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UN COEUR SOLITAIRE / LE SOLEIL DES ARMANES ( Cycle de L'Etoile XXXI ) - Teaser / Bio - Naufrage ..

24 Décembre 2024 , Rédigé par Dan Ar Wern Publié dans #LES EXPLOITS DE ROLL DAGORN

UN COEUR SOLITAIRE / LE SOLEIL DES ARMANES (  Cycle de L'Etoile XXXI  ) - Teaser / Bio - Naufrage ..

 

 

 

UN COEUR SOLITAIRE / LE SOLEIL DES ARMANES

 

 

 

 

 

Teaser / Bio

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Naufrage

 

 

 

     

 

 

 

 

   

Pour le reporter Dagorn , déjà bien connu de nos lecteurs , cette histoire commence en avril 1912 . Avide de sensations fortes , l'étudiant stagiaire parisien , qui a entendu parler du voyage inaugural du plus grand paquebot terrestre , voit dans ce voyage , tout en documentant une épopée moderne , l'opportunité unique d'interviewer quelques grands de ce monde . Avec l'appui de son patron , Roll peut bénéficier d'une place en première classe à bord du navire le plus célèbre de son temps . Mais ce qu’il ignore encore , c’est que ce nouveau transatlantique n’est pas seulement un chef-d'œuvre d’ingénierie , c'est aussi le théâtre d’un complot planétaire !
Dès les premiers jours de la traversée , il est intrigué par la présence d'un énigmatique passager vêtu d’un manteau et coiffé d’un chapeau noir cachant partiellement son visage et surnommé le

" marquis " , chef d'une organisation secrète , " La Lumière de Wotan ", dont les ramifications s’étendent dans le monde entier . Flairant un mystère , le jeune journaliste , excité par la perspective d'une captivante aventure , découvre que celui-ci veut s’emparer d’un artefact d’une importance capitale caché quelque part à bord du navire . Mais il ignore que , si lui était révélé un tel mystère , il tomberait aussi sûrement dans un piège !

 

Résumé : Cette histoire commence en avril 1912 . Avide de sensations fortes , le jeune reporter Dagorn , qui a entendu parler du voyage inaugural du plus grand paquebot terrestre , le 

Titanic " , y voit , tout en documentant une épopée moderne , l'opportunité d'interviewer quelques grands de ce monde . Avec l'appui de son

patron , Roll peut bénéficier d'une place en première classe , mais ce qu’il ignore encore , c’est que ce nouveau transatlantique n’est pas seulement un chef-d'œuvre d’ingénierie , c'est aussi le théâtre d’un complot planétaire ! Dès les premiers jours de la traversée , il est intrigué par la présence d'un passager cachant à moitié son visage derrière un chapeau noir et surnommé le " marquis " , chef d'une organisation secrète , " La Lumière de Wotan ", dont les ramifications s’étendent dans le monde entier . Flairant un mystère , le journaliste , excité par la perspective d'une captivante aventure , découvre que celui-ci veut s’emparer d’un artefact d’une importance capitale caché quelque part à bord du navire . Mais il ignore que , si un tel mystère lui était révélé , il tomberait aussi sûrement dans un piège !

 

 

 

DAN AR WERN , écrivain breton , vécut sa prime enfance au coeur de la forêt de Brocéliande avant de voyager à travers le monde , se passionnant pour la littérature , la musique , la culture celte , l'ésotérisme et la spiritualité ...

 

 

 

 

 

DAN AR WERNLES EXPLOITS DE ROLL DAGORN 

( 3 ) - Le Soleil des Armanes I - Teaser / Bio - Naufrage - Pep gwir miret strizh - Tous droits réservés - All rights reserved . " Le Soleil des

Armanes " , copyright 2024 . 

 

( Cycle de L'Etoile XXXI )         

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LE MIRACLE DE BROCELIANDE - I - Reflets d'une Libellule .

23 Décembre 2024 , Rédigé par Dan Ar Wern Publié dans #LE MIRACLE DE BROCELIANDE

LE MIRACLE DE BROCELIANDE - I - Reflets d'une Libellule .

 

 

 

 

 

 

 

LE MIRACLE DE BROCELIANDE

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Pour Maripol et pour l'abbé Gillard ,

pour Jean Markale et pour Lewis Carroll ...

 

   

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

I - Reflets d'une Libellule

 

 

 

 

 

 

 

" La vie n'est-elle qu'un fantôme errant , pareille à un pauvre joueur qui se pavane et s'agite une heure sur la scène ? "  
" Macbeth " ( 1623 ) , pièce de William Shakespeare ( acte 5 , scène 5 ) .

 

 

 

 

 

 

 

     1 - A cette époque , j'étais un petit garçon de trois ans vivant en Bretagne , au cœur de la forêt légendaire de Brocéliande , dans un hameau proche de l'étang de Paimpont . Curieux et insouciant , j'aimais , avec l’énergie d’un enfant dont l’imagination déborde , explorer les alentours . Mais un jour , mon enthousiasme faillit me coûter

cher !

C'était un après-midi d'été , je m'en souviens . Tandis que mon père était occupé à installer , non loin de là , notre petite table de camping , je m'étais approché de l'étang , fasciné par les reflets d'une libellule irisée à la surface de l'onde . C'est ainsi , sans doute , que je m'aventurais trop près de la rive et glissais , tout d'un coup , d'une chute si rapide dans l’eau glaciale que celle-ci , aussitôt , m’enveloppant , je fus incapable de nager , sombrant peu à peu en poussant des cris étouffés !

C’est à cet instant que le miracle se produisit ! Grand pêcheur devant l'Eternel , papa installait tranquillement ses lignes , quand , alerté soudain par les cris désespérés de ma mère et poussé par un instinct que jamais il ne parvint à s'expliquer , il se mit à foncer à toutes jambes vers l'eau trouble et boueuse avant d'y plonger sans réfléchir , tête la première , de m'attraper avec force et de me ramener triomphalement à l'air libre ! Cyanosé , je semblais inconscient , mais vite , je repris mon souffle après quelques instants , pleurant et grelottant . Soulagée , maman me serra contre elle , ignorant que quelque chose de bien plus étrange venait de se produire , la relativité du temps !

Car dans les courtes secondes où je sombrais , j'avais vécu une expérience hors du commun ! Pendant que j'étais sous l'eau , un passage lumineux s'était ouvert devant moi , au fond du lac , m'amenant , par une porte mystérieuse , à un autre monde onirique où scintillant comme une aurore boréale , une femme à l’apparence éthérée , descendue d'une voûte céleste , qui portait une robe faite de brume et dont les yeux luisaient comme des étoiles de mer , s'était approchée de moi !

- Mon fils , me dit-elle d'une voix douce résonnant dans mon esprit , le destin ta mené ici , près de moi . Mais il n'est pas encore temps d'y rester . Tu dois accomplir une mission spéciale . Quand le moment viendra , tu te souviendras de tout .

Avant que je ne puisse répondre , la fée toucha mon front , puis tout devint noir .
Lorsqu’enfin je repris conscience dans les bras de mon cher sauveur , le souvenir de ce moment s’effaça instantanément , comme un rêve oublié au réveil . Les jours suivants , je ne me rappelais plus rien , même pas l’accident . Néanmoins , je ressentis , en grandissant , comme une étrange nostalgie de l’étang de Paimpont , de sa couleur grise et de sa force invisible qui m’attiraient .

Ce n’est qu'à l’aube de mes trente-trois ans , bien des années plus tard , qu’un événement , proche de ce lieu magique , allait raviver mes souvenirs enfouis . Cette nuit-là , alors que , sur le chemin des vacances , je rêvais dans l'antique manoir du Tertre où nous avions loué une chambre , une fée toute vêtue de bleu m'apparut de nouveau . Cette fois , elle me révéla la nature de ma mission : sauver le monde des humains qu’une fracture menaçait d'éloigner pour toujours de celui des

Esprits !

Mais pour cela , je devais retourner d'abord là où tout avait commencé ...

