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l'escarboucle

L'ESCARBOUCLE - Première Partie - Complot - III - Dans le Fracas des Guerres .

17 Septembre 2025 , Rédigé par Dan Ar Wern Publié dans #L'ESCARBOUCLE

Bataille de Saint-Aubin

Bataille de Saint-Aubin

L'ESCARBOUCLE

 

 

 

 

 

Première Partie

( Complot )

 

 

 

 

 

 

 

 

III - Dans le Fracas des Guerres

 

" O femme affligée , battue par la tempête , inconsolée , voici que je pose tes pierres sur des escarboucles , tes fondations sur des saphirs , je ferai tes créneaux en rubis , tes portes d'un rouge ardent , de gemmes ravissantes toute ton enceinte ... " 
 

 Isaïe , 54 , 11 et 12 .

 

 

 

 

5 - Alors qu’il s’assoupissait un soir dans son fauteuil , une impression étrange se forma derrière ses paupières . Non pas un rêve , mais une  présence . Quand il rouvrit les yeux , c'était elle encore qui était là , belle comme une flamme contenue , le regard clair , le sourire tendre , assise à quelques pas de lui .

Il la reconnut aussitôt . Bien qu’il ne l’eût jamais rencontrée , c’était elle , évidemment ,  cette jeune fille morte si jeune , dont il avait  su l’histoire , et dont le passage terrestre avait eu , pour beaucoup , de tels accents de sainteté . Mais il eut un sursaut de plus lorsqu'il vit briller de toute sa force à son cou une escarboucle , pierre flamboyante que les anciens guerriers celtes comparaient à " l'oeuf rouge du serpent marin " , talisman qu'elle lui avait sans doute montré dans une vision , juste après sa mort ,  mille ans plus tôt ! ( 1

N'était-il pas alors le fils d'un valeureux chevalier breton parti pour la première croisade , qui , avant de mourir sur le champ de bataille , avait essayé de transmettre à son fils l’idée d'un tel service dans la fidélité ? Mais lui , dégoûté par une guerre tellement cruelle qu'il l'avait jugée aussi sanglante qu' inutile , s’était tourné peu à peu , profondément marqué par la mort brutale de sa fiancée , Aziliz , la fille au bijou , dernière victime d'une époque assez barbare , vers la prière , et prenant , au lieu de suivre le chemin des armes , celui de Brocéliande , il avait fini par s'établir dans une de ces cabanes de branches de racines et d’eau claire , où , méditant là , dans le silence des futaies , connu sous le nom d'Eon de L'Etoile , celui qu' on appellerait bientôt le " sage " de la forêt légendaire et qu'on viendrait voir d'un peu partout , goûtait aux révélations du monde invisible ... ( 2 ) 

6 - Puis une autre image vint à son esprit , dans le fracas des armes de Saint-Aubin-du-Cormier , lorsqu'il entendit les cris des Bretons tombés , le râle des mourants , la fumée des arquebuses . Blessé , il avait survécu , portant dans son âme le deuil de toute une nation vaincue et celui de François de Rohan , son courageux ami , tué au combat . Lorsqu'il s'était mis à genoux devant lui pour prier , vêtu de noir , sa face éclairée d'une lumière resplendissante l'obligea de baisser les yeux tant il était ému , bouleversé par cette grâce indicible irradiant son être impur d'étranges rayons venus du ciel . Son cher compagnon rejoignait-il ainsi sa jeune fiancée qui venait de mourir dont la robe vermeille resplendissait en son oeil crépusculaire de tout l'éclat d'une parure éblouissante ? ( 3 )

N'entends-tu donc pas l'orage qui gronde et qui s'approche de toi ? , lui murmurait cette fleur aimable aux tendres clartés d'aurore boréale .

J'ai tant prié , j'ai souffert ... l'heure épouvantable approche , ne veux-tu pas venir sur mon rempart ?

