le piege
LE PIEGE - Teaser / BIO .
LE PIEGE
Teaser / Bio
Depuis longtemps , le sentiment d'exil de Maël Tremen , vivant loin de la source véritable de ses racines , lui fait ressentir une amère nostalgie . Mais un jour , il rencontre Christie , une étudiante américaine lui rappelant un ancien amour . Lorsqu'elle disparait à son tour , oubliant exprès , peut-être , une mystérieuse mallette , le breton s'envole pour New-York à sa recherche , car derrière le visage de cette femme et les faux-semblants de sa troublante existence , une énigme plus douloureuse encore se cache : son père , savant retenu prisonnier derrière le Rideau de fer , a découvert ce que nul n'aurait pu imaginer . Parti pour New-York , le jeune homme apprend qu'il est menacé parce qu'on le prend pour quelqu'un d'autre . C'est le début d'une terrible aventure dans laquelle Christie laisse la place à Katalin , qui lui ressemble comme deux gouttes d'eau . Est-elle sa soeur , où un agent de l'est chargé de récupérer le document ? Qui sont les deux hommes qui les poursuivent ? CIA ou KGB ? Le dénouement de l'affaire est surprenant ! Certains secrets ne concernent pas seulement ceux qui les découvrent . S'ils peuvent changer le destin du monde , encore faut-il savoir qui agit derrière leur source véritable pour comprendre qu'ils ne devraient jamais être réveillés !
Résumé : Depuis longtemps , le sentiment d'exil de Maël Tremen , vivant loin de la source véritable de ses racines , lui fait ressentir une amère nostalgie . Mais un jour , il rencontre Christie , une étudiante américaine lui rappelant un ancien amour . Lorsqu'elle disparait à son tour , oubliant exprès , peut-être , une mystérieuse mallette , le breton s'envole pour New-York à sa recherche , car derrière son visage , une énigme plus douloureuse encore se cache : son père , prisonnier derrière le Rideau de fer , a découvert ce que nul n'aurait pu imaginer . Parti pour New-York , le jeune homme apprend qu'il est menacé parce qu'on le prend pour quelqu'un d'autre . C'est le début d'une aventure dans laquelle Christie laisse la place à Katalin , qui lui ressemble comme deux gouttes d'eau . Est-elle sa soeur , où un agent de l'est chargé de récupérer le document ? Qui sont les deux hommes qui les poursuivent ? CIA ou KGB ? Le dénouement de l'affaire est surprenant ! Certains secrets ne concernent pas seulement ceux qui les découvrent . S'ils peuvent changer le monde , encore faut-il savoir qui agit derrière leur source véritable pour comprendre qu'ils ne devraient jamais être réveillés !
DAN AR WERN , écrivain breton , vécut sa prime enfance au coeur de la forêt de Brocéliande avant de voyager à travers le monde , se passionnant pour la littérature , la culture celte , la musique , l'ésotérisme et la spiritualité ...
DAN AR WERN - LE PIEGE - Teaser ( 4ème Couv.) - Bio - Pep gwir miret strizh - Tous droits réservés - All rights reserved . " LE PIEGE " , copyright 2024 .
LE PIEGE - VIII - Table des Matières .
LE PIEGE
- VIII -
Table des Matières
I - Préface / Dédicace
La Source
II - Prologue : Feuilles d'Automne
1 - Naissance - 2 - Dernier Voyage - 3 - Traversée .
III - Prologue : Balade Printanière
4 - Une Clarté sous la Lune - 5 - L'Homme à la Valise .
IV - Première Partie : Le Document Mystérieux
6 - L'Une ou L'Autre - 7 - Christie .
V - Deuxième Partie : L'Histoire de Maël Tremen
8 - Hôtel Wellington - 9 - La Maison de Katalin - 10 - Forteresse - 11 - Professeur Steinberg .
VI - Troisième Partie : Invasion
12 - L'Attaque de Belle Harbor ! - 13 - Aresh-Kaël .
VII - Epilogue
14 - L'Abîme .
VIII - Table des Matières
DAN AR WERN - LE PIEGE - VIII - Table des Matières - Tous droits réservés - Pep gwir miret strizh -All rights reserved . " LE PIEGE " , copyright 2024 .
