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Les Clairières de l'Âme - IX - Le Glaive De L'Archange .

27 Juin 2025 , Rédigé par Dan Ar Wern Publié dans #LES CLAIRIERES DE L'ÂME

Les Clairières de l'Âme - IX - Le Glaive De L'Archange .
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LES CLAIRIERES DE L'ÂME

 

 

 

IX - Le Glaive De L'Archange 

 

 

 

Pour Charles Nodier

 

 

" ... Mais on n'ignorait pas qu'elle passait souvent ses nuits en prières à l'ermitage Saint-Paterne , ou à celui du fondateur de la belle basilique de Saint-Michel , " dans le péril de la mer " , sur le rocher où l'on voit encore empreint le pied d'un Ange ...  "

Charles Nodier - " La Fée aux Miettes " ( 1832 )

 

 

 

 

 

1 - On l’appelait Albert , prénom simple pour un homme complexe , autodidacte fougerais né à l’ombre des remparts de la ville , issu d’un milieu modeste où l’on cousait les godillots au rythme du tic-tac d’une horloge ouvrière , qui avait su , grâce au travail assidu de son père , Firmin Prévost , celui-ci ayant eu l’intuition du cuir et du commerce dans l’entre-deux-guerres , pérenniser les chaussures " Albert " , des modèles robustes , bon marché , conçus pour équiper les travailleurs , les enfants , voire même, plus tard , les soldats .

Pendant l’Occupation , ses affaires prospérèrent .

Partout , l'on disait qu’il avait su " sadapter ", ce mot ambigu qui , selon la rumeur locale , signifiait  pudiquement qu'il avait tenté de faire face , à sa manière , à la pénurie française en s'efforçant avec zèle d'honorer les commandes pressantes de la " Kommandantur " allemande . Il s'était d'ailleurs marié avec Liselotte , une employée germanophone à la beauté froide qui y travaillait , soit disant alsacienne , mais dont les origines troubles devaient éveiller plus tard bien des soupçons . Deux enfants naquirent de cette union de circonstance : un garçon , Gérard , suivi d'une fille , Anne-Laure , élevés dans le confort bourgeois et discret d'une belle demeure à l’écart de Fougères , vaste propriété aux volets clairs , villégiature où les fêtes familiales se faisaient encore à la mode prussienne , avec rigueur et orchestre à cordes , quand les officiers du Reich y paradaient !

Mais la fortune d’Albert fut semblable au passage éphémère d'une étoile filante . À la Libération , l'infamie tomba . Les dénonciations s’accumulèrent , les portes de la fortune se refermèrent en claquant : collaboration , profits indus , soupçons de liens commerciaux avec l’occupant . Les chaussures " Albert " devinrent l’emblème d’un enrichissement suspect . Le patron fut arrêté , jugé sommairement à Rennes , la faillite prononcée . Sa femme avait fui avec les enfants vers l'Allemagne , s'emparant des derniers bijoux de famille , et , peut-être , de ce qui restait de respectabilité . Albert , seul , purgea une peine courte mais infamante à la prison Jacques-Cartier .

Lorsqu’il en sortit , le monde avait déjà changé .

Ses anciens ouvriers l’avaient renié , Fougères l’ignorait , ses anciens amis préféraient l’éviter . Les chaînes de production s'étant vite trouvées rouillées , l’usine avait été revendue pour un autre usage . Il se retrouva entre Dol et Cancale à errer , vivant de petits boulots , finissant par trouver un emploi saisonnier dans une récolte d'huîtres , les ramassant pour quelques francs . L'homme qui avait possédé tant de cuir ne possédait plus que de la vase . Dans le froid et le vent de la baie , il grattait , à marée basse , penché sur les poches et les pieux , rinçant et soulevant les tréteaux . 