Quand la lueur incendiaire quitta le cadavre , trois perles de larmes coulèrent sur le sol , comme pour éteindre le feu de la colère divine , puis , tel un éclair de mort déchirant les nues , comme s'il éclatait en sanglots , le firmament se croisa d'une barre rouge en forme de branche enflammée d'où s'échappaient des gouttes sanglantes !

- Mon Aziliz ! , soupira le vieil homme avec autant d'étonnement que de gratitude . Car il n'était pas endormi , mais parti dans une autre dimension , sans doute un univers parallèle où il ne ressentait plus rien de son mal ! 

- Pourquoi me donnes-tu encore ce nom , très cher ? , lui dit-elle , si heureuse , en apparence , de changer d'identité .

Je préfère celui d'Esther , " Celle qui montre la route " ... 

Et maintenant , tait-il pas trop tard , soupira-t-il encore , pensant peut-être à toutes ces horribles scènes de malheur et d'atrocités du futur ?

Il crut alors tomber à toute vitesse dans une espèce de puits sans fond , spirale tourbillonnante à la poursuite de son double , au coeur d'un long tunnel interminable lui faisant revivre différentes étapes majeures de sa vie et bien d'autres scènes encore qu'il ne pouvait décrire , où il allait à la rencontre d'un immense phare inversé dont il se mettait à descendre les dalles de pierre usées par le passage du temps ! N'était-il pas lui-même un criminel ?  

Puis , dans ce labyrinthe où tout s'écroulait , frissonnant de fièvre , il se réveilla en sueur , et quelques minutes plus tard , se mit à remuer encore tout cela , les yeux à peine ouverts , fasciné par l'immensité du cosmos étoilé qui , au milieu d' obscures guenilles de nuages , l'entourait au bout de l'énorme gouffre de ténèbres trouant l'espace pendant qu'il se revoyait au moment où tout lui avait semblé si sombre , se rappelant , comme l'évoquait aussi le martèlement de la pluie sur le toit , cette résonance en lui d'un glas sépulcral , quand , à minuit sonnant , les fantômes insatisfaits de l'au-delà hurlaient en vain pour l'entraîner de leur côté !

D'ailleurs, n'était-ce pas le vertige de leur chute interminable , se demanda-t-il ensuite , qui l'avait conduit dans ce voyage horrible à travers l'infini ?

 

 

        

( A Suivre )

 

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DAN AR WERN - L'ESCARBOUCLE - Première Partie - ComplotIII - Dans le Fracas des Guerres - Pep gwir miret strizh - All rights reserved -Tous droits réservés ." L'ESCARBOUCLE "- Copyright 2025 .

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Notes :

1 - Chez les peuples celtes , l'oeuf de serpent fait l'objet d'une quête spirituelle comparable à celle de la Pierre Philosophale ou du Graal : Le Passeur des Mondes ( 1er Cercle ) - XIII - Epilogue - 12 - Le Secret d'Eon de l'Etoile - L'Enfance d'Eon de l'Etoile 4 ( II , En Bretagne ) - Note 50 - Copyright 2015 Dan Ar Wern / Edilivre - Tous droits réservés .

2Eon de l'Etoile ( + 1150 ) , " Eudo de Stella " en latin , chef religieux breton considéré comme un nouveau " Messie " cathare . Associé au personnage de Gaël de Koadkaden dans " Le Passeur des Mondes " ( qu'il représente en quelque sorte ) . Personnage 167 du " Cycle de L'Etoile " .

3 - Bataille de Saint-Aubin-du-Cormier ( 28 juillet 1488 ) : l'avant-garde bretonne , commandée par le Maréchal de Rieux , repoussa la première ligne française , mais un mouvement des allemands pour se mettre à l'abri de l'artillerie ayant rompu la ligne de bataille du duc , la cavalerie française la chargea et la coupa en deux . Le carnage devint général . Six mille bretons furent tués . Le duc d'Orléans , futur Louis XII , et le prince d'Orange furent pris .

   - François de Rohan , fils de Jean II de Rohan et de Marie de Bretagne , proposé au duc François II comme époux de la duchesse Anne de Bretagne , fut tué à 18 ans lors de la bataille de Saint-Aubin qui sonna le glas de l'indépendance du duché .