- Tu t'es évanoui , mon tendre garçon ! Puis , tu as eu de la fièvre

Il était vrai que je m'étais retrouvé une fois de plus perdu entre chimère et réalité , incapable de distinguer l'une de l'autre . Au fond de mon âme , je savais que la stricte vérité n'était pas celle qu'on voulait m'imposer . Mais ce qui s'était réellement passé , je devais le découvrir , m'expliqua-t-elle , par moi-même , quitte à replonger maintenant dans les eaux sombres de mon inconscient !

 

 

 

( A Suivre )

 

                                     ___

 

 

DAN AR WERN - LE MIRACLE DE BROCELIANDE - - Reflets d'une Libellule - Pep gwir miret strizh - Tous droits réservés - All rights reserved . " LE MIRACLE DE BROCELIANDE " , copyright 2024 . 

 

                                     ___

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CHRONOLOGIE DES LIVRES ( V , 33 - 40 ) - DAN AR WERN .

22 Décembre 2024 , Rédigé par Dan Ar Wern Publié dans #OEUVRES

CHRONOLOGIE DES LIVRES ( V , 33 - 40 ) - DAN AR WERN .

CHRONOLOGIE DES LIVRES

( 5 )

 

Romans , Poèmes , Nouvelles ) 

 

 

  •  
  •  
  • XXXIII - Le Chemin Vers la Terre Promise

     ( Cycle de L'Etoile 24 )

    French Edition - Editions " Muse "

    ISBN : 978-620-4-97222-0

    Copyright Dan Ar Wern / OmniScriptum & International Book Market LTD - Jan. 2024 . 

Cette histoire du " Cycle de L'Etoile " raconte l'aventure des Atlantes qui , une fois leur royaume terrestre détruit ( La Demeure Enchantée , Le Livre de Virginia , La Dernière Chute ... ) , retournent à leur matrie d'origine : AUBERIVE !

LE CHEMIN VERS LA TERRE PROMISE

 

XXXIV - L'Histoire de Roll et Virginia

 ( Cycle de L'Etoile 25 )

French Edition - Editions " Muse "

ISBN : 978-620-4-97351-7

Copyright Dan Ar Wern / OmniScriptum & International Book Market LTD - Feb. 2024 . 

 

A la lecture de Bernardin de Saint-Pierre , l'histoire d'amour , hélas impossible en cette vie , de Roll et Virginia ...

 

XXXV - Le Trèfle

 ( Cycle de L'Etoile 26 )

French Edition - Editions " Muse "

ISBN : 978-620-4-97439-2

Copyright Dan Ar Wern / OmniScriptum & International Book Market LTD - Apr. 2024 . Le Trefle, (Paperback)

 

XXXVI - La Nébuleuse du Crabe

 1 - Le Photographe

( La Nébuleuse du Crabe ICycle de L'Etoile 27 )

2 - Le Pianiste

( La Nébuleuse du Crabe IICycle de L'Etoile 28 )

French Edition - Editions " Muse "

ISBN : 978-620-4-97522-1

Copyright Dan Ar Wern / OmniScriptum & International Book Market LTD - Jun. 2024 .DAN AR WERN

XXXVII - Le Porteur de Lumière

French Edition - Editions " Muse "

ISBN :  978-6207812172

Copyright Dan Ar Wern / OmniScriptum & International Book Market LTD - août 2024 .9786207812172.jpg

 

XXXVIII - KROAZ-AN-AOD

       ( La Croix-de-Grève )

French Edition - Editions " Muse "

ISBN : 978-620-7-81337-7

Copyright Dan Ar Wern / OmniScriptum & International Book Market LTD - oct. 2024  

CHRONOLOGIE DES LIVRES ( V , 33 - 40 ) - DAN AR WERN .

XXXIX - LES COMPAGNONS DE L'ETOILE

              ( Cycle de L'Etoile 29 ) 

French Edition - Editions " Muse "

ISBN : 978-620-7-81399-5

Copyright Dan Ar Wern / OmniScriptum & International Book Market LTD - Nov. 2024

XXXX - CREPUSCULE D'AUBERIVE / CELEBRATION

              ( Cycle de L'Etoile 30 ) 

French Edition - Editions " Muse "

ISBN : 978-3-639-63849-3

Copyright Dan Ar Wern / OmniScriptum & International Book Market LTD - Dec. 2024 .

 

 

 

DAN AR WERN - Chronologie des Livres ( V , 33 - 40 ) - Pep Gwir Miret Strizh - All Rights Reserved - Tous Droits Réservés .

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LE JASPE DU CERCLE D'OR - Prologue - Marina Stern - III - Damnation .

18 Décembre 2024 , Rédigé par Dan Ar Wern Publié dans #LE JASPE DU CERCLE D'OR

Faust et Marguerite dans le Jardin ( 1846 ) par Ary Scheffer .

Faust et Marguerite dans le Jardin ( 1846 ) par Ary Scheffer .

 

 

LE JASPE DU CERCLE D'OR

 

 

 

 

 

 

 

pour Jean Racine

   et James Joyce

 

 

 

 

 

 

 

Prologue

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

       

 

 

 

 

 

 

 

Marina Stern

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

III - Damnation

 

 

 

 " Dieu s'épuise à travers l'épaisseur infinie du temps et de l'espèce , pour atteindre l'âme et la séduire . Alors , Dieu en fait la conquête . Et , quand elle est devenue une chose entièrement à Lui , Il l'abandonne . Il la laisse complètement seule . Et elle doit à sont tour , mais à tâtons , traverser l'épaisseur infinie du temps et de l'espace , à la recherche de Celui qu'elle aime . C'est ainsi que l'âme refait en sens inverse le voyage qu'a fait Dieu vers elle . Et cela , c'est la Croix  ... " 

 

Simone Weil - " La Pesanteur et la Grâce "

( 1943 )

 

 

 

 

 

 

 

     3Cependant , la fatigue faisant son oeuvre , il ne tarda pas , au bout du compte , à goûter la paix fragile d'un sommeil réparateur où quelques images vivantes d'elle , comme un mirage de bonheur au milieu des flots ténébreux de sa vie

sentimentale , s'étaient mélangées dans sa conscience troublée . Son visage à la beauté farouche lui avait tout de suite plu . Quel coup de foudre , se rappela-t-il , pensant à son sourire de Madone ou de poupée russe pendant cette nuit froide et neigeuse d'hiver où , tout juste échappée d’Allemagne de l’Est avec sa petite valise usée , seule richesse qu’elle avait sans doute pu emporter dans sa fuite à travers les frontières , la fugitive avait débarqué dans ce lieu grouillant de vie , chaos protecteur , mais aussi , pour elle , intimidant ! Des perles de rosée gouttaient de ses joues de cire , emportant peut-être avec elles toute la peur et la fatigue de ces derniers jours .
         Gwennole se réveilla frissonnant , la tête en feu . A travers les fenêtres , des lueurs rougeâtres de guirlandes festives baignaient la chambre . Regardant tout autour , il aperçut quelque chose au pied du sapin . C'était une enveloppe toute grise comme la mer du Nord , laissant voir une petite feuille blanche , griffonnée de quelques lettres , qui en dépassait . 
         Il parvint à la saisir avec effort , mais son horrible angoisse de la veille réapparut , car il crut voir à travers elle comme une tache de

sang ! Quelle heure était-il ? Pas de pendule au

mur . Et sa montre ? Il ouvrit les yeux peu à peu , n'ayant aucun souvenir , en vérité , de ce qui avait pu se passer . C'était tout blanc , comme un

linceul de neige , autour de lui qui se sentait si lourd , faible à la fois , frissonnant de fièvre au milieu de ce désert solitaire où de violents coups de marteau lui heurtaient la tête !

        D'ailleurs , comment lui prouver maintenant , sinon par quelques mots dérisoires , la pureté de ce qui n'avait pu exister que dans les limbes rougeoyantes d'un rêve déjà presque oublié  ? , songea-t-il quand il se mit encore à relire , la larme à l'oeil , ce triste constat de quelques lignes :
" ... Pardonnez-moi si j'étais un peu mélancolique , hier soir , ne m'en veuillez pas d'avoir fait " semblant  "... J'aurais préféré me serrer contre vous pour apaiser ce mal douloureux qui ronge mon âme ... Mille bénédictions , mon ami ! Vous m'avez offert une coupe de champagne quand tout semblait perdu . Je dois repartir , mais sachez que je n'oublierai jamais votre gentillesse . Prenez ceci , il porte chance dans mon pays ."