Le Piège - Préface / Dédicace - La Source .
LE PIEGE
I - PREFACE / DEDICACE
À tous ces visages qui , un jour , cessèrent de nous appartenir pour devenir les portes d'un mystère , à toutes ces patries que nous avons vainement cherchées ...
Pour Howard Phillips Lovecraft
La Source
" La conscience hésite généralement à percevoir ou à admettre la nature contradictoire de son arrière-plan , bien que son énergie ait précisément là sa source . "
Carl Gustav Jung - " Mysterium Conjunctionis " ( Préface )
Il est des exils qui ne figurent sur aucune carte , il y a des souvenirs dont on croit s'être délivré parce que les années passent , mais qui demeurent pourtant là , dans quelque repli de la mémoire , pareils à ces silhouettes ravissantes que l'on aperçoit un instant derrière la vitre d'un train sans jamais parvenir à les oublier . Depuis longtemps , même s'il avait compris que l'on n'abandonne jamais la terre où l'on est né , il avait quitté la Bretagne . On peut parcourir les villes , même apprendre d'autres paysages , peut-être faire semblant de s'habituer à d'autres ciels ... Quelque chose demeure pourtant en arrière de nous , comme une parole obstinée que le bruit du monde ne parvient pas à faire taire tout à fait . Vivant à Nice , alors , les vagues de la Méditerranée , devant lui , étendait leur éclat rutilant comme des caresses de lumière au milieu des palmiers . Tout semblait devoir le convaincre qu'il avait trouvé là une nouvelle patrie . Mais , certains soirs , lorsque le vent descendait des collines , la mer devenait sombre . Il songeait aux landes et grèves d'Armorique , à sa forêt natale et aux vieilles légendes qui avaient bercé son enfance , à sa mère qui , peut-être , ne l'avait pas voulu , à son père enfui . Il se sentait exilé , non d'un pays , mais d'une part plus secrète de lui-même : celle qui continuait à chercher , au-delà des apparences et des distances , la vérité d'une patrie perdue . C'est à cette époque de malheur qu'il avait découvert la voix de Gwenvael Andon , celui que la presse musicale comparaît à une " source ", barde d'un temps qui ne voulait pas mourir , chantre d'une Bretagne ancienne et pourtant toujours présente , surgissant comme un rêve de la mémoire enfouie des pierres immémoriales drapées de brumes .
Dans ses chants pleins de poésie , Maël entendait moins , d'ailleurs , la nostalgie d'un passé disparu que l'appel de quelque chose d'inachevé . Comme si derrière frontières et générations , mais aussi au-delà de l'histoire officielle , subsistait une autre réalité que tous avaient oubliée . Il ne savait pas encore où ce timbre de prophète allait le conduire . Car les détours de l'existence commencent parfois par ce qui ressemble à un hasard . Parfois , pour que tout recommence , il suffit d'un nom , d'une photographie , d'une ombre au coin d'une rue , reconnue au hasard d'un voyage , et qui en évoque une autre . Comment donc avait-elle pu disparaître de sa vie sans véritable adieu , d'un simple coup d'aile au bout de l'horizon , cette jeune danseuse américaine dont il s'était follement épris , telle d'une étoile filante , ne laissant qu'une lumière étrange derrière elle , au-dessus de l'immensité océane , et qui continuait si longtemps d'éclairer sa nuit comme les feux d'un avion scintillant dans l'obscurité ... Il avait cru pouvoir l'oublier , tentant de le faire avec cette obstination dérisoire que l'on met parfois à fuir ce qui nous poursuit . C'est ainsi qu'il rencontra Christie , jeune danseuse , elle aussi , née à New York et poursuivant à Paris des études dont il n'avait pas très bien compris la nature , avec des racines hongroises , dont elle lui parlait de temps à autre , ajoutant encore à son mystère , ce qui l'attirait de plus en plus , lui qui , officiellement , avait choisi de suivre ses cours d'anglais pour améliorer sa connaissance de la langue , mais qui , peut-être , cherchait surtout quelqu'un qui pût enfin gommer une absence trop douloureuse par une amitié nouvelle , un visage différent .