4LABYRINTHE ( Cycle de L'Etoile XXXIII ) - Première Partie - SilsV - Celle qui Montre la Route -Copyright Dan Ar Wern / OmniScriptum & International Book Market LTD - Aug. 2025 .LABYRINTHE / LE VEILLEUR DE BROCELIANDE " , copyright 2025 - All rights reserved .

 

 

 

 

 

 

 

 

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L'ESCARBOUCLE - Première Partie - Complot - II - Apparitions .

16 Septembre 2025 , Rédigé par Dan Ar Wern Publié dans #L'ESCARBOUCLE

Reflet - David Peterson

Reflet - David Peterson

 

L'ESCARBOUCLE

 

 

 

Première Partie

( Complot )

 

 

 

 

II - Apparitions

 

" Il est des nuits où je m'absente ,

  Discrètement , secrètement ..."

Jean-Roger Caussimon - " Nuits D'Absence . *

 

 

 

2 - Elle revint la nuit suivante , assez discrète , mais toujours plus réelle , parlant doucement à son coeur du monde spirituel où elle vivait .

Ici , vois-tu , la vie n'est pas faite de murs et de pierres . Nous habitons des paysages que nous portons en nous . Quand l’âme s’élève , elle retrouve les couleurs qui lui ressemblent , les champs de musique , les rivières de lumière , les maisons de tendresse . Tout est construit par la force de l’amour et du souvenir . Tu aimerais voir ?

Alors , plus vite qu'en songe , il se trouvait transporté dans des vallées immenses baignées de clarté , où des êtres translucides pouvaient se reconnaître sans paroles , par la seule vibration de leur être . Au loin , des cathédrales de verre s’élevaient , dont les voûtes résonnaient comme des chants d’orgue . Et plus haut encore , des sphères de pure lumière où nul mot humain ne pouvait décrire ce qui se jouait .

Chaque vision l’apaisait . Chaque retour sur Terre , au matin , lui laissait une nostalgie étrange , mais aussi , en même temps qu'une grande fatigue , une force nouvelle naissait en lui . Sans doute crut-il rêver les premières fois .

Puis il comprit que ce n’était pas une simple plaisanterie , qu'elle était bien là , non pas comme un spectre , mais comme une conscience vivante qui entrait dans la sienne . Elle lui expliqua , d’une voix claire , ce qu’il devait comprendre :

- L’Au-delà n’est pas un autre pays , ni un autre temps . C’est le monde de la conscience nue . Ici , plus rien ne se cache . Ce que chacun est en vérité se montre aussitôt . Tu considères l’autre un peu comme est perçu un animal sur Terre , dans son espèce et dans sa nature . Mais ici , c’est l’âme qui le révèle ainsi , sans déguisement .

Le sénior à l'allure d'adolescent frissonna .
- Alors , plus aucun secret n'est possible ?
- On peut préserver son intimité , si on le désire . Mais tout ce qui est mensonge ou masque s’effondre comme un château de sable . C’est pourquoi , au début , beaucoup d’âmes , découvrant ce qu’elles ont fui , s’effraient d’elles-mêmes . D’autres s’apaisent car elles trouvent enfin leur vérité .

Elle lui fit un beau sourire , ajoutant :
- Moi , je suis devenue la gardienne de notre demeure commune . Ce lieu que tu vois - ce jardin , cette maison - ce n’est pas un décor . C’est le fruit de notre union spirituelle . Mais je n’y fais entrer que ceux qui sont proches de nous , ceux que je choisis , car il faut protéger la pureté de ce que nous sommes .

Il s’étonna de sa fermeté .
Tu sembles si douce , et pourtant si décidée .
Parce que c’est ici que tout se construit . Là où nous sommes , chaque pensée crée , chaque sentiment bâtit . C'est pourquoi il faut veiller . C’est ça , monsieur le chevalier , la vraie noblesse : garder une demeure intérieure , où l’amour peut respirer sans souillure .