 

2 - Puis , vint cette nuit-là d’hiver où la pluie ne tombait plus , mais où le silence de la mer semblait faire écho à son désespoir . Seul sur la grève , il leva les yeux vers le Mont Saint-Michel , auréolé de nuées sombres que trouait , en ce soir d'orage , une lointaine étoile . Tandis qu'il avait pensé toucher le fond , le pécheur crut soudain voir un glaive immense de lumière descendre du ciel comme une colonne dorée venant toucher le clocher de l’archange , trait de feu brutal , irréel , qui ensuite , bizarrement , le frappa en plein coeur de sa lame étincelante .

Il tomba aussitôt dans la vase à genoux , comprenant , ce soir-là , qu’il lui faudrait prendre alors , pieds nus , la route de l'île et se décider à marcher au clair de lune , abandonnant tout ce qu’il avait été jusque là , même son nom . La grève était déserte . Le vent fouettait le tourbillon des sables mouvants qui , tel un serpent de poussière , voulaient certainement l’avaler , se disait-il tout en cheminant vers la merveille qui , de loin , n’était plus ce monument touristique où , autrefois , l'on avait célébré son mariage . Redevenu un lieu désolé , oublié , ruiné dans sa gloire , il était envahi de ronce , de chiendents , de bestioles maléfiques . Même le sentier nord , vers Tombelaine , avait disparu . Il lui fallait lutter , chaque pas ressemblant à une épreuve .

Mais là , dans cette lutte , il se souvenait encore d'un évêque du nom d'Aubert qu'il avait peut-être connu au Moyen-âge et du rire d'une jeune fille qui , dans une étrange vision , lui était apparue naguère , par une nuit basse et lourde , alors qu’il scrutait l’horizon , grelottant sous sa vareuse humide , lui affirmant que Saint Michel voulait ici un sanctuaire , sur ce rocher . Cette femme , il crut la voir se détacher de la lumière . Elle semblait glisser sur la grève comme une sirène . Son visage était doux , indéfini comme un souvenir d’enfance , mais ses yeux brillaient d’une lumière claire , presque océane . ( 28 )

- Ne perds pas courage , Albert . Le pardon est plus proche que tu ne le crois . Tu as été brisé pour renaître .

Puis elle avait disparu , comme absorbée dans le reflet du ciel .

 - Mais ce n’est qu’un îlot recouvert de boue , de vipères et de vents . Rien n'y poussera jamais que des légendes ! , lui avait-il répondu , maugréant à la cantonade , incrédule .

Elle était revenue . Une , deux , trois fois . La troisième , il avait perdu la vision de l'oeil droit , comme frappé par un feu céleste ! 

Alors , fataliste , il avait dû accepter .

 

3 - Le marcheur s’arrêta au seuil du portail entrouvert , comme si quelqu'un l'attendait à l'intérieur , pénétrant dans l’église en ruine , en partie engloutie sous la mousse et les gravats , ne sachant plus très bien qui il suivait vraiment , le paria , l'industriel ruiné , ou celui qui venait le chercher au bout de lui-même , cet Aubert qui n'avait pas voulu croire ce jeune messager caché sous une sombre capuche de moine . Alors , tout repassa devant ses yeux , son ancienne vie , sa lâcheté , son orgueil , son commerce indigne , son indifférence aux cris de la souffrance humaine !
Et il pleura . Comme un homme qui naît .

Pourtant , dans le silence alentour , il entendait toujours la même voix , claire , féminine , vibrante comme un doux lamento : - Ce lieu est rude , mais la lumière y descend . Le sanctuaire n'est pas bâti de pierres . Car c'est en toi qu'il se construit !

Les jours passèrent . Couchant d'abord dans une cellule abandonnée , dormant à même le sol et mangeant peu , il souhaita rester là , priant souvent , travaillant à remettre en état une salle effondrée , à y déblayer broussailles et lierres . Présent au lieu , comme un veilleur sans but précis , mais guidé par une certitude intime , il ne parlait guère . Il était là , simplement : il avait été appelé ! 

Un vieux chanoine bénédictin , l’un des rares vivant encore là , presque aveugle , l’avait cependant remarqué . Il ne lui posa pas de questions , mais un matin , lui tendant une écuelle de soupe , il parla simplement : Celui qui a reçu le feu ne peut plus faire marche arrière . 

