Breizh-Terminal - 2 - Chant Scolaire .
Breizh-Terminal
II - Chant Scolaire
" La Porte s'ouvre , se dit-il ... Enfant , qui donc es-tu ?
Je suis le jour qui va naître ... "
Romain Rolland - " Jean-Christophe "
( La Nouvelle Journée , 1912 )
4 - Dans une petite ville côtière bretonne , un instituteur à la retraite assistait à une répétition d’enfants pour une fête scolaire . Aujourd'hui , les chants traditionnels sonnaient parfaitement , jugea-t-il d'abord , peut-être même un peu trop . Mais , peu à peu , sans qu'il sache pourquoi , elles furent chantées dans un autre idiome qu’il ne comprenait plus , dont les harmonies lui paraissaient anormales , comme une prière codée . Il se mit donc à imaginer des choses fort étranges , par exemple que son appareil auditif pouvait lui avoir joué des tours ... Puis , la fougue océane couvrant , ce matin-là , de son souffle , bien au-delà des rochers de Pléneuf où l'école s'adossait , leur léger murmure d'oiseau , notre ancien maître craignit , lui qui avait une débordante imagination de poète , que les élèves soient devenus tout à coup ses enfants , parlant plutôt son langage de mer , et n'étant plus vraiment seuls dans leur corps !
Le ciel breton , d’un gris tendre , se penchait pourtant , croyait-il , avec sollicitude sur cet établissement communal du centre-bourg qui portait encore en lui l’odeur du bois ciré et de l’encre violette , bien que cela fît des années qu’on n’y écrivait plus à la plume . Assis au fond de la salle , observant ses chers petits villageois répéter , Jakez Mérouvel , comme on revient dans une maison qu’on n’habite plus , mais que l'on aime , parce qu'on en a la nostalgie , assistait , chaque année , avec plaisir à de tels préparatifs . C'est qu'il avait enseigné ici trente-cinq ans , vous vous rendez compte , connaissant chaque recoin , chaque défaut du plancher ! Pourtant , ce matin-là , quelque chose clochait . Les membres de la chorale étaient alignés , bien sages , parfaitement droits . Trop droits .
Vingt-deux silhouettes figées , les bras le long du corps , le regard fixe devant eux , lorsque l'un d'entre eux , d'une voix fluette , donna enfin le signal :
" Tá locht sa saol seo tagann sin idir mise agus solas na spéire ... " ( 1 )
5 - La mélodie s'élevait , pure , cristalline , presque céleste . Mais ce n'était pas du breton . Ce n'était ni du français , ni de l'anglais non plus . Ni aucune langue que Jakez eût jamais entendue . Il fronça les sourcils . Chaque note semblait résonner plus profondément qu’elle ne le devait . Pas dans ses oreilles , non , mais à l’intérieur même de son crâne .
- Trop bizarre , murmura-t-il à mi-voix .
À côté de lui , la directrice , Madame Le Goff , sourit mécaniquement.
- N'est-ce pas que c’est ravissant ? Nous avons , depuis cette année , adopté cet hymne universel . Un projet , paraît-il , européen . C’est moderne , vous ne trouvez pas ?
- Universel , hein ? Depuis quand les enfants chantent-ils sans respirer ?
La directrice ne répondit pas tout de suite . Il avait parlé un peu fort , sentant qu'un frisson parcourait son visage .
- Oh , ils sont si concentrés , fit-elle .
Le retraité se leva lentement , le regard fixé sur les lèvres des gamins , voyant leurs bouches qui s’ouvraient et se refermaient avec une précision d’horloge , quasi mécanique , aucune d'entre elles ne semblant faire fonctionner l'appareil respiratoire . Leurs yeux ne cillant pas , tous , au contraire , s'exprimaient précisément d'une même voix monocorde ! Il se pencha alors vers une petite fille à l’extrémité du groupe, une rousse aux tresses serrées qu’il croyait avoir déjà connue : Léna , en CP .
- Voyons , ma fille ? dit-il doucement , pendant une pause du morceau . Tu peux me dire ce que tu viens de chanter ?
