ETATS D'ÂME - I - L'Etranger .
ETATS D'ÂME
Chapitre I - L’Etranger
" C'est alors que tout a vacillé . La mer a charrié un souffle épais et ardent , le ciel s'ouvrait sur toute son étendue pour laisser pleuvoir du feu ! "
Albert Camus - " L'Etranger " ( 1942 )
1 - François-Louis Blévin , Fanch Loeiz , comme , plus tard , lui-même fut connu de son pseudo d'artiste , à l'âge de dix-sept ans , vivait à Nice , dans cette lumière éclatante et crue d'une Méditerranée drapée de miroitements et de reflets fauves , qu'un mistral sauvage , parfois , friselait d'écume sur les façades blanchies par le soleil , où l’air lui-même portait une odeur mêlée de sel , de pins brûlés et de poussière d'azur chaude . L'été y débarquait en masses , par bandes , comme un vol de mouettes se posant soudain sur la promenade des Anglais , des cars de touristes venant y admirer la baie dans son décor éternel . Pourtant , lui y éprouvait souvent une étrange sensation d’exil , y marchant seul , regardant la mer immense dont la couleur changeait selon les heures du jour , mais où rien ne semblait vraiment lui appartenir . Les voix autour de lui , les accents du Midi , les gestes mêmes des gens lui demeuraient étrangers , comme s’il avait été placé là par erreur . Il souriait peu . Il observait beaucoup . Depuis quelque temps déjà , " cela " s’était réveillé en lui , surtout depuis les vacances d'août , peu de mois auparavant , quand ses parents l’avaient emmené en Bretagne . Ce voyage avait agi comme une révélation . Les landes battues par le vent , les chapelles perdues entre les ajoncs , les ports de pêche noyés dans la brume du soir , tout cela lui avait donné , certainement , l’impression troublante de retrouver un pays qu’il connaissait déjà sans y avoir réellement vécu . C'était dans les Monts d’Arrée , surtout , qu'il avait ressenti cette émotion singulière , devant ces pierres noires et ces tourbières silencieuses qu'il lui avait paru entendre comme une voix ancienne remonter en lui de la terre jusqu'au ciel immense ! Après son retour dans le Sud , cette sensation ne l’avait plus quitté .
Puis un soir , presque par hasard , il avait entendu à la radio la chanson d’un nouveau barde breton : Gwen Andon . Sa voix était habitée d’une mélancolie grave et lente .
François n'en comprenait pas les paroles , chantées en breton , mais quelque chose l'avait immédiatement séduit . Ce n’était plus une simple mélopée .
C’était un appel ! Dans sa petite chambre , tandis que la musique se déroulait comme une plainte venue du fond des siècles , des images lui revinrent aussitôt , celles de cormorans et de mouettes blanches perchés , face à la colère de l'océan , sur des falaises noires , du crachin sans fin sur les vitres d’une vieille auberge , d'un antique " pardon " dans une cité sans âge où , près de l'église , les silhouettes obscures d'un calvaire paraissaient , comme lui , hurler au crépuscule , ce soir-là où il avait soudain comprit pourquoi il souffrait tant de vivre loin de cette terre , sa propre souffrance !
Il commença dès lors à se considérer comme un exilé . Ce mot lui-même , qui lui paraissait faire écho aux sermons du prêtre pendant la messe , revenait pourtant sans cesse dans son esprit . Mais exilé de quoi ? D’un pays qu’il connaissait à peine ? D’une mémoire oubliée ? Il n’aurait su le dire , sentant au fond de lui se creuser de plus en plus une fracture secrète entre ce qu’il vivait et ce qu’il aurait dû vivre . C'est ainsi qu'après avoir , quelques semaines de réflexion plus tard , consulté une annonce , il entreprit de prendre , par correspondance , des cours de langue bretonne .
Lorsque les premières leçons lui parvinrent , l'élève éprouva une telle joie étrange en découvrant ces mots rugueux et musicaux à la fois , qu'il se plut à répéter à plaisir les sons à voix basse dans sa chambre pendant que , derrière ses fenêtres ouvertes , montaient les rumeurs de la Riviera , vespas et radios d'Italie , conversations d'une terrasse encore animée dans la douceur du soir .
Deux univers , désormais , coexistaient en lui : le premier , celui de la Méditerranée éclatante , des palmiers , des étés sans fin , de cette jeunesse niçoise à laquelle il ne parvenait pas à appartenir , et l’autre , fait de granit et de pluie , de silence et d'histoires légendaires qui , plus les semaines passaient , devenait réel à cet âge où l’âme hésite entre plusieurs voies , lui faisant ignorer qu'un jour viendrait où il éprouverait aussi la nostalgie de Nice et de la Riviera , car on ne quitte jamais sans blessure les paysages que l’on a traversé avec une intensité tellement douloureuse pendant l’adolescence .
