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Une Etoile Qui Tombe - Première Partie - L'Anneau Mystérieux - IV - On Frappe à la Porte .

14 Juillet 2025 , Rédigé par Dan Ar Wern Publié dans #Une Etoile Qui Tombe

Hôtel " Thalassa " - Camaret-sur-Mer

Hôtel " Thalassa " - Camaret-sur-Mer

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Une Etoile Qui Tombe
 

 

 

 

 

Première Partie

( L'Anneau Mystérieux )

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

IV - On Frappe à la Porte

 

 

 

 

 

 

 

" Regardez l'Etoile qui s'élève au-dessus du vaste océan ,

  Ô vous qui flottez sur les eaux agitées de la vaste mer ... " *

 

Bernard de Clairvaux

 

 

 

 

 

 

 

9 - Elle avait pris une chambre à l'hôtel " Thalassa " pendant que l'enquête suivait son cours . La veille , elle s'était entendue avec le capitaine pour que la perquisition ait lieu pendant qu'elle arrivait par la  route , et c'était d'ailleurs l'explication que celui-ci lui donna le lendemain du désordre à l'intérieur de la maison . Pendant qu'hurlait un vent chargé du bruit des bateaux mêlé aux cris des mouettes , le soir tomba lentement sur la lande . Izold referma le vieux carnet noir d’Élise , l’esprit alourdi par les fragments épars qu’elle avait lus . Des notes ésotériques , des croquis de mains tendues vers le ciel , des références marquées à l' " entre-deux-mondes ". Mais aussi des prénoms récurrents , qui étaient entrecoupés de phrases raturées : celui de Tim voisinait avec celui de Yann et d'un autre plus étonnant : M. Kerneis . ( 4 )

Elle n’eut pas le temps de chercher plus loin . Quelqu'un frappa à la porte .

Un homme entra , la trentaine , grand , le regard clair et dur . Il portait une veste de gendarmerie civile , sans le moindre insigne . Il n’eut pas besoin de se présenter , car elle l’avait déjà vu , brièvement , à la morgue de Crozon . Il s’approcha sans saluer , comme s’il connaissait les lieux .

- Capitaine Malo Guegan . Navré de vous déranger . Je pensais vous trouver ici .

Elle fronça les sourcils .

- Vous connaissiez ma mère ?

Il la fixa un instant , contrarié , avant de détourner le regard vers les lumières de la baie , puis , d'un sourire de connivence , ensuite , sur le livret qu'elle avait posé sur un meuble .

- Il y a longtemps , mademoiselle , oui . Je crois ... qu'elle était une camarade de la mienne , ajouta-t-il d'une moue hésitante . Elle venait danser lété par ici , à Camaret . Mais , depuis , personne , ou presque , ne l'avait revue . Le tourbillon de la gloire !... Ensuite elle est revenue , n'est-ce pas Mais trop tard !

- Vous pensez que cest un suicide ? , renchérit la nantaise .

Elle sentit qu’il mentait par omission . Son ton était trop maîtrisé . Il semblait affecté , mais sans émotion réelle . Comme s’il jouait un rôle .

S’humectant les lèvres , l'homme reprit son souffle avant de lui répondre .

- On nécarte pas cette hypothèse . Elle avait des ennemis , des fréquentations particulières . Vous avez entendu parler de Tim O'Connor , jimagine ?

Elle hocha la tête .

- Cest lui qui la brisée , ajouta Guegan . Ce type na rien dun danseur . Il fait du business avec des objets venus dEurope ou d'Asie , des bijoux , des pierres rituelles ... Vous voyez le genre ?

Elle sentit son estomac se nouer . L'Opale . Encore elle .

- Et mon père ? , fit-elle d’un ton plus sec qu’elle ne l’aurait voulu .

- Yann Kerjean ? Ah , un homme très pragmatique ! Il a travaillé avec votre mère , puis elle la laissé tomber . Ou bien c'est lui qui la laissée partir , allez savoir . Il a continué à faire des affaires . Il connaît l'américain . De loin , c'est évident . Mais on trouve , entre Boston et Paris , de drôles dallers-retours !

L'officier s’interrompit soudain , regardant la photo de " Kroazhent " , qu'elle avait posé près d'elle , sur sa table de chevet , comme s’il la connaissait .

Cest là-bas que tout a commencé , murmura-t-il . Noëlla ... Elle savait des choses que dautres auraient voulu effacer .

- Mais vous , capitaine ? Vous étiez juste une connaissance ?

Il soutint son regard cette fois . Longuement . Puis il esquissa un sourire triste , comme un rideau tiré .

- On a tous des secrets , mademoiselle Kerjean . Même vous , peut-être . Vous ne savez pas encore ce que votre mère voulait vous dire . Faites attention ! Peut-être quelle est morte parce quelle a essayé de vous le transmettre ?

Il sortit un petit papier de sa poche qu'elle signa .

- Nous avons , bien entendu , comme je vous l'avais , d'ailleurs , précisé par téléphone , réalisé la perquisition prévue au domicile de la victime . Et ceci , en compagnie de la personne de confiance de votre mère , une certaine Yuna Riou . Juste avant que vous n'arriviez .

