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Dan Ar Wern Official Website

l'invitation de l'ange

L'INVITATION DE L'ANGE - Teaser ( 4ème de Couverture ) / Bio .

12 Septembre 2025 , Rédigé par Dan Ar Wern Publié dans #L'INVITATION DE L'ANGE

L'INVITATION DE L'ANGE - Teaser ( 4ème de Couverture ) / Bio .

 

 

 

L'INVITATION DE L'ANGE 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Teaser / Bio 

 

 

À Brest , en 1974 , Lena , jeune élève du conservatoire , est retrouvée entre la vie et la mort après une mystérieuse agression . Dans son délire , derrière la vitre de sa chambre d'hôpital , elle croit apercevoir un Ange armé d’une dague sanglante ornée 'une opale bleue . S'agit-il d'un rêve ? Ou de la vérité d’un passé trop lourd ?

Tout commence par l'héritage empoisonné d’un père disparu à la bataille de Dien-Bien-Phu , cette épée que lui a transmise Apsara , sa demi-soeur , clé d’un secret dangereux qui a failli la tuer .

Très vite , un doute s’installe en elle : trahison familiale , mission oubliée de l’Indochine , ou piège tendu par une organisation secrète ?

Alors , de la côte bretonne aux ruelles de Bangkok , des archives de guerre aux falaises du mont Meru , Lena va suivre une piste faite de lettres codées , de trahisons et de rencontres troublantes . Chaque indice semblera la rapprocher un peu plus de la vérité sur son père – mais aussi d’un piège terrible tendu par la secte clandestine !

Et si derrière l’héritage familial , se cachait non seulement un trésor de guerre , mais aussi un passage vers une réalité insoupçonnée ? Là , dans les brumes de la montagne sacrée , au seuil d’une salle interdite , la musique des étoiles résonne … son Ange revient !

 

Thriller, histoire d’amour, aventure mystique : une épopée où chaque vérité cache un secret, et chaque secret une nouvelle dimension.

 


 

DAN AR WERN , écrivain breton , vécut sa prime enfance au coeur de la forêt de Brocéliande avant de voyager à travers le monde , se passionnant pour la littérature , la musique , la culture celte , l'ésotérisme et la spiritualité ...

 

 

 

 

 

 

DAN AR WERN - L'INVITATION DE L'ANGE Teaser ( 4ème Couv.) - Bio - Pep gwir miret strizh - Tous droits réservés - All rights reserved . " L'INVITATION DE L'ANGE " , copyright 2025 .

 
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L'INVITATION DE L'ANGE - V - Table des Matières .

9 Septembre 2025 , Rédigé par Dan Ar Wern Publié dans #L'INVITATION DE L'ANGE

L'INVITATION DE L'ANGE - V - Table des Matières .
L'INVITATION DE L'ANGE - V - Table des Matières .

 

 

 

L'INVITATION DE L'ANGE

 

 

 

 

 

Pour Pierre Benoit  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

-Table des Matières

 

 

 

 

 

 

     I - Préface / Dédicace 

          La Danseuse au Miroir

     

     

     II - Première Partie : De Profundis

 1 - L'Epée Sanglante - 2 - Le Manuscrit d'Apsara - 3 - La Nuit du Poison - 4 - L'Ilot Mystérieux - 5 - Le Gouffre - 6 - Une Etrange Rencontre .

 

     

 

     III - Seconde Partie : Ad Altum 

7 - Un Voyage en Avion - 8 - Destination Bangkok ! - 9 - Le Temple de Yaowarat - 10 - Bouddha d'Or - 11 - La Route - 12 - L'Envoyée .

 

     IV - Epilogue

        

 

13 L'Etoile " Apsara " .      

     

   

 

      V - Table des Matières

 

 

 

 

      

 

 

 

 

 DAN AR WERN - L'INVITATION DE L'ANGE - - Table des Matières - Pep gwir miret strizh - Tous droits réservés - All rights reserved - " L'INVITATION DE L'ANGE " , copyright 2025 .

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L'INVITATION DE L'ANGE - Préface / Dédicace - La Danseuse au Miroir .

7 Septembre 2025 , Rédigé par Dan Ar Wern Publié dans #L'INVITATION DE L'ANGE

Apsara

Apsara

 

L'INVITATION DE L'ANGE  

 ( Suite de " Une Vie D'Artiste " - I - L'Epée ) 

 

" Vivrons-nous jamais , passerons-nous jamais dans ce tableau qu'a peint mon esprit , ce tableau qui te ressemble ? "

 

Charles Baudelaire - " L'Invitation au Voyage " - Petits Poèmes en Prose ( Le Spleen de

Paris , 18 , Posth.1869 ) .

 

" Et c'est vous qui nous conduisiez vers le roi , n'est-ce pas , Apsara ? "

Pierre Benoit - " Le Roi Lépreux "

 

 

 

 

- Préface / Dédicace -

 

 

 

 

La Danseuse au Miroir

 

 

 

à Pierre Benoit

 

 

 

Ne suis-je pas le même que , sous d'autres formes , tu avais toujours imaginé ? Chacune de tes oeuvres démasquant mon voile d'ombre , un jour , ne me verras-tu pas tel que je suis ? ... "

Ce soir-là , se rapprochant de l'ovale du miroir sur le mur , elle avait eu du mal à distinguer davantage la consistance réelle de ses traits . Peu à peu , elle eut le sentiment d'y percevoir le fantôme de son propre visage , pâle reflet d'abord , l'effleurant puis , sans cesse la caressant avant de plonger dans la clarté fascinante d'une source aux yeux d'eau bien plus profonde , inépuisable vestige pouvant lui rappeler , par sa ressemblance , l'être pur et lointain dont , naguère , elle avait dû incarner la ridicule caricature ! Alors , voyant surgir de cet abîme un ange plus beau que n'en créa jamais la force d'une imagination , manifestation considérable qui put soudain , comme un éclair de foudre , déchirer le voile obscurcissant son âme , elle réalisa que c'était elle de nouveau , mais en même temps quelqu'un d'autre , aveuglant rayon de lumière jaillissant de son front , beau regard de Madone sur la photo de sa maman galloise en elle transfiguré ! Ce fait la troubla vivement , mais ce qui l'avait le plus bouleversé , pendant le bref instant de cette apparition , c'était que la jeune fille , lui ressemblant tellement qu'elle avait cru , sans en être bien sur au début , reconnaître en elle son double , s'était mise à faire danser son oeil vif , glaive impitoyable et tranchant , sur le verre de la glace et comme l'épée de son père inconnu , le militaire en uniforme dont le portrait se trouvait près du sien , sur la bibliothèque , à s'en servir pour transpercer le coeur du guerrier ! 

 

 

DAN AR WERN - L'INVITATION DE L'ANGE  - IPréface / Dédicace : La Danseuse au Miroir - Tous droits réservés - Pep gwir miret strizh -All rights reserved . " L'INVITATION DE L'ANGE " , copyright 2025 . 

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L'INVITATION DE L'ANGE - Ad Altum - Epilogue - XIII - L'Etoile " Apsara " .

21 Mars 2025 , Rédigé par Dan Ar Wern Publié dans #L'INVITATION DE L'ANGE

L'INVITATION DE L'ANGE - Ad Altum - Epilogue - XIII - L'Etoile " Apsara " .

 

L'INVITATION DE L'ANGE  

 

 

" Vivrons-nous jamais , passerons-nous jamais dans ce tableau qu'a peint mon esprit , ce tableau qui te ressemble ? "

 

Charles Baudelaire - " L'Invitation au Voyage " - Petits Poèmes en Prose ( Le Spleen de

Paris , 18 , Posth.1869 ) .

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

- Epilogue -

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ad Altum

 

 

 

 

 

 

 

 

XIII - L'Etoile " Apsara "

 

 

 

 

 

 

" Quand la nuée des rêves d'or est descendue sur moi ... "

 

 

 Henrik Ibsen - " Rosmersholm " ( 1886 )  

 

 

 

 

 

     24 - Elle avait senti leur présence avant même de distinguer leurs formes . Lentement , depuis les ombres de la crypte , avaient émergé trois silhouettes éthérées qui semblaient flotter plus qu’ils ne marchaient , leurs contours oscillant comme des flammes dans la pénombre , et leurs corps , d’une transparence presque irréelle , vibrant légèrement , parcourus de reflets argentés et bleutés qui pulsaient au rythme d’une onde mystérieuse !Leurs visages étaient emplis de douceur , sans traits marqués , leurs grands yeux luminescents renfermaient une sagesse indicible . Il n’avaient ni mouvement de lèvres , ni bouche , et pourtant , comme une mélodie cristalline emplissait l’espace , qui n’était pas un son extérieur , mais une résonance intérieure , une vibration subtile éveillant une compréhension immédiate , bien au-delà du langage humain .
Chaque note qu’ils émettaient portait un sens , un sentiment . L’une évoquait l’accueil , une autre la bienveillance . Une harmonique plus grave lui révéla qu’ils la connaissaient déjà , qu’ils avaient préparé ce moment depuis longtemps .

