête de sens , l'ami de ce dernier , Gwenole Kermadec , pêcheur breton devenu chauffeur de taxi , érudit des mythes et des mers . Tous deux se retrouvent confrontés à trois femmes qui ne sont pas de simples humaines , mais les reflets d’un même prisme , émanations d'un robot numéro-carbonique venues d’un ailleurs lointain , " KLARA " , chargé de recueillir une opale aux vertus inouïes qui se trouve dans un lac d'Islande ! Odile Dürrenbach , alias Ilse Stern , tombée amoureuse d’Anton , a donné naissance en secret à Martina grâce à une technologie extraterrestre . Et celle-ci arrive avec une sœur jumelle , Clarisse Kempf , alias Clara .
Cette pierre fabuleuse , découverte par hasard par des pêcheurs bretons , recèle un pouvoir que convoitent non seulement de nombreuses forces de l'ombre - sur leur route se dressent d'anciens espions de la STASI , dirigés par le redoutable Grüber , prêts à tout pour s’emparer du joyau et percer son mystère - mais aussi est la clé de la régénération des Xéroniens , civilisation en péril , qui ont besoin d'elle pour survivre sur Terre .
Que celui qui ouvre ces pages se prépare donc à une quête où le réel se fond avec l’imaginal , où la matière danse avec l’esprit . Que son regard ne se limite pas aux apparences , mais cherche dans l’éclat du jaspe les reflets de l’infini . Car derrière le voile du monde se cache l’énigme suprême : celle de notre propre transmutation !

 

 

                                                             ___

 

 

DAN AR WERN - LE JASPE DU CERCLE D'OR - IPréface / Dédicace : Jaspe Rouge - Tous droits réservés - Pep gwir miret strizh - All rights reserved . " LE JASPE DU CERCLE D'OR " , copyright 2024 . 

 

                                                         ___

   

*  Perséphone ( Proserpine ) , attirée par une fleur merveilleuse dans le royaume de la Nuit , perdit à jamais son insouciance et sa gaîté .

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LE JASPE DU CERCLE D'OR - Prologue - Marina Stern - III - Damnation .

18 Décembre 2024 , Rédigé par Dan Ar Wern Publié dans #LE JASPE DU CERCLE D'OR

Faust et Marguerite dans le Jardin ( 1846 ) par Ary Scheffer .

Faust et Marguerite dans le Jardin ( 1846 ) par Ary Scheffer .

 

 

LE JASPE DU CERCLE D'OR

 

 

 

 

 

 

 

pour Jean Racine

   et James Joyce

 

 

 

 

 

 

 

Prologue

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

       

 

 

 

 

 

 

 

Marina Stern

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

III - Damnation

 

 

 

 " Dieu s'épuise à travers l'épaisseur infinie du temps et de l'espèce , pour atteindre l'âme et la séduire . Alors , Dieu en fait la conquête . Et , quand elle est devenue une chose entièrement à Lui , Il l'abandonne . Il la laisse complètement seule . Et elle doit à sont tour , mais à tâtons , traverser l'épaisseur infinie du temps et de l'espace , à la recherche de Celui qu'elle aime . C'est ainsi que l'âme refait en sens inverse le voyage qu'a fait Dieu vers elle . Et cela , c'est la Croix  ... " 

 

Simone Weil - " La Pesanteur et la Grâce "

( 1943 )

 

 

 

 

 

 

 

     3Cependant , la fatigue faisant son oeuvre , il ne tarda pas , au bout du compte , à goûter la paix fragile d'un sommeil réparateur où quelques images vivantes d'elle , comme un mirage de bonheur au milieu des flots ténébreux de sa vie

sentimentale , s'étaient mélangées dans sa conscience troublée . Son visage à la beauté farouche lui avait tout de suite plu . Quel coup de foudre , se rappela-t-il , pensant à son sourire de Madone ou de poupée russe pendant cette nuit froide et neigeuse d'hiver où , tout juste échappée d’Allemagne de l’Est avec sa petite valise usée , seule richesse qu’elle avait sans doute pu emporter dans sa fuite à travers les frontières , la fugitive avait débarqué dans ce lieu grouillant de vie , chaos protecteur , mais aussi , pour elle , intimidant ! Des perles de rosée gouttaient de ses joues de cire , emportant peut-être avec elles toute la peur et la fatigue de ces derniers jours .
         Gwennole se réveilla frissonnant , la tête en feu . A travers les fenêtres , des lueurs rougeâtres de guirlandes festives baignaient la chambre . Regardant tout autour , il aperçut quelque chose au pied du sapin . C'était une enveloppe toute grise comme la mer du Nord , laissant voir une petite feuille blanche , griffonnée de quelques lettres , qui en dépassait . 
         Il parvint à la saisir avec effort , mais son horrible angoisse de la veille réapparut , car il crut voir à travers elle comme une tache de

sang ! Quelle heure était-il ? Pas de pendule au

mur . Et sa montre ? Il ouvrit les yeux peu à peu , n'ayant aucun souvenir , en vérité , de ce qui avait pu se passer . C'était tout blanc , comme un

linceul de neige , autour de lui qui se sentait si lourd , faible à la fois , frissonnant de fièvre au milieu de ce désert solitaire où de violents coups de marteau lui heurtaient la tête !

        D'ailleurs , comment lui prouver maintenant , sinon par quelques mots dérisoires , la pureté de ce qui n'avait pu exister que dans les limbes rougeoyantes d'un rêve déjà presque oublié  ? , songea-t-il quand il se mit encore à relire , la larme à l'oeil , ce triste constat de quelques lignes :
" ... Pardonnez-moi si j'étais un peu mélancolique , hier soir , ne m'en veuillez pas d'avoir fait " semblant  "... J'aurais préféré me serrer contre vous pour apaiser ce mal douloureux qui ronge mon âme ... Mille bénédictions , mon ami ! Vous m'avez offert une coupe de champagne quand tout semblait perdu . Je dois repartir , mais sachez que je n'oublierai jamais votre gentillesse . Prenez ceci , il porte chance dans mon pays ."

Perdue et désespérée , elle l'avait aperçu accoudé à son véhicule , fumant paisiblement une cigarette , et se précipitant vers lui en balbutiant quelques mots de mauvais français , cherchant simplement un endroit pour passer la nuit , comme , au milieu d'une tempête , un malheureux esquif cherche la lueur d'un phare , se dit-il . Certes , sa maison semblait bien modeste , mais elle était chaude , et il n’y avait pas grand monde pour y prêter attention . Lui préparant un repas simple composé d'une soupe de poisson , d'un morceau de " Far " provenant de chez lui , à Plougorn , dans le Finistère , il l'avait ensuite installée sur un lit de fortune , dans le petit salon , celle-ci lui murmurant un " merci " presque inaudible avant de sombrer dans un sommeil profond !

4 - Mais au matin , quand il découvrit soudain l'objet glissé au fond de l'enveloppe , il poussa un cri affreux , restant un long moment à observer ce qui ne devait être , pourtant , qu'une simple imitation , brillante et polie comme un morceau de verre dans sa main rugueuse ! Qui était cette Clara , en vérité ? Où était-elle partie ? Pourquoi un pauvre pêcheur breton comme lui avait-il croisé son chemin ? Ces questions resteraient-elles pour lui sans réponse ?
     Imprévisible destinée , stupide " Roue de Fortune " ! , ragea-t-il en évoquant le nom de leur bateau . Car il croyait bien , au contraire ,  que tout ceci n'était fait que pour lui rappeler , à lui comme à ses maudits compagnons d'infortune , cette autre réalité bien plus sordide , la galère de leurs grenouillages !  
     Tout à coup , sous l'action de la pierre , le papier lui parut brûler d'une flamme inextinguible , pendant que des convulsions faisaient trembler sa carcasse ! Un bref instant , l'homme crut ressentir encore plus la présence de celle qui était venue jusque chez lui pour le défier de cette curieuse arme minérale en forme de croix . 