Perdue et désespérée , elle l'avait aperçu accoudé à son véhicule , fumant paisiblement une cigarette , et se précipitant vers lui en balbutiant quelques mots de mauvais français , cherchant simplement un endroit pour passer la nuit , comme , au milieu d'une tempête , un malheureux esquif cherche la lueur d'un phare , se dit-il . Certes , sa maison semblait bien modeste , mais elle était chaude , et il n’y avait pas grand monde pour y prêter attention . Lui préparant un repas simple composé d'une soupe de poisson , d'un morceau de " Far " provenant de chez lui , à Plougorn , dans le Finistère , il l'avait ensuite installée sur un lit de fortune , dans le petit salon , celle-ci lui murmurant un " merci " presque inaudible avant de sombrer dans un sommeil profond !

4 - Mais au matin , quand il découvrit soudain l'objet glissé au fond de l'enveloppe , il poussa un cri affreux , restant un long moment à observer ce qui ne devait être , pourtant , qu'une simple imitation , brillante et polie comme un morceau de verre dans sa main rugueuse ! Qui était cette Clara , en vérité ? Où était-elle partie ? Pourquoi un pauvre pêcheur breton comme lui avait-il croisé son chemin ? Ces questions resteraient-elles pour lui sans réponse ?
     Imprévisible destinée , stupide " Roue de Fortune " ! , ragea-t-il en évoquant le nom de leur bateau . Car il croyait bien , au contraire ,  que tout ceci n'était fait que pour lui rappeler , à lui comme à ses maudits compagnons d'infortune , cette autre réalité bien plus sordide , la galère de leurs grenouillages !  
     Tout à coup , sous l'action de la pierre , le papier lui parut brûler d'une flamme inextinguible , pendant que des convulsions faisaient trembler sa carcasse ! Un bref instant , l'homme crut ressentir encore plus la présence de celle qui était venue jusque chez lui pour le défier de cette curieuse arme minérale en forme de croix . 

     Mais rien n 'est jamais laissé au hasard ! , pensa-t-il pour tenter de se rassurer . Car , sans renoncer à quelque chose , on n'obtient pas la perfection du détail , qui ne modifie pas le résultat d'une aventure passée dans le clair-obscur , avec tous ses mystères ! Peut-être ne l'avait-il pas

bien reconnue , cette dame blanche qui lui faisait signe au milieu de la route enneigée , et c'est pour ça qu'elle voulait tous , maintenant , les entraîner vers le cachot , la mort ? Seulement , n'était-il pas trop tard pour plaider l'innocence ? Quoi d'autre attendre , au bout du tunnel , sinon , pour le coupable en fuite , cet autre chant d'ombre et de brouillard cyanuré , composé à la faveur de la nuit tragique d'une éternelle condamnation ?

             
             De temps à autre , cependant , cette histoire bien plus sombre remontait à la surface .
Quelque mystérieuse créature angélique , surgie des recoins les plus secrets de votre âme , venait d'accomplir devant vous sa danse macabre , vous rappelant de manière impitoyable une funeste allégeance au Seigneur de ce Monde !

            Une voix perçante , après des pleurs étouffés , s'élevait parfois derrière la porte grinçant sur ses gonds , tandis qu'un frisson d'épouvante , dans le corridor grinçant des réflexions , le glaçait d'effroi . Il comprenait qu'il lui faudrait ainsi expier le mal qu'il avait fait sur la Terre ...
            Alentour , pendant que des ténèbres effrayantes couvraient son âme déchue , la lumière diminuait . Puis il sentit la fièvre l'envahir , des gouttes de sueur dégoulinaient de son front .
Comment , se dit-il , éviter le terrible châtiment devant s'abattre sur cette ridicule créature ayant osé défier la Loi Divine ? Il voulut se lever , fuir à toutes jambes ...
             Mais ses blessures lui rappelèrent qu'il n'était plus qu'une plaie vivante , pendant que ses traits s'obscurcissaient de plus en plus , affichant ce délire de  persécution qui l'avait saisi tout entier de son emprise effroyable !
             Terreur noire !
             Il crut avoir affaire , en voyant son ombre sur le miroir , à une bête monstrueuse aux yeux clairs de serpent !
Ne s'était-elle pas sournoisement glissée dans sa chambre , ne désirait-elle pas ardemment l'étrangler de ses mains griffues ?
             L'étrange menace fut conclue d'un rire sardonique résonnant dans ses oreilles :
Quelques heures , peut-être , et nous serons ensemble ! , ricanait le sauvage Belzébuth .
             Dans sa poitrine , son coeur , hurlant de rage comme celui d'un loup , se mettait à battre plus violemment , les spectres de la nuit pourchassant leur proie sans relâche avant de l'offrir aux Dieux !
             

 

 

 

 

FIN du Prologue

 

 

 

 

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DAN AR WERN - LE JASPE DU CERCLE D'OR - PrologueMarina Stern II - L'Ange - Pep gwir miret strizh - Tous droits réservés - All rights reserved . " LE JASPE DU CERCLE D'OR  " , copyright 2024 . 

 

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LE JASPE DU CERCLE D'OR - Prologue - Marina Stern - II - L'Ange .

17 Décembre 2024 , Rédigé par Dan Ar Wern Publié dans #LE JASPE DU CERCLE D'OR

L'Ange ( Francesca Serra )

L'Ange ( Francesca Serra )

 

LE JASPE DU CERCLE D'OR

 

 

 

 

 

 

 

pour Jean Racine

   et James Joyce

 

 

 

 

 

 

 

Prologue

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

       

 

 

 

 

 

 

 

Marina Stern

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

II - L'Ange

 

 

 

 " Une âme qui en fait une autre , un corps qui nourrit un autre corps en lui de sa substance ... " 

Paul Claudel ( 1868 - 1955 ) - " Le Soulier de Satin "

( 1929 ) , Troisième Journée , Scène I .

 

 

 

 

 

 

 

     2 - Ce qu'elle lui parut belle , alors , quand elle rajusta ses petites lunettes rondes , d'allure sportive sous son grand manteau gris barré d'une écharpe noire , frimousse d'ange au joli sourire dont les cheveux dénoués tombaient maintenant comme l'onde capricieuse d'une rivière sur son corsage fleuri . Pour le remercier encore , la jeune femme songeant peut-être à sa vie chaotique d'hier comme au désert de sa prochaine retraite , s'inclina vers celui qui l'avait étrangement conduite en ce lieu si éloigné de sa vie habituelle .

- Vous êtes ici chez vous , mademoiselle !

- Je ne resterai pas longtemps , monsieur ! , lui répondit-elle sur un ton de politesse assez mécanique et le plus froidement possible , malgré son étonnement devant la présence d'autant de livres tout autour , chez quelqu'un qu'elle croyait si fruste , pour empêcher cette force irréfrénable qui , en apparence , par un ardent magnétisme , le poussait irrésistiblement vers elle .  

          Lui , pourtant , qu'on surnommait

" l'Intello " , s'efforçait ni de trop la regarder , ni de lui faire sentir cette soudaine fièvre qui , brusquement furieuse et bouillonnante , s'était emparée de tout son être ! Mais elle , c'était visible , ne ressentait pas grand chose , figée comme une statue

romaine , immobile , semblant indifférente ou étrangère à son désarroi !

- Je m'appelle Marina !  

          Elle venait , lui expliqua-t-elle , de fuir un concert , peu avant son départ , se demandant si ce n'était pas , en fait , le dernier , car ayant vu , dans sa jeunesse , le " maestro " , visiblement transfiguré par l'attirance qu'il croyait ressentir pour son élève , diriger pour elle " Après un Rêve " de Fauré , elle avait éprouvé envers lui un tel sentiment de rejet , qu'elle avait désiré , à sa place , mais d'une manière différente , murmurer tendrement à l'oreille de la soliste cette compréhension spontanée qui , à son tour , la liait à elle !  ()

        Alors , blessure au coeur , combien de temps lui aurait-il fallu attendre , fasciné , l'éclat de ce regard frappant déjà de la couleur de ses yeux verts les eaux sombres du sien ?