Celle-ci , comme une marionnette qu’on tourne à la main , le regarda avec un léger retard .
- Ce sont ... des mots anciens qu'elle nous a appris cette semaine .
- Qui ?
- La Voix . Celle qui vient la nuit .
Lourdement , l'épaisseur d'un silence terrible tomba dans la salle . Tous les enfants s’étaient tournés vers lui . Tous . En même temps . D'un mouvement semblable .
Le cœur du visiteur se serra . Il recula d’un pas . La directrice posa une main moite sur son épaule .
- Vous savez … ce sont de jeunes enfants . Vous êtes à la retraite , Il ne faut pas projeter sur eux vos inquiétudes . Vous devriez vous reposer , maintenant .
Mais il ne l’écoutait plus . Montant en intensité , un sifflement léger emplissait ses oreilles . Les gosses reprirent la chanson . Cette fois , la salle vibra légèrement .
Non , pas la salle …
Toute la réalité physique , le paysage , comme un décor autour de lui dans lequel il crut voir une forme , une silhouette verte translucide , brume imperceptible entre les murs , posée sur l'épaule d’un choriste . Il cligna des yeux . Puis il sortit , presque titubant , respirant l’air froid du large .
Dans la rue , tout semblait normal . Trop normal . Un ancien élève , Yann Kergoulay , aujourd’hui boulanger , le salua :
- Eh Maître Mérouvel ! Toujours fidèle aux répétitions ? Les enfants sont bons cette année , hein ?
Il hocha la tête . Lentement .
- Dis-moi , ... Ton fils , il est dans la chorale ?
- Oui , Malo . Pourquoi ?
- Il te parle en dormant ?
L'autre éclata de rire .
- Depuis qu’il est bébé , oui . Mais depuis quelques nuits , pendant que je travail au fournil , ma femme me dit qu'il parle en chantant ! De l’irlandais , du gallois , je sais pas ... Quelque chose de proche et d'exotique ... Il paraît que c’est les écrans , les réseaux , tous ces trucs modernes .
- Et toi , tu dis quoi ?
— Je dis que c’est pas si grave . Il obéit , il mange , il dort , il pleure pas . C’est ça l’essentiel , non ?
6 - Jakez , tout en levant vaguement les yeux , juste au-dessus , vers le toit de la mairie et ses multiples antennes relais plantées comme autant de croix inversées , ne lui répondit pas , mais il prit conscience qu'une " chose " anormale pouvait se servir de la naïveté de ses chers petit chérubins .
Justement , la fête de l’école approchait . Deux jours passèrent . L'évènement devait avoir lieu ce samedi , dans le gymnase communal . Toute la ville semblait plongée dans une excitation sourde , comme si chacun sentait , sans se l’avouer , qu’il allait arriver bien plus qu’un simple spectacle de fin d’année . L'ancien maître , lui , n’arrivait plus à dormir . Des sons mystérieux résonnaient toute la nuit dans sa tête . En rangs discrets , le matin , " ses " enfants passaient parfois sous ses fenêtres , comme pour le narguer , fredonnant à mi-voix leur impossible mélodie . Et lui , figé dans son fauteuil , sentait qu’il n’était plus le seul à douter .
Ce fut le hasard qui lui fit croiser Janed Kerbiliou .
Elle sortait de l’épicerie , une besace pleine de légumes , quand il aperçut celle qui avait été jadis une élève de sa classe avant de devenir professeure de musique à Rennes , puis de tout quitter pour travailler dans une ferme bio à l’écart du bourg .
Bien qu’il eût vieilli , elle n'eut aucune peine à le reconnaître .
- Monsieur Mérouvel ?
- C’est bien toi , Janed ?
- Ça alors ... Je me disais ... Je n'avais plus aucune nouvelle !
- Tu me croyais déjà parti , sans doute ? Oh , c'est presque ça , ajouta-t-il au bout d'une minute avec un sourire las . Tu as entendu parler des répétitions ?
La jeune femme fronça les sourcils d'un air soucieux .