L'étudiante , cependant , semblait toujours vouloir maintenir une distance invisible entre eux , mentionnant , à chaque fois qu'il désirait la séduire , l'existence d'un compatriote resté de l'autre côté de l'Atlantique . Était-ce un homme qu'elle aimait réellement comme son fiancé ou bien un personnage commode destiné à le tenir éloigné d'elle ? Il ne le sut jamais .
Puis elle partit à son tour , comme si l'histoire devait éternellement se répéter , le laissant à nouveau seul avec son désespoir et des questions auxquelles personne ne pouvait , certainement , répondre , mais la promesse de lui ramener un jour , le plus tôt possible , un porte-document qu'elle avait oublié , appartenant à son père , lui offrit un joli prétexte , afin d'adoucir un peu son chagrin , de vite s'embarquer pour New-York et de croire encore à son amitié .
Ce fut là , au coeur de " La Grosse Pomme " , que les choses commencèrent à se gâter pour ce ver de terre amoureux d'une étoile - ou peut-être était-ce là , au contraire , que tout avait commencé depuis le premier jour ? Il ne se douta de rien , le pauvre , ne sachant que , pour retrouver la trace d' une amie perdue , il faudrait d'abord consentir à s'égarer . Ni que certaines sources , lorsqu'on croit enfin les avoir découvertes , ne font que vous entraîner plus profondément dans l'abîme . Il ne se doutait pas encore qu'il était déjà tombé dans un piège !
DAN AR WERN - LE PIEGE - Préface / Dédicace - La Source - Pep gwir miret strizh / All rights reserved / Tous droits réservés . " LE PIEGE " , Copyright 2024 .
Le Piège - Epilogue - XIV - L'Abîme .
Le Piège
Epilogue
XIV - L'Abîme
" Et lorsque tu regardes longtemps dans un abîme ,
l’abîme regarde aussi en toi "Friedrich Nietzsche - " Par Delà le Bien et le Mal / Prélude d'une Philosophie de L'Avenir "
( Jenseits von Gut und Böse - Vorspiel einer Philosophie der Zukunft , 1886 )
35 - Le monde ne sut jamais réellement ce qui s’était produit à Belle Harbor . Pendant plusieurs semaines , les médias diffusèrent en continu les mêmes images confuses d'hélicoptères militaires tournoyant au-dessus des plages de Rockaway , de barrages de police , d'ambulances qui déboulaient avec leurs sirènes stridentes dans les rues de la petite ville sous escorte de silhouettes en combinaison NBC disparaissant dans des nuages de fumée blanche ! ( 37 )
Les autorités parlèrent d’abord d’un accident industriel , puis d’une fuite chimique liée à une ancienne installation militaire . Enfin , certains experts commencèrent à évoquer un virus expérimental ou une mutation provoquée par une pollution inconnue . Sur les réseaux , les rumeurs de complot proliféraient , des témoins parlant d’hommes devenus anormalement puissants , tandis que d’autres prétendaient avoir vu des soldats désintégrés par une lumière bleutée . Quelques vidéos montrant des silhouettes aux mouvements inhumains furent même rapidement supprimées .
Très vite , pourtant , l’affaire disparut sous le flot des nouvelles mondiales . Belle Harbor devint un simple dossier classifié . Un évènement sans explication officielle .
36 - Quelques mois plus tard , Maël Tremen quitta définitivement les États-Unis . Comme Il avait refusé les propositions d'argent de même que la surveillance discrète que le gouvernement prétendait destinée à sa protection , celui-ci lui accorda , en fin de compte , la liberté de partir . Il voulait juste rentrer , retrouver sa Bretagne , expliqua-t-il , avec le vent des grèves , la pluie grise sur les monts , le silence ancien des pierres de sa jeunesse . Le voyage lui parut irréel . Comme si tout ce qu'il avait vécu appartenait déjà à une autre existence . Il lui arrivait pourtant , parfois , par une nuit de pleine Lune , de revoir encore le halo bleuté du " Miroir " , les silhouettes immenses des entités d'Orion , surtout le regard blanc du " Leader " fixé sur lui avec cette étrange pitié glaciale qu’une intelligence supérieure pourrait éprouver envers une espèce condamnée par ses propres instincts . Car il avait fini par comprendre une chose . Les créatures n’étaient peut-être pas venues pour conquérir l’humanité . Elles avaient simplement découvert une civilisation déjà prête à s’autodétruire .