Et ce fut tout . C'est ainsi qu'il songea faire un jour sa demande , ne désirant pas redevenir quelqu’un , mais voulant juste ne pas être pardonné devant les hommes , pour pouvoir offrir sa vie à Celui qui lui avait fait signe dans sa nuit .

 

4 - On le revit une quinzaine à Cancale , faire ses adieux à son ancien patron . Dans toute la bourgade , on avait entendu dire qu’un homme autrefois très riche , un fabricant de chaussures ruiné , devenu presque fou , avait pris l'habit sous le nom de frère Aubert , ceci afin de rendre hommage à l’évêque du VIIIe siècle . Il ouvrait la porte aux pèlerins solitaires , nettoyant et rénovant leurs chambres décrépites , chantant doucement les offices .

Comme ce soir où un visiteur s’étant étonné de son calme alors qu’il regardait le soleil se coucher derrière les sables , le postulant lui répondit : J'ai été riche et j'ai été maudit , j’ai été seul . Maintenant , je suis pauvre et libre . Saint Michel m’a montré ce que je ne voulais pas voir . Il m’a ramené à la lumière !

C'est ce jour-là qu'elle était entrée , un matin pâle de février , pendant que la mer était basse et que la lumière du jour passait à peine à travers la brume , les joues rougies du vent du large , un panier d’osier à la main , portant un long manteau de couleur grise , un peu usé mais quand même élégant , réclamant des coquillages d'une voix claire , et souriant à Albert comme s’il avait été un ami de toujours . Tournant son regard vers la cliente , il avait senti son coeur s'arrêter . Les yeux bleu-vert , l'intonation surtout , la forme du visage , il avait reconnu tout de suite la femme de la vision ! 

Est-ce que ... est-ce que nous nous sommes déjà vus  ? , balbutia-t-il .

Un peu surprise , elle le dévisagea , puis sourit avec douceur .

Non ... Je ne crois pas . Mais peut-être dans un rêve ? 

Un autre jour , il apprit qu'elle s'appelait Jeanne , qu'elle venait d'Avranches , dans le Cotentin , cherchant des onguents d'algues marines pour sa mère malade à Granville .

- Vous êtes nouveau ici , non ? Je viens souvent , mais je ne vous avais jamais vu .
- Je ne suis que de passage , répondit-il .
- Alors vous avez bien choisi . Le vent de la baie a le pouvoir de remettre en place les idées , lui expliqua-t-elle en lui avouant qu'elle travaillait comme secrétaire dans une étude notariale , et que , pour se distraire , le dimanche , de cette charge assez fastidieuse , elle aimait parfois pédaler à bicyclette , le long de la côte , jusqu'à la chapelle sainte-Anne-de-la-Grève . 

- Jai eu comme une impulsion ce matin , dit-elle en rangeant ses fruits de mer dans le panier . Je ne sais pas pourquoi je suis venue , je devais passer par Dol . Et puis jai bifurqué . Il faut suivre parfois les choses quon ne comprend pas

Lui la regardait , reconnaissant son visage . Il ne savait pas d’où , ni quand . Mais c’était bien elle qui lui avait dit : - Ne perds pas courage !

La femme de la vision ! Pendant plusieurs jours ,  toujours à la même heure , comme si elle avait suivi un calendrier secret dicté par les marées , non par les hommes , Jeanne revint à " L'Echoppe du Pêcheur " , achetant peu , parfois même rien , mais restant parler longuement avec Albert , semblant tout savoir de la mer , du vent , de l’âme aussi . Jamais elle ne lui posait de questions sur son passé , ne le jugeant pas , mais l'écoutant raconter son histoire . Elle revint le lendemain .

Puis , le jour suivant .

Les dialogues étaient simples , parlant de tout , des prix de l’essence , du thé qu’elle préférait , finissant par son rire facile , comme celui d'une mouette bruyante . Elle n’était pas mystique . Elle était vivante . Mais une lumière semblait l’accompagner malgré elle .