 

 

- Nous tattendions ...

 

La jeune fille sentit une vague de chaleur l'envahir , sensation étrange , comme si son être se dilatait au-delà de toutes limites . L’un des êtres leva une main translucide . Elle sentit une onde douce la traverser , comme une caresse vibratoire . Son opale se mit à luire doucement , tandis qu'un accord subtil , à peine audible , s’en échappait . Les entités résonnèrent en retour , amplifiant cette note en une symphonie céleste .Elle comprit alors que ce n’était pas seulement un moyen de communication , mais une forme de transmission directe : chaque son portait une parcelle de connaissance , chaque harmonie ouvrait une porte dans son esprit qui revenait au seuil d’un savoir oublié . Un frisson la parcourut soudain , puis l’immense vaisseau bleu qui pulsait au sommet de la montagne , n’attendant plus qu’elle pour révéler son secret , la poussa à toucher par instinct le petit bijou qui allait déclencher l'ouverture de la nef spatiale ayant la même forme que lui en beaucoup plus grand ! Mais quel était la nature de son code secret ? Comment pouvait-il changer le désir de son coeur ? , s'inquiétait-elle , peu sûre de recevoir en fin de compte une réponse captée de cette " Source Pure " , son double indicible et secret ... Devait-elle mentalement reproduire une fréquence de notes , captées par son pendentif , et perçues dans la vibration du navire extraterrestre ? S'agissait-il , pulsée par l'aura mystérieuse des créatures , d'un certain angle de cette lueur révélant des inscriptions invisibles formant une clé d’activation ? Peut-être encore d'un ancien langage qui lui avait été transmis jadis par certaines vibrations musicales se gravant instantanément en elle et qui , télépathiquement , activaient la pierre , porteuse d’une fréquence unique , sans doute héritée du capitaine Le Guen qui , lui-même , devait être lié aux mystères de cette civilisation ?

Bao-Dran s’inclina devant les êtres de l'espace :

- Elle sont prêtes ! , leur dit-il .
Alors , les entités s’approchèrent davantage d'elle et levèrent les mains . Pendant que le collier se mettait à vibrer , tout autour de son cou , l’air lui-même sembla s’ouvrir en une brume luminescente ! Elle ne comprenait pas bien ce qui se passait , mais une certitude s’imposa à elle : elle était sur le point de découvrir une vérité bien plus vaste que tout ce qu’elle n'avait jamais imaginé !

 

25 - Dans la salle de l'Oracle , illuminée d'une fantastique machinerie sonore , des êtres bizarres , vêtus de combinaisons vertes , s'affairaient autour du  corps de deux femmes coiffées d'un bandeau de cristal enchâssé dans un disque d'argent . Portant le même appareil , une eurasienne était allongée près d'elle sur une plaque de verre , et l'un des infirmiers , qui avait un casque de scaphandre , faisait tournoyer devant ses yeux son petit cylindre en quartz . Des éclairs jaillissaient des murs , fusant de la table , irradiant le masque de l'opérateur depuis le bout de son faisceau de pierre translucide jusqu'aux extrémités du diadème des patientes !

Ce que tous avaient vu , en tout cas , c'était la transmutation de l'une en l'autre ! Mais qui avait pu réellement comprendre  la signification d'un tel spectacle ?

- Pourquoi me donnes-tu ce nom d'Apsara ? , demandait la nouvelle " Immortelle " à sa protégée . Nous sommes désormais " Celle Qui Est " ! Je suis cet Eon qui brûle avec toi d'un lointain Soleil !

Gémissant sur la plaque de verre des " Veilleurs " , la pauvre musicienne croyait avoir donné tout son sang pour nourrir son alter-ego , mais , pensait-elle également , ce ne serait pas les talismans des mondes engloutis de l'Ancienne Alliance qui les ressusciteraient , car elles venaient à présent d'ailleurs , divinisées parmi les étoiles de la mer ou du ciel , portant sur leur coeur " le Premier et le Dernier , le Vivant , Celui qui était mort mais qui vivrait pour les siècles des siècles ... " , tandis que le Dragon rouge-feu , Bao-Dran , poursuivant sa route inéluctable vers les profondeurs de sa conscience trouble , allait finir à son tour par se dissoudre dans l'océan du Mal !

- Faites pénitence ! Il y aura un nouveau Déluge , la comète sanglante s'écrasera au milieu des flots ! ( 18 )

 

26 - D’abord submergée par une profonde lumière indigo , elles se trouvèrent ensuite au milieu de nébuleuses dorées , parmi des cités suspendues dans l’espace où des entités lumineuses , tissées d’énergie pure , voulaient , d'un sourire angélique , les guider . La musique sacrée du voile miraculeux de la Vierge de Guadelupe , les enveloppant d'une ceinture astrale , agissait sur elles comme une clé d'un langage universel révélant une vérité cachée sur l’origine et la destinée de l'être humain . Découvrant d'innombrables civilisations avancées maîtrisant des connaissances fabuleuses profondément inconnues de notre planète , elles traversaient aussi des sphères vibratoires différentes , observant comment les âmes , de l'une à l'autre , évoluaient et se transformaient sans cesse ... ( 19 )
27 - Enfin , la rencontre avec leur père transfiguré , qui n’était plus seulement un homme , mais une conscience élargie , baignée de lumière , servit à leur expliquer ce qui était arrivé et le rôle qu’elles avaient à jouer , maintenant , dans cette aventure cosmique où les avaient conduites
ces intermédiaires avancés , presque des Anges , sur l'échelle divine , dont la substance était si transparente !

Et , sur Terre , asservie elle-même jadis , l'ancienne puissance , après cela , se fit moteur de bonheur et de libération pour tous les peuples qui , désormais , purent comprendre ce que signifiait vraiment respect mutuel et coexistence pacifique ! Et c'est ainsi , également , que les plus grands pécheurs devinrent apôtres , devinant , à la fin de la nuit , les clartés d'une aube nouvelle !

 

          

 

         

FIN                      

 

 

                       ___

 

 

DAN AR WERN - L'INVITATION DE L'ANGE - Epilogue - Ad Altum - XIII - L'Etoile " Apsara " - Pep gwir miret strizh - Tous droits réservés - All rights reserved .

L'INVITATION DE L'ANGE " , copyright 2025 .

                      ___

 

Notes :

 

18 - Genèse , 6-8 .

       Apocalypse , 1 , 17-18 .

19 - Note 17 , chapitre 12 .

 

 






 

 

 















 

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L'INVITATION DE L'ANGE - Seconde Partie - Ad Altum - XII - L'Envoyée .

19 Mars 2025 , Rédigé par Dan Ar Wern Publié dans #L'INVITATION DE L'ANGE

L'INVITATION DE L'ANGE - Seconde Partie - Ad Altum - XII - L'Envoyée .

 

L'INVITATION DE L'ANGE  

 

 

" Vivrons-nous jamais , passerons-nous jamais dans ce tableau qu'a peint mon esprit , ce tableau qui te ressemble ? "

 

Charles Baudelaire - " L'Invitation au Voyage " - Petits Poèmes en Prose ( Le Spleen de

Paris , 18 , Posth.1869 ) .

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

- Seconde Partie -

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ad Altum

 

 

 

 

 

 

 

 

XII - L'Envoyée

 

 

 

 

 

 

" Ma belle étoile , je t'en prie !

  Ô , ne laisse pas ta belle lumière

Se troubler par la brume
Qui est en moi ... "

 

 

 Friedrich Rückert *

 

 

 

 

 

     22 - Au petit matin , Lena et la petite troupe conduite par Gwenn suivirent , comme prévu , un militaire les menant , leur dit-il , à travers un passage étroit dans la roche , à peine visible depuis l’extérieur , à quelqu'un , qu'elle avait déjà rencontré à Brest , et qui devait les accueillir dans une immense crypte souterraine au pied du Mont Meru . L’air était lourd , chargé d’une étrange énergie , comme si la montagne elle-même vibrait au rythme d’une présence diffuse . À mesure qu’ils s’enfonçaient dans les entrailles de la Terre , et qu'une lueur bleutée irradiait sur les parois , révélant des symboles gravés , des constellations inconnues !