     Mais rien n 'est jamais laissé au hasard ! , pensa-t-il pour tenter de se rassurer . Car , sans renoncer à quelque chose , on n'obtient pas la perfection du détail , qui ne modifie pas le résultat d'une aventure passée dans le clair-obscur , avec tous ses mystères ! Peut-être ne l'avait-il pas

bien reconnue , cette dame blanche qui lui faisait signe au milieu de la route enneigée , et c'est pour ça qu'elle voulait tous , maintenant , les entraîner vers le cachot , la mort ? Seulement , n'était-il pas trop tard pour plaider l'innocence ? Quoi d'autre attendre , au bout du tunnel , sinon , pour le coupable en fuite , cet autre chant d'ombre et de brouillard cyanuré , composé à la faveur de la nuit tragique d'une éternelle condamnation ?

             
             De temps à autre , cependant , cette histoire bien plus sombre remontait à la surface .
Quelque mystérieuse créature angélique , surgie des recoins les plus secrets de votre âme , venait d'accomplir devant vous sa danse macabre , vous rappelant de manière impitoyable une funeste allégeance au Seigneur de ce Monde !

            Une voix perçante , après des pleurs étouffés , s'élevait parfois derrière la porte grinçant sur ses gonds , tandis qu'un frisson d'épouvante , dans le corridor grinçant des réflexions , le glaçait d'effroi . Il comprenait qu'il lui faudrait ainsi expier le mal qu'il avait fait sur la Terre ...
            Alentour , pendant que des ténèbres effrayantes couvraient son âme déchue , la lumière diminuait . Puis il sentit la fièvre l'envahir , des gouttes de sueur dégoulinaient de son front .
Comment , se dit-il , éviter le terrible châtiment devant s'abattre sur cette ridicule créature ayant osé défier la Loi Divine ? Il voulut se lever , fuir à toutes jambes ...
             Mais ses blessures lui rappelèrent qu'il n'était plus qu'une plaie vivante , pendant que ses traits s'obscurcissaient de plus en plus , affichant ce délire de  persécution qui l'avait saisi tout entier de son emprise effroyable !
             Terreur noire !
             Il crut avoir affaire , en voyant son ombre sur le miroir , à une bête monstrueuse aux yeux clairs de serpent !
Ne s'était-elle pas sournoisement glissée dans sa chambre , ne désirait-elle pas ardemment l'étrangler de ses mains griffues ?
             L'étrange menace fut conclue d'un rire sardonique résonnant dans ses oreilles :
Quelques heures , peut-être , et nous serons ensemble ! , ricanait le sauvage Belzébuth .
             Dans sa poitrine , son coeur , hurlant de rage comme celui d'un loup , se mettait à battre plus violemment , les spectres de la nuit pourchassant leur proie sans relâche avant de l'offrir aux Dieux !
             

 

 

 

 

FIN du Prologue

 

 

 

 

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DAN AR WERN - LE JASPE DU CERCLE D'OR - PrologueMarina Stern II - L'Ange - Pep gwir miret strizh - Tous droits réservés - All rights reserved . " LE JASPE DU CERCLE D'OR  " , copyright 2024 . 

 

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LE JASPE DU CERCLE D'OR - Prologue - Marina Stern - II - L'Ange .

17 Décembre 2024 , Rédigé par Dan Ar Wern Publié dans #LE JASPE DU CERCLE D'OR

L'Ange ( Francesca Serra )

L'Ange ( Francesca Serra )

 

LE JASPE DU CERCLE D'OR

 

 

 

 

 

 

 

pour Jean Racine

   et James Joyce

 

 

 

 

 

 

 

Prologue

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

       

 

 

 

 

 

 

 

Marina Stern

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

II - L'Ange

 

 

 

 " Une âme qui en fait une autre , un corps qui nourrit un autre corps en lui de sa substance ... " 

Paul Claudel ( 1868 - 1955 ) - " Le Soulier de Satin "

( 1929 ) , Troisième Journée , Scène I .

 

 

 

 

 

 

 

     2 - Ce qu'elle lui parut belle , alors , quand elle rajusta ses petites lunettes rondes , d'allure sportive sous son grand manteau gris barré d'une écharpe noire , frimousse d'ange au joli sourire dont les cheveux dénoués tombaient maintenant comme l'onde capricieuse d'une rivière sur son corsage fleuri . Pour le remercier encore , la jeune femme songeant peut-être à sa vie chaotique d'hier comme au désert de sa prochaine retraite , s'inclina vers celui qui l'avait étrangement conduite en ce lieu si éloigné de sa vie habituelle .

- Vous êtes ici chez vous , mademoiselle !

- Je ne resterai pas longtemps , monsieur ! , lui répondit-elle sur un ton de politesse assez mécanique et le plus froidement possible , malgré son étonnement devant la présence d'autant de livres tout autour , chez quelqu'un qu'elle croyait si fruste , pour empêcher cette force irréfrénable qui , en apparence , par un ardent magnétisme , le poussait irrésistiblement vers elle .  

          Lui , pourtant , qu'on surnommait

" l'Intello " , s'efforçait ni de trop la regarder , ni de lui faire sentir cette soudaine fièvre qui , brusquement furieuse et bouillonnante , s'était emparée de tout son être ! Mais elle , c'était visible , ne ressentait pas grand chose , figée comme une statue

romaine , immobile , semblant indifférente ou étrangère à son désarroi !

- Je m'appelle Marina !  

          Elle venait , lui expliqua-t-elle , de fuir un concert , peu avant son départ , se demandant si ce n'était pas , en fait , le dernier , car ayant vu , dans sa jeunesse , le " maestro " , visiblement transfiguré par l'attirance qu'il croyait ressentir pour son élève , diriger pour elle " Après un Rêve " de Fauré , elle avait éprouvé envers lui un tel sentiment de rejet , qu'elle avait désiré , à sa place , mais d'une manière différente , murmurer tendrement à l'oreille de la soliste cette compréhension spontanée qui , à son tour , la liait à elle !  ()

        Alors , blessure au coeur , combien de temps lui aurait-il fallu attendre , fasciné , l'éclat de ce regard frappant déjà de la couleur de ses yeux verts les eaux sombres du sien ?

        Pouvait-on vraiment , lorsqu'on était si différents , devenir un seul être communiant à l'indicible , s'inquiéta-t-il , et suivre ces petites taches blanches , là-bas , couple de cygnes qu'elle avait vu peut-être , comme lui , s'élancer dans le ciel au-dessus de l'étang glacé , dans le refuge éphémère d'une barque où , par miracle , elle retrouverait peut-être un jour , lors d'une promenade , celle qui avait enflammé sa solitude ? 

        Noyé dans la douceur d'une telle aube vespérale , songea-t-il par la  suite , quelque chose en nous brûle parfois d'un immense désir de

l'Eternel : Celui qui peu à peu s'approche devient un soleil immense où rayonne une figure ayant parfois la force d'un homme , parfois la douceur d'une femme , être double , andro-

gyne , changeant de manière imperceptible comme la surface d'un lac gelé que , loin de la rigueur de l'hiver , mille couleurs de joie printanière , lors d'une heure de gloire, font revivre ! Mais n'est-ce pas Lui , également , qui S'offre aux pauvres mortels dans cette divine princesse dont la pâleur vous brûle d'une flamme salvatrice à travers le cristal de l'onde ?

- N'êtes-vous pas  l'Ange de la crèche ? , balbutia-t-il par devers elle , tout en sueur , à demi hébétée par la fièvre ... 

- " Que c'est étrange de vous voir ici ! , lui répondit-elle de son côté , au bout d'un instant de gène ... Mais , sortant péniblement de sa torpeur , la jolie fille avait le dessein caché , en bredouillant un discours de circonstance , de vouloir masquer son émotion .

- Ce matin , j'ai pris conscience de la vanité d'une étoile filante qui , avant d 'être engloutie par la mer , n'a laissé en fin de compte que la trace d'une ombre au milieu de la nuit ! Je crois que je n'ai plus envie de souffrir afin d'accéder à tout ce que voulait dire ce chef d'orchestre . A quoi ça servirait de le comprendre au-delà des noires et des croches qui se courtisent amoureusement ou bien , au contraire , des silences qui curieusement s'entrechoquentMoi aussiaprès tout , je veux bâtir un autre langage ! "

 

 

   

 

 

( A Suivre )

 

 

 

 

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DAN AR WERN - LE JASPE DU CERCLE D'OR - PrologueMarina Stern II - L'Ange - Pep gwir miret strizh - Tous droits réservés - All rights reserved . " LE JASPE DU CERCLE D'OR  " , copyright 2024 . 