Ayant franchi le miroir du cosmos comme une promesse de salut , la source sacrée de leur être s'échoua dans l'estuaire humain , engloutie par une mer immuable de corruption .
Le Piège - Troisième Partie - Invasion - XIII - Aresh-Kaël .
Le Piège
Troisième Partie
( Invasion )
" Le véritable élève apprend à extraire l'Inconnu du Connu , et se rapproche du Maître ... "
Johann Wolfgang Von Goethe ( 1749 - 1832 ) : " Les Années d'Apprentissage de Wilhelm Meister " ( Wilhelm Meisters Lehrjahre , 1795 / 1796 ) , Livre VII ( Lettre d'Apprentissage ) .
XIII - Aresh-Kaël
" Je suis moi-même le piédestal
Pour ce monstre que tu regardes ... "
Leonard Cohen ( 1934 - 2016 ) - " Avalanche " ( traduction de Graeme Allwright ) *
30 - Maël , aussitôt , ressentit une sensation de vertige en croisant ce regard .
Comme si cette créature , qui ressemblait à Christie et Katalin , avait la capacité d'observer simultanément toutes les pensées humaines présentes dans la pièce . L’être s’avança encore . Les autres entités demeurèrent immobiles derrière lui . Alors , directement dans les esprits , résonna sa voix !
- Je suis Aresh-Kaël ... Premier Veilleur d’Orion .
Plusieurs soldats portèrent immédiatement les mains à leurs tempes , le son mental provoquant une douleur physique extrême !
Puis , le leader télépathe observa lentement les humains .
- Votre monde arrive à son terme ! , leur annonça-t-il d'un ton grave et solennel , tandis que des images d'apocalypse traversaient brutalement l’esprit de Maël : océans de feu , champignons nucléaires qui s’élevaient au-dessus des continents , villes noyées , famines provoquant des émeutes !
Mais , au bout d'un instant , plus pacifiques , d’autres visions remplacèrent les premières , dans lesquelles des cités gigantesques , baignées d’une lumière bleue , se profilaient au milieu d'un paysage enchanteur , des structures transparentes flottaient au-dessus d’eaux calmes , pendant que des foules silencieuses marchaient , se promenant à leur pied , parmi les jardins merveilleux et les fleurs qui , dans un ordre parfait , les embaumaient .
- Sur Orion , dit Aresh-Kael , nous avons supprimé , il y a des millénaires , le chaos . Celui-ci n’existe plus , ni les guerres , ni les frontières , d'ailleurs ... Plus de pauvreté , de maladie ...
Caldwell demeurait figé . Katalin , elle , semblait déjà connaître ce discours .
- Nous pouvons sauver votre espèce !
L’un des soldats , pris de panique , leva brusquement son arme automatique vers la créature .
- Reculez ! , cria-t-il , tandis que l'orateur tournait simplement la tête . Le mouvement fut instantané . Une intense lumière blanche traversa ses yeux effilés . Le soldat eut à peine le temps de hurler . Son corps entier se désintégra dans un éclair silencieux .
Pas d'explosion , pas de feu , mais une dissolution totale de la chair , des os , de l’arme , le tout se fragmentant en grains de poussière lumineuse qui disparurent aussitôt dans l’air !
Le silence qui suivit fut absolu . Les six autres militaires du commando reculèrent , terrorisés .
Le dirigeant de l'espace reprit alors calmement :
- Toute résistance est inutile .
Puis , il étendit lentement ses longs bras translucides .
- Nous vous offrons ce que votre civilisation a toujours été incapable de créer : la paix durable .
Sa voix devenait presque douce , hypnotique .