        Pouvait-on vraiment , lorsqu'on était si différents , devenir un seul être communiant à l'indicible , s'inquiéta-t-il , et suivre ces petites taches blanches , là-bas , couple de cygnes qu'elle avait vu peut-être , comme lui , s'élancer dans le ciel au-dessus de l'étang glacé , dans le refuge éphémère d'une barque où , par miracle , elle retrouverait peut-être un jour , lors d'une promenade , celle qui avait enflammé sa solitude ? 

        Noyé dans la douceur d'une telle aube vespérale , songea-t-il par la  suite , quelque chose en nous brûle parfois d'un immense désir de

l'Eternel : Celui qui peu à peu s'approche devient un soleil immense où rayonne une figure ayant parfois la force d'un homme , parfois la douceur d'une femme , être double , andro-

gyne , changeant de manière imperceptible comme la surface d'un lac gelé que , loin de la rigueur de l'hiver , mille couleurs de joie printanière , lors d'une heure de gloire, font revivre ! Mais n'est-ce pas Lui , également , qui S'offre aux pauvres mortels dans cette divine princesse dont la pâleur vous brûle d'une flamme salvatrice à travers le cristal de l'onde ?

- N'êtes-vous pas  l'Ange de la crèche ? , balbutia-t-il par devers elle , tout en sueur , à demi hébétée par la fièvre ... 

- " Que c'est étrange de vous voir ici ! , lui répondit-elle de son côté , au bout d'un instant de gène ... Mais , sortant péniblement de sa torpeur , la jolie fille avait le dessein caché , en bredouillant un discours de circonstance , de vouloir masquer son émotion .

- Ce matin , j'ai pris conscience de la vanité d'une étoile filante qui , avant d 'être engloutie par la mer , n'a laissé en fin de compte que la trace d'une ombre au milieu de la nuit ! Je crois que je n'ai plus envie de souffrir afin d'accéder à tout ce que voulait dire ce chef d'orchestre . A quoi ça servirait de le comprendre au-delà des noires et des croches qui se courtisent amoureusement ou bien , au contraire , des silences qui curieusement s'entrechoquentMoi aussiaprès tout , je veux bâtir un autre langage ! "

 

 

   

 

 

( A Suivre )

 

 

 

 

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DAN AR WERN - LE JASPE DU CERCLE D'OR - PrologueMarina Stern II - L'Ange - Pep gwir miret strizh - Tous droits réservés - All rights reserved . " LE JASPE DU CERCLE D'OR  " , copyright 2024 . 

 

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Notes :

 

" Après un Rêve  " - Levati sol que la luna è levata - op. 7 n°1 , de Gabriel Fauré ( 1845 - 1924 ) , publié en 1878 .

 

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LE JASPE DU CERCLE D'OR - Prologue - Marina Stern - I - La Fugitive .

16 Décembre 2024 , Rédigé par Dan Ar Wern Publié dans #LE JASPE DU CERCLE D'OR

Reflections - Clara Diebler

Reflections - Clara Diebler

 

LE JASPE DU CERCLE D'OR

 

 

 

 

 

 

 

pour Jean Racine

   et James Joyce

 

 

 

 

 

 

 

Prologue

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

       

 

 

 

 

 

 

 

Marina Stern

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

I - La Fugitive

 

 

 

 

 

 

 

" Nous sommes les abeilles de l'Invisible . Nous butinons éperdument le miel du visible pour l'accumuler dans la grande ruche d'or de l'Invisible " . 
Rainer Maria Rilke , lettre , 1925 .
 "

 

 

 

 

 

 

 

     1 - Une pluie fine tambourinait sur le pare-brise de la vieille Peugeot 504 de Gwennole Kermadec , une espèce de colosse à la carrure d’ours intellectuel qui , avec sa carrure imposante et son visage buriné de marin pêcheur , semblait , derrière ses binocles , prêt à affronter , s’il le fallait aussi , une armée de bibliothèques plus imposantes les unes que les autres ! Parfois , l'automne arrivant après la saison de pêche , de février à fin août , celui-ci , l’âme de la mer vivant encore en lui , mais le cœur enroulé de bitume , troquait son ciré jaune et sa casquette marine pour celle d'un chauffeur de taxi, sillonnant , après les effrayantes vagues boréales , dans sa vieille Peugeot cabossée , le pavé luisant des rues parisiennes .

Tenant fermement , de ses mains calleuses , le volant de sa voiture , il roulait presque sans arrêt , quand il ne lisait pas , franchissant les longues avenues grises de la capitale , avalant bouquins et kilomètres , l’esprit toujours hanté par les vents hurlants et les houles immenses des eaux glacées du Nord ! Six mois de l’année , il était , en effet , pêcheur d’Islande , bravant les déferlantes , pensant que , le reste du temps , Il y aurait sans doute quelque chose de réconfortant pour lui à revenir à terre , chez ses cousins de la grande ville , qui lui semblait pourtant presque

étrangère , avec sa langue bizarre , son rythme effréné et ses lumières trop vives !

Cette histoire commença un soir de Noël 1991 , alors que Paris baignait dans une fine bruine floconneuse , le marin poirotant devant la gare de l'est , un livre à la main , comme à son habitude . Les essuie-glaces rythmaient le silence dans l’habitacle de l'automobile , tandis qu'une musique bretonne passait en sourdine à la radio . C'est alors que , surgissant de la foule comme une ombre fuyante , elle était apparue , jeune femme au regard de louve , emmitouflée dans un manteau grisâtre , aux yeux rougis par le froid , trahissant une inquiétude fébrile quand elle ouvrit soudain la porte arrière du taxi , s’asseyant précipitamment sur le siège avant même qu’il ait eu le temps de lui demander sa destination , disant d’une voix tremblante , à la tonalité exotique :
- Roulez , s'il vous plaît . Je ne sais pas encore

, mais ... roulez !
 
Intrigué mais respectueux , le chauffeur fit ce qu’elle demandait . Le moteur se mit à ronronner doucement tandis qu’il quittait la gare pour s’enfoncer dans les rues endormies de la capitale . Au bout de quelques minutes , elle rompit le silence .

- Je viens de quitter mon pays , lâcha-t-elle dans un souffle .
Jetant un regard dans le rétroviseur , le breton croisa son regard mouillé .


- Ça navait plus de sens . Ils surveillaient tout , mon téléphone , mes sorties . Je devenais folle , et , l'autre soir , cen était trop , je suis

partie ... mais maintenant , je ne sais plus où aller !

Sa voix se brisa légèrement, et elle détourna la tête pour cacher une larme naissante . Le conducteur , d’abord silencieux , sentit une étrange proximité avec cette femme qu’il ne connaissait pas .

- Vous avez bien fait de partir , dit-il finalement , d’un ton grave mais apaisant . Personne ne mérite de vivre sous un tel poids .

La fugitive esquissa un sourire triste.
Mais où vais-je aller ? Je nai personne ici. Pas de famille , pas damis proches . Et je ne veux plus retourner chez moi ...


Un instant , le pêcheur sentit l’appel du large dans sa poitrine . Peut-être était-ce son instinct breton de lecteur , cette propension à offrir un refuge à ceux pris dans la tempête , ou simplement un élan de solidarité humaine ?

- Écoutez , je ne suis quun chauffeur de taxi , mais si vous avez besoin dun endroit où poser vos valises le temps de réfléchir, jai un appartement modeste . Ce nest pas grand-chose , mais cest calme , et , vous verrez , personne ne viendra vous chercher là-bas .

La jeune allemande , surprise par sa proposition , hésita un moment . Elle plongea son regard dans celui de son interlocuteur , scrutant sa sincérité .

- Pourquoi feriez-vous ça pour moi ? Un 24 décembre ? Vous ne me connaissez même pas ...

- La mer ma appris une chose , répondit-il avec simplicité . Quand quelquun est à la dérive , on tend la main . On ne pose pas trop de questions .

Un silence flottant s’installa , rempli de l’écho de ses paroles . Finalement , elle hocha doucement la tête .

- Merci je ne sais pas quoi répondre .

- Pas besoin , fit son voisin lui adressant un sourire rassurant .