 

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Notes :

 

" Après un Rêve  " - Levati sol que la luna è levata - op. 7 n°1 , de Gabriel Fauré ( 1845 - 1924 ) , publié en 1878 .

 

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LE JASPE DU CERCLE D'OR - Prologue - Marina Stern - I - La Fugitive .

16 Décembre 2024 , Rédigé par Dan Ar Wern Publié dans #LE JASPE DU CERCLE D'OR

Reflections - Clara Diebler

Reflections - Clara Diebler

 

LE JASPE DU CERCLE D'OR

 

 

 

 

 

 

 

pour Jean Racine

   et James Joyce

 

 

 

 

 

 

 

Prologue

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

       

 

 

 

 

 

 

 

Marina Stern

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

I - La Fugitive

 

 

 

 

 

 

 

" Nous sommes les abeilles de l'Invisible . Nous butinons éperdument le miel du visible pour l'accumuler dans la grande ruche d'or de l'Invisible " . 
Rainer Maria Rilke , lettre , 1925 .
 "

 

 

 

 

 

 

 

     1 - Une pluie fine tambourinait sur le pare-brise de la vieille Peugeot 504 de Gwennole Kermadec , une espèce de colosse à la carrure d’ours intellectuel qui , avec sa carrure imposante et son visage buriné de marin pêcheur , semblait , derrière ses binocles , prêt à affronter , s’il le fallait aussi , une armée de bibliothèques plus imposantes les unes que les autres ! Parfois , l'automne arrivant après la saison de pêche , de février à fin août , celui-ci , l’âme de la mer vivant encore en lui , mais le cœur enroulé de bitume , troquait son ciré jaune et sa casquette marine pour celle d'un chauffeur de taxi, sillonnant , après les effrayantes vagues boréales , dans sa vieille Peugeot cabossée , le pavé luisant des rues parisiennes .

Tenant fermement , de ses mains calleuses , le volant de sa voiture , il roulait presque sans arrêt , quand il ne lisait pas , franchissant les longues avenues grises de la capitale , avalant bouquins et kilomètres , l’esprit toujours hanté par les vents hurlants et les houles immenses des eaux glacées du Nord ! Six mois de l’année , il était , en effet , pêcheur d’Islande , bravant les déferlantes , pensant que , le reste du temps , Il y aurait sans doute quelque chose de réconfortant pour lui à revenir à terre , chez ses cousins de la grande ville , qui lui semblait pourtant presque

étrangère , avec sa langue bizarre , son rythme effréné et ses lumières trop vives !

Cette histoire commença un soir de Noël 1991 , alors que Paris baignait dans une fine bruine floconneuse , le marin poirotant devant la gare de l'est , un livre à la main , comme à son habitude . Les essuie-glaces rythmaient le silence dans l’habitacle de l'automobile , tandis qu'une musique bretonne passait en sourdine à la radio . C'est alors que , surgissant de la foule comme une ombre fuyante , elle était apparue , jeune femme au regard de louve , emmitouflée dans un manteau grisâtre , aux yeux rougis par le froid , trahissant une inquiétude fébrile quand elle ouvrit soudain la porte arrière du taxi , s’asseyant précipitamment sur le siège avant même qu’il ait eu le temps de lui demander sa destination , disant d’une voix tremblante , à la tonalité exotique :
- Roulez , s'il vous plaît . Je ne sais pas encore

, mais ... roulez !
 
Intrigué mais respectueux , le chauffeur fit ce qu’elle demandait . Le moteur se mit à ronronner doucement tandis qu’il quittait la gare pour s’enfoncer dans les rues endormies de la capitale . Au bout de quelques minutes , elle rompit le silence .

- Je viens de quitter mon pays , lâcha-t-elle dans un souffle .
Jetant un regard dans le rétroviseur , le breton croisa son regard mouillé .


- Ça navait plus de sens . Ils surveillaient tout , mon téléphone , mes sorties . Je devenais folle , et , l'autre soir , cen était trop , je suis

partie ... mais maintenant , je ne sais plus où aller !

Sa voix se brisa légèrement, et elle détourna la tête pour cacher une larme naissante . Le conducteur , d’abord silencieux , sentit une étrange proximité avec cette femme qu’il ne connaissait pas .

- Vous avez bien fait de partir , dit-il finalement , d’un ton grave mais apaisant . Personne ne mérite de vivre sous un tel poids .

La fugitive esquissa un sourire triste.
Mais où vais-je aller ? Je nai personne ici. Pas de famille , pas damis proches . Et je ne veux plus retourner chez moi ...


Un instant , le pêcheur sentit l’appel du large dans sa poitrine . Peut-être était-ce son instinct breton de lecteur , cette propension à offrir un refuge à ceux pris dans la tempête , ou simplement un élan de solidarité humaine ?

- Écoutez , je ne suis quun chauffeur de taxi , mais si vous avez besoin dun endroit où poser vos valises le temps de réfléchir, jai un appartement modeste . Ce nest pas grand-chose , mais cest calme , et , vous verrez , personne ne viendra vous chercher là-bas .

La jeune allemande , surprise par sa proposition , hésita un moment . Elle plongea son regard dans celui de son interlocuteur , scrutant sa sincérité .

- Pourquoi feriez-vous ça pour moi ? Un 24 décembre ? Vous ne me connaissez même pas ...

- La mer ma appris une chose , répondit-il avec simplicité . Quand quelquun est à la dérive , on tend la main . On ne pose pas trop de questions .

Un silence flottant s’installa , rempli de l’écho de ses paroles . Finalement , elle hocha doucement la tête .

- Merci je ne sais pas quoi répondre .

- Pas besoin , fit son voisin lui adressant un sourire rassurant .

Ils roulèrent encore un moment , quittant le cœur de Paris pour rejoindre la banlieue plus calme où il vivait . Ce soir-là , deux âmes perdues trouvèrent un fragile répit , l’une dans la chaleur d’un petit appartement , l’autre dans le sentiment d’avoir fait quelque chose de juste .

Et peut-être , au détour de cet improbable croisement , Gwennole Kermadec se rendit-il compte que le bitume des villes pouvait parfois être aussi imprévisible que les vagues de l’Atlantique !

 

 

 

 

 

 

 

( A Suivre )

 

 

 

 

 

 

DAN AR WERN - LE JASPE DU CERCLE D'OR - PrologueMarina Stern - - La Fugitive - Pep gwir miret strizh - Tous droits réservés - All rights reserved - " LE JASPE DU CERCLE D'OR " , copyright 2024 . 

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LE JASPE DU CERCLE D'OR - Epilogue - XXVIII - Frère Anton .

8 Décembre 2024 , Rédigé par Dan Ar Wern Publié dans #LE JASPE DU CERCLE D'OR

Procession des moines vers le monastère du mont Athos ( Gang der Mönche zum Bergkloster Athos , 1905 ) par Hermann David Salomon Corrodi ·

Procession des moines vers le monastère du mont Athos ( Gang der Mönche zum Bergkloster Athos , 1905 ) par Hermann David Salomon Corrodi ·

 

 

LE JASPE DU CERCLE D'OR

 

 

 

 

 

 

 

pour Jean Racine

   et James Joyce

 

 

 

 

 

 

 

Epilogue

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

       

 

 

XXVIII - Frère Anton

 

 

 

 

 

 

 

O toi , sosie , personnage au teint pâle ,

  Pourquoi revivre mon haut mal ? "

 

Heinrich Heine *

 

 

 

 

 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

   52 - Il marchait , solitaire , au flanc de l'Athos , repensant à l'homme d'avant qui avait du choisir , peut-être , de donner toute sa mémoire pour sauver son âme , lui qui n'en aurait maintenant plus rien à faire de la vendre , coup de lance planté dans le coeur du patriarche qu'il s'était efforcé de devenir , au premier venu lui promettant monts et merveilles pour la retrouver , car il ne se souvenait plus de rien concernant le chemin tâtonnant de sa jeunesse .

- Ecoutez-moi , je vous apporte la vérité ! ( 64 )

            Qu'avait-il bien pu faire de sa vie ? Combien de temps lui faudrait-il attendre , encore , soupira-t-il , contemplant , du haut d'une terrasse , l'éclat du couchant frappant le regard perdu d'un cygne noir attiré soudain par une ombre s'agitant dans la vaste étendue des eaux sombres de la mer ?

            Lui , que ferait-il , sinon s'abandonner à son triste sort , comme l'astre solaire au crépuscule ?