- Mais , en échange , vous devrez accepter les Lois d’Orion , rajouta-t-il avec , pour la première fois , quelque chose ressemblant à un sourire traversant son visage translucide , expression superficielle qui ne contenait aucune chaleur , seulement une certitude glaciale !
- Nous réclamons juste votre totale soumission ! , conclut-il , faisant vibrer davantage le miroir derrière lui tel un lac d’huile plongé dans l'obscurité , pendant que d’autres silhouettes invasives comme la sienne , telles des ombres traversant la matière même du réel , continuaient d’en émerger une à une , s'en détachant inlassablement !
31 - Pendant ce temps , dans les profondeurs blindées de la forteresse de " Castle William " , à plusieurs centaines de kilomètres de là , le professeur Steinberg observait les écrans de contrôle sans la moindre émotion apparente . Les transmissions de Belle-Harbor arrivaient maintenant par intermittence , images brouillées , parasites , parce que la pluie et le vent s'étaient jetés en rafales , déchaînant la tempête sur les toits des maisons basses du village . Au loin , la mer , écrasée sous un ciel de cendre , était barrée d'un rideau noir , presque métallique , et les rares lampadaires qui étaient encore en état , diffusaient une lumière jaunâtre se perdant dans la brume .
Autour de la vieille église battue par les embruns , les véhicules militaires demeuraient immobiles , phares allumés dans la nuit sombre , humide , tandis qu’un silence irréel semblait avoir englouti la côte tout entière . Plus personne n’osait parler !
Le " Miroir " venait de se refermer . L’onde qui , auparavant , avait traversé la crypte durant quelques secondes , laissait derrière elle une odeur méthanière organique , rappelant à la fois l’ozone et la chair brûlée . Les soldats survivants du commando restaient figés , incapables de comprendre ce qu’ils venaient de vivre !
32 - Les créatures , menées par leur chef , sortaient craintivement du portail comme des silhouettes arrachées , contre leur volonté , à leur cocon . Aresh-Kaël avançait le premier . Son corps gigantesque paraissait composé d’une matière instable , semi-liquide , vibrante , et ses membres démesurés d’insecte oscillaient comme le mat d'un navire sur la houle océane .
Son visage étroit ne possédant ni véritable bouche ni nez identifiable , seuls ses yeux effilés , mouillés d'écume et traversés de reflets argentés , demeuraient fixes , terriblement conscients . Pourtant , quelque chose avait changé . Le monstre vacilla tout à coup , frappé par une sorte de faiblesse nouvelle . Autour de lui , les autres manifestèrent les mêmes signes de déséquilibre . Leur enveloppe organique se craquela peu à peu sous l’effet de l’atmosphère terrestre . De fines particules grisâtres se détachaient de leurs membres , qui s’envolaient ensuite , comme des feuilles mortes , dans les bourrasques nocturnes . Levant lentement les yeux vers le ciel , Aresh-Kaël comprit enfin que la Terre lui était hostile !
33 - Paul retira lentement ses lunettes . Contrairement aux autres responsables du Pentagone, il avait prévu cette possibilité depuis le début . C’était précisément pour cette raison qu’il avait refusé de se rendre sur le terrain . Le scientifique échangea un regard rapide avec le général Harris , chef de l'état-major , à ses côtés . Le Pentagone avait vu juste . Les calculs s'avéraient exacts . Les êtres d’Orion , certes , possédaient une puissance psychique capable de pulvériser un homme , de traverser la matière ou de déformer certains champs énergétiques . Mais leur structure profonde demeurait instable hors du " Miroir " . Et surtout ... certains humains , d'une manière encore inexplicable , résistaient ! Maël en était la vivante preuve . Depuis plusieurs minutes , le " Veilleur " avait essayé en vain de pénétrer son esprit . Steinberg le comprenait maintenant aux légères contractions des membranes noires parcourant le visage du dirigeant extraterrestre . Or , le breton restait imperturbable , comme si quelque chose en lui demeurait inaccessible , opaque , une zone morte .
- Il ne peut pas l’atteindre , murmura le professeur .