Un soir , il lui dit avec douceur , quand le soleil descendait derrière les sables :

Vous mavez sauvé , vous comprenez .
- Moi ? , lui répondit-elle en se marrant . Je ne suis quune pauvre employée de bureau qui prend , chez sa cousine , quelques jours de vacances .
- Vous mavez parlé dans un rêve .
- Alors , jai dû entrer là par erreur ! Je parle en dormant , vous savez . Ça voyage loin ?

Tous deux se mirent ensemble à rigoler !

Mais , à partir de cet instant , peu à peu , il sentit pouvoir lui confier ses secrets , lui racontant sa chute et l'absence des siens , la honte qu'il avait dû subir , lui décrivant cet éclair mystérieux qui avait enflammé son coeur , un soir d'orage , évoquant cette femme qui l’avait appelé ensuite à ne pas céder au désespoir . Il n’osa pas lui dire qu’il la croyait être celle-là même . Pas encore . Un mardi pourtant , comme ils se tenaient seuls dans la boutique balayée par le nordet , tendrement , comme une évidence , elle lui demanda : - Tu crois que je suis celle que tu as vue ? 

Albert blêmit , ne sachant que lui dire .

- Alors ... qui es-tu ?

Jeanne ne répondit pas tout de suite . Elle ouvrit la porte . Le vent fit claquer la toile de jute . Elle regardait vers le Mont .

Ce soir-là , Albert sentit naître en lui , profonde comme les fonds de la baie , une paix nouvelle . Il veilla toute la nuit , le regard tourné vers Saint Michel , dont la silhouette se dessinait dans la lumière tremblée du couchant . Le Mont n’était plus une île : c’était un seuil .

Jeanne revint une dernière fois le lendemain , le trouvant assis sur un banc , face au large . C'était la fin du week-end .

- Vous partez , alors ? Pour de bon ?
Se contentant de regardera tout autour , elle parut un peu gênée .

- Je crois que ... je ne reviendrai plus . Je ne sais pas pourquoi , je sens que cest finiCe nest pas triste , cest juste ...

Il la regarda longuement.

- Tu as fait ta part .
- Ma part ?
- Tu ne sauras peut-être jamais tout ce que tu as porté , mais moi , je le sais ! , fit-il en l'étreignant avec force .

Elle lui sourit , le saluant simplement , sans geste particulier , sans larmes . Puis , il voulut encore lui parler , mais aucun mot ne sortit .

C'est à toi , maintenant , de suivre l'appel . Tu dois monter au Mont Non pas pour fuir , mais pour me comprendre . 

 Elle s’éloigna sans se retourner , regagnant Avranches par ses chemins humides familiers .

Ce n’avait pas été un amour banal . Certes , ce n’était pas que du désir . C’était comme un coup de foudre venu d'un autre monde , un éclair sacré dans la nuit d’un homme mort . Lorsqu’elle l’avait regardé , il avait senti une brûlure , une ligne de feu , comme si le glaive de Saint-Michel , passant par ses yeux , transperçait son coeur sans bruit . Comment pouvait-il désirer Dieu et ce regard ? 
Comment distinguer l’amour humain de l'amour divin qui se dissimule parfois sous les traits d'un visage inconnu ? 

C’était cela , le trouble , cela , la blessure . Une nuit , dans l’église désertée du village , il tomba à genoux .

Seigneur , suppliait-il , je ne sais plus ce que je suis . Je suis un père déchu , un homme coupable , un cœur brûlé . Tu mas foudroyé par elle ... mais que voulais-Tu me dire ? Était-elle Ton messager ou mon épreuve ?

 

5 - De plus en plus souvent appelé " Aubert " par les anciens du port , sans doute par une curieuse ironie du destin , le novice commença à sentir en lui quelque chose se déplacer . Comme le souvenir très ancien d'un patronyme oublié qu’on prononce dans le silence . Il ne savait plus très bien s’il était encore lui-même , ou un autre qui , à travers lui , se souvenait .