Combien de temps vais-je T'appeler , Seigneur , sans que tu m'entendes ? ( 65 )

- 'est-ce pas qu'on se croirait , chez nous , dans le jardin du paradis ? , lui avait pourtant confié , en guise de réponse , l'higoumène , lui montrant d'un geste le " Menaion " ainsi que les oeuvres de Basile et de Chrysostome , reliées de cuir incarnat , dans la somptueuse bibliothèque en orme massif de la Grande Laure ! N'est ce pas un havre , avait-il rajouté tantôt d'un triste sourire , pour tous ceux qui cherchent à aimer leur frère ? ( 66 )  

            La cause des anciens ? Pour ce qui le concernait , ce n'était , après tout , qu'une réponse tardive à la traîtrise de bien des crimes venant du camp adverse au fil de siècles d'abandon , bûcher fatal ayant voulu faire périr en chacun d'eux cet être angélique et si beau qu'il devait être à

l'origine , pourtant , si l'on n'avait pas voulu tuer en chacun , la conscience , beau nom de clarté , jadis comme aujourd'hui , avant de reconnaître que , grâce à elle , " une âme en fait une autre , un corps nourrit en lui un autre corps de sa

substance ... " ( 67 )

            Etait-ce alors , pour lui , l'ultime

demeure ? Car le monde retenait son souffle , et le matin même où la guerre venait d'être déclarée , tandis qu'on s'attendait au pire , un moine s'était agenouillé face à l'immensité  , miroitement d'innombrables vagues scintillant comme des âmes ressuscitées . Triompheraient-elles de leur prison terrestre , ou bien retomberaient-elles dans les châtiments de l'enfer ? , se demanda-t-il , priant le Seigneur , croyant les voir mourir , puis renaître sans cesse , flux et reflux bercés d'allégresse et de

paix , depuis les rives de l'au-delà , lorsque dans le lointain , précisa-t-il , " comme une eau très claire qui court sur du cristal et réverbère en elle le soleil " ,  glissait lentement jusqu'à la surface de la mer un gigantesque vaisseau spatial !

( 68 ) 

            Ceux qui ne le prirent pas pour un fou possédé par le démon pensèrent à un signe illustrant ce verset de l'Apocalypse où il est écrit que " le Temple qui est dans le ciel s'ouvrit , que l'Arche d'Alliance y apparut " . ( 69 )

            Ce jour-là , comme dans l'oeil d'un terrible cyclone nucléaire venu de Sibérie , la nature , depuis les rives de l'Actée où il avait décidé de se balader seul avant de regagner sa cellule , témoignait encore d'un calme olympien . ( 70 )

            Pourtant , le promeneur aurait bien voulu se prendre , lui aussi , pour le Titan Prométhée , qui , selon la légende , avait dérobé le feu céleste , mais cette fois-ci , dans l'intention de le rendre aux Dieux de l'ancienne Grèce , bien plus

sages , d'après lui , que leurs créatures

prédatrices !

            L'homme aurait-il encore l'audace , de nos jours , de se croire l'égal de Jupiter ?

          " Quel curieux voyage , quelle étrange aventure vous conduit ainsi , en l'espace d'une seconde , à la souffrance , à la mort ? , réfléchit-il avec une si grande mélancolie , tenaillé par cette peur incontrôlable se profilant dans les limbes d'un couchant précurseur de l'avenir , tâché de funestes lueurs sanglantes , tout éclaboussé de

pourpre , espérant y découvrir encore la trace d'une étoile d'amour et de foi , celle du Berger peut-être ? 

          Mais cette nuit-là ,  Zeus avait déjà fait tomber sa propre foudre , embrasant l'azur de son ire et du feu de sa justice , des rayons incendiaires déchirant le voile noir du firmament , qui réveillèrent soudain l'âme du dormeur , tandis qu'une pluie diluvienne finit par s'abattre sur la sainte montagne désolée aux vingt monastères , chacun devant , comme lui , se sentir soulagé que le ciel finisse par ouvrir ses vannes providentielles plutôt qu'une chaleur écrasante et fatale !  

            S'étant ainsi levé à l'horizon , le vent de la colère divine avait fait rouler ses coups de tonnerre dans les ténèbres parmi le flot tumultueux des nuages , le tirant complètement de sa torpeur , car il sortait d'un rêve où il avait revu , à l'abri d'une fontaine salutaire couronnée d'églantines et de cytises , qu'un unique pin protégeait de son parasol immense , des images d'un passé révolu , écoutant mourir en son coeur une plainte éternelle à travers le méandre des îles ,  cette chanson désespérée de Mahler , comme un bijou rutilant dans son écrin nocturne : " Ich Bin der Welt Abhanden

Gekommen ... " , songeant encore , sans doute , au bruit de l'eau , à la voix de Clara Stern , toujours fasciné, depuis cette époque , malgré son

amnésie , par le mystère de ce double qui le hanterait à jamais ... ( 71 )

           Puis , il se rendit compte , un peu plus

tard , qu'il avait dû , dans ses souvenirs , confondre le visage de cette femme avec un aveuglant rayon de lumière jailli soudain parmi les nuées grises du naufrage des Dieux , celle-ci  paraissant prendre , maintenant pitié de lui . A moins que pour le châtier , elle n'ait souhaité par plaisir lui faire ce grand trou de désespoir dans la poitrine et se demander s'il n'y avait , pour sa part , que ce seul moyen de le guérir ?

           Car " On ne se baigne jamais deux fois dans le même fleuve , affirmait jadis Héraclite , tout s'écoule et rien ne reste ... " 

           Mais doit-on revenir en Thrace ou en Colchide , au pays des Îles Fortunées , lui répondait-il en sanglotant , pour voir s'y échouer sans cesse l'illusion de toute une vie misérable ?

( 72 )

 

 

53 - " Accablé de chaleur , mon corps ploie sur le chemin brûlant , je cherche l'ombre du Sauveur , même si elle ne fait que passer ... " ( 73 )

... Je n'en veux à personne . J'ai eu mes cartes en main . Je pense à toutes les choses irréalisées , aux enfants mort-nés , aux anges , aux amours seulement imaginaires , aux rêves écrasés par l'aube , et je pense aux choses mortes pour toujours , aux génocides , aux arbres abattus , aux baleines exterminées et à toutes les races éteintes ... ( 74 )

" Nouvel Espoir ? " , s'interrogea-t-il une dernière fois , relisant la page ultime de son roman .         

 

 

FIN

 

 

                               ___

 

 

DAN AR WERNLE JASPE DU CERCLE D'OR - Epilogue - XXVIII - Frère Anton - Pep gwir miret strizh - Tous droits réservés - All rights reserved - " LE JASPE DU CERCLE D'OR " , copyright 2024 .

                               ___

 

 

Notes :

 

 

64 - Les Vagues ( The Waves , 1931 ) roman de Virginia Woolf ( 1882 - 1941 )

 

65 - Livre d'Habacuc , I , 1 .

 

66 - Récits d'un Pèlerin Russe ( Anonyme , 1865 ) .

Ménaion : ouvrage liturgique des églises d'orient pour les célébrations fixes du calendrier .

Saint Jean Chrysostome ( vers 347 - 407 ) , patriarche de Constantinople .

Saint Basile le Grand ( vers 330 - 379 ) , évêque de Césarée de Cappadoce ( Turquie actuelle ) , auteur d'une règle monastique .

Monastère de la Grande Laure : dédié à saint Athanase l'Athonite , son fondateur , est le plus ancien et le plus important , véritable vaisseau amiral des vingt monastères de l'Athos !

 

67 - " Le Soulier de Satin " ( 1929 ) , pièce de Paul Claudel ( 1868 - 1955 ) - Troisième Journée , Scène I .

 

68 - Thérèse d'Avila - " Oeuvres  " .

 

69 Apocalypse - 11 , 19 .

 

70 - Actée ( Déesse du rivage , néréide ) , nom de la péninsule formant l'extrémité méridionale du Mont Athos .

 

71 - Adaptation du poème de Friedrich Rückert dans son recueil " Liebesfrühling "

( Printemps d'Amour1821 ) :

Ich bin der Welt abhanden gekommen ,

Mit der ich sonst viele Zeit verdorben .