Regard mortifère couleur de serpent , plus profond que les profondeurs d'une âme vide et froide au teint grisâtre née d'un gouffre sans fond sur une planète minérale , marmoréenne , aux confins d'un monde souterrain que la toile d'une étrange araignée nacrait , peut-être , de ses perles de rosée translucide , un " Veilleur ", spectre à l'oeil glacial , marchait derrière eux comme une ombre invisible . ( 16

            Saisis de peur à cette vision subliminale de l'enfer , certains crurent quand même l'apercevoir sans le reconnaître quand ils parvinrent à la première grotte , et que le temps venait pour eux aussi , maintenant , de descendre par un escalier dérobé vers le " Saint des Saints " , l'une des chambres principales , qui avait été orientée de telle sorte que la lumière du solstice d'hiver illumine sa façade depuis l'ouverture d'origine , au-dessus . Voisinant celle-ci , une niche de résonance , appelée la salle de l'Oracle , avait probablement été conçue pour projeter , grâce à un immense orgue d'église , des chants ou des percussions dans tout le reste de temple souterrain . Munis d'une lampe , ils s'enfoncèrent , descendant peu à peu d'innombrables marches difficilement creusées dans la rocaille avant de suivre deux gardiens le long d'un couloir poussiéreux , mal éclairé de torchères et flambeaux . Quelques dizaines de mètres plus loin , les hommes durent s'arrêter encore devant une grande grille entrouverte rongée par la rouille et , l'ayant franchi , se glissèrent sur la gauche dans un étroit conduit tortueux . Là , ils se mirent presque à ramper pour parvenir au seuil d'une grande salle remplie de lumière , ancienne caverne connue seulement des initiés , dont les parois de silicate et de mica paraissaient tellement légendaires qu'on aurait vainement cherché leur présence ailleurs que dans des contes de bonne femme ou parmi les rêves les plus fumeux d'un explorateur au coeur d'enfant ! Revêtus maintenant d'une robe de bure et coiffés d'un capuchon noir , ils se retrouvaient dans la " Chambre des Etoiles ", c'est ainsi qu'on nommait cette autre salle secrète au coeur du complexe où , posé sur une sorte d'autel entouré d'officiants tous habillés de la même manière que lui , étaient disposés deux tortues de part et d'autre , ainsi qu'une étrange clé ornée de pierres précieuses dont le feu irradiait la roche ! 

Et dans l'air parfumé , s'échappant d'un brûloir ciselé d'or en forme de dieu hindou , se répandaient l'encens et la myrrhe ... 

           Que signifiait , en vérité , cette convocation du " Conseil  " , évènement si rare et d'une autre époque , celle d'avant-guerre , se demanda le jeune chef , passant , songeur , à travers l'étroit corridor avant de revivre une fois de plus , cauchemar cruel hantant ses nombreuses nuits sans sommeil , mille images d'une longue vie de malheur , avec , pour finir , cette cruelle transformation physique imposée par l'ennemi ? Car , en fait , il n'avait jamais été breton , mais le fils d'un opposant farouche à l'occupation française , un certain Bao-Dran , général de l'armée vietnamienne qui , aujourd'hui , devait les attendre en grand uniforme en ce lieu . Alors , comme souvent devant le beau sourire d'Apsara , fille de son clone figé pour l'éternité parmi les morts pour la patrie , il soupira , pensant à la  photo la représentant jeune sur scène en tutu vaporeux de danseuse dans son costume de cygne , à Angkor , bien avant son envol pour l'Amérique !

      Car elle s'était enfuie , le laissant d'abord tout seul avec sa peine et son désarroi , préférant sous un nom d'emprunt suivre une vulgaire troupe de " French Cancan " , s'affichant dans les cabarets les plus minables de la côte est . Peut-être avait-elle eu envie aussi de s'étourdir un peu , se dit-il , pour oublier sa vie paumée avec un pauvre mari alcoolique en échange d'une gloire éphémère dans les bouges du nouveau monde ? 

     

23 - Le président prit solennellement la parole : - Ce que vous allez voir dépasse lentendement humain , déclara-t-il en posant la paume de sa main sur un cercle gravé au centre de la table , déclenchant , dans une vibration parcourant le sol de la caverne , l'ouverture d'une immense porte incrustée de pierres scintillantes qui , aussitôt , dans un mouvement silencieux , se scinda en deux . Tout le monde retint son souffle ! On vit alors , derrière cette nouvelle gigantesque galerie s’étendant sous la montagne , ses piliers d’un noir brillant soutenant un plafond constellé de lumières mouvantes , comme un fragment d’univers enfermé sous la terre . Au fond de la salle , une sphère translucide , suspendue en lévitation , pulsait d’un éclat nacré , d'où sortirent trois créatures élancées , d’une grâce irréelle , s’avançant vers eux . Leur peau , oscillant entre le bleu et l’argenté , paraissait parcourue de reflets irisés , leurs yeux , d'une immense profondeur , semblaient sonder non pas le corps , mais l’âme elle-même . L’un d’eux s’inclina légèrement , faisant résonner silencieusement sa voix , douce mais indéniablement puissante , dans l’esprit de la jeune bretonne . En un quart de seconde , elle comprit qu'elle n'était pas là par hasard , qu'il s'agissait d'une base extra-terrestre , et que la petite opale qu'elle portait à son cou dans un pendentif , grâce à un code secret , lui permettrait d'ouvrir l'immense vaisseau bleu au sommet dans laquelle , étendue dans une moelleuse couchette aux couleurs d'étoiles et de fleurs , comme une partition musicale , la jeune fille allait faire , en écoutant la musique figurant sur le manteau miraculeux ( la Tilma ) de la Vierge de Guadalupe , un voyage à l'autre bout de la galaxie , lui faisant prendre enfin clairement conscience des divers plans et niveaux de l'humanité dans l'immensité infinie de la Création divine ... où son père enfin , quelque part , la retrouverait transfigurée ! ( 17 )

 

 

 

 

 

 

( A Suivre )                       

 

 

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DAN AR WERN - L'INVITATION DE L'ANGE - Seconde Partie - Ad Altum - XII - L'Envoyée - Pep gwir miret strizh - Tous droits réservés - All rights reserved .

L'INVITATION DE L'ANGE " , copyright 2025 .

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Notes :

 

16 - " Que savez-vous de DEDALUS ou d'ARKA , planètes sombres de nos origines ? Nous sommes fils des Ténèbres , peuple du Serpent , veilleurs d'Elohim , race métamorphe en provenance d'Orion , de Cassiopée , des Pléiades ! Nous nous glissons toujours , conscience collective , dans cette faille obscure de votre être aux mauvais penchants , miroir brisé où notre Reine Arakné , tombant de l'infini des étoiles par ses innombrables fibres lumineuses , parvient à descendre en vagues de foudre et de feu jusqu'à ce monde parallèle par milliers de morceaux de verre éclaté l'Echelle de Jacob ** , vision métaphorique ! Sans Ombre , n'est-il pas de Lumière ? Ignorez-vous encore que nos toiles sont capables même de fixer le frémissement de vos âmes lorsqu'elles meurent puis reviennent , rosée du matin , sous forme de fines gouttelettes ? Pourtant , qui sommes-nous en vérité , sinon , dans le reflet de vos glaces , des robots cruels , diriez-vous , des mécanismes organiques tout à fait dénués de sentiments ? Mais la Matrice divine nous a tendu son piège ! Elle a voulu transformer notre coeur , structure minérale , et c'est ainsi que nous avons pu vous suivre jusqu'au bout de l'abîme interstellaire pour découvrir Son secret ! C'est ainsi que les

" Chasseurs " que nous étions devinrent des " Veilleurs " ! "

 

17 - Nom donné à la Vierge Marie qui serait apparue , selon la tradition , à un indigène du Mexique , Juan Diego , en 1531, ainsi qu'à l'image acheiropoïète qui lui est associée ( image de la Vierge sur la tilma ).

 

 

DAN AR WERN - Dramatis Personae - XVI - Tom (  ) - Pep gwir miret strizh - All rights reserved - Tous droits réservés . "Dramatis Personae " , copyright 2010 .

 

 

    * " Lyrische Gedichte " poèmes de Friedrich Rückert ( 1788 - 1866 )

  •  Mis en musique par Clara et Robert Schumann , op. 101 n°4 ( Minnespiel , 4 , 1840 )
  •  
  • " Mein schöner Stern , ich bitte dich !
  •   O lasse du dein heitres Licht
  •  Nicht trüben durch den Dampf
  •  In mir... "
  •  
  • ** Genèse 28 , 12 .
 