Un soir , elle lui parla plus directement encore :

Toi non plus , tu ne sais pas vraiment qui tu es . Tu crois être un homme d'expérience , avec ses souvenirs , ses limites . Mais dis-toi qu'ici , tu es une puissance dans le Ciel , et que le temps n'existe pas . Dieu a voulu notre union .

Pas comme un simple hasard d’âmes qui se retrouveraient , mais comme un dessein plus grand . Moi , je viens d’un autre lieu , d’un autre peuple . Et pourtant , Dieu veut que ma lignée spirituelle s’unisse à la tienne . Dieu veut la France - mais pas la France telle qu’elle est aujourd’hui , injustement égarée . Il veut la France renouvelée , fidèle à sa vocation première . Non , mon ami , tu ne sais pas encore qui tu es .

Ces paroles le bouleversèrent . Quelque chose en lui vibrait d’un accord profond , comme si une mémoire ancienne se réveillait soudain . Pourtant , lorsqu'il les entendit , le pauvre solitaire , dans son fauteuil , sentit qu’elles portaient une vérité bien trop vaste pour cette caricature mensongère qu'il croyait incarner , celle de la déchéance humaine !

Alors ... je suis plus que ce que j’avais cru ?
- Bien plus . Tu as porté , à ton insu , un manteau qui ne t’appartenait pas .

Mais ici , tu apprendras ton vrai nom , ta vraie origine . Et tu verras que ton destin était lié au mien depuis toujours .

Prenant doucement sa main dans la sienne , elle lui fit sentir en un éclair l'abime d'intelligence qui le séparait de lui . Alors , dans son regard , le vétéran ne vit plus seulement la jeune fille , mais une flamme qui portait le sceau de l’éternité !

3 - Un autre soir , elle l’emmena plus loin . Comme allégé , il sentit son corps se détendre , et soudain il se retrouva hors de la chambre . Ils flottaient ensemble dans l’espace , glissant comme deux météores dans la nuit étoilée .

Nous ne marchons pas , nous ne volons pas : nous sommes là où nous le désirons . Regarde !

Ils se posèrent au-dessus d’une mer argentée , puis dans un désert de sable rougeoyant .

Puis encore plus loin , c'était une planète étrangère , au ciel de cuivre , où des fleurs musicales , sous des soleils multiples , balançaient leurs corolles cristallines !

- Par ici , vivent d’autres consciences , différentes des humaines . Nous pouvons les visiter , les comprendre , et pourtant rester liés à notre monde . L’univers entier est notre maison .

Le vieux jeune homme tremblait de joie et d’incrédulité .

Mais alors ... la mort n’est pas une fin ?
- Non . C’est un accès rendu possible à quelque chose de beaucoup plus vaste , une expansion de la matière subtile . Nous pouvons revenir vers ceux que nous aimons sur Terre , leur inspirer des pensées , les consoler dans leurs rêves . Nous pouvons en même temps nous tourner vers la Lumière divine , qui nous attire , là-bas , comme un soleil intérieur .

4 - Lui qui avait inconsciemment défendu l'idée officielle de Bretagne autonome , découvrait maintenant que cette union nouvelle avec une vieille famille de la noblesse , était un signe , peut-être d'une vie antérieure proche des martyrs de Versailles , des Chouans , d'un renouveau de la vraie France dans ses racines les plus profondes , qu'elle n’était pas en opposition systématique avec son enracinement , mais qu’elle s’élevait plus haute , à travers l’union de terroirs , de lignées , de mémoires sacrificielles . Dans ses apparitions , la jeune fille noble devint signe d'unité : Chouans et cathares - toutes ces identités de souffrance - convergeaient vers une demeure idéale à restaurer , transfigurée en sa mémoire .
Elle parlait souvent de ce lieu spirituel qu’elle protégeait . Mais une nuit , son regard devint plus grave .

- Dans ta famille on a défendu , n’est-ce pas , la Bretagne ? Certains , même , se sont battus pour sa langue , sa culture . Toi aussi , tu as souffert malgré toi de la voir écrasée !