Katalin , elle aussi , avait compris . Le projet secret des blocs ennemis prenait soudain , par cette avatar inattendu , un sens terrifiant . Ceux de l'Est avaient cru offrir un cadeau empoisonné aux Américains , leur permettant discrètement de " découvrir " ce " Miroir d’Orion " qu'ils croyaient déjà connaître . Quant à elle , agent double depuis le début , elle avait participé à cette gigantesque manipulation géopolitique . Mais personne, là-bas comme à l’Ouest , n’avait réellement compris la nature du phénomène , sinon , Steinberg ou son collègue de Budapest , Laslo Istvan , le père de Christie . Les créatures n’étaient , sans doute , pas des dieux , mais elles pourraient un jour devenir des armes biologiques capables de remplacer les soldats humains , des guerriers absolus , des prédateurs psychiques ! Pourtant , juste au même instant , ces maîtres supposés de l’espace ignoraient qu’ils étaient eux-mêmes condamnés , leur passage sur Terre déclenchant une lente décomposition de leur structure quantique .
Le leader avança encore de quelques mètres . Des fragments de matière noire se détachaient parfois de ses bras avant de disparaître en poussière lumineuse . Une désagrégation presque invisible autour des contours des créatures .
Comme si leurs corps , feuilles mortes balayées par l'invisible , perdaient une cohésion secrète au contact de l’atmosphère terrestre !
Maël fixa de nouveau le " Miroir " .
C'est alors qu'il comprit brutalement . Les entités d’Orion ne voyageaient pas réellement dans l’univers . Le " Miroir " les fragmentait , les dispersait , leur faisait traverser les distances de l'infini sous forme particulaire avant de les recomposer ailleurs .
Mais ici ... la recomposition prévue avait échoué inexorablement ! L'extra-terrestre sembla percevoir instinctivement le danger . Des témoins remarquèrent que , pour la première fois , la peur avait contracté ses yeux argentés . Caldwell observait la scène quelques mètres plus loin , se sentant incapable de bouger . Tandis qu’il voyait les créatures commencer à s’effriter sous ses yeux , coula , le long de sa nuque , une sueur glacée !
- Mon Dieu ! , murmura-t-il , alors que l’église entière tremblait lorsque les sirènes commencèrent d'hurler à l’extérieur , violentes , assourdissantes !
Toute la vallée était encerclée . Une arche de métal gigantesque avait été déployée autour de l’église , haute de plusieurs dizaines de mètres , formant une structure circulaire hérissée d’antennes et de générateurs électromagnétiques . Partout , des chars immobilisés pointaient leurs canons vers le bâtiment , dans le ciel , illuminé de projecteurs aveuglants , des avions tournaient au-dessus de " Jamaica Bay " , prêts à frapper ! Le piège venait de se refermer . Mais , cette fois , les prisonniers n’étaient pas les humains !
34 - Mais ici , qui avait réellement compris que , si le passage avait permis leur manifestation physique , il n'avait pas assuré leur stabilité biologique ? Dans ce monde dense , lourd , saturé d’oxygène et de matière , leurs structures , très vite , allaient se désagréger . La Terre leur était hostile , bien sûr , mais qui avait anticipé leur réaction de bête sauvage , voisine de celle des grands fauves de notre planète ? Ils avaient besoin d’abris , d’enveloppes vivantes , comme des couvertures de survie ! Immédiatement !
Caldwell , qui s'était précipité sans réfléchir vers la grande porte pendant que les soldats survivants reprenaient position , lorsqu’elles s’ouvrit enfin , sous la pluie battante , assista , lui aussi , à ce spectacle irréel du déploiement d'une force militaire considérable qui , d'une manière ou d'une autre , pensait-il , allait effrayer les envahisseurs ! D'ailleurs , comme un dernier recours , le leader , en désespoir de cause , avait tourné la tête vers lui .
Et soudain , la chose se déploya . Le corps de l’entité se fragmenta en milliers de particules noires qui , avant de s’abattre brutalement sur le malheureux directeur , traversèrent l’air comme une nuée d’insectes microscopiques !