Ils roulèrent encore un moment , quittant le cœur de Paris pour rejoindre la banlieue plus calme où il vivait . Ce soir-là , deux âmes perdues trouvèrent un fragile répit , l’une dans la chaleur d’un petit appartement , l’autre dans le sentiment d’avoir fait quelque chose de juste .

Et peut-être , au détour de cet improbable croisement , Gwennole Kermadec se rendit-il compte que le bitume des villes pouvait parfois être aussi imprévisible que les vagues de l’Atlantique !

 

 

 

 

 

 

 

( A Suivre )

 

 

 

 

 

 

DAN AR WERN - LE JASPE DU CERCLE D'OR - PrologueMarina Stern - - La Fugitive - Pep gwir miret strizh - Tous droits réservés - All rights reserved - " LE JASPE DU CERCLE D'OR " , copyright 2024 . 

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UN COEUR SOLITAIRE / LE SOLEIL DES ARMANES ( Cycle de L'Etoile XXXI ) - VI - Table des Matières .

13 Décembre 2024 , Rédigé par Dan Ar Wern Publié dans #LES EXPLOITS DE ROLL DAGORN

UN COEUR SOLITAIRE / LE SOLEIL DES ARMANES ( Cycle de L'Etoile XXXI ) - VI - Table des Matières .

Cycle de L'Etoile XXXI

( Livre 31 )

 

UN COEUR SOLITAIRE / LE SOLEIL DES ARMANES

                 

 

                 - 6 -

 

       Table des Matières

 

 

 

I - Un Coeur Solitaire ( Nouvelle )

1 - Le Cygne Noir - 2 - Liesel et Clara - 3 - Doute - 4 - Etoile Bleue - 5 - Banqueroute .

 

 

 

II - Le Soleil des Armanes ( Les Exploits de Roll Dagorn , III ) 

     Préface / Dédicace      

       Naufrage

 

 

III - 1 - Fortune de Mer - 2 - Le Sous-Marin - 3 - Kerylos - 4 - Oberon - 5 - Hôpital Lenval - 6 - Titania - 7 - Panique - 8 - Poursuite - 9 - La Tour Foudroyée - 10 - L'Ange de la Mort - 11 - Square Saint-Vincent-De-Paul .

 

 

IV - Epilogue

12 - Eté 14 .

 

 

V - Le Trèfle ( Cycle de L'Etoile 26 ) - Résumé .

 

 

VI - Table des Matières .

 

 

DAN AR WERN - UN COEUR SOLITAIRE / LE SOLEIL DES ARMANES ( Cycle de L'Etoile XXXI ) - VI - Table des Matières - Pep gwir miret strizh - Tous droits réservés - All rights reserved - " CREPUSCULE D'AUBERIVE " , copyright 2024 .

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LES EXPLOITS DE ROLL DAGORN - III - Le Soleil des Armanes ( Cycle de L'Etoile XXXI ) - Préface / Dédicace - Naufrage .

10 Décembre 2024 , Rédigé par Dan Ar Wern Publié dans #LES EXPLOITS DE ROLL DAGORN

LES EXPLOITS DE ROLL DAGORN - III - Le Soleil des Armanes ( Cycle de L'Etoile XXXI ) - Préface / Dédicace - Naufrage .

 

 

 

Cycle de L'Etoile XXXI

( Livre 31 )

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

LE SOLEIL DES ARMANES

   ( Les Exploits de Roll Dagorn , III )

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

I - Préface / Dédicace

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Pour Virginia Woolf 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Naufrage

 

 

 

 

" La matinée était si belle , à part un petit coup de brise ça et là , que la mer et le ciel paraissaient une seule et même texture , comme si des voiles étaient suspendues tout là-haut dans le ciel , ou que les nuages étaient tombés dans la mer ... "

 

Virginia Woolf - " La Promenade au Phare " ( 1927 )

 

 

 

 
 

 

 

 

 

 

 

 

        

      Pour le reporter Dagorn , déjà bien connu de nos lecteurs , cette histoire commence en avril 1912 . Avide de sensations fortes , l'étudiant journaliste parisien , qui a entendu parler du voyage inaugural du plus grand paquebot terrestre , voit dans ce voyage , tout en documentant une épopée moderne , l'opportunité unique d'interviewer quelques grands de ce monde . Avec l'appui du directeur du " Petit Parisien " , son patron , Roll peut bénéficier d'une place en première classe à bord du navire le plus célèbre de son temps . Mais ce qu’il ignore encore , c’est que ce nouveau transatlantique n’est pas seulement un chef-d'œuvre d’ingénierie , c'est aussi le théâtre d’un complot planétaire !

Dès les premiers jours de la traversée , il est intrigué par un énigmatique passager d’une cinquantaine d’années , toujours vêtu d’un manteau et d’un chapeau noir cachant partiellement son visage et surnommé le " marquis " . Flairant un mystère et pour en savoir plus , il décide un soir d’approcher celui qui se nomme en réalité Guido de La Croix , chef d'une organisation secrète , " La Lumière de Wotan ", qui lutte contre un réseau communiste adverse dont les ramifications s’étendent dans le monde entier . Celui-ci lui confie aussi vouloir s’emparer d’un artefact d’une importance capitale caché quelque part à bord du navire . Excité autant qu'intrigué par la perspective d'une telle aventure captivante , le jeune breton lui propose naïvement son aide , ignorant que , si lui est révélé un tel mystère , il allait sûrement tomber dans un piège !

Faisant mine de voir dans le journaliste un allié potentiel , Guido accepte . Ensemble , ils explorent les entrailles du Titanic , passant , avec la complicité de certains membres de l’équipage et même de certains passagers impliqués dans cette affaire , par des salles interdites et des couloirs très sombres !

Mais le soir fatidique du 14 avril approche , et tandis que la plupart des voyageurs profitent de la soirée prestigieuse du commandant Smith , on met enfin la main sur le fameux " trésor " : un coffret orné de symboles de l'ancienne Germanie , dissimulé dans une cachette secrète du navire . Cependant , l'équipe l'ayant découvert n'est pas la seule . Une confrontation générale éclate dans les profondeurs du vaisseau avec les agents du réseau clandestin !

C’est à ce moment précis que la coque , heurtant l’iceberg , et sous le coup d'une explosion , se déchire !
Tandis que le chaos s’installe à bord , Guido précise curieusement qu’il a anticipé une telle catastrophe en ayant pris soin de préparer une issue de secours . Bénéficiant de l’aide d’un complice , un ingénieur nautique membre de la société secrète a , sur son ordre , fait préparer , dissimulé à quelques milles du lieu de la catastrophe , un sous-marin !

Sous couvert de l’agitation générale , un petit commando se faufile alors jusqu’à l’un des ponts inférieurs du navire où une trappe secrète le conduit à une petite embarcation l'amenant au bathyscaphe . Tandis que le Titanic sombre dans les eaux glaciales de l’Atlantique , celui-ci s’enfonce dans les profondeurs de la mer , emportant avec lui le précieux objet .

Le journaliste , ayant miraculeusement échappé à la mort , se rend compte qu’il détient une histoire incroyable , mais qu’il ne pourra jamais la raconter , sans doute , au grand public sans risquer de se faire ridiculiser ou pire , de devenir une cible pour l'autre réseau clandestin .

D'ailleurs , le chef ne lui offre qu'un choix : rejoindre " La Lumière " et continuer ainsi à lutter dans l’ombre , sans avoir la possibilité de retourner à sa vie ordinaire , en oubliant tout ce qu’il a vu !

Roll doit choisir l’aventure , comprenant que cet évènement tragique n’est qu'un début , que d’autres énigmes l’attendent , bien plus fascinantes encore . L’histoire de cette nuit fatale deviendra pour lui un secret bien gardé , dissimulé dans les profondeurs de l’océan , tout comme l'épave elle-même , et tout comme le visage d'une jeune fille très belle , à peine entrevue , restera , lui , pour toujours caché au fond de son coeur !

 

 

 

 

DAN AR WERNLES EXPLOITS DE ROLL DAGORN 

( 3 ) - Le Soleil des Armanes I - Préface / Dédicace - Naufrage - Pep gwir miret strizh - Tous droits réservés - All rights reserved . " Le Soleil des Armanes " , copyright 2024 . 

 

( Cycle de L'Etoile XXXI )         

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LE JASPE DU CERCLE D'OR - Epilogue - XXVIII - Frère Anton .