- Vous plaisantez ? J’habite à un kilomètre et je les entends jusque chez moi . Ce n’est pas un simple choeur juvénile , ça ressemble à une " onde " puissante . On dirait que ça passe à travers les murs ! J’ai même eu des insomnies .
Le maître l’observa . Elle avait l’air fatiguée , mais pas résignée , comme les autres , gardant ce regard clair qu'il avait toujours aimé , ce petit feu intérieur qu’il n’avait vu chez personne depuis des jours .
- Tu as remarqué quelque chose ?
Elle hocha la tête .
- A la ferme , le soir , mes agneaux sont agités . Mes chiens ne veulent plus s’approcher des enfants du village . Même mon neveu , Théo , qui était , avant , si joyeux . Maintenant , j'ai l'impression qu'il me regarde comme si j’étais un meuble !
Elle hésita .
- L’autre nuit , j’ai rêvé . Une voix me disait : " Reste à l’écart . N’écoute pas . Tu es hors réseau ." Comme si ... comme si c’était une transmission !
- Jakez , abasourdi , répéta : Une transmission ?
- Oui , une sorte de diffusion réalisée à grande échelle . Mais biologique , vibratoire ... Pas électronique . Les airs qu’ils chantent ne sont pas des mélodies ... ce sont des ordres , des structures .
- Mon Dieu ! , s'exclama soudain son compagnon , qui sentit un frisson lui grimper l’échine .
- Alors , tu entends vraiment ce que je crois entendre ?
- Oui ! Et , comme vous , je ne suis pas la seule . Sur l'île aux Moines , j'ai contacté les druides , qui m'ont tous parlé d’un chant qui vient du " Cœur de la Mer " , d’un " Retour des Pierres Noires " , bref , de quelque chose de très dangereux ... qui revient .
- Mais toi , pourquoi tu n’es pas atteinte ?
Elle haussa les épaules .
- Je n’ai pas de téléphone . Pas d’internet . Pas de télé . Juste une radio à lampes , des partitions manuscrites ... je suis " hors réseau " , toute seule à la campagne , avec mes bêtes .
La fermière s’approcha de lui , baissant la voix :
- Vous ne devez pas aller à la fête ! C’est un point de bascule . Tous vont chanter ensemble devant leurs parents . Et ce chant-là ... ce sera plus qu’un chant . Ce sera un deuil !
- Un deuil ?
- Ou un seuil , un passage . Une colonisation de l'intérieur , une contamination générale , une pandémie . Le cerveau des gens se vide en les écoutant ! Ne reste qu'une coque ... inutilisable !
Le vieillard sentit ses jambes faiblir .
- Et que pouvons-nous faire ?
Elle sortit une petite flûte en bois de sa besace .
- Il reste peut-être un contre-chant qui me fut légué par mon grand-père qui le tenait lui-même d'un " sorcier " de la forêt de Brocéliande venu d'Iona , une espèce d'antidote , comme une ancienne vibration , cri primal de rupture n’annulant pas leur pouvoir , mais pouvant l’interrompre .
- Tu veux dire que toi seule peux les empêcher ?
- Moi seule , non . Mais à deux , c’est possible . À condition d’entrer dans le gymnase avant l'octave du dernier morceau !
L'homme réfléchissait . L’image des enfants tournant la tête à l’unisson le hantait encore .
Il rouvrit les yeux , consterné , puis , fermement , décida :
- Alors , nous devons y aller , vite !
7 - Le samedi arriva . La petite ville semblait figée sous un voile invisible . Il y avait bien , sur tous les poteaux , des " gwenn-ha-du " se balançant fièrement en oriflammes , des festons de guirlandes multicolores de même que des lampions de tissu attachés aux grilles , des stands de gâteaux , de crêpes , des enfants costumés . Mais tout cela paraissait artificiel , comme si la fête n'était qu’un camouflage . Janed et Jakez approchèrent discrètement du gymnase . Elle portait un sac à dos d’où dépassaient un petit accordéon , sa flûte en buis , plus un masque de cuir noir qu’elle avait appelé le " gardien du silence ". Lui n’avait que sa vieille veste râpée contenant un paquet de pastilles pour la gorge ainsi qu'un carnet de notes . La file des parents , déjà , entrait calmement dans la salle . Tous affichaient un beau sourire , oui . Mais leurs visages paraissaient trop lisses . Nul murmure . Aucun éclat de voix . Le silence était plus effrayant que la foule !