 
 
 
 
 
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L'INVITATION DE L'ANGE - Seconde Partie - Ad Altum - XI - La Route .

18 Mars 2025 , Rédigé par Dan Ar Wern Publié dans #L'INVITATION DE L'ANGE

L'INVITATION DE L'ANGE - Seconde Partie - Ad Altum - XI - La Route .

 

 

L'INVITATION DE L'ANGE  

 

 

" Vivrons-nous jamais , passerons-nous jamais dans ce tableau qu'a peint mon esprit , ce tableau qui te ressemble ? "

 

Charles Baudelaire - " L'Invitation au Voyage " - Petits Poèmes en Prose ( Le Spleen de

Paris , 18 , Posth.1869 ) .

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

- Seconde Partie -

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ad Altum

 

 

 

 

 

 

 

 

XI - La Route

 

 

 

 

 

 

" La façade massive des gens respectables dissimule après tout leur code secret :

  sinon , pourquoi être aussi imperméable " 

 

 Virginia Woolf - " La Chambre de Jacob " , V .

 

 

 

 

 

     21 - Le matin suivant , Lena et Gwenn , dès l’aube , avaient pris la route pour l’Himalaya . La traversée fut éprouvante , ponctuée de rencontres incertaines que leurs guides , contre un peu d'argent , savaient négocier . Le comportement de l'aventurier , même , devenait plus énigmatique à mesure qu’ils approchaient de leur but . Il évitait certaines questions , détournait la conversation lorsqu'elle évoquait son père . Après plusieurs jours de voyage , leur apparut la gigantesque montagne forteresse , cernée de forêts et de brumes , dont on aurait pu croire que la peau d'un monstre en parait les murailles comme d'un manteau déguenillé de sorcière semblant la revêtir , paraissant un décor de vieux conte , avec son atmosphère pesante qui en dissimulait , parfois , les secrets , mais parfois également , s'était mise à devenir brillante , écailleuse , au fil d'étendues neigeuses bizarrement parcourues d'étranges lueurs verdâtres planant au-dessus de ce véritable château de la

" Mort Rouge " où , s'y étant retranchée d'un méprisant rictus , on pouvait croire qu'une créature céleste avait certainement su trouver un passage vers ses royaumes souterrains , tissant Insidieusement sa toile maléfique , l'étendant peu à peu à tout l'univers , troublant le monde et le coeur des êtres par son air aimable et ses fausses

apparences , façonnant chacun de ses multiples fils embrouillés dans le cours banal d'une cruelle existence , fantôme hideux se lovant dans un sourire aguicheur , un nuage , ou démon terré nourrissant les plus sombres pensées dans le creux d'un obscur labyrinthe , goutte cristalline au bord des prunelles rougies d'une belle croupissant dans sa geôle ... 

( 15 ) 

Puis , un soir , au pied du mont Meru , alors que le froid des hauteurs s’insinuait sous leur abri de polyamide éclairé par une lampe à huile , il se décida enfin à parler . Le vent soufflait entre les toiles , soulevant par instants , de manière violente , un rideau de poussière . Autour d’eux , les sherpas s’affairaient en silence , ajustant leurs sacs , vérifiant les cordes et les provisions . La musicienne était encore secouée par la rudesse de

l’ascension , mais l’attitude de son compagnon l’inquiétait davantage .

Ce qu’il lui révéla fut un choc . Il n’était pas qu'un simple aventurier providentiel , mais , en réalité , le chef de l’ " Opale Bleue " , s’efforçant de lui dissimuler la véritable histoire de son père , un homme qui s’était battu avec héroïsme lors de la bataille de Dien-Bien-Phu , défendant jusqu’au bout l’idéal d’un Empire Français mourant , pendant que lui , de son côté , n’était , sans doute , qu’un vulgaire contrebandier pas très fier de ses actes , dont les idéaux s’étaient effondrés face aux réalités du monde clandestin . Face à la droiture et au sacrifice de l'officier , lui , en vérité , se sentait misérable. Il avait voulu simplement éloigner sa fille de cette vérité , pensant la défendre , ou peut-être se protéger lui-même d’un passé trop honteux . Mais à présent , il n’avait plus le choix . Tous deux devaient s'avancer vers la confrontation finale avec la secte et la révélation ultime qui bouleverserait à jamais le regard sur l'humanité de la jeune bretonne !

Il se tenait devant elle , assis sur un tapis élimé , une expression indéchiffrable sur le visage .
- Tu ne devrais pas aller plus loin , lâcha-t-il pour finir .
Elle fronça les sourcils.
- Quest-ce que tu racontes ? Tu savais bien que je voulais venir ici ! Depuis le début , tu étais au courant
L'autre eut un sourire étrange , presque mélancolique .
- Oui , j'avais été averti , murmura-t-il . Parce quApsara m'en avait parlé .
Elle sentit son cœur battre encore plus fort .
- Ma demi-sœur ?
- Pas juste ça . Mon épouse aussi .
Le silence tomba brutalement entre eux , comme si le vent lui-même s’était interrompu .
- Cest impossible , voyons ! , lui répondit-elle dans un souffle , complètement éberluée .
- Nous sommes liés , elle et moi , poursuivit-il d’une voix grave . Elle ma initié aux secrets de son peuple , et j’ai pu enfin comprendre la mission sacrée qui nous était confiée : protéger la pierre ancestrale des vietnamiens qui , depuis l'aube des temps , l'avaient toujours vénérée et cachée ici , au sommet du Meru , avant qu'un étranger s'en empare !
Elle recula d’un pas , cherchant une

échappatoire , mais tout le camp était cerné par les guides silencieux , leurs visages rendus indéchiffrables sous la lueur dansante des torches .
- Non , tu mens , tu joues un rôle ! Pourquoi ce revirement ?
- Parce que je taime encore , fit-il , secouant doucement la tête . Mais je ne peux pas trahir ma femme . Ni la cause qu’elle ma confiée .
Elle avait voyagé si loin , affronté tant d’épreuves pour découvrir que celui en qui elle avait cru pouvait être son pire obstacle . Elle sentit une sueur froide lui glisser dans le dos .
- Donc , tu vas me livrer à eux ?
Puis , levant lentement vers elle ses yeux voilés d’une ombre indéchiffrable :
- Tout dépend de toi , ma chère . Fais demi-tour… et je te laisse partir . Mais si tu insistes davantage à vouloir trouver ton père , alors tu devras affronter bien plus que notre organisation !

Puis , le murmure du vent reprit , s’insinuant , furtif , entre les tentes comme un funeste

présage ...

 

 

( A Suivre )                       

 

 

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DAN AR WERN - L'INVITATION DE L'ANGE - Seconde Partie - Ad Altum - XI - La Route - Pep gwir miret strizh - Tous droits réservés - All rights reserved .

L'INVITATION DE L'ANGE " , copyright 2025 .

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Notes :

 

15 Le Masque de la Mort Rouge " ( The Mask of the Red Death , 1842 ) , nouvelle fantastique d'Edgar Allan Poe ( 1809 - 1849 ) , auteur américain .





 

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L'INVITATION DE L'ANGE - Seconde Partie - Ad Altum - X - Bouddha d'Or .

17 Mars 2025 , Rédigé par Dan Ar Wern Publié dans #L'INVITATION DE L'ANGE

Guanyin , déesse marine de la Miséricorde

Guanyin , déesse marine de la Miséricorde

 

L'INVITATION DE L'ANGE  

 

 

" Vivrons-nous jamais , passerons-nous jamais dans ce tableau qu'a peint mon esprit , ce tableau qui te ressemble ? "

 

Charles Baudelaire - " L'Invitation au Voyage " - Petits Poèmes en Prose ( Le Spleen de

Paris , 18 , Posth.1869 ) .

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

- Seconde Partie -

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ad Altum

 

 

 

 

 

 

 

 

X - Bouddha d'Or 

 

 

 

 

 

 

" La Compassion est l'essence de la vie spirituelle  " 

 

 Bouddha

 

 

 

 

 

     17 - Les membres de l’ organisation criminelle ne renonceraient jamais , de cela elle était sûre , elle qui , à l’invitation de sa demi-sœur vietnamienne , avait pris l’avion dans l’espoir de retrouver des indices sur leur père , ancien officier français disparu à Dien-Bien-Phu , elle n’aurait jamais imaginé que son voyage vers " la Venise de l'Orient " se transformerait en une course effrénée pour sa survie ! Mais à peine avait-elle posé le pied sur le sol du royaume thai , qu’elle s’était retrouvée plongée dans un piège retors .
La traîtresse Apsara , en qui elle avait mis sa confiance , l’avait livrée à la secte obscure qui , étouffant , comme une pieuvre , la mégapole de ses tentacules , mêlait l'ésotérisme aux trafics clandestins !