Le corps de l'agent se cambra violemment sous le choc , ses yeux se révulsèrent tandis qu’une substance sombre pénétrait sa bouche , ses oreilles , ses narines . Pendant quelques secondes , ses os paraissant vouloir se briser sous une pression intérieure monstrueuse , il se mit à hurler de douleur ! Puis tout redevint silencieux . L'homme agressé resta immobile au sol , comme paralysé , pendant que les soldats présents , terrifiés par ce spectacle horrible , échangeaient des regards épouvantés ! Pour finir , Andrew Caldwell releva la tête . Mais ce n’était plus tout à fait lui . Son visage demeurait identique , et pourtant , quelque chose d’indéfinissable avait disparu : l’humanité de son regard , même si certains en doutaient , dont les pupilles semblaient désormais plus profondes , presque opaques , comme si une intelligence étrangère observait le monde depuis l’intérieur de son corps !
C'était là , bien sûr , qu'Aresh-Kaël avait trouvé refuge ! Autour de l’église , les autres créatures voulurent imiter leur chef . Les entités mourantes , plutôt que de se désagréger dans les airs , fondirent sur les derniers membres du commando . Des cris retentirent dans la nuit .
Certains soldats tentèrent de fuir , mais il était déjà trop tard !
Le processus ne durant que quelques secondes , les hommes se redressaient , complètement transformés , leurs corps vidés puis réoccupés ! Leurs visages demeuraient humains , leurs voix aussi , mais leurs gestes possédaient désormais l'apparence d'une froideur mécanique presque parfaite . Une présence étrangère venait d’envahir leurs consciences , les refoulant dans les profondeurs de leur propre esprit !
Le capitaine Reese fixa son collègue de l'Agence avec horreur .
- Monsieur ?
Celui-ci tourna vers lui un regard vide . Puis un léger sourire apparut sur son visage .
Un sourire qui n’avait plus rien d’humain !
FIN DE LA 3ème PARTIE
( A Suivre )
___
DAN AR WERN - Le Piège - Troisième Partie - Invasion - XIII - Aresh-Kaël - Pep gwir miret strizh - Tous droits réservés - All rights reserved . " Le Piège " , copyright 2024 .
___
Le Piège - Deuxième Partie - L'Histoire de Maël Tremen - VIII - Hôtel Wellington .
Le Piège
" L'Ange s'était assis sur une pierre . Je le voyais , ou plutôt , je n'apercevais plus que sa silhouette qui ressemblait à la statue d 'un dieu étranger , et le clair nuage qui lui faisait un manteau et qui planait silencieusement dans les ténèbres comme l'auréole d'un saint ... "
Annemarie Schwarzenbach - " Tod in Persien "
( La Mort en Perse , 1935 - 36 , II - L'Ange et la Mort de Yalé )
Deuxième Partie
( L'Histoire de Maël Tremen )
VIII - Hôtel Wellington
" ... Tant de gens passent , chacun absorbé par ses propres problèmes , tant de visages qu'il est facile d'en manquer un ... "
Dialogue de " Lettre d'une Inconnue " ( Letter From an Unknown Woman ) *
18 - Je m’appelle Maël Tremen . J'étais venu à New York pour une raison simple , ou que je croyais telle : revoir Christie . C’était une idée fragile , je sais , presque absurde , mais elle s’était imposée à moi peu à peu , avec la même évidence que son rire autrefois , ce phénomène qui , parce qu'elle avait beaucoup d' humour , un caractère si vif et précis , vous prenait de court , ne surgissant jamais par hasard , car elle riait franchement , parfois jusqu’aux larmes , toujours plein d'entrain ! Pourtant , ce n'est pas elle qu'ici , j'avais trouvée , mais une certaine Katalin , fille à son image , d'une certaine manière , sans être elle , mais d'une ressemblance troublante , faite de mêmes gestes et silences , qui avait une tendance identique à retenir ses mots au bord des lèvres .
D'ailleurs , depuis mon arrivée à New-York , tout me semblait légèrement décalé , comme si j'étais entré dans une ville qui , elle aussi , sans en être tout à fait sûr , ne devait être qu'un mirage d'une autre réalité .
La voix , au téléphone , du même timbre que la sienne , avec cette façon de laisser entendre , de suggérer , de suspendre ses phrases juste avant l’essentiel , n’avait rien dit clairement .