Mais , peu à peu , l’étude du breton transforma profondément sa manière de voir le monde .
Au tout début , sans doute , il n’y eut qu’une curiosité confuse , presque sentimentale pour quelques mots appris le soir , aux sonorités mystérieuses , de même que ce plaisir d’écrire des phrases simples dans un idiome lui semblant venir d’un autre âge . Mais bientôt , quelque chose de plus grave apparut , chaque mot nouveau lui donnant l’impression de rejoindre une partie oubliée de lui-même , lui faisant découvrir qu’une langue ne sert pas seulement à parler , mais qu'elle façonne une manière d’habiter le réel , certains termes intraduisibles pouvant évoquer soit mille nuances de vent , de lumière ou de tristesse qu’il avait toujours profondément ressenties sans pouvoir jamais leur donner un nom véritable , soit , peut-être , lui faire comprendre que son malaise ne venait pas uniquement de l’adolescence , car , à Nice , il vivait ailleurs , comme derrière une vitre invisible , percevant , autour de lui , de vagues bribes de conversations presque irréelles , parfois lointaines , parlant de la " Baie des Anges " , magnifique , éclatante sous le soleil de la Riviera , mais qui avait cessé pourtant d’être la sienne lorsqu'il avait découvert la langue bretonne et qu’il avait pris conscience de ce qu’il était devenu : un étranger !
2 - Le mot lui revint un soir en refermant un exemplaire du livre de Camus , non pas au sens ordinaire , mais comme ce protagoniste séparé de son entourage par une distance que les autres ne peuvent jamais concevoir , Meursault , qui avançait avec une douloureuse impression de décalage permanent parmi les êtres . ( 1 )
Pourtant , chez lui , l'étrangeté ne naissait ni de l’indifférence ni de l’absurde , venant au contraire d’un indéfinissable attachement à une absente , obscure fidélité à celle , trop tardivement retrouvée , dont , sans qu'il comprenne pourquoi , on l'avait ici tenu cruellement éloigné ! Paradoxalement , cette découverte douloureuse lui apporta aussi une forme de paix . Car pour la première fois de sa vie , il pouvait enfin comprendre ce qu’il avait ressenti pendant son jeune âge , se demandant pourquoi , à cette époque , il s'était mis à inventer une langue à lui , très gutturale , avec des déclinaisons , pourquoi il était , maintenant , plus attiré par les langues du nord que par les latines , pourquoi il rêvait , après l'apprentissage du breton , de parler couramment le gaélique , cette révélation l’amenant à s’interroger également sur les mystères de son enfance et sur ces souvenirs très anciens que l'on remonte un jour à la surface comme des objets longtemps engloutis dans une eau sombre . Alors que ses camarades rêvaient de Rome et de Venise , de l’Espagne ou des plages italiennes , lui imaginait des côtes battues par la tempête , des falaises perdues dans la brume , des pubs obscurs dans lesquels résonnaient des chants d'outre-tombe .
À quinze ans déjà , il s’était vaillament plongé dans les " Mémoires " de Chateaubriand , qui avaient agi sur lui comme une révélation . Dans les descriptions de Combourg , des landes et des soirées bretonnes , le jeune homme retrouvait cette tristesse diffuse qu’il portait en lui sans parvenir à bien la définir . Il lui semblait parfois que l’auteur parlait directement à cette part secrète de son âme qui se sentait née ailleurs . C’était précisément vers cette Bretagne-là , plus romantique , à l’ouest de Saint-Brieuc , peut-être , et vers Saint-Malo , entre l’héritage introspectif , aristocratique et littéraire de la Haute Bretagne , et celui plus archaïque et charnel issu de la branche maternelle , que son âme semblait vouloir revenir , là où une partie de sa famille avait vécu , entre Binic-sur-Mer , Saint-Cast-le-Guildo et Matignon . ( 2 )
Les soirs d’insomnie , il restait longtemps devant sa fenêtre ouverte , regardant les lumières de la Riviera trembler au loin dans la douceur nocturne .
Au milieu de cette ville lumineuse , il éprouvait une solitude immense . Non pas la solitude ordinaire de l’adolescence , mais quelque chose de plus grave : la sensation d’être arraché à sa véritable place !