8 Décembre 2024 , Rédigé par Dan Ar Wern Publié dans #LE JASPE DU CERCLE D'OR

Procession des moines vers le monastère du mont Athos ( Gang der Mönche zum Bergkloster Athos , 1905 ) par Hermann David Salomon Corrodi ·

Procession des moines vers le monastère du mont Athos ( Gang der Mönche zum Bergkloster Athos , 1905 ) par Hermann David Salomon Corrodi ·

 

 

LE JASPE DU CERCLE D'OR

 

 

 

 

 

 

 

pour Jean Racine

   et James Joyce

 

 

 

 

 

 

 

Epilogue

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

       

 

 

XXVIII - Frère Anton

 

 

 

 

 

 

 

O toi , sosie , personnage au teint pâle ,

  Pourquoi revivre mon haut mal ? "

 

Heinrich Heine *

 

 

 

 

 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

   52 - Il marchait , solitaire , au flanc de l'Athos , repensant à l'homme d'avant qui avait du choisir , peut-être , de donner toute sa mémoire pour sauver son âme , lui qui n'en aurait maintenant plus rien à faire de la vendre , coup de lance planté dans le coeur du patriarche qu'il s'était efforcé de devenir , au premier venu lui promettant monts et merveilles pour la retrouver , car il ne se souvenait plus de rien concernant le chemin tâtonnant de sa jeunesse .

- Ecoutez-moi , je vous apporte la vérité ! ( 64 )

            Qu'avait-il bien pu faire de sa vie ? Combien de temps lui faudrait-il attendre , encore , soupira-t-il , contemplant , du haut d'une terrasse , l'éclat du couchant frappant le regard perdu d'un cygne noir attiré soudain par une ombre s'agitant dans la vaste étendue des eaux sombres de la mer ?

            Lui , que ferait-il , sinon s'abandonner à son triste sort , comme l'astre solaire au crépuscule ?

Combien de temps vais-je T'appeler , Seigneur , sans que tu m'entendes ? ( 65 )

- 'est-ce pas qu'on se croirait , chez nous , dans le jardin du paradis ? , lui avait pourtant confié , en guise de réponse , l'higoumène , lui montrant d'un geste le " Menaion " ainsi que les oeuvres de Basile et de Chrysostome , reliées de cuir incarnat , dans la somptueuse bibliothèque en orme massif de la Grande Laure ! N'est ce pas un havre , avait-il rajouté tantôt d'un triste sourire , pour tous ceux qui cherchent à aimer leur frère ? ( 66 )  

            La cause des anciens ? Pour ce qui le concernait , ce n'était , après tout , qu'une réponse tardive à la traîtrise de bien des crimes venant du camp adverse au fil de siècles d'abandon , bûcher fatal ayant voulu faire périr en chacun d'eux cet être angélique et si beau qu'il devait être à

l'origine , pourtant , si l'on n'avait pas voulu tuer en chacun , la conscience , beau nom de clarté , jadis comme aujourd'hui , avant de reconnaître que , grâce à elle , " une âme en fait une autre , un corps nourrit en lui un autre corps de sa

substance ... " ( 67 )

            Etait-ce alors , pour lui , l'ultime

demeure ? Car le monde retenait son souffle , et le matin même où la guerre venait d'être déclarée , tandis qu'on s'attendait au pire , un moine s'était agenouillé face à l'immensité  , miroitement d'innombrables vagues scintillant comme des âmes ressuscitées . Triompheraient-elles de leur prison terrestre , ou bien retomberaient-elles dans les châtiments de l'enfer ? , se demanda-t-il , priant le Seigneur , croyant les voir mourir , puis renaître sans cesse , flux et reflux bercés d'allégresse et de

paix , depuis les rives de l'au-delà , lorsque dans le lointain , précisa-t-il , " comme une eau très claire qui court sur du cristal et réverbère en elle le soleil " ,  glissait lentement jusqu'à la surface de la mer un gigantesque vaisseau spatial !

( 68 ) 

            Ceux qui ne le prirent pas pour un fou possédé par le démon pensèrent à un signe illustrant ce verset de l'Apocalypse où il est écrit que " le Temple qui est dans le ciel s'ouvrit , que l'Arche d'Alliance y apparut " . ( 69 )

            Ce jour-là , comme dans l'oeil d'un terrible cyclone nucléaire venu de Sibérie , la nature , depuis les rives de l'Actée où il avait décidé de se balader seul avant de regagner sa cellule , témoignait encore d'un calme olympien . ( 70 )

            Pourtant , le promeneur aurait bien voulu se prendre , lui aussi , pour le Titan Prométhée , qui , selon la légende , avait dérobé le feu céleste , mais cette fois-ci , dans l'intention de le rendre aux Dieux de l'ancienne Grèce , bien plus

sages , d'après lui , que leurs créatures

prédatrices !

            L'homme aurait-il encore l'audace , de nos jours , de se croire l'égal de Jupiter ?

          " Quel curieux voyage , quelle étrange aventure vous conduit ainsi , en l'espace d'une seconde , à la souffrance , à la mort ? , réfléchit-il avec une si grande mélancolie , tenaillé par cette peur incontrôlable se profilant dans les limbes d'un couchant précurseur de l'avenir , tâché de funestes lueurs sanglantes , tout éclaboussé de

pourpre , espérant y découvrir encore la trace d'une étoile d'amour et de foi , celle du Berger peut-être ? 

          Mais cette nuit-là ,  Zeus avait déjà fait tomber sa propre foudre , embrasant l'azur de son ire et du feu de sa justice , des rayons incendiaires déchirant le voile noir du firmament , qui réveillèrent soudain l'âme du dormeur , tandis qu'une pluie diluvienne finit par s'abattre sur la sainte montagne désolée aux vingt monastères , chacun devant , comme lui , se sentir soulagé que le ciel finisse par ouvrir ses vannes providentielles plutôt qu'une chaleur écrasante et fatale !  

            S'étant ainsi levé à l'horizon , le vent de la colère divine avait fait rouler ses coups de tonnerre dans les ténèbres parmi le flot tumultueux des nuages , le tirant complètement de sa torpeur , car il sortait d'un rêve où il avait revu , à l'abri d'une fontaine salutaire couronnée d'églantines et de cytises , qu'un unique pin protégeait de son parasol immense , des images d'un passé révolu , écoutant mourir en son coeur une plainte éternelle à travers le méandre des îles ,  cette chanson désespérée de Mahler , comme un bijou rutilant dans son écrin nocturne : " Ich Bin der Welt Abhanden

Gekommen ... " , songeant encore , sans doute , au bruit de l'eau , à la voix de Clara Stern , toujours fasciné, depuis cette époque , malgré son

amnésie , par le mystère de ce double qui le hanterait à jamais ... ( 71 )

           Puis , il se rendit compte , un peu plus

tard , qu'il avait dû , dans ses souvenirs , confondre le visage de cette femme avec un aveuglant rayon de lumière jailli soudain parmi les nuées grises du naufrage des Dieux , celle-ci  paraissant prendre , maintenant pitié de lui . A moins que pour le châtier , elle n'ait souhaité par plaisir lui faire ce grand trou de désespoir dans la poitrine et se demander s'il n'y avait , pour sa part , que ce seul moyen de le guérir ?

           Car " On ne se baigne jamais deux fois dans le même fleuve , affirmait jadis Héraclite , tout s'écoule et rien ne reste ... " 

           Mais doit-on revenir en Thrace ou en Colchide , au pays des Îles Fortunées , lui répondait-il en sanglotant , pour voir s'y échouer sans cesse l'illusion de toute une vie misérable ?

( 72 )

 

 

53 - " Accablé de chaleur , mon corps ploie sur le chemin brûlant , je cherche l'ombre du Sauveur , même si elle ne fait que passer ... " ( 73 )

... Je n'en veux à personne . J'ai eu mes cartes en main . Je pense à toutes les choses irréalisées , aux enfants mort-nés , aux anges , aux amours seulement imaginaires , aux rêves écrasés par l'aube , et je pense aux choses mortes pour toujours , aux génocides , aux arbres abattus , aux baleines exterminées et à toutes les races éteintes ... ( 74 )

" Nouvel Espoir ? " , s'interrogea-t-il une dernière fois , relisant la page ultime de son roman .         