Sie hat so lange von mir nichts vernommen ,

Sie mag wohl glauben , ich sei gestorben  

" Rückert-Lieder " ( 1901 / 1902 , chant III ) musique de Gustav Mahler ( 1860 - 1911 ) .

" Ich bin der Welt Abhanden Gekommen ... " ( J'ai Disparu du Monde ) , poème de Friedrich Rückert ( 1788 - 1866 ) , musique de Gustav Mahler ( 1860 - 1911 )  - " Rückert - Lieder " ( 1901 / 1902 ) .

 

72 - Héraclite d'Ephèse ( 576 - 480 avant J.C ) , philosophe grec ( " Fragments Choisis " , in " Les Penseurs Grecs avant Socrate " , trad. J.

Voilquin , Garnier-Flammarion , 1941 ) .

   - Îles Fortunées , refuge des âmes vertueuses dans la mythologie grecque .

 

73 - Jon , 4 , 10 .

 

74 - " Le Dernier Eté en Ville " ( L'Ultima Statte in Citta , 1973 ) , roman de Gianfranco Calligarich ( 1939 - 2024 ) , journaliste , écrivain , scénariste italien - Tous droits réservés .

 

 

 

" Du , Doppelgänger ,

    Du , bleicher Geselle ,

    Was äffst du nach mein Liebesleid ? "

 

" Der Doppelgänger / Le Double "

 Poème de Heinrich Heine ( 1787 - 1856 ) ,

 Musique de Franz Schubert ( 1797 - 1828 )

( SchwanengesangLe Chant du Cygne , Posth. 1829 ) .

 

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LE JASPE DU CERCLE D'OR - Quatrième Partie - Les Mystères de l'Athos - XXVII - Le Message des Profondeurs .

7 Décembre 2024 , Rédigé par Dan Ar Wern Publié dans #LE JASPE DU CERCLE D'OR

LE JASPE DU CERCLE D'OR - Quatrième Partie - Les Mystères de l'Athos - XXVII - Le Message des Profondeurs .

 

 

 

 

 

LE JASPE DU CERCLE D'OR

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

pour Jean Racine 

   et James Joyce

 

 

 

 

       

 

- Quatrième Partie -

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les Mystères de l'Athos

 

 

 

 

 

 

 

 

XXVII - Le Message des Profondeurs

 

 

 

 

 

Mais toute chose arrivera s'il donne le mot   Mes frères , les amants se relèveront ,   Les montagnes toucheront la terre  ... "

 

Graeme Allwright - " L'Homme de l'An Passé " *

   

 

            

 

 

   49 - Les vestiges d'hier ne sont-ils pas promesses d'aujourd'hui ? , lui suggéra télépathiquement l'être  à la peau iridescente , aux yeux luminescents , qui se trouvait en face de lui . N'ayant à la place du nez qu'une ride en saillie avec deux trous tels ceux d'une épingle , il semblait le dévisager de ses yeux noirs globuleux masqués par des fentes plus mystérieuses que les profondeurs abyssales de la fosse marine ! 

- C'est une vieille légende ! , lui conta encore celui-ci pendant que son visiteur cherchait à lire à travers le métal mouillé de ses yeux gris la réalité sur les origines de ce peuple dont l'étranger lui déclarait qu'il avait autrefois vécu sur la Terre .

- Ici , jadis , expliqua-t-il , se trouvait une créature immense née de la mer et couverte d'écailles dont la face et le buste sont encore et toujours taillés dans le roc ... 

         Il lui montra alors , gravé sur la paroi , le dessin d'un gigantesque péroné , celui , sans doute appartenant à l'étrange personnage coiffé d'un casque avec de longues cornes d'où partaient des sortes de tentacules pareilles à des fuseaux dessinés par des myriades de petits points , l'un de ces extra-terrestres qui se présentèrent comme des Atlantes célestes , révélant aux hommes une vérité stupéfiante : ils étaient les descendants d’un peuple terrestre ayant suivi un chemin évolutif parallèle à celui des humains , mais avec plusieurs millénaires d’avance . Leur civilisation , qui avait du quitter la Terre pour échapper à un

cataclysme , séjournait désormais , lorsque surgissaient parfois , depuis Xérox , leurs vaisseaux des étoiles pour de rares visites , sous les océans , dans des bases futuristes cachées au regard des hommes .

Le spationaute fit alors comprendre à Anton qu’il avait été " choisi " des années auparavant , qu'on lui avait greffé une pierre précieuse d’une puissance indicible dans la région du cerveau , un jaspe rouge vivant , capable de canaliser des énergies cosmiques . Cette gemme , jusque-là en sommeil , devait maintenant être activée pour accomplir un grand dessein : sauver l’humanité dans ses derniers instants précédant l’extinction !

Mais il y avait un prix à payer . Tout ceci ne pourrait fonctionner pleinement que s'il acceptait d'abandonner pour un temps son aspect physique actuel pour se métamorphoser en amphibien capable de survivre , comme cela s'était passé au terme d'une longue évolution pour eux , dans ces profondeurs marines . D'abord désorienté, mais curieusement apaisé par cette voix

si harmonieuse , l'homme finit par accepter .

 

50 - Allongé dans un état semi-comateux sur sa couchette , il se rappela ce jour où , pendant sa sieste , il avait cru être enlevé par un faisceau de lumière verte , avant d'être aspiré dans les airs . Victime d'un accident , c'était autour de lui que s'était noué le drame . Il avait pris quelques minutes pour émerger , qui étaient peut-être des heures , pensa-t-il , tandis que sa tête bourdonnait , que des bribes de souvenirs flottaient encore autour de lui , insaisissables . D'une voix rauque , Il avait grommelé :
" Ilse ... Martina , Odile Dürrenbach ? " , réalisant qu'il ne s'agissait peut-être que d'une seule et même personne , et qu'elle était venue dans un tout autre but que celui qu'il avait imaginé .

Puis , Il s'était réveillé dans un lit tout blanc , la lumière crue d'une lampe aveuglant ses yeux , tandis qu'un violent parfum d'éther et de mimosa , venu de l'extérieur , emplissait la pièce d'une odeur entêtante . Il avait bien tenté de se redresser , mais son corps ne répondait pas . Le visage empreint d'une douceur maternelle , une infirmière voilée s'était approchée de lui .
" Vous avez eu un léger malaise , monsieur . Vous êtes à l'hôpital musulman de la Corne d'Or , à Istanbul ... " ( 60 )

Ensuite , il s'était revu , grâce aux euphorisants , dans un château , à l'intérieur d'une espèce de salle souterraine qu'une galerie latérale éclairait d'une source lumineuse invisible , et dont la  porte était surmontée d'une grille en fer où deux mots figuraient dans un triangle autour de laquelle s'enroulait un serpent rouge : " ARKA ANATH " !

      Ecrivain vendeur de chemises , mais aussi membre influent d’un gang de trafiquants pas comme les autres , celui de pêcheurs de diamants bretons qui opéraient dans les eaux glacées et tourmentées de l’Islande , leur activité clandestine s'étant récemment concentrée sur la découverte d'un trésor unique au fond d'un lac , un jaspe rouge nommé " Cercle d'Or " , aussi beau qu’énigmatique , réputé pour avoir des propriétés incroyables !

Pourtant , ce qui lui arriva la nuit suivante , il ne l'avait pas vu venir . Son esprit l'avait transporté dans une rêverie aux contours flous , mais extraordinairement intense ! Car cette fibule miraculeuse permettait non seulement la " transmutation " des âmes , mais aussi celle des corps , comme le lui avait suggéré l'étrange capitaine Nemo . Elle n'était pas qu'une matière terrestre , elle semblait émettre une énergie subtile , capable d’attirer des visiteurs bien au-delà de notre galaxie , ces créatures déterminées à récupérer ce qu'elles pensaient leur appartenir , apparaissant comme de minces silhouettes argentées , dotées de tentacules luminescents !