- Faut-il souffrir de ce que l’on aime le plus ? , pensait-il alors , torturé par cette contradiction fondamentale qui , entre le désir profond d’une âme et l'impitoyable réalité concrète du monde , bouleversait sa vie !
( A Suivre )
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Notes :
1 - " L'Etranger " ( 1942 ) , roman d'Albert Camus ( 1913 - 1960 ) .
2 - " Les Mémoires d'Outre-Tombe " ( 1809 -1841 ) de François-René de Chateaubriand ( 1768 - 1848 ) .
LE DOMAINE INTERDIT - III - Table des Matières .
LE DOMAINE INTERDIT
- III -
Table des Matières
I - LE GARDIEN DU MARAIS
1 - Préface / Dédicace : Le Fond du Calice
2 - Prologue : I - Une Âme de Grande Solitude
3 - II - Le Retour - III - Visite - IV - La Dame Blanche - V - Ondine - VI - Base 22 - VII - Le Fou sur la Colline - VIII - Zombie - IX - Invasion - X - Le Retour de Claire .
4 - Epilogue : XI - Le Signe de l'Archange
II - LUCILE
1 - Combourg - 2 - Noël à Bellwald - 3 - Le Domaine Interdit . 4 - Postface : Les Sept Douleurs .
III -TABLE DES MATIERES
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LE DOMAINE INTERDIT - Teaser / Bio - Le Prophète .
LE DOMAINE INTERDIT
Teaser / Bio
Le Prophète
LE GARDIEN DU MARAIS : Ayant quitté Paris , ville de grande solitude , où très affecté par la mort de sa fiancé bretonne , il était parti fuir le passé mais aussi faire des études de médecine , Cheun Le Guern , sans avoir obtenu son diplôme , est revenu s'installer dans la maison familiale de Saint-Rivoal , au pied du mont Saint Michel de Brasparts . Là , vite rattrapé par son passé , il voit remonter à la surface , en même temps que l'horrible tragédie ayant envoyé à la mort sa fiancé d'autrefois , Maela Kermeur , la voiture tombée à la lisière du lac de Brennilis , dans les marais d’eaux noires du " Yeun Elez " où , disaient les anciens , les âmes perdues descendent dans l’autre monde , le domaine interdit . Depuis , Cheun , qu'on appelle , par dérision , le " prophète " , car il a prétendu recevoir des messages de Maela , n'arrive jamais à s'en souvenir ...
LUCILE : Alors , faut-il suivre sur sa montagne la mystérieuse étudiante suisse qui , membre saisonnier de votre équipage , a tenté de soigner la blessure qui déchirait votre coeur ? Peut-être a-t-elle simplement voulu vous montrer le chemin ? Le jour de Noël , sans rien dire à personne , elle disparaît . Sa trace est retrouvée du côté de l'Espagne . On l'a vue dans un couvent . Mais peut-être a-t-elle rejoint le " Pays des Ombres " ?
DAN AR WERN , écrivain breton , vécut sa prime enfance au coeur de la forêt de Brocéliande avant de voyager à travers le monde , se passionnant pour la littérature , la culture celte , la musique , l'ésotérisme et la spiritualité ...
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LUCILE - Postface - Les Sept Douleurs .
LUCILE
Postface
Les Sept Douleurs
" Lucile " , ou " Le Domaine Interdit " ( 2è partie ) , se construit comme une nouvelle à forte densité symbolique , fondée sur un jeu d’analogies intertextuelles entre trois figures spirituelles et littéraires : Lucile de Chateaubriand , Thérèse d’Avila et Lucile , ma jeune suissesse . L’intrigue , volontairement resserrée sur une seule soirée , la nuit de Noël , fonctionne moins comme un récit d’action que comme un moment de révélation privilégié , au sens presque mystique du terme .
1 - Combourg : du lieu historique au symbole intérieur
Le château de Combourg, omniprésent dans les " Mémoires d’Outre-Tombe " , est ici explicitement désancré de toute réalité géographique . Le texte insiste sur le fait que Lucile , une Suissesse , n’y est jamais allée :
Combourg devient un lieu lu , intériorisé , symbolique . Cette transposition reprend le geste même de Chateaubriand , pour qui Combourg est moins un espace concret qu’un originel foyer de mélancolie , associé à l’enfance , à la solitude , à l'introversion.
La sœur de Chateaubriand , Lucile , apparaît dans les " Mémoires " comme une figure de l’excès dans le repli sur soi : trop sensible , trop grave , portée à l’isolement . L’image du donjon comme de son escalier très étroit sert déjà chez l'auteur à figurer une ascension spirituelle négative , un retrait du monde plutôt qu’une élévation sociale .