- Ils sont déjà atteints , souffla Janed .
- Tous ?
- Pas complètement . Regarde , là-bas , cette femme , la grand-mère . Elle hésite . Elle regarde autour d’elle . On dirait qu'elle sent que quelque chose ne va pas .
- Madame , excusez-moi . Votre petite-fille est dans la chorale ? S'approchant doucement de la vieille dame , il lui avait touché le bras .
- Bleuenn , oui , elle est en CE2 . Mais , je trouve cela curieux , vous savez . Deux semaines qu'elle ne me reconnaît plus , qu'elle ne rit plus , qu'elle ne joue plus ! Par contre , je crois qu'elle s'est mise à prier de manière continuelle en psalmodiant . Dans une langue que je ne connais pas . De l'Irlandais ?
Janed lui glissa un petit papier dans la main : " Ne chantez pas . Bouchez vos oreilles . Résistez ! "
- Si vous nous faites confiance , ne la regardez pas chanter le dernier morceau . Et surtout , ne l’écoutez pas !
La vieille femme hocha la tête , puis , bouche tremblante , entra dans la salle quasi pleine .
Ils la suivirent quand elle se glissa à l’intérieur . L’air y était étouffant . Sur la scène , les enfants , calmement alignés , regardaient une lueur bleue parmi les lumières du haut plafond lorsque , soudain , les spots s'allumèrent , signalant le début du spectacle .
Et alors , le chant commença : " Tá cóta an athar ró-mhór dá mhac ... " ( 2 )
Les mots flottaient dans l’air comme des spores . Leurs harmonies paraissaient sidérales . Certaines voix semblaient venir de derrière la galaxie , ou de beaucoup plus loin , des confins de l'univers . D’autres , plus simplement , de l'intérieur du crâne ...
Un spectateur sentit une pression monter dans sa tête . Il chancela . Janed attrapa sa main .
- Maintenant . Pas encore le grand accord . Mais bientôt .
Sortant sa flûte , elle souffla une note discrète . Presque primitive , une onde douce , terrienne , vibra dans le sol .
Une enfant sur scène cligna des yeux , comme réveillée .
Elle tourna la tête un instant . Elle avait vu celle qui jouait .
- Ça marche ! , murmura Jakez . Tu l’as désamorcé .
- Non , je l’ai juste fracturé . Le lien s'est fragilisé . Mais si on ne contre-attaque pas maintenant , leur cantique va refermer la faille .
Le silence tomba d’un coup . Les enfants baissèrent la tête .
La directrice monta sur scène , souriante .
- Mesdames et Messieurs , voici le dernier chant de nos jeunes , le " Cantique Universel " , qui sera bientôt adopté par toutes les écoles de l’Europe et du Monde .
Elle claqua des doigts . Les enfants levèrent la tête . Une seule note grave , continue , remplit soudain l'auditorium . Des harmoniques montèrent en spirale , redescendant ensuite comme sur un escalier invisible .
Bleuenn , soudain , se détacha du groupe .
- Maintenant , cela suffit , les enfantillages ! , proclama-t-elle solennellement tandis que sa voix devenue grave , prenant une force inconnue , avait le ton du commandement ! Croyez-vous que ce monde puisse continuer ainsi ?
Elle souffla dans sa main , faisant sortir d'elle un motif très ancien , mélodique , issu d’un mode oublié . Le son vibra dans l’air . Il n’était pas fort , certes , mais il entra en conflit avec l'autre , celui qui voulait exprimer la dissidence . Les deux ondes s’affrontaient . Le bleu pâle des haut-parleurs vira au blanc , puis au gris .
Sur scène , hurlèrent plusieurs enfants . Peut-être n’était-ce pas eux , d'ailleurs , mais quelque chose en eux , qui avait mal , poussait un cri de terreur !
Jakez monta à son tour .