Mais l’histoire avait pris une tournure encore plus improbable lorsqu’on lui avait fait croire que Martina Stern , dans la peau d'une étudiante férue de littérature musicale , était prête à tout pour mettre la main sur le fameux joyau ! En fait , d'après eux , c'était un robot de type humanoïde envoyé à Paris par les extra-terrestres eux-mêmes , dont la première tentative de récupération du bijou s'étant avérée infructueuse , avait pris la forme d' une entité élégante

et belle , dotée d’une intelligence calculatrice et d’une capacité troublante à manipuler les esprits humains , venant là pour lui implanter l'artefact ! ( 61 )

" Comme en un clair miroir d'eau , une étoile , tout au fond de mon coeur , brille et se dévoile ... " , murmura-t-il en soupirant .  ( 62 )

 

51 - Mais , ce qui avait frappé davantage le

visiteur , plus ils séjourna au coeur de cette nef marine résonnant de la symphonie tumultueuse des vagues juste au-dessus d'eux , c'était non seulement la présence , au cou de ses professeurs , d'un bijou en pierre de jaspe identique au sien , mais aussi , depuis qu'il avait franchi la frontière de ce royaume sous-marin , la danse magique des lumières se jouant au ciel de ce fabuleux palais de cristal aux mille éclats d'écume jaillissant parmi de fines dentelles de roche et ciselures de granit ,

" s' y décomposant et s'y recomposant à l'infini comme une toile changeante aux multiples chatoiements d'émeraude " , moirée d'aigue-marine et de jaspe ! 

C'est ainsi que , pendant neuf mois , le patient subirait une transformation lente et irréversible . Sa peau deviendrait écailleuse , ses poumons se muant en branchies , tandis que ses pensées s' imprégneraient d’une sagesse ancienne transmise par les Aliens . Rebaptisé " Frère Anton " , il allait ainsi recevoir une formation spirituelle intense , apprenant à manier la puissance de la pierre et à prêcher une nouvelle parole d’espoir .

       Un jour enfin , l'homme-poisson fut sanglé sur l'une des tables de verre . 

Tout de suite , il s'était senti décoller du sol à une vitesse vertigineuse ! Les parois , quant à elles , devenaient des cloisons de métal blanc , presque translucides formant une roue zodiacale , grande rosace ou couronne de lumière , un glaive en son centre unissant son image à celle de l'être aux longs doigts effilés dont les paroles pénétraient mentalement son cerveau ...

 Nous cherchons maintenant le Code ! suggéra-t-il avec , sur son masque d'effroi , beaucoup d'impatience . Car celui qui le saura sera le Roi du Royaume !

 

Regarde , là-bas , l'Île d'Athos ! Un jour , après la

" Grande Secousse " , elle redeviendra comme au temps béni où , pendant mille ans de bonheur , nous avions réussi à maintenir l'équilibre entre les forces d'AdonVa , " règne en maître sur toutes les choses de la montagne hormis les choses du temple et des sciences cachées ... " ( 63 )

Lorsqu’il fut enfin prêt , le frère Anton se vit émerger sur le mont Athos , lieu sacré et isolé . La Terre , en proie à une Apocalypse nucléaire , sombrait déjà dans le chaos . Les ET avaient vu venir cette fin , mais leur mission n’était pas d’intervenir directement . Leur rôle , à travers le moine , était de semer une graine d’espoir et de préparer les âmes survivantes à renaître pour construire une nouvelle humanité en harmonie avec la nature et l’univers . Du moins , c'est ce qu'ils prétendaient , par des techniques de transmission subliminale , au moyen d'implants dans le cerveau .

Drapé dans une tunique d’algues , portant dans ses yeux le reflet des abysses , le nouvel ermite se mettrait ainsi à prêcher . Sa parole , imprégnée de la sagesse atlante , toucherait les cœurs les plus endurcis .

- Lhumanité , telle quelle est , touche à sa fin ," leur dirait-il . Mais une ère nouvelle vous attend , si vous acceptez de vous transformer , comme je lai fait . Rejetez vos armes , vos haines , vos vanités . Embrassez locéan de linfini !

Et pendant cette pseudo fin des temps , tandis qu'à l'extérieur se déroulerait une guerre

horrible , les flammes d'une comète frappant la Terre , et celle-ci devant se consumer peu à peu d'une manière inexorable , Frère Anton devrait rappeler à ceux qui , avec lui , partiraient se réfugier sous la surface de l'eau , qu'il faudrait toujours écouter la voix des profondeurs , car même au bord du néant , disaient les maîtres de sa pensée , subsiste toujours une lueur d’espoir , une chance de renaissance !

Telle fut consignée l’histoire officielle d'Anton Gouvelioù , écrivain sans imagination devenu , par le miracle de formateurs zélés , prophète des océans , dont le message de sagesse allait éclairer bientôt le monde en
ruines !

 

 

 

( A Suivre )

 

 

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DAN AR WERN - LE JASPE DU CERCLE D'OR - Quatrième Partie - Les Mystères de l'Athos XXVII - Le Message des Profondeurs - Pep gwir miret strizh - Tous droits réservés - All rights reserved - " LE JASPE DU

CERCLE D'OR " , copyright 2024 .

                               ___

 

 

Notes :

 

 

60 - LE JASPE DU CERCLE D'ORTroisième Partie - L'Enquête - XVIII - Le Trésor de la Roche Flamboyante .  

 

61 - LE JASPE DU CERCLE D'OR - Troisième Partie - L'Enquête XII , La Passagère et XV , Guet-Apens .

 

 

62 - " L'Evangile Tel Qu'il M'A Eté Révélé " ( Il Poema Dell ' Uomo-Dio ) , 10 volumes ( 1943 - 1951 ) - La Préparation , chapitre 16 , de Maria Valtorta ( 1897 - 1961 ) , mystique italienne .

 

 

63 - Adon ( ou Adyan ) = ancien nom de la terre atlante : " La Demeure Enchantée " ( Cycle de L'Etoile II ) , V , 1 - L'Île Verte - Copyright 2016 Dan Ar Wern / Edilivre - Tous droits réservés .

    - Glenmor ( 1931 - 1996 ) : " La Septième Mort " ( Eil Rann , Le Deuxième Monde ) , 1979 .

 








 

 

* " Last Year's Man "  in " Songs of Love and Hate " album by Leonard Cohen , copyright 1971 Stranger Music Inc. and Columbia Records - All rights reserved -Traduit par Graeme Allwright sur son album " Graeme Allwright Chante Leonard Cohen " , copyright  1973 Graeme Allwright / Mercury Records - Tous droits réservés . 

      

 

 

 

 

 


 

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LE JASPE DU CERCLE D'OR - Quatrième Partie - Les Mystères de l'Athos - XXVI - Ikaria .

4 Décembre 2024 , Rédigé par Dan Ar Wern Publié dans #LE JASPE DU CERCLE D'OR

Le Recueil Sacré

Le Recueil Sacré

 

 

 

 

LE JASPE DU CERCLE D'OR

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

pour Jean Racine 

   et James Joyce

 

 

 

 

       

- Quatrième Partie -

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les Mystères de l'Athos

 

 

 

 

 

 

 

 

 

XXVI - Ikaria

 

 

 

 

 

Je crus tomber dans un abîme qui traversait le globe . Je me sentais emporté sans souffrance par un courant de métal fondu , et mille fleuve pareils , dont les teintes indiquaient les différences chimiques , sillonnaient le sein de la terre comme les vaisseaux et les veines qui serpentent parmi les lobes du cerveau ... "

 

Gérard de Nerval - " Aurélia " I ,4 .

   

 

            

 

 

   47 - Après une petite heure de traversée où la torpeur avait posé sa chape de brouillard sur l'onde figée , le vent du large reprit peu à peu sa parole tumultueuse , ordonnant aux flots de répondre à une puissance perdue .

        Anton s'était senti soudain si fatigué qu'il s'était endormi tout habillé sur son siège !

        L'espace d'un instant , perdu dans son

rêve , et comme abruti par le bourdonnement mécanique et répétitif des machines , le voyageur se demanda qui se cachait parmi ces blocs de couleur sombre surplombant la mer inconnue , s'y reflétant , ici et là , en ombre fugitive , cruel ange noir de la mort le narguant , dédaigneux , comme s'il se moquait , peut-être , de toutes ses victimes , pantins ridicules dont , sans vergogne , il tirait les ficelles , faisant planer la menace de ses crimes inexpiables tel un aigle aux serres dégoulinant , goutte à goutte , en pluie de sang , sur de pauvres touristes gelés comme lui , moutons résignés , tremblant de peur ! 

        Pour lui répondre , des éclairs de couleur plomb , tombant sur l'eau rougie ,  déchirèrent les guenilles noirâtres pendant du haut de ces nues imprécises .