Mais ce soir , ils avaient réussi à s'en sortir ! C'était grâce à Gwenn , un Breton au passé trouble rencontré dans l’avion , qu’elle avait pu échapper aux griffes de l’organisation maléfique . Installé à Bangkok depuis plusieurs années , celui-ci paraissait bien connaître les rouages de la ville ainsi que les sbires des circuits occultes qui y rôdaient dans l'ombre . Il l’avait généreusement recueillie dans sa villa sur la baie , un havre de paix à première vue , mais hélas au goût de la malheureuse , trop proche du dangereux quartier des trafiquants de pierres précieuses .

 

18 - Le temps passa lentement qui , s'il ne cicatrise pas toujours , les blessures , permet , cependant , de réfléchir . A Yaowarat , elle put néanmoins découvrir , déguisée dans l'incognito de la foule des touristes de tous pays , de nombreux palais anciens , chacun doté d'une histoire fascinante et d'une architecture magnifique ! Elle visita même , en compagnie de deux gardes du corps très discrets , le " Wat Mangkon Kamalawat " , le plus grand temple bouddhiste chinois , décoré de sculptures détaillées et de motifs de dragons colorés , mais aussi , à l'intérieur du " Wat Traimit " de Samphanthawong , elle admira le célèbre Bouddha d'or , symbole de richesse et de paix , puis pénétra dans le sanctuaire de Yuan Kim , où se dresse , sur l'autel , une statue de la déesse de la Miséricorde , vieille de plus de 900 ans ! C'est là qu'elle fit une découverte étonnante ! ( 12 )

- " Gwenn , viens vite ! Je crois que jai trouvé quelque chose . Jai besoin de toi ! "

Alors que le vent chaud s’engouffrait par les persiennes entrouvertes , la jeune fille , enthousiasmée par ses découvertes , parcourait machinalement , sur un carnet , des textes griffonnés que son ami , curieusement absent cette nuit-là , avait laissé traîner dans sa chambre . Un détail lui sauta aux yeux : une mention bizarre ainsi qu'une carte ancienne du mont Meru , ce sommet mythique de l’Himalaya , annotée avec des symboles en

sanskrit , prouvant qu’il connaissait déjà cet endroit avant même qu'elle ne lui en parle . Ce n’était pas un simple hasard , puisque son père y avait été détenu . Elle tomba , d'ailleurs , dans un autre tiroir mal fermé d'une arrière-salle , sur une photo jaunie montrant le captif en compagnie d’hommes qu’elle ne reconnaissait pas , mais dont l’un portait un tatouage identique à celui qu’elle avait vu sur un membre de la secte . Mais pourquoi Gwenn semblait-il en savoir bien plus qu’il ne le laissait entendre ? Un nouvel élément troublant paraissait être un pendentif identique à celui qu’elle portait , bijou qu’elle croyait unique et transmis par sa mère . Comment possédait-il un tel objet ?
Ces indices soulevaient la question : jusqu’où était-il impliqué dans cette affaire ? Etait-il un allié sincère ou jouait-il un double jeu ? Était-il au courant depuis le début ?

Merci d'être revenu , lui lança-t-elle à l'aube en lui tendant , en colère , une tasse de café noir , sa feuille à la main . Ce que j'ai trouvé n'est pas sans danger , mon vieux ! Mais je ne sais pas par où commencer , bredouilla-t-elle ensuite , sortant la carte froissée de son bureau , puis tentant de déchiffrer la vieille lettre retrouvée dans ses affaires . Les mots étaient effacés par le temps , mais un nom y était lisible : " Meru " . La musicienne sentit un frisson parcourir son dos . Pourquoi donc navait-il laissé aucune trace derrière lui  ? , se demanda-t-elle , remplie d'inquiétude .

  19 - Lena , cette jeune bretonne pétillante avait illuminé sa pauvre existence deux décennies plus tôt , se rappela-t-il , avant de disparaître soudain , laissant derrière lui tout un vide , à son habitude , afin d'éviter qu'une rumeur sinistre , à cause du réseau criminel auquel il se trouvait lié , n'entache leur belle histoire d'amour naissante . Toutefois , comme lui , les pistes s’étaient vite évaporées !

- Tu vois , lui dit-il pour se justifier , je n'ai rien à cacher , je te fais confiance ! C'est une montagne à quelques jours d'ici . D'ailleurs , nous en avons déjà parlé . Jai suivi cette piste parce qu'on m'avait raconté qu'elle servait peut-être de planque à un gang lié aux " diamants de sang ", ces pierres maculées de violence , venues des zones de guerre . Ils y entreposeraient des marchandises volées , de la drogue ... ou , qui sait , des gens ? Cest là quils lont peut-être emprisonné , si ça se trouve ?
Puis Il s'était brusquement senti si fatigué qu'il était tombé tout habillé sur son lit ! L'espace d'un instant , perdu dans son rêve et complètement harassé par l'horrible journée qu'il venait de vivre , il avait cru revoir , au-dessus des blocs de couleur sombre de cette ville énigmatique , le cruel ange noir qui l'avait déjà nargué au bout d'un énorme gouffre de ténèbres trouant le ciel où il évoluait encore , spectre majestueux paraissant se moquer de la solitude effroyable de son double terrestre , marionnette ridicule ou sinistre pantin dont , sans vergogne , il tirait les ficelles , voguant comme un aigle aux serres sanguinolentes dégoulinant sur un désert de moutons résignés , faisant planer son ombre tragique sur d'ineffaçables traces de ses crimes inexpiables ! Qu'était-il à côté de lui ? , se dit-il , pensant à l'immensité de l'espace qui le séparait de sa Bretagne disparue , et se rappelant ce long chemin balayé par le vent qui ne menait nulle-part , quand il partait seul , enfant , vers la falaise abrupte à travers champs .

Ce qu'évoquait la charmante voyageuse , il avait  d'abord décidé d'y croire , par opportunisme , y mêlant de vagues images de ses errances

juvéniles , maquillant en trompe-l'oeil une réalité bien plus sombre ou plus légère où il s'était laissé aller tout doucement , près d'elle , vers ce rêve impossible de vouloir embellir une vie sentimentale trop prosaïque ou monotone ! Il aurait sans doute voulu se lever , courir vite vers elle , comme

un fou , pour s'excuser . Qui aurait su le dire ? Et puis tout lui confier , dans le creux de l'oreille , de l'insignifiance de toutes ces années , du silence de sa solitude , sans elle , de sa  fuite . Comprendrait-elle vraiment ce désir en lui de changer ses façons de vivre , cet immense besoin de liberté ? Il fréquentait maintenant d'étranges lieux , rencontrant parfois des inconnus , des originaux , couchant avec des filles de passage , plaisir éphémère d'une existence terne et vide . D'ailleurs , quelle importance pour les autres , que cette vaine agitation , ce " happening " durable ? Et pour lui , songea-t-il ? Qui lui avait dit , déjà , ou bien  l'avait-il lu quelque part  ? N'était-il pas de " ceux qui ne savent vivre qu'en sombrant , car ils passent au-delà " ?

( 13 ) 

Les regrets sont toujours tardifs , certes . Mais fouiller dans le passé ne sert très souvent qu'à faire s'agiter des ombres ... Sa curiosité , cependant , le poussa . N'avait-elle rien oublié de ses sentiments pour elle ? Une seconde , il revit le temps de leur " insouciance " , quand ils se promenaient , main dans la main , dans la rue de Siam ou sur les quais du port de Brest ...

 

20 - Aujourd'hui , c'était la fin du voyage . L'affaire de " L'Opale Bleue " avait à peu près réussi , alors qu'on venait d'accueillir la fille chargée par la bande de ramener le bijou sur le sol thaïlandais pour qu'il puisse tranquillement continuer sa route vers la montagne . Et quoi de plus habile que de le confier à la pianiste , car la prophétie annonçait que le retour du grand Roi se ferait le jour où son prestigieux emblème reviendrait chez lui grâce à celle qui l'avait volée ! Bien sûr , l'enlèvement de la fille du capitaine par celui qu'elle avait pris pour son " ex " , évitait tout de même d'évoquer devant elle comment on avait placé la fausse pierre sur l'épée de son père en attendant qu'elle révèle sa cachette sur l'ilot de la Tortue . ( 14

 

 

 

( A Suivre )                       

 

 

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DAN AR WERN - L'INVITATION DE L'ANGE - Seconde Partie - Ad Altum - X - Bouddha D'Or - Pep gwir miret strizh - Tous droits réservés - All rights reserved .