Ma nouvelle prolonge cette symbolique : Lucile , notre Suissesse , reconnaît dans cette figure une sœur d’âme , et substitue au donjon breton le cloître espagnol .
2 - Les Sept Douleurs comme Chemin Narratif
La structure profonde du récit repose sur une lecture symbolique des sept personnages comme autant de stations ou douleurs , dans le sens spirituel plutôt que
moral .
Ces douleurs ne sont ni fautes ni châtiments , mais constituent , pour parcourir son chemin vers l'intérieur , des épreuves nécessaires , chaque personnage n’existant pleinement que par la fonction qu’il assume dans le parcours de Paol :
Si Lucile incarne , pour lui , l’appel absolu , qui exclut toute médiation humaine ,
Claire symbolise la compréhension sans appropriation , pendant qu' Heidi révèle une vérité non formulable par ses gestes et regards .
Suzanne et Joseph figurent la loi , l’origine et la rupture .
Élise Montandon est celle qui , tel un passeur , accompagne jusqu’au seuil .
Paol est , lui-même , la douleur de l’attente et du malentendu .
Thérèse d’Avila , enfin , représente la figure tutélaire qui donne sens à l’ensemble .
Ainsi , la nouvelle transpose la dévotion des " Sept Douleurs " dans un cadre laïcisé , intime , où la souffrance devient principe de connaissance .
3 - Le Château Intérieur : des Douleurs aux Demeures
La référence au " Château intérieur " de Thérèse D’Avila permet de dépasser la simple mélancolie romantique pour inscrire le récit dans une dynamique mystique . Chez Thérèse , les " Demeures " sont des états successifs de l’âme , accessibles seulement par des épreuves croissantes . La nouvelle suggère que Lucile a accepté ce chemin , tandis que Paol demeure , lui , à l’extérieur du château - non par échec moral , mais par différence de vocation .
Le " Domaine Interdit " n’est donc pas un espace défendu , mais un espace non destiné , une frontière intérieure que le personnage reconnaît sans la transgresser . Le renoncement final n’est pas une défaite , mais une prise de conscience .
4 - Une Poétique de la Suggestion
Enfin , le texte s’inscrit résolument dans une poétique du non-dit . Les relations affectives ne sont jamais nommées , mais perçues à travers des gestes , des regards , des silences . Cette retenue stylistique fait écho à la spiritualité évoquée : ce qui compte ne peut être affirmé , seulement approché .
La nouvelle propose ainsi une méditation sur la limite - limite de l’amour , de la compréhension , de la présence - et sur la nécessité , parfois , de reconnaître que certaines ascensions ne se font pas à deux .
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DAN AR WERN - LUCILE - Postface - Les Sept Douleurs - Pep gwir miret strizh - Tous droits réservés - All rights reserved . " LUCILE " , copyright 2026 .
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Le Piège - Epilogue - XIV - L'Abîme .
Le Piège
Epilogue
XIV - L'Abîme
" Et lorsque tu regardes longtemps dans un abîme ,
l’abîme regarde aussi en toi "Friedrich Nietzsche - " Par Delà le Bien et le Mal / Prélude d'une Philosophie de L'Avenir "
( Jenseits von Gut und Böse - Vorspiel einer Philosophie der Zukunft , 1886 )
35 - Le monde ne sut jamais réellement ce qui s’était produit à Belle Harbor . Pendant plusieurs semaines , les médias diffusèrent en continu les mêmes images confuses d'hélicoptères militaires tournoyant au-dessus des plages de Rockaway , de barrages de police , d'ambulances qui déboulaient avec leurs sirènes stridentes dans les rues de la petite ville sous escorte de silhouettes en combinaison NBC disparaissant dans des nuages de fumée blanche ! ( 37 )
Les autorités parlèrent d’abord d’un accident industriel , puis d’une fuite chimique liée à une ancienne installation militaire . Enfin , certains experts commencèrent à évoquer un virus expérimental ou une mutation provoquée par une pollution inconnue . Sur les réseaux , les rumeurs de complot proliféraient , des témoins parlant d’hommes devenus anormalement puissants , tandis que d’autres prétendaient avoir vu des soldats désintégrés par une lumière bleutée . Quelques vidéos montrant des silhouettes aux mouvements inhumains furent même rapidement supprimées .
Très vite , pourtant , l’affaire disparut sous le flot des nouvelles mondiales . Belle Harbor devint un simple dossier classifié . Un évènement sans explication officielle .
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