        La rumeur marine , longtemps nourrie du seul clapotis de l'onde contre la coque et du doux ronron de la machinerie , s'enfla d'un grondement plus sourd tel une montée de colère soudaine surgie de l'abîme explosant en surface et s'accentuant peu à peu sous la pluie battante , finissant par soulever le transbordeur à des hauteurs vertigineuses !

        Martina ressentit ce fracas tandis que le tonnerre se déchaînant sous l'assaut de lames fulgurantes précipitait le navire entre d'horribles précipices !

Que se passa-t-il ensuite ?

        Une sorte de gouffre se présenta devant

eux , comme une muraille invisible au milieu de l'aube ensanglantée obscurcie par l'orage matinal , gigantesque ventouse aspirant toute la masse aqueuse en son centre , royaume d'ombre à l'infernal remous ! De son île si lointaine , le phare mystérieux , soleil des antipodes , paraissait toujours défier les curieux de ses trois feux tournants , comme s'il avait le pouvoir d'accentuer leur profonde fatigue ainsi que le craquement de leurs os marqués de sa trace

sanglante !  

 

 48 - Ils étaient enfin parvenus dans une salle immense aux parois bleutées , lieu indescriptible et pourtant rempli d'une présence invisible , chaude , gigantesque hall baigné d'onde marine , flottant dans un espace où nageaient aussi des hommes-poissons , croyant déjà , sensation si

douce , renaître dans le ventre d'une mère aux clartés apaisantes leur parlant au coeur d'un silence d'éternité !
        Céleste présence au-dessus d'un Livre ouvert , celui-ci , nimbé de douze étoiles de cristal en diadème , était délicatement enveloppé d'un voile de soie
virginale , comme un nuage parfumé d'aurore , et l'on devinait à peine sa reliure diaphane parmi les fleurs de lys et de roses blanches dominant un globe terrestre planté d'une petite croix rouge dont l'orbe figurait un serpent d'airain se mordant la queue , irradié par une pierre vivante ,

écarlate , un jaspe dont le sang coulait comme si le coeur de l'astre était transpercé d'un glaive de feu !
        Etait-il donc vrai , fut-il suggéré à certains , que toute leur histoire de tristes humanoïdes figurât aussi dans cette gemme

flamboyante ? 
        Puis , les images du " Recueil Sacré " s'animèrent soudain , celles de milliers de vies dont la trame s'inscrivait à chaque page entre les lignes tracées par l'Eternel , autant de paroles muettes , bouleversantes , qui se gravaient dans les coeurs , source inextinguible de Son Amour et de Sa Miséricorde !

        On y voyait Esdras ramenant son peuple , avec l'Urim et le Tummim , comme l'avait dit un jour l'Ancienne Alliance . ( 56 )
Mais qui donc était " Celle-ci , surgissant comme l'Aurore , belle comme la nuit , resplendissante comme l'astre du jour , avec le soleil pour

manteau , sous ses pieds la lune et sur sa tête , une couronne d'étoiles ?  ( 57 )

       Qui étaient-elles , ces ombres sans vie , à côté d'Elle ? N'offrons-nous donc rien , se question-

na-t-il , à la douleur des autres qu'un peu d'indifférence pour fuir cette terrible culpabilité personnelle dans l'incolore sensation du conformisme et de la banalité de l'horreur ?  

       Et songeant à l'immensité de l'espace les yeux grands ouverts , l'homme se rappela ce long chemin qui ne mène nulle-part , se demandant en sanglotant s'il était vraiment possible de survivre au terme d'un tel parcours , comme si , en se jetant du bastingage , en sautant dans le vide , on franchissait aussi le seuil de cet au-delà inespéré du mal depuis le haut du cercle , parvenant , pour finir , à se débarrasser du vieil uniforme de ses illusions perdues ...

       C'est alors qu'il crut voir , parmi les dépouilles de toutes ces célébrités devenues vaines , le monstre ricanant au bout d'un énorme gouffre de ténèbres trouant  le ciel ! Sa peau s'était mise à redevenir brillante , écailleuse , au fil d'étendues cosmiques bizarrement parcourues d'étranges lueurs verdâtres tandis que , plongeant dans le vide interstellaire , une roue immense détachée d'un gigantesque arc-en-ciel planait au-dessus du château de la " Mort Rouge " où , s'y étant retranchée d'un rictus méprisant , la créature avait su guider les passagers vers le royaume souterrain . ( 58 )

       Tout lui semblait si sombre soudainement ! Mystérieux comme le martèlement de l'eau sur la carlingue , résonance en lui d'un glas sépulcral au-dessus de la cabine où il dormait , chaque fois que venaient lui rendre visite , à minuit sonnant , selon lui , les carillons insatisfaits du vent s'époumonant en vain par la persienne aveugle d'une mémoire outragée !

       Alors , n'était-ce pas une chute interminable , ensuite , horrible cauchemar , dans l'espace infini du silence ?

       Que lui était-il arrivé pour voir de plus en plus grossir ce petit point de lumière blanche et bleue au centre d'une tentaculaire toile d'encre piquetée de points lumineux , liant son âme éternelle à de multiples autres telle qu'une pierre précieuse née du gouffre insondable de l'explosion de millions d'étoiles , vertigineuse plongée au centre de soi-même , rémanent effluve d'une conscience énergie depuis ses premiers balbutiements de roche en matière brute jusqu'aux subtiles ondes fluidiques d'un temple spirituel rutilant de ténébreuse incandescence ? 

       En se sentant devenir aussi vieux d'esprit que son guide et , paradoxalement , comme lui rajeunir physiquement davantage pour prendre enfin son apparence , il se mit à gémir , gagné par la fièvre et le désespoir sous le regard tranquille de la Lune impassible , au-dehors , qui paraissait le narguer d'un sourire au milieu du ciel redevenu clair ...

Puis , se demandant ce qu'il faisait là couché , trempé de sueur , il écouta craintivement le bruit diffus de ceux qui l'avaient réveillé .

       Se levant en sursaut , il remarqua sur la coursive détrempée , quelques traces de l'orage nocturne ayant agité sous son crâne un ouragan bien plus dévastateur , mais il ne se rappelait plus de rien sinon de sa journée d'hier et du navire mystérieux couronné de nuages menaçants qu'il cherchait encore dans les lointains d'un songe assoupi " sillonnant sur le sein de la terre comme les vaisseaux et les veines qui serpentent parmi les lobes du cerveau ... " ( 59 )

      C'est alors que , pour la seconde fois , le visiteur fut , en sursaut , brusquement ramené à la réalité par une voix résonnant à côté de lui !

- Bienvenue sur Ikaria , cher Anton !

 

 

 

 

 

( A Suivre )

 

 

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DAN AR WERN - LE JASPE DU CERCLE D'OR - Quatrième Partie - Les Mystères de l'Athos XXVI -Ikaria - Pep gwir miret strizh - Tous droits réservés - All rights reserved - " LE JASPE DU

CERCLE D'OR " , copyright 2024 .

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Notes :

 

56 - Esdras , 2 , 63 : L'Urim et le Tummim , deux pierres blanches qui symbolisent la Lumière et l'Intégrité de la Parole Divine . 
 

57 - Cantique des Cantiques , 6 , 10 .
     - Apocalypse , 12 , 1 .

 

58 - Le Masque de la Mort Rouge " ( The Mask of the Red Death , 1842 ) , nouvelle fantastique d'Edgar Allan Poe ( 1809 - 1849 ) , auteur américain . Voir note 19 " LE JASPE DU CERCLE D'OR " Troisième Partie L'Enquête XIII - L'Ange Noir . 

 

59 -  " Aurélia ou le Rêve et la Vie " ( 1855 ) , par Gérard de Nerval ( 1808 - 1855 ) , poète , écrivain français .

   

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LE JASPE DU CERCLE D'OR - Quatrième Partie - Les Mystères de l'Athos - XXV - Ulysse .

2 Décembre 2024 , Rédigé par Dan Ar Wern Publié dans #LE JASPE DU CERCLE D'OR

Ulysse et Calypso ( 1883 ) , par Arnold Böcklin .

Ulysse et Calypso ( 1883 ) , par Arnold Böcklin .