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Notes :

 

12 - Bouddha d'Or , statue en or , la plus importante du monde , dans le " Wat Traimit " , dans le quartier chinois de Samphanthawong . 

Sanctuaire consacré à la déesse chinoise de la Miséricorde , appelée Guan Yin , ou Kuan Im ou encore Phra Bodhisattwa Awalokitesuan en sanskrit , car bien que qualifiée de " déesse " , elle est surtout le bodhisattva de la Compassion dans le bouddhisme Mahayana chinois . La statue , datant de 800 à 900 ans , sculptée en chine dans du bois de santal et peinte en or dans le style de l'époque de la dynastie des Tang , aurait été sortie de Chine et installée ici en 1958 .

13 - " Ainsi Parlait Zarathoustra " ( Also Sprach Zaratustra , Prologue , 4 , 1883 / 1885 ) , poème philosophique de Friedrich Nietszche ( 1844 - 1900 ) .

14 - Voir I , 4 - L'Îlot Mystérieux .  

 


  

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L'INVITATION DE L'ANGE - Seconde Partie - Ad Altum - IX - Le Temple de Yaowarat .

13 Mars 2025 , Rédigé par Dan Ar Wern Publié dans #L'INVITATION DE L'ANGE

Wat-Traimit à Yaowarat ( Chinatown ) - Bangkok .

Wat-Traimit à Yaowarat ( Chinatown ) - Bangkok .

 

 

L'INVITATION DE L'ANGE  

 

 

" Vivrons-nous jamais , passerons-nous jamais dans ce tableau qu'a peint mon esprit , ce tableau qui te ressemble ? "

 

Charles Baudelaire - " L'Invitation au Voyage " - Petits Poèmes en Prose ( Le Spleen de

Paris , 18 , Posth.1869 ) .

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

- Seconde Partie -

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ad Altum

 

 

 

 

 

 

 

 

IX - Le Temple de Yaowarat  

 

 

 

 

 

 

" Vous savez ce que c'est qu'une Apsara ,

   je pense ?

  Ce sont les demi-déesses du paradis d'Indra ,

  les danseuses célestes nées du barattement de la mer et du lait ...  " 

 

 Pierre Benoit - " Le Roi Lépreux " , III .

 

 

 

 

 

     16 - La nuit tombait sur Bangkok , et la ville s’illuminait de néons criards et de lanternes vacillantes . Nos deux protagonistes marchaient dans une ruelle étroite du quartier de Yaowarat , le Chinatown tentaculaire , où l’ombre de l’ " Opale Bleue " semblait rôder à chaque coin de rue . Pramuk , un homme dangereux , un initié de la secte , qui gérait en apparence un club clandestin , mais dont les activités réelles étaient bien plus sinistres , les conduisit . C'était le nom que leur avait donné Chai , l'antiquaire , disant que c’était par lui qu’ils obtiendraient des indices sur la localisation du père de la jeune fille .
- On devrait y aller doucement , murmura son complice en jetant un oeil vers l’entrée du club , une porte de métal gardée par deux hommes au regard fixe , dur , impassible .
Elle hocha la tête , son pouls s’accélérant sous l’adrénaline . Mais à peine eurent-ils fait un pas de plus qu’une silhouette surgit de l’ombre , une femme élancée aux yeux brillant d’une lueur étrange , vêtue d’une tunique noire brodée d’un symbole d’opale .

( 11 )

- On vous attendait , dit-elle d’une voix douce , presque hypnotique .

Avant que la bretonne n’ait le temps de réagir , un autre garde les avait saisis par derrière , empêchant son compagnon de se dégager . Mais déjà , une brume épaisse s’élevait du sol , un parfum étrange s’infiltrant dans leurs poumons . La prisonnière sentit sa vision se troubler , ses forces l’abandonner . Un piège , pensa-t-elle ...
Puis
, solidement attachée à une chaise en bois , tout devint noir avant qu’elle ne puisse enfin rouvrir ses paupières lorsqu'on enleva son masque , une faible lueur filtrant à travers des tentures de soie rouge . Mais son cœur bondit lorsqu’elle aperçut son ami ligoté non loin d’elle .
Face à eux , la même silhouette en robe de cérémonie noire ornée d’une opale bleue les observait .
- Bienvenue dans lantre de la vérité , ma chère demi-soeur . Nous savons qui tu es , ce que tu cherches .

Un frisson glacial lui parcourut l’échine .

- Où est notre père ? gronda-t-elle , luttant contre ses liens .

La fière Apsara esquissa un sourire sinistre .

- Sache que LOpale guide ses élus vers lillumination . Mais pour cela ... il faut dabord sabandonner à elle .


Derrière elle , on pouvait distinguer un autel où scintillait une pierre d’un bleu envoûtant . Un murmure s’éleva , comme un chant hypnotique lancé par quelques religieux coiffés de capuchons .

Le baroudeur tenta de briser ses liens .

- Nous devons foutre le camp dici !

Sachant qu’ils n’avaient que peu de temps avant que la secte n’ait à nouveau raison d’eux , sa voisine sentit la pression monter . Son instinct lui hurlait que s’ils ne réagissaient pas tout de suite , ils ne sortiraient jamais de cet endroit .


Vêtu d'une robe noire , un moine s’approcha lentement d’elle , une dague effilée en main .

- Laisse-toi guider , ma fille , par l'appel de Meru !

Un cri retentit soudain . Le captif , d’un mouvement brusque , renversa la chaise sur laquelle il était attaché et , dans sa chute , percuta un chandelier de bronze . La torche qu’il portait s’écrasa au sol , mettant le feu aux tapis de cérémonie .

- Lena , maintenant !


Profitant de la panique , elle se jeta sur le côté , tordant ses poignets jusqu’à faire glisser ses liens . Son souffle était court , l’adrénaline pulsant dans ses veines . Elle attrapa un objet en bois sculpté sur l’autel et l’abattit sur la tête d'un de ses geôliers , qui s’effondra en arrière , alors que son compagnon se débarrassait de ses liens , puis lançait un coup de pied dans le torse d’un autre disciple de la secte qui s’approchait trop près .
La fumée envahit bientôt toute la salle , tandis que les flammes léchaient les murs de soie rouge .

- Suis-moi ! cria-t-il en se dirigeant vers une ouverture dérobée derrière un rideau .
Ils s’engouffrèrent dans un couloir sombre, poursuivis par les cris des gardiens .

Dehors , la chaleur nocturne les frappa de plein fouet . Pendant qu'ils s'échappaient par la cour intérieure , cernée par des murs de pierre couverts de racines , deux silhouettes menaçantes surgirent , brandissant des lames courbes !

- Grouille , on ne nous laissera pas partir si facilement ! , grogna le fugitif .

L’un des assaillants tenta de se jeter sur elle qui esquiva de justesse , sentant la lame fendre l’air à quelques centimètres de son visage . D’un geste instinctif , elle lui asséna un coup de coude sous le menton . L’homme tituba .

Gwenn , quant à lui , avait déjà neutralisé son adversaire avec une droite bien placée .

- On doit bouger ! , s'écria-t-il .

Ensuite , ils escaladèrent un mur et retombèrent dans une ruelle en contrebas , atterrissant au beau milieu d’un marché nocturne . Les odeurs d’épices , de grillades et d’encens les frappèrent de plein fouet .

- Par ici , ma belle ! hurlait l'ancien marin , la tirant dans la foule.

Derrière eux, plusieurs membres du temple s’étaient lancés à leur poursuite . Elle sentit son cœur tambouriner dans sa poitrine !

Repérant une moto garée à l’angle d’une échoppe , sans réfléchir , il bondit dessus , faisant démarrer le moteur .

- Monte !

Elle sauta à l’arrière juste à temps . L'engin rugit , fendit la ruelle à toute vitesse en semant derrière lui le chaos des étals

renversés !

 

 

 

( A Suivre )                       

 

 

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DAN AR WERN - L'INVITATION DE L'ANGE - Seconde Partie - Ad Altum - IX - Le Temple de Yaowarat - Pep gwir miret strizh - Tous droits réservés - All rights reserved .

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Notes :

 

11 - Quartier chinois ( Chinatown ) de Bangkok , Yaowarat , considéré comme le quartier le plus riche en orfèvreries au monde , a été surnommé Route d'Or " et " Route du Dragon ".



 

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L'INVITATION DE L'ANGE - Seconde Partie - Ad Altum - VIII - Destination Bangkok !