- Si vous trouviez quelque chose dinhabituel ... pas seulement la pierre , mais autre chose ... appelez-moi !

Et il repartit sans se retourner .

 

10 - Le doute s’installait . Le policier savait plus qu’il ne voulait le dire . Peut-être même avait-il revu la danseuse avant sa mort ? Mais que voulait-il dire par " autre chose " ? La liste des suspects ne faisait que grandir . Il y avait Tim , l’amant brutal , et Yann , son père , bien trop silencieux pour être clair . Maintenant , se dit-elle , que penser de Guegan , ce flic hanté par un passé commun ? Tous , autour d’Élise et de la Pierre ?
Elle restait seule face au mystère .

       La nuit était tombée entièrement . Dans le silence de l'hôtel presque vide , face au vrombissement sourd de la masse océane , elle n’arrivait pas à dormir malgré le mouvement monotone des vagues venant s'échouer sur le quai du " Styvel " . Craintive , elle ralluma une petite lampe . Le vent avait forci . Les ombres s’étiraient comme des bras le long des murs .

Puis elle l’entendit.

Trois coups lents à la porte d’entrée . Elle regarda par l'oeilleton , vit une présence dans l'obscurité  du couloir . Elle hésita . Le souvenir du capitaine encore présent fit qu' elle s’attendait à le revoir . Mais ce n’était pas lui . Quand elle ouvrit , c'était une femme de chambre qui se tenait là , haute , mince , emmitouflée dans un châle de laine brune , les cheveux retenus dans un fichu sombre , le visage fendu par deux yeux pâles , presque argentés . Elle tenait , elle aussi , une loupiote .

- C'est moi , Izold .

La voix était calme , presque sans accent , mais avec cette musicalité étrange qu’en ont certaines par chez nous .

- Qu'est-ce que tu fais là , Yuna ? , lui demanda , méfiante , la cliente de la chambre vingt-deux . J'ignorais que tu travaillais ici

- Tu sais que j'étais l'amie dÉlise et de Noëlla , bien avant elle . Ce sont elles qui mavaient embauchée ici . Cétait convenu . Mais hier , je suis arrivée trop tard .

Elle entra sans attendre l’invitation , marchant lentement jusqu’à la fenêtre , effleurant le médaillon de la fille , puis s’asseyant sur le canapé .

- Je me souviens que je tai vue danser une fois , quand tu étais toute petite , et que ta grand-mère tavait appris un de nos paspensant pouvoir ainsi réparer le Cercle , murmura-t-elle ensuite d'une voix mystérieuse . Mais elle nen avait plus la force . Quelquun la trompée . Quelquun la suivie .

- Quel cercle ?

Yuna se retourna . Son oeil de mouette la transperçait .

- Dans la maison de " Kroazhent ", se trouve un ancien point de passage . Ce que les druides nommaient un " seuil " . Ta grand-mère y gardait ce morceau de roche , croyant avoir la charge d'y veiller sans jamais l'utiliser pour elle-même . Élise , au contraire , a voulu s'en servir sans comprendre quel était son pouvoir véritable .

Elle sortit alors de son châle un petit carnet relié de cuir noir , identique à celui qu’Izold avait déjà feuilleté , mais plus ancien encore .

- Ceci est à toi maintenant . Ta mère me lavait confié avant de mourir . Elle ne voulait pas que ton père mette la main dessus .

Yuna se leva , s'approchant de la nouvelle " messagère " .

- Tu ne comprends pas bien encore . Mais tu es la dernière . La Gemme céleste ne peut s'ouvrir quavec le souffle dune lignée intacte . La tienne .

Lignée ? répéta la bijoutière , sidérée .

- Toutes les danses de Noëlla nétaient pas que des spectacles de distraction . Cétait un langage pour les anciens , pour les veilleurs .

- Vous parlez comme ... comme s'il s'agissait d'une secte !

L'autre sourit d'un air triste.

- Certains hommes aimeraient bien que ça en soit une . Cela les arrangerait , car ils pourraient ainsi smoquer d'une " folie ", d'une " hystérie de femmes " . Pourtant , ceux qui se sont servis du " legs " de façon vénale , sont tombés ! 

Marquant une pause , elle murmura , d'un souffle :

- Et je crois que ce nest pas fini ...

Elle tendit une main vers Izold .

- Je vais partir , et si tu entends frapper à la porte à laube , ce ne sera plus moi . Fais attention !

L'étoile avait été gardienne de la Pierre . La danse , aussi , était un langage codé pouvant communiquer avec des entités supranaturelles . Danser autour de l'opale , sur la falaise , avait attiré une sorte d'Ange céleste qui avait voulu protéger la victime de l'agresseur caché voulant la lui voler . Mais , hélas , elle avait fait un faux pas , tandis que le bandit mystérieux tirait sur elle un coup de revolver !

 

 

( A Suivre )

 

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Notes :

 

4 - Hôtel & Spa Thalassa , 12 , Quai du Styvel à Camaret-sur-Mer .

 

* Saint Bernard de Clairvaux ( 1090 - 1153 )

" Missus Est ou Homélies sur les Gloires de la Vierge Mère " , II , 17 .

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