Il hocha la tête , surpris qu’elle dise avec tant de justesse quelque chose qu'il avait toujours plus ou moins laissé de côté . 

- Oui ... Malgré ma réserve obligatoire , j’ai toujours pensé que la France nous trahissait . Que nous étions condamnés à disparaître !

Elle s’approcha et posa sa main légère sur son front de cire .

- Écoute bien : de même que la vraie France n’est ni cet État qui détruit , ni la République oublieuse , la Bretagne , sa mère spirituelle , est une idée vivante qui , dans le Ciel , ne s’oppose pas à elle , mais la porte , l’unissant pour finir aux autres provinces ,  comme un cœur qui rassemble tous les membres d'un corps mutilé .

Il sentit un frisson parcourir son être. Elle reprit :

Moi , je viens d’une vieille lignée gasconne . Tu sais ce que cela signifie ? La Bretagne et la Gascogne se rejoignent ici , dans cette maison spirituelle que nous partageons . Ce n’est pas un hasard : Dieu veut montrer que l’union n’est pas la soumission , mais la réconciliation des racines profondes .

Toi et moi , nous portons ce signe

Il murmura, bouleversé :
- Alors ... leur lutte n’était pas vaine ?
- Non . Mais elle n’était qu’un début . Ce qu'ils ont défendu , c’était un fragment de vérité . Maintenant , tu dois voir le tout . La France véritable deviendra une cathédrale de provinces , dans lesquelles chaque pierre aura sa noblesse. Votre âme a appartenu aux Chouans , aux martyrs de Compiègne comme à tous ces vaincus qui ont offert leur vie dans les forêts et les marais . Vous portez encore leur mémoire . Mais comprends que tout cela ne doit pas rester douleur : c’est une semence pour un renouveau 

Le pauvre homme sentait les larmes monter à ses yeux . Tout ce qu’il avait vécu en cachette , ses colères face aux infidélités , prenaient un sens qu’il n’avait jamais osé imaginer .

Alors … ce renouveau , il viendra ? 
- Oui . Pas comme une revanche , mais comme un printemps ! La France renaîtra de ses racines les plus profondes . Pas dans les palais du pouvoir , mais dans les âmes de tous ceux qui ont gardé le souvenir . Toi , tu en es un témoin . Moi , je suis la gardienne qui veille à ce que cette mémoire reste toujours pure .

Elle l’embrassa sur le front .                                                                   
- Non , mon cher ,  tu ne sais pas encore qui tu es . Mais tu le découvriras en franchissant le seuil . Alors , tu sauras que , avec leurs différences ta Bretagne et ma Gascogne brilleront comme un seul diadème au front d’un Royaume que Dieu veut juste et transfiguré 

La jeune femme le regarda , ses paroles résonnant comme un jugement suivi d'une promesse :

Tu comprends , maintenant ? Chacun porte son sacrifice . Les miens sont tombés dans le Sud , les tiens dans l’Ouest , d’autres à Lyon Paris , Versailles ... Tous forment un seul corps , brisé , mais que Dieu veut relever .

Bouleversé , il baissa la tête .                                               
- Alors ma vie n’était qu’une partie de cette mémoire ?
- Oui . Tu as été leur témoin silencieux . Maintenant , tu seras leur relais . Le monde de la conscience est le monde de la vérité nue : tu ne peux plus te cacher . Tu es appelé à porter cette croix .

Puis , posant sa main sur son cœur :
- Moi
, je suis la gardienne de ce Temple où nos deux coeurs unis se rejoindront .Tous ensemble , nous allons préparer la Renaissance !

 

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* Poème de Jean-Roger Caussimon

  Musique de Léo Ferré sur son album " Les Loubards " ( 1985 ) copyright Léo Ferré 1985 / RCA  - Tous droits réservés .

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L'ESCARBOUCLE - Prologue - I - Une Etrange Visite .

13 Septembre 2025 , Rédigé par Dan Ar Wern Publié dans #L'ESCARBOUCLE

L'ESCARBOUCLE - Prologue - I - Une Etrange Visite .
 