13 Mars 2025 , Rédigé par Dan Ar Wern Publié dans #L'INVITATION DE L'ANGE

Khao San Road - Bangkok

Khao San Road - Bangkok

 

 

L'INVITATION DE L'ANGE  

 

 

" Vivrons-nous jamais , passerons-nous jamais dans ce tableau qu'a peint mon esprit , ce tableau qui te ressemble ? "

 

Charles Baudelaire - " L'Invitation au Voyage " - Petits Poèmes en Prose ( Le Spleen de

Paris , 18 , Posth.1869 ) .

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

- Seconde Partie -

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ad Altum

 

 

 

 

 

 

 

 

VIII - Destination Bangkok !

 

 

 

 

 

 

" Celui qui est sous le ciel , comment peut-il craindre la pluie ? " 

 

 Proverbe Thailandais

 

 

 

 

 

     13 - Assis à quelques rangs derrière elle , un homme , avec une surprise mêlée d’amusement , la regardait . Ses traits burinés par le soleil , ses cheveux blonds en bataille et son regard océanique la ramenèrent des années en arrière , à une nuit étoilée sur le port de Brest .
- Gwenn ... souffla-t-elle , incapable de masquer son émotion .
Le destin avait-il vraiment voulu qu’ils se retrouvent ainsi , à des milliers de kilomètres de leur premier baiser échangé dans l’ivresse d’une jeunesse insouciante ? Sur sa prière , il prit place à côté d’elle et , rattrapant le temps perdu , se mit à lui raconter sa vie dans la capitale thaïlandaise , lui avouant qu'il travaillait désormais dans l’import-export , la dévisageant longuement avant de murmurer :
- Et toi ? Quest-ce que tu vas faire là-bas ?
- Je cherche quelquun .
Même s'il ne lui posa pas , tout d'abord , plus de questions , la couleur d'un éclat singulier passa dans les yeux de son voisin dont le regard s’assombrit légèrement .
- Tu sais , la cité des Anges n’est pas pour les âmes solitaires . Si tu as besoin dun guide ou dun allié , je suis là . Pourtant , se demanda-t-elle , devait-elle lui dire la vérité ? Au bout d'une heure , et la confiance étant revenue peu à peu , après avoir hésité une seconde , et son instinct lui soufflant qu’elle pouvait lui faire confiance , quelque voix secrète lui conseilla tout de même qu’elle ne devrait pas trop en rajouter . Mais lorsqu'elle lui parla de son père , de l’ " Opale Bleue " , il devint grave . ( 9 )
- Lena , voyons , tu nes pas seule ! , réagit-il en lui pressant le bras . La ville peut être dangereuse , et surtout si lorganisation dont tu parles y a des ramifications . Je vais taider !
Plongeant alors son regard dans le sien , la jeune fille ne répondit pas tout de suite . Le voyage ne faisait que commencer , mais

déjà , elle sentait une bouffée d’espoir l’envahir , quand son regard se perdit dans les nuages par-delà le hublot . Quelque chose avait changé . Peut-être que ce voyage allait être , pour elle , plus qu’une quête , que ce serait aussi une seconde chance dans un pays de cocagne qu’elle ne connaissait qu’à travers les récits de Maï-Lan et les images vibrantes du guide de voyage exotique devant elle ? Mais ce n’était pas le tourisme qui l’y conduisait , car elle était en chasse , sur la piste de son père et de l’organisation secrète qui l’avait arraché à sa vie !

 

14 - Elle ne savait vraiment que croire . En apparence , il n’avait plus rien du jeune insouciant qu’elle avait connu jadis . Il semblait plus mature , plus ancré dans la réalité . Il émanait de lui une énergie différente , une intensité qu’elle ne lui connaissait pas . L'ancien marin , qui n’avait jamais été du genre à s’installer quelque part pour de bon , prétendait avoir passé des années d'aventure à naviguer sur différentes mers , travaillant sur des cargos , des bateaux de pêche et même quelques missions plus discrètes pour des armateurs peu scrupuleux . C’est à Brest qu’il l'avait croisée pour la première fois, le temps d’une trop courte escale qui aurait pu être oubliée ... mais qui avait laissé en elle une empreinte plus forte qu’elle ne l’avait prévu .

 

15 - Vivant aujourd'hui dans une métropole asiatique aussi imprévisible et mouvante que lui , il travaillait officiellement dans l’import-export , secteur suffisamment vaste pour ne pas attirer l’attention . Mais la vérité semblait beaucoup plus trouble . Il ne lui avait pas encore avoué qu'il connaissait les circuits parallèles , ceux où transitaient des objets d’art , des informations et des marchandises que la loi n’autorise pas toujours , qu'il fréquentait les docks des bas-fonds , les arrière-salles de jeux des clubs privés , comme les nombreux marchés clandestins de la pègre de Khao San Road où se croisent des hommes d’affaires louches , des contrebandiers raffinés . S'il ne passait pas pour un homme de main , plutôt quelque intermédiaire occidental qu’on tolère tant qu’il ne devient pas un problème , il savait que la moindre erreur pouvait coûter cher à celui qui oserait défier l'Organisation taboue dont personne n'osait ici prononcer le nom . ( 10 )
D'ailleurs , quand il l'avait entendu en parler , l'affairiste breton , se rappelant les titres de la presse locale évoquant de nombreux faits divers inexpliqués , tels des objets anciens se volatilisant , des disparitions mystérieuses , des murmures sur des rituels ésotériques liés à des " pierres de pouvoir " maléfiques , réalisa immédiatement le risque courue par son amie , car il savait que s’en mêler directement , c’était , pour elle , signer un pacte avec le
danger ! Lui n’avait pourtant jamais cherché à être un héros . Mais lorsqu’il avait revu cette pauvre oubliée d'un lointain soir de beuverie , il avait compris qu’il ne pourrait pas rester en dehors de son histoire . Car si la secte clandestine avait des ramifications dans toute la ville , ses hommes de main sauraient assez vite où aller la chercher . S’opposer à eux , c’était s’engager dans une guerre dont on ne sortait jamais indemne !
Il avait longtemps joué avec le feu , alors pourquoi avait-il accepté d’aider Lena ?
Peut-être parce qu’il sentait qu’il lui devait quelque chose . Peut-être parce qu’il voulait croire qu’elle pourrait encore , malgré les années , choisir son camp si elle restait l’une des rares personnes capables de réveiller en lui autre chose que l’instinct de survie .

 

 

 

 

( A Suivre )                       

 

 

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Notes :

 

- La Cité des Anges , surnom de la ville de Bangkok .

10 - Khao-San-Road , rue commerciale du centre de Bangkok .

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L'INVITATION DE L'ANGE - Seconde Partie - Ad Altum - VII - Un Voyage en Avion .

12 Mars 2025 , Rédigé par Dan Ar Wern Publié dans #L'INVITATION DE L'ANGE

L'INVITATION DE L'ANGE - Seconde Partie - Ad Altum - VII - Un Voyage en Avion .

 

 

L'INVITATION DE L'ANGE  

 

 

" Vivrons-nous jamais , passerons-nous jamais dans ce tableau qu'a peint mon esprit , ce tableau qui te ressemble ? "

 

Charles Baudelaire - " L'Invitation au Voyage " - Petits Poèmes en Prose ( Le Spleen de

Paris , 18 , Posth.1869 ) .

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

- Seconde Partie -

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ad Altum

 

 

 

 

 

 

 

 

VII - Un Voyage en Avion

 

 

 

 

 

 

" De grands signes se levaient pour nous ,

  Comme à celui qui s'est mis en chemin derrière une étoile ...  "

 

 Julien Gracq - " Les Terres du Couchant "

( 1953 / 2014 , Posth . )

 

 

 

 

     11 - En s’engouffrant dans l’aéroport de Brest-Bretagne , la voyageuse serra , le coeur battant , la sangle de son sac à dos . Maï-Lan l'avait assurée que Bangkok serait une étape cruciale pour comprendre les enjeux de l’ " Opale Bleue " , cette organisation secrète qui retenait son père prisonnier sur le mont Meru . Elle était angoissée , non seulement à cause du dangereux et long périple qui l’attendait , mais surtout à cause de l’ombre de mystère qui planait sur toute cette histoire .
L’avion décolla enfin dans un léger frémissement , laissant derrière lui les côtes bretonnes noyées dans la brume matinale .

Après l'escale de Paris , Lena ferma un instant les yeux , tentant d’organiser ses pensées . Dans la cabine " surbookée " , elle avait trouvé son siège à côté d'un hublot , tâchant d’ignorer les autres passagers qui s’installaient près d’elle . Bientôt , le ronronnement des moteurs couvrit le brouhaha ambiant , puis , l’appareil s’arrachant au sol , s'éloigna rapidement , dans les nuages , des ridicules voiturettes conduisant de pauvres moustiques vers leur travail ou leurs maisons de poupées , jardins et forêts miniatures décorant , dans la verdure , toute cette partie du globe !