 

 

FIN

 

 

                               ___

 

 

DAN AR WERNLE JASPE DU CERCLE D'OR - Epilogue - XXVIII - Frère Anton - Pep gwir miret strizh - Tous droits réservés - All rights reserved - " LE JASPE DU CERCLE D'OR " , copyright 2024 .

                               ___

 

 

Notes :

 

 

64 - Les Vagues ( The Waves , 1931 ) roman de Virginia Woolf ( 1882 - 1941 )

 

65 - Livre d'Habacuc , I , 1 .

 

66 - Récits d'un Pèlerin Russe ( Anonyme , 1865 ) .

Ménaion : ouvrage liturgique des églises d'orient pour les célébrations fixes du calendrier .

Saint Jean Chrysostome ( vers 347 - 407 ) , patriarche de Constantinople .

Saint Basile le Grand ( vers 330 - 379 ) , évêque de Césarée de Cappadoce ( Turquie actuelle ) , auteur d'une règle monastique .

Monastère de la Grande Laure : dédié à saint Athanase l'Athonite , son fondateur , est le plus ancien et le plus important , véritable vaisseau amiral des vingt monastères de l'Athos !

 

67 - " Le Soulier de Satin " ( 1929 ) , pièce de Paul Claudel ( 1868 - 1955 ) - Troisième Journée , Scène I .

 

68 - Thérèse d'Avila - " Oeuvres  " .

 

69 Apocalypse - 11 , 19 .

 

70 - Actée ( Déesse du rivage , néréide ) , nom de la péninsule formant l'extrémité méridionale du Mont Athos .

 

71 - Adaptation du poème de Friedrich Rückert dans son recueil " Liebesfrühling "

( Printemps d'Amour1821 ) :

Ich bin der Welt abhanden gekommen ,

Mit der ich sonst viele Zeit verdorben .

Sie hat so lange von mir nichts vernommen ,

Sie mag wohl glauben , ich sei gestorben  

" Rückert-Lieder " ( 1901 / 1902 , chant III ) musique de Gustav Mahler ( 1860 - 1911 ) .

" Ich bin der Welt Abhanden Gekommen ... " ( J'ai Disparu du Monde ) , poème de Friedrich Rückert ( 1788 - 1866 ) , musique de Gustav Mahler ( 1860 - 1911 )  - " Rückert - Lieder " ( 1901 / 1902 ) .

 

72 - Héraclite d'Ephèse ( 576 - 480 avant J.C ) , philosophe grec ( " Fragments Choisis " , in " Les Penseurs Grecs avant Socrate " , trad. J.

Voilquin , Garnier-Flammarion , 1941 ) .

   - Îles Fortunées , refuge des âmes vertueuses dans la mythologie grecque .

 

73 - Jon , 4 , 10 .

 

74 - " Le Dernier Eté en Ville " ( L'Ultima Statte in Citta , 1973 ) , roman de Gianfranco Calligarich ( 1939 - 2024 ) , journaliste , écrivain , scénariste italien - Tous droits réservés .

 

 

 

" Du , Doppelgänger ,

    Du , bleicher Geselle ,

    Was äffst du nach mein Liebesleid ? "

 

" Der Doppelgänger / Le Double "

 Poème de Heinrich Heine ( 1787 - 1856 ) ,

 Musique de Franz Schubert ( 1797 - 1828 )

( SchwanengesangLe Chant du Cygne , Posth. 1829 ) .

 

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LE JASPE DU CERCLE D'OR - Quatrième Partie - Les Mystères de l'Athos - XXVII - Le Message des Profondeurs .

7 Décembre 2024 , Rédigé par Dan Ar Wern Publié dans #LE JASPE DU CERCLE D'OR

LE JASPE DU CERCLE D'OR - Quatrième Partie - Les Mystères de l'Athos - XXVII - Le Message des Profondeurs .

 

 

 

 

 

LE JASPE DU CERCLE D'OR

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

pour Jean Racine 

   et James Joyce

 

 

 

 

       

 

- Quatrième Partie -

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les Mystères de l'Athos

 

 

 

 

 

 

 

 

XXVII - Le Message des Profondeurs

 

 

 

 

 

Mais toute chose arrivera s'il donne le mot   Mes frères , les amants se relèveront ,   Les montagnes toucheront la terre  ... "

 

Graeme Allwright - " L'Homme de l'An Passé " *

   

 

            

 

 

   49 - Les vestiges d'hier ne sont-ils pas promesses d'aujourd'hui ? , lui suggéra télépathiquement l'être  à la peau iridescente , aux yeux luminescents , qui se trouvait en face de lui . N'ayant à la place du nez qu'une ride en saillie avec deux trous tels ceux d'une épingle , il semblait le dévisager de ses yeux noirs globuleux masqués par des fentes plus mystérieuses que les profondeurs abyssales de la fosse marine ! 

- C'est une vieille légende ! , lui conta encore celui-ci pendant que son visiteur cherchait à lire à travers le métal mouillé de ses yeux gris la réalité sur les origines de ce peuple dont l'étranger lui déclarait qu'il avait autrefois vécu sur la Terre .

- Ici , jadis , expliqua-t-il , se trouvait une créature immense née de la mer et couverte d'écailles dont la face et le buste sont encore et toujours taillés dans le roc ... 

         Il lui montra alors , gravé sur la paroi , le dessin d'un gigantesque péroné , celui , sans doute appartenant à l'étrange personnage coiffé d'un casque avec de longues cornes d'où partaient des sortes de tentacules pareilles à des fuseaux dessinés par des myriades de petits points , l'un de ces extra-terrestres qui se présentèrent comme des Atlantes célestes , révélant aux hommes une vérité stupéfiante : ils étaient les descendants d’un peuple terrestre ayant suivi un chemin évolutif parallèle à celui des humains , mais avec plusieurs millénaires d’avance . Leur civilisation , qui avait du quitter la Terre pour échapper à un

cataclysme , séjournait désormais , lorsque surgissaient parfois , depuis Xérox , leurs vaisseaux des étoiles pour de rares visites , sous les océans , dans des bases futuristes cachées au regard des hommes .

Le spationaute fit alors comprendre à Anton qu’il avait été " choisi " des années auparavant , qu'on lui avait greffé une pierre précieuse d’une puissance indicible dans la région du cerveau , un jaspe rouge vivant , capable de canaliser des énergies cosmiques . Cette gemme , jusque-là en sommeil , devait maintenant être activée pour accomplir un grand dessein : sauver l’humanité dans ses derniers instants précédant l’extinction !

Mais il y avait un prix à payer . Tout ceci ne pourrait fonctionner pleinement que s'il acceptait d'abandonner pour un temps son aspect physique actuel pour se métamorphoser en amphibien capable de survivre , comme cela s'était passé au terme d'une longue évolution pour eux , dans ces profondeurs marines . D'abord désorienté, mais curieusement apaisé par cette voix

si harmonieuse , l'homme finit par accepter .

 

50 - Allongé dans un état semi-comateux sur sa couchette , il se rappela ce jour où , pendant sa sieste , il avait cru être enlevé par un faisceau de lumière verte , avant d'être aspiré dans les airs . Victime d'un accident , c'était autour de lui que s'était noué le drame . Il avait pris quelques minutes pour émerger , qui étaient peut-être des heures , pensa-t-il , tandis que sa tête bourdonnait , que des bribes de souvenirs flottaient encore autour de lui , insaisissables . D'une voix rauque , Il avait grommelé :
" Ilse ... Martina , Odile Dürrenbach ? " , réalisant qu'il ne s'agissait peut-être que d'une seule et même personne , et qu'elle était venue dans un tout autre but que celui qu'il avait imaginé .