L'ESCARBOUCLE

 

 

 

 

 

Prologue

 

 

 

 

 

I - Une Etrange Visite

 

 

La pluie tombe sur l'homme de l'an passé ,   Une heure s'est écoulée ,   Sa main n'a pas bougé ... "

Leonard Cohen / Graeme Allwright

" L'Homme de l'An Passé

 

 

 

1 - Il était seul , ce soir-là du 26 octobre , près de la lampe qu’il n’éteignait jamais tout à fait . Le silence lui pesait , lorsqu’une présence douce , presque palpable , se posa derrière son fauteuil . Il tourna la tête . Elle était là , qui lui souriait , celle qui était morte à vingt ans depuis bien longtemps , dont les yeux portaient une maturité que seul l’autre monde donne . Elle n’avait pas vieilli .

Tu me reconnais ? , lui suggéra-t-elle doucement pendant qu'un courant chaud traversait tout son être . Ce n’était pas une hallucination , car il percevait sa lumière intérieure autant que son parfum de jeunesse et ses pensées . Leur ressemblance le troubla lorsque le sourire enjôleur de la jeune femme , qu'elle adressait à son reflet d'homme , lui apparut de façon sensible dans un miroir de conscience pure au-delà du temps .

- Sais-tu vraiment qui je suis ?, reprit-elle avec un léger reproche tendre . Tu crois n'avoir qu’une seule vie derrière toi . Mais regarde ... Il ne répondit pas , mais il sentit que des mains très douces caressaient son front déjà ridé , pendant que , derrière la glace , un voile se déchirait , faisant affluer le flot des souvenirs d'hier . Lui , qui venait de partir à la retraite , n'avait plus cette fraîcheur juvénile . Contemplant le spectacle des bûches rougeoyantes qui , dans un dernier sursaut , se mouraient avec lenteur au coeur de l'âtre , cette soirée-là d'automne lui avait , comme tant d'autres , paru d'abord bien terne . Mais quelque chose en lui , au-delà des craquements du bois dans la cheminée , avait soudain changé . Il était redevenu soudain comme elle , un gamin guettant l'aube et le souffle du vent dans les volets de cette vieille maison qui , depuis si longtemps , respirait la cire et les livres anciens . L'homme n'avait pourtant cessé d’y attendre des visites : mais ses quelques amis d'infortune avaient disparu , et ses enfants vivant loin , la solitude était redevenue sa seule et patiente compagne .

Aujourd'hui , elle prenait un autre visage !

Ce n’était pas qu'un simple souvenir , se persuada-t-il ensuite : c’était elle , âme lumineuse disparue trop tôt , qui lui souriait avec cette douceur qu'il aimait tant d’éternelle jeunesse . Elle aurait aujourd’hui son âge , celui qu'il n'aurait jamais voulu atteindre , car il se sentait jeune comme un adolescent , mais elle lui apparaissait telle qu’il l'avait connue par les livres , par son destin brisé à vingt ans .

Au fil des nuits , discrète et vive comme une flamme , elle revint , lui racontant le monde d’où elle venait , ce royaume spirituel où l’amour , la musique et la mémoire des êtres formaient des paysages d’une beauté insaisissable . Elle ne l’appelait pas , elle ne le pressait pas , mais elle l’accompagnait doucement vers la compréhension de la vie après la vie . Peu à peu , il ne craignit plus sa propre fin , car il sentait qu’elle le guidait , comme une sœur , une amante , une sainte , à travers le seuil ...  

 

 

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* " Last Year's Man " ( 1971 ) , chanson de Léonard Cohen ( 1934 - 2016 ) dans son album " Songs of Love and Hate " ( 1971 ) , copyright Leonard Cohen / Stranger Music Inc. and Sony Music Entertainment - All rights reserved , traduite et interprétée par Graeme Allwright en français dans son album " Graeme Allwright Chante Leonard Cohen " , copyright 1973 Mercury / Pathé-Marconi - Tous droits réservés .

 

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