Maintenant , le film était fini , beaucoup de gens dormaient , plus ou moins . D'autres luttaient , comme elle , sous un quelconque lumignon , dans l'obscurité de ce 747 " Jumbo " , s'essayant avec peine à oublier leur fatigue . Elle tenta , elle aussi , en vain , de se concentrer sur la lecture d'un petit livre sur la Thaïlande avant de sombrer dans un profond sommeil . 
Elle inspira profondément , essayant de mettre de l’ordre dans ses pensées , repensant à son amie eurasienne qui lui avait donné une adresse , un contact , un certain Chai , antiquaire discret qui , d'après elle , saurait où chercher des réponses . Mais plus elle avançait , plus elle sentait l’étau du mystère se resserrer autour d’elle , et , très vite , le poids d'une invincible torpeur qui l'entraîna dans un profond sommeil !

            C'est alors qu'elle crut soudain le revoir !

- Approche donc , mon vieux ! Comment se passe ton voyage ? , pleurait mentalement la rêveuse , quelques moments plus tard , songeant à un amour d'antan Sache que , si toute chair , un jour , doit disparaître , 'Amour , lui , ne meurt jamais 

- 'ai posé ma main sur toi ! ,  lui murmurait l'Ange en retour , le fantôme du revenant logeant plus ou moins dans sa mémoire de rêveuse lorsque le soir , enfin , celui-ci lui apparaissait pendant qu'elle s'efforçait de trouver du calme pour dormir un peu après une journée chaotique . Prodige ! Elle avait soudain ressenti sa présence , pensant davantage à un scénario alternatif conçu par quelqu'un d'insaisissable ou d'invisible , presque , le metteur en scène , peut-être de toute cette histoire bizarre , celui qu'on n'attendait

plus ! Puis elle réalisa tout à coup qu'une force irrésistible l'attirait vers lui , ne sachant plus très bien s'il était encore vivant ou déjà parti , le voyant planer au-dessus de l'immobile apparence de son enveloppe charnelle aperçue plus bas , par un des hublots fêlés de la cabine de cet avion fantôme , comme l'ombre d'un nouveau corps ne pesant presque plus rien qu'une plume sur l'onde fluidique , et pourtant , si lourde qui l'accablait , en ce moment précis , dans l'intérieur de sa prison !

            La croix qu'elle sentait lourdement porter autour de son cou , dans ce reflet visible d'une double peine de son âme , telle une coque de navire ou d'aéroplane à moitié brisée en deux , paraissait n'être plus qu'une vague sulfureuse , une brûlure intolérable du ciel , empoisonnée par la maladie d'une existence pécheresse qu'elle n'arrivait plus ni à concevoir , ni à contrôler ! 

Vois-tu , disait-il , chaque être est animé de deux forces complémentaires , paradoxalement interactives par le Sang de la Rose fragile de son âme céleste , rosée de vie coulant sur la tige douloureuse des épines de mort de sa Rédemption Par consé-

quentcette fleur si précieuse est double , mais j'ai pris le bulbe du Lys Blanc qui doit reparaître un jour , illuminant le ciel d'un éclat de mon sourire avant la dernière chute ... L'autre , hélas , là ou ailleurs , te laissera d'abord sa griffe , son empreinte sauvage et ténébreuse , plus belle en apparence , mais pour le plus grand malheur de l'humanité !   

Quel Paul  ? , voulut-il avant tout lui demander , se dégageant soudain , malgré ses larmes , d'une spirituelle étreinte

amoureuse . Mais , vexée , elle s'était mise à lui faire signe de se taire .

 - Je ne suis pas Paul , voyons ! , s'était-il écrié ensuite d'un ton rageur , lui coupant la parole tandis que la mémoire des faits véritables remontait lentement , comme une épave , de sa désespérance à la surface impassible des flots .

            Ne doit-on pas d'abord lever l'ancre pour ouvrir la route aux navires

abandonnés , même si cela semble étrange , parfois , difficile à comprendre . Présage ou

coïncidence ? Il était passé si vite dans

l'allée , comme l'ombre de son propre Destin qui s'était mis à surgir là , brutalement dévoilé , des affres de sa léthargie . Sans doute était-il temps ? Qui peut savoir ? Avec attention , dans une angoisse grandissante , elle avait tourné les pages de ses vieux souvenirs qui vivaient encore avec force dans l'intimité de son âme , et , ne pouvant cacher son émoi ,  prenant conscience de sa peur devant l'avenir .

 

     12 - Un léger sursaut la ramena à la réalité . Clignant des yeux , la passagère s’étira discrètement , puis porta son regard sur l’allée centrale de l’avion . Son cœur , alors , battit plus vite . Là , à quelques rangées , marchait un jeune homme , sac en bandoulière , qui cherchait son siège , billet en

main . Ce n’était pas une illusion , ni un rêve qui s’accrochait encore à elle . Sentant une vague de chaleur lui monter au visage , elle réalisa que oui , c’était bien lui , ce garçon qui autrefois avait illuminé sa vie avant de disparaître sans un mot .

À son réveil , la frontière entre rêve et réalité s’était effacée lorsqu’elle l’avait brusquement aperçu . Pourquoi était-il là ? Et surtout, pourquoi le destin les avait-il réunis maintenant qu’elle était sur le point de percer les derniers secrets entourant la disparition de son père ?
Elle sentit une soudaine inquiétude l’envahir alors que l’avion filait dans la nuit . La fatigue du voyage , mêlée à ces souvenirs anciens , l’enveloppait d’un voile de brume . Elle revoyait ce garçon d’autrefois , Gwenn , ce premier amour dont les traits lui semblaient si proches de ceux de Paul . Le même regard intense , la même manière de froncer légèrement les sourcils tout en réfléchissant un amour inachevé , figé dans le passé .

Son souffle se fit plus court , et son esprit oscilla entre émotion brute et franche incrédulité . Comment était-ce possible ? Après ce silence , au bout de toutes ces années de solitude ?
Le jeune homme s’arrêta non loin d’elle , jetant un coup d'oeil distrait sur les numéros de sièges . C’est alors qu’il la vit . Son corps se figea en un instant , son regard croisant , avec une intensité troublante , le sien .
- Lena ? , souffla-t-il , comme si prononcer son nom le ramenait lui aussi dans un passé qu’il avait cru révolu .
Elle ouvrit la bouche , mais aucun mot ne vint immédiatement . Son cœur battait si fort qu’elle avait peur qu’il couvre le grondement feutré des réacteurs .
- Toi ... Ici ? , murmura-t-elle enfin , sa voix teintée d’un trouble qu’elle ne pouvait dissimuler .

Ce fut un instant suspendu , comme une bouteille à la mer , tout leur passé resurgissant d'une seconde d’éternité !

            Lui était passé à l'instant même où elle était à se demander si ce qu'il y avait en elle , mais aussi tout autour , aurait jamais une quelconque signification .

            Que de lettres enflammées lui avait-il écrit ! , se souvint-elle . Son âme était remplie de lui , alors , pleine de rêves si clairs et purs , pleine d'espoir ! Il y avait

si longtemps ... Sa foi naïve en l'avenir lui avait masqué l'étendue de son chagrin .

            Mais elle ne reçut jamais de 

réponse . 
Un jeune marin , débarqué à Brest en escale , y rencontre une quasi-orpheline plus jeune encore , apprenant la musique et la danse .
Quoi de plus banal ? 
Une nuit d’été , le goût du sel sur sa peau , un baiser volé avant que le matin ne le ramène à la mer ...

           Tout ca semblait si loin , maintenant ... Pourtant , rien n'aurait jamais pu effacer de son esprit la présence d'un amour aussi fort . Sans doute l'avait-il fait beaucoup souffrir , elle le savait , mais c'était aussi de sa propre faute , car il lui avait tendrement assuré qu'il devait repartir et que leur histoire serait " impossible " pour eux sur la Terre .

           D'ailleurs , que pouvait bien signifier , au sens commun , la valeur d'une vraie passion ? , s'était-elle demandé plus tard , tandis que les souvenirs continuaient d'affluer de temps à autre , attristant son coeur ... C'était tout .

           Découragée , sans force , elle était devenu peu à peu insensible , indifférente .

N'allait-il pas achever de détruire sa vie ?

 

 

 

 

 

( A Suivre )                       

 

 

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