- Ecoutez-les ! Ce ne sont plus eux qui parlent ! Ce sont des récepteurs . Cette musique est une porte !
Le public se leva dans un grand désordre ! Des mères prenaient en pleurant leurs " gros bébés " , comme elles disaient , dans leurs bras . Les yeux de certains petits redevenaient humains , brillant d'étonnement , pleins de larmes . D'autres frissonnaient de peur , s'effondraient pendant qu'un craquement sourd secouait la salle . Une des enceintes tomba au sol . Une lumière verte traversa un instant le plafond .
Puis , ce fut le silence .
Un à un , les enfants cessèrent de chanter .
Sur la scène , une ombre immense , informe , apparut brièvement derrière le rideau . Comme une coulée d’encre verdâtre , elle se rétracta , et disparut .
Janed s’effondra , épuisée . Jakez la rattrapa de justesse .
- C’est fini ? murmura-t-il .
A peine consciente , elle ouvrit les yeux .
- Non , ce n’était qu’un test fragmentaire .
Elle tendit sa flûte .
- Il y en aura d'autres ...
8 - Le lendemain matin , le ciel sur la ville était d’un gris mat , sans aucune goutte de pluie , sans vent . Une sorte de calme pesant s’était abattu sur les rues . Le gymnase restait fermé . Les rubalises de sécurité flottaient mollement .
Pas d'article , aucun communiqué dans les journaux . La directrice avait " chuté dans l’escalier " . Les élèves de l'école , selon les rumeurs , étaient " pris de fatigue " et ne viendraient pas en classe avant une semaine . Silence administratif .
Jakez regardant la mer assis sur un banc , son carnet sur les genoux , notait .
" Ce n’était pas un chant d'ici . Ce n’était pas une langue apprise , peut-être une architecture mentale , un plan sonore . Quand ils chantaient ensemble , ils devenaient un seul être , comme un récepteur-émetteur d'une créature de l'espace . Et nous , les adultes , nous étions les cibles de ce mystérieux messager ... "
- Tu écris ton testament ? dit Janed , qui venait de le rejoindre .
Elle portait un large manteau de toile , s'apprêtant à partir , le sac en bandoulière .
- Un journal , répondit dit le maître , une tentative d’enregistrer ce qui a failli nous submerger .
- Personne ne voudra t’écouter. Ce qui s’est passé sera nié , classé sans suite , étouffé . Comme toujours . Prenant place à côté de lui , elle sortit un petit objet noir de sa poche , à demi brûlé .
- C’était dans une des enceintes . Peut-être un germe , ou un module servant de relais .
Elle faillit le lancer dans la mer . Mais , au dernier moment , ce morceau de chair se mit à resplendir d'une couleur rouge-sang , comme une hostie vivante soudain tombée de l'au-delà !
- Je retourne dans mes terres . Il y a des groupes dans les Monts d’Arrée , un autre du côté de Paimpont .
Tous ceux qui entendent encore juste commencent à se parler .
- Et moi ?
- Toi , tu dois rester , continuer d'observer , d'écouter . S’ils reviennent , tu les sentiras bien avant les autres .
Le bonhomme hocha la tête .
- Et s’ils changent de méthode ?
Elle sourit , la mine triste .
- Ils changeront . Ce n’était , vois-tu , qu’un essai , une résonance , une amorce . La prochaine fois , ce ne sera peut-être pas un message aussi doux que celui-là . Tu as lu l'Apocalypse ?
Elle se leva .
- Garde ton oreille intérieure ouverte , Jakez Mérouvel . Car ils ne chantent pas seulement dans les écoles , mais parfois , dans les églises de nos rêves .
Comme un ange , elle disparut dans la brume .
Il resta seul . Portant un vague écho de rires d’outre-monde , le vent s’était levé .
Il se retourna , inquiet.
Mais il n’y avait personne .
FIN
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DAN AR WERN - Breizh-Terminal - II - Chant Scolaire - Pep gwir miret strizh - Tous droits réservés - All rights reserved . " Breizh-Terminal " , copyright 2025 .
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Notes :
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