Mais moi , j'avais foncé comme un fou au rendez-vous de Central Park , revoyant encore , à Paris , le visage de ma chère prof d'anglais venue , au temps des adieux , m'offrir ce petit carnet que je garderais comme un souvenir de notre rencontre , et , peut-être , avait-elle ajouté , la larme à l'oeil , une occasion de nous revoir un jour .
M'étais-je trompé ? Maintenant , deux hommes marchaient à distance régulière , ni pressés , ni réellement discrets , leurs silhouettes se détachant , menaçantes , des troncs d'arbres , l’un portant un manteau sombre , trop rigide , l’autre ayant cette manière très professionnelle de scruter sans bouger le visage .
Terrifié , j'accélérai .
- Vous devriez éviter de galoper , me lança discrètement ma voisine .
Alors , tandis qu'avec une fermeté inattendue , sa main se refermait sur mon bras , je sentis mon estomac se nouer . Nous quittâmes Central Park rapidement , sans courir d’abord , puis de plus en plus vite , comme si la ville elle-même se refermait derrière nous . Les rues se succédaient sans logique apparente . Katalin avançait sans hésiter , bifurquant brusquement , changeant de trottoir , puis ralentissant parfois sans raison visible . Je n’avais plus le temps de l'interroger .
19 - Le Wellington Hotel se dressait comme un point fixe dans un déplacement continu de la fièvre new-yorkaise . J’y étais descendu presque par hasard , sans savoir que ce lieu deviendrait , lui aussi , incertain . Nous y étions entrés sans échanger un seul mot . Le hall était calme , apparemment vide . Le réceptionniste leva à peine les yeux. . Dans l’ascenseur , elle observa , dans le miroir , le reflet des chiffres des étages .
- Vous étiez censé la retrouver ici ? , m'interrogea-t-elle .
- Oui .
- Et vous pensez qu’elle vous aurait attendu ?
- Christie ne fait jamais rien sans raison , vous la connaissez peut-être ? , lui demandais-je à mon tour .
Elle détourna légèrement le regard .
La porte de ma chambre , au 7è , était fermée. À première vue , rien d’anormal . Ce fut elle qui , cependant , posant la main sur la poignée , puis figée un instant , comme à l’écoute , remarqua un léger détail .
- Elle a été ouverte ! , me dit-elle en m'indiquant un décalage presque imperceptible dans l’alignement de la serrure .
Un silence étrange emplissait la pièce , comme si quelqu’un venait de la quitter . Je vis qu'une valise avait été légèrement déplacée , qu'une chemise était pliée autrement .
Katelin se dirigea rapidement vers la fenêtre , écartant légèrement le rideau .
- On ne reste pas ici ! , ordonna-t-elle .
- Où alors ? , lui demandais-je .
Elle hésita une seconde très brève .
- Chez moi !
( A Suivre )
___
DAN AR WERN - Le Piège - Deuxième Partie - L'Histoire de Maël Tremen - VIII - Hôtel Wellington - Pep gwir miret strizh - Tous droits réservés - All rights reserved . " Le Piège " , copyright 2024 .
___
* " Letter From an Unknown Woman " ( Lettre d'une Inconnue ) , film de Max Ophüls ( 1948 ) , avec Joan Fontaine , Louis Jourdan .
/image%2F1535069%2F20260830%2Fob_0cbe3b_bethesda-fountain-in-central-park-ny.jpg)
/image%2F1535069%2F20260826%2Fob_b5acd3_la-source-fantome.jpg)
/image%2F1535069%2F20260830%2Fob_8679cc_extra-terrestre-ist-28738-11723.jpg)

/image%2F1535069%2F20260509%2Fob_6f47c1_sirene-3.jpg)
/image%2F1535069%2F20260507%2Fob_ab47d5_fort-independence-mass.jpg)
/image%2F1535069%2F20260505%2Fob_1cedf5_glise-catholique-saint-francois-de-sa.jpg)
/image%2F1535069%2F20260504%2Fob_c6dc4e_angel-of-the-waters-fountain-and-bethe.jpg)