Jeanne ne revint pas , mais elle avait laissé son empreinte comme une comète qui transperce la nuit . Ses ultimes paroles résonnaient en lui :

Tu dois monter au Mont ! Cette nuit-là , Albert , quand il parvint à s'endormir , fit une sorte de cauchemar voyant le Mont complètement recouvert de halliers et de ronces d'où des couleuvres rubicondes serpentaient dans la rocaille . Une voix lui disait :

- Construis ici un sanctuaire . Et lui répondait , furieux : - On ne peut rien bâtir sur ce roc stérile ! C’est un désert  . C'est alors qu'un feu descendit du ciel et que , tête brûlante , il s’éveilla .

Le matin suivant , se risquant sans guide au milieu des sables mouvants , notre pélerin fut surpris par la marée montante . Des gens le virent disparaître dans la brume comme un grain de poussière depuis les remparts de l'abbaye . Le doigt de l'Ange avait-il trop pesé sur la tête de Frère Aubert ? Toute sa vie avait défilé en lui tel un long ruban d'amertume , avec ses erreurs dues à sa recherche d'un bien-être personnel malgré les horreurs de la guerre , son refus de s'engager dans la résistance , tandis que le père de Jeanne était mort , lui avait-elle appris , pendant le débarquement ! ( 29 )

Se débattant , les jambes lourdes , pour tenter une nouvelle fois , d'échapper à la noyade , il sentait son corps s'enfoncer petit à petit dans la lise pendant qu'une vérité tranchante , une lumière crue lui traversait la mémoire !

Les pieds alourdis par la vase , il réalisa que tout s'effondrait sans bruit , que chacun de ses pas le conduisait vers le vide , non celui du désespoir , mais celui du dépouillement total où il ne resterait plus rien : ni fortune , ni nom , ni avenir . Rien qu’un homme brisé qui n’avait plus que ses fautes pour bagage . Il pensa à la tendre Anne-Laure , au petit Gérard , ses deux enfants restés en Allemagne avec leur mère après sa condamnation . Que savait-il d'eux ? Cette ignorance était comme une plaie ouverte .

L’âme poussée par une force ancienne il se rappela qu'il avait déjà été ici autrefois , mais que ce n’était pas dans cette vie . Devant lui , l’imposante abbatiale , vaisseau céleste posée sur la fange , était silencieuse . Le vent chantait entre ses colonnes comme un orgue oublié .

- Je mappelais Aubert , murmura-t-il avant de mourir .
Et dans l’écho , quelque chose sembla lui répondre :

- Tu l'es encore ...

 

FIN

 

                                             ___

 

 

DAN AR WERN - Les Clairières de l'Âme IX - Le Glaive de L'Archange - Pep gwir miret strizh - Tous droits réservés - All rights reserved . " Les Clairières de l'Âme " , copyright 2025 . 

 

                                             ___

Notes :

28 - Saint Aubert ( vers 660 - 725 ) , évêque d’Avranches  , fondateur du Mont-Saint-Michel au VIIIè siècle , fêté le 10 septembre . 

29 - En 708 , Aubert crut voir en songe l'Archange Michel qui lui ordonnait de construire un oratoire sur un îlot rocheux se trouvant à l'embouchure du Couesnon . Cependant , doutant de sa véracité , il n'y prêta aucune attention . Le messager céleste lui apparut une deuxième fois , mais Aubert , qui hésitait encore , craignit une manifestation démoniaque . Finalement , Michel , exaspéré , lui apparut de nouveau , lui donnant cette fois un coup à la tête et lui ordonnant d'achever la tâche . À l'endroit où l'archange le toucha , Aubert eut un trou dans le crâne . L'oratoire fut alors construit , puis consacré le 16 octobre 709 . C'est là qu'il établit d'abord les chanoines , puis les bénédictins . La légende dit qu'Aubert y fut enterré .

 

 

 
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