Puis , Il s'était réveillé dans un lit tout blanc , la lumière crue d'une lampe aveuglant ses yeux , tandis qu'un violent parfum d'éther et de mimosa , venu de l'extérieur , emplissait la pièce d'une odeur entêtante . Il avait bien tenté de se redresser , mais son corps ne répondait pas . Le visage empreint d'une douceur maternelle , une infirmière voilée s'était approchée de lui .
" Vous avez eu un léger malaise , monsieur . Vous êtes à l'hôpital musulman de la Corne d'Or , à Istanbul ... " ( 60 )

Ensuite , il s'était revu , grâce aux euphorisants , dans un château , à l'intérieur d'une espèce de salle souterraine qu'une galerie latérale éclairait d'une source lumineuse invisible , et dont la  porte était surmontée d'une grille en fer où deux mots figuraient dans un triangle autour de laquelle s'enroulait un serpent rouge : " ARKA ANATH " !

      Ecrivain vendeur de chemises , mais aussi membre influent d’un gang de trafiquants pas comme les autres , celui de pêcheurs de diamants bretons qui opéraient dans les eaux glacées et tourmentées de l’Islande , leur activité clandestine s'étant récemment concentrée sur la découverte d'un trésor unique au fond d'un lac , un jaspe rouge nommé " Cercle d'Or " , aussi beau qu’énigmatique , réputé pour avoir des propriétés incroyables !

Pourtant , ce qui lui arriva la nuit suivante , il ne l'avait pas vu venir . Son esprit l'avait transporté dans une rêverie aux contours flous , mais extraordinairement intense ! Car cette fibule miraculeuse permettait non seulement la " transmutation " des âmes , mais aussi celle des corps , comme le lui avait suggéré l'étrange capitaine Nemo . Elle n'était pas qu'une matière terrestre , elle semblait émettre une énergie subtile , capable d’attirer des visiteurs bien au-delà de notre galaxie , ces créatures déterminées à récupérer ce qu'elles pensaient leur appartenir , apparaissant comme de minces silhouettes argentées , dotées de tentacules luminescents !

Mais l’histoire avait pris une tournure encore plus improbable lorsqu’on lui avait fait croire que Martina Stern , dans la peau d'une étudiante férue de littérature musicale , était prête à tout pour mettre la main sur le fameux joyau ! En fait , d'après eux , c'était un robot de type humanoïde envoyé à Paris par les extra-terrestres eux-mêmes , dont la première tentative de récupération du bijou s'étant avérée infructueuse , avait pris la forme d' une entité élégante

et belle , dotée d’une intelligence calculatrice et d’une capacité troublante à manipuler les esprits humains , venant là pour lui implanter l'artefact ! ( 61 )

" Comme en un clair miroir d'eau , une étoile , tout au fond de mon coeur , brille et se dévoile ... " , murmura-t-il en soupirant .  ( 62 )

 

51 - Mais , ce qui avait frappé davantage le

visiteur , plus ils séjourna au coeur de cette nef marine résonnant de la symphonie tumultueuse des vagues juste au-dessus d'eux , c'était non seulement la présence , au cou de ses professeurs , d'un bijou en pierre de jaspe identique au sien , mais aussi , depuis qu'il avait franchi la frontière de ce royaume sous-marin , la danse magique des lumières se jouant au ciel de ce fabuleux palais de cristal aux mille éclats d'écume jaillissant parmi de fines dentelles de roche et ciselures de granit ,

" s' y décomposant et s'y recomposant à l'infini comme une toile changeante aux multiples chatoiements d'émeraude " , moirée d'aigue-marine et de jaspe ! 

C'est ainsi que , pendant neuf mois , le patient subirait une transformation lente et irréversible . Sa peau deviendrait écailleuse , ses poumons se muant en branchies , tandis que ses pensées s' imprégneraient d’une sagesse ancienne transmise par les Aliens . Rebaptisé " Frère Anton " , il allait ainsi recevoir une formation spirituelle intense , apprenant à manier la puissance de la pierre et à prêcher une nouvelle parole d’espoir .

       Un jour enfin , l'homme-poisson fut sanglé sur l'une des tables de verre . 

Tout de suite , il s'était senti décoller du sol à une vitesse vertigineuse ! Les parois , quant à elles , devenaient des cloisons de métal blanc , presque translucides formant une roue zodiacale , grande rosace ou couronne de lumière , un glaive en son centre unissant son image à celle de l'être aux longs doigts effilés dont les paroles pénétraient mentalement son cerveau ...

 Nous cherchons maintenant le Code ! suggéra-t-il avec , sur son masque d'effroi , beaucoup d'impatience . Car celui qui le saura sera le Roi du Royaume !

 

Regarde , là-bas , l'Île d'Athos ! Un jour , après la

" Grande Secousse " , elle redeviendra comme au temps béni où , pendant mille ans de bonheur , nous avions réussi à maintenir l'équilibre entre les forces d'AdonVa , " règne en maître sur toutes les choses de la montagne hormis les choses du temple et des sciences cachées ... " ( 63 )

Lorsqu’il fut enfin prêt , le frère Anton se vit émerger sur le mont Athos , lieu sacré et isolé . La Terre , en proie à une Apocalypse nucléaire , sombrait déjà dans le chaos . Les ET avaient vu venir cette fin , mais leur mission n’était pas d’intervenir directement . Leur rôle , à travers le moine , était de semer une graine d’espoir et de préparer les âmes survivantes à renaître pour construire une nouvelle humanité en harmonie avec la nature et l’univers . Du moins , c'est ce qu'ils prétendaient , par des techniques de transmission subliminale , au moyen d'implants dans le cerveau .

Drapé dans une tunique d’algues , portant dans ses yeux le reflet des abysses , le nouvel ermite se mettrait ainsi à prêcher . Sa parole , imprégnée de la sagesse atlante , toucherait les cœurs les plus endurcis .

- Lhumanité , telle quelle est , touche à sa fin ," leur dirait-il . Mais une ère nouvelle vous attend , si vous acceptez de vous transformer , comme je lai fait . Rejetez vos armes , vos haines , vos vanités . Embrassez locéan de linfini !

Et pendant cette pseudo fin des temps , tandis qu'à l'extérieur se déroulerait une guerre

horrible , les flammes d'une comète frappant la Terre , et celle-ci devant se consumer peu à peu d'une manière inexorable , Frère Anton devrait rappeler à ceux qui , avec lui , partiraient se réfugier sous la surface de l'eau , qu'il faudrait toujours écouter la voix des profondeurs , car même au bord du néant , disaient les maîtres de sa pensée , subsiste toujours une lueur d’espoir , une chance de renaissance !

Telle fut consignée l’histoire officielle d'Anton Gouvelioù , écrivain sans imagination devenu , par le miracle de formateurs zélés , prophète des océans , dont le message de sagesse allait éclairer bientôt le monde en
ruines !

 

 

 

( A Suivre )

 

 

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DAN AR WERN - LE JASPE DU CERCLE D'OR - Quatrième Partie - Les Mystères de l'Athos XXVII - Le Message des Profondeurs - Pep gwir miret strizh - Tous droits réservés - All rights reserved - " LE JASPE DU

CERCLE D'OR " , copyright 2024 .

                               ___

 

 

Notes :

 

 

60 - LE JASPE DU CERCLE D'ORTroisième Partie - L'Enquête - XVIII - Le Trésor de la Roche Flamboyante .  

 

61 - LE JASPE DU CERCLE D'OR - Troisième Partie - L'Enquête XII , La Passagère et XV , Guet-Apens .

 

 

62 - " L'Evangile Tel Qu'il M'A Eté Révélé " ( Il Poema Dell ' Uomo-Dio ) , 10 volumes ( 1943 - 1951 ) - La Préparation , chapitre 16 , de Maria Valtorta ( 1897 - 1961 ) , mystique italienne .

 

 

63 - Adon ( ou Adyan ) = ancien nom de la terre atlante : " La Demeure Enchantée " ( Cycle de L'Etoile II ) , V , 1 - L'Île Verte - Copyright 2016 Dan Ar Wern / Edilivre - Tous droits réservés .

    - Glenmor ( 1931 - 1996 ) : " La Septième Mort " ( Eil Rann , Le Deuxième Monde ) , 1979 .

 








 

 

* " Last Year's Man "  in " Songs of Love and Hate " album by Leonard Cohen , copyright 1971 Stranger Music Inc. and Columbia Records - All rights reserved -Traduit par Graeme Allwright sur son album " Graeme Allwright Chante Leonard Cohen " , copyright  1973 Graeme Allwright / Mercury Records - Tous droits réservés . 

      

 

 

 

 

 


 

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