 

 

 

LE JASPE DU CERCLE D'OR

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

pour Jean Racine 

   et James Joyce

 

 

 

 

       

 

- Quatrième Partie -

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les Mystères de l'Athos

 

 

 

 

 

 

 

 

XXV - Ulysse

 

 

 

Nous ne savons rien ,

mais la mer peu à peu ronge le sol sous nos pieds ... "

 

Virginia Woolf - " Au Phare " , I , La Fenêtre . * 

 

            

 

 

   44 - Ils venaient de longer la côte en ce soir hivernal , celle-ci restant encore visible avant l'îlot désertique et sombre de Thasopoula dont ils purent contempler , debout , main dans la main sur le gaillard d'avant , face à l'immensité , l'ombre minuscule s'effacer lentement sous les diamants de feu du ciel portés par la houle , au-delà de lames parfois cyclopéennes ! ( 53 )

       Comment s'imaginer , au milieu d'un tel crépuscule , dans l'éclat des rayons de lune , cette brutale transfiguration de la nature ? En même temps , vous ne voyez plus le mouvement de ses rives , vous n'entendez plus le timbre grave des cornes de brume antiques dont la musique éclatante aurait certainement suffi à faire bondir ou se calmer la tempête ! Il n'y avait plus que cette ruisselante splendeur nocturne constellée d'étoiles qui tombaient sur vous depuis le firmament comme une manne céleste se propageant tout autour , venant se mêler à celle d'innombrables perles d'écume , gerbes translucides dont le tournoiement éclaboussait les flancs du ferry au tranchant de sa proue ...

       Même si , par la suite , il avait dû trouver cette idée bien prétentieuse , dans l'instant , croyant redécouvrir l'ancienne réalité d'une façon toute nouvelle , incomparable , il

eut , débordant d'amour , l'impression d'une grâce insigne qui lui avait été accordée ! Mille détails remontaient , par miracle , à sa mémoire , comme surgis des abysses d'une Atlantide engloutie depuis si longtemps , faisant ainsi se lever en lui les voiles d'une imaginaire " Calypso " , le navire d'Ulysse , lui qui se languissait sûrement , comme le héros grec , d'entrevoir enfin l'éblouissante clarté d'un nouveau pays de cocagne ! ( 54 )

         

 45 - N'était-ce pas lui , d'ailleurs , qu'il voyait au loin leur faisant signe depuis le débarcadère , genre d'evzone mesurant deux mètres , peut-être plus , tandis qu'il sortait soudain de son rêve , ne sachant plus très bien ce qui lui arrivait . 

      Quelques images d'une course folle à travers les vieilles rues tortueuses du port de Plougorn , le village de son enfance à lui , sans doute , souvenirs trompeurs , pensa-t-il , qui l'avaient laissé dans cet état de fatigue ,  d'intense prostration ? Ce devait être ça , l'ivresse du dépaysement , lorsqu'on tombe dans quelque trou noir , franchissant par mégarde cette barrière où la vitesse n'existe plus , ni le temps , ni l'espace , comme l'affirmaient certains marins de retour du continent disparu ? Folles théories , sans doute , mais qu' il s'était mis à craindre , délirant pendant son sommeil , grelottant de fièvre , à l'hôpital ... Quant aux autres , qu'étaient-ils devenus , ceux qu'il avait laissés , croyait-il , derrière lui , du côté de l'Islande ou dans un château perché du Palatinat , sinon des Alpes bavaroises , Kriebstein , Idar-Oberstein ou Hohenwerfen , il ne s'en rappelait plus très bien  ? ( 55 )

      Maintenant , la chaloupe dérivait vers le large d'un autre paysage indescriptible où il avait cru sentir un moment la chaleur d'une lumière blanche envahir son âme d'une paix , d'un silence inexprimables ... Mais c'était avant les lueurs étranges de cette rive aux multiples couleurs

grises , métalliques , plantant de toutes parts les lames acérées de ses milliers de vaguelettes contre la frêle embarcation ...

" Pourquoi me persécutes-tu ? ,  paraissait lui murmurer leur sombre écho tandis que la silhouette d'un phare , grossissant à vue d'oeil au pied de noires falaises , tachait de sang la surface de l'onde menaçante ! Alors , n'était-ce qu'un reflet de sa propre folie ? Et que voulait dire ce rêve étrange en lui d'un voyage vers le manoir du Graal , ce temple d'émeraude aux minarets éblouissants de cristal immaculé ? Questionnant d'un air farouche l'eau de son propre miroir , il venait d'observer le faisceau rougeâtre balayant d'ombre et de lumière les lettres blanches de la coque  ... Enfin tandis qu'au bout d'un long parcours s'était perdue la trace de la nef au clair de lune et qu'au fond de son coeur , sous l'océan , lui parlaient , fugitives , les dernières voix d'un monde englouti , le voyageur , timidement , s'interrogea :

Quand s'achèverait cette quête ? , soupira-t-il ...

 

  46 - Petite goutte frémissante au coeur de l'Egée , je te vois disparaître , barque légère à la gracieuse voile blanche , au creux des vagues noires couronnées de mousse ... Qu'aurais-je attendu d'autre avec toi que ce rayon d'aube luminescente quand le soleil dissipe la brume ou comme fond la cire en face du feu ? 

    - Et que serais-je devenue sans l'ondulation capricieuse de la houle portant si haut mes rêves

d'étoile claire , tours d'église marine ou cathédrales de corail au sommet de montagnes d'opale azurée lui répondit la sirène . Ici , paradoxalement , tout ne semble que certitude : ou alors , quel Seigneur aurait bien pu créer ce monde étrange , celui de ma ville sans âme où la destinée humaine doit parfois se recroqueviller en noyau d'ombre au recoin de dunes obscures , dans le tréfonds d'abysses ténébreuses 

    Le vent du large , après une petite heure de traversée où la torpeur avait posé sa chape de brouillard sur la mer figée , reprit peu à peu sa parole tumultueuse , ordonnant aux flots de répondre à une puissance perdue . Des éclairs de sang déchirèrent encore les guenilles noirâtres pendant du haut de nues imprécises couleur plomb tombant sur l'eau rougie . La rumeur marine , longtemps nourrie du seul clapotis de l'onde contre la coque et du doux ronron de la machinerie , s'enfla d'un grondement plus sourd tel une montée de colère soudaine surgie de l'abîme explosant en surface et s'accentuant peu à peu sous la pluie battante , finissant par soulever le transbordeur à des hauteurs vertigineuses !

     Martina ressentit ce fracas tandis que le tonnerre se déchaînant sous l'assaut de lames fulgurantes précipitait son navire entre d'horribles précipices !

      Que se passa-t-il ensuite ?

      Une sorte de gouffre se présenta devant

eux , comme une muraille invisible au milieu de l'aube ensanglantée obscurcie par l'orage matinal , gigantesque ventouse aspirant toute la masse aqueuse en son centre , royaume d'ombre à l'infernal remous !

     Mais de ses trois feux tournants le phare mystérieux , soleil des antipodes , paraissait toujours narguer ses visiteurs sur son île si lointaine ! 

 

 

 

( A Suivre )

 

 

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Notes :

 

53 - Thasopoula  îlot inhabité au large de l'île de Thasos , en Macédoine-Orientale-et-Thrace Grèce .

 

54 - Calypso nymphe de la mer ayant retenu , par amour , auprès d'elle , Ulysse , pendant sept des dix années de son retour de Troie à Ithaque .

" Odyssée " ( VIIIè siècle avant J.C ) , poème épique d'Homère , chant IV , 555 / 560 : " C'est le fils de Laerte , celui qui réside en Ithaque . Je l'ai vu dans une île , versant d'abondantes larmes , au manoir de la nymphe Calypso qui le retient par

force " .

 

55 - Kriebstein , voir " LE JASPE DU CERCLE D'OR " - Troisième Partie - L'Enquête - XIII - L'Ange Noir - Note 18 .

      - Idar-Oberstein , cité allemande ( Rhénanie-Palatinat ) restée un centre commercial d'importation de pierres précieuses et fines venues de toutes les parties du monde , surtout du Brésil , est aussi connue pour la transformation de ces gemmes .  

     - Hohenwerfen , " burg " médiéval autrichien situé à Werfen dans la vallée de Salzach , à environ 40 km au sud de Salzbourg ( XIè siècle ) .

 
 
* " Au Phare " ( To the Lighthouse , 1927 - Part I , The Window ) par Virginia Woolf ( 1882 - 1941 ) , femme de lettres britannique .

           

 

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