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Articles récents

Une Etoile Qui Tombe - Teaser / Bio .

24 Janvier 2026 , Rédigé par Dan Ar Wern Publié dans #Une Etoile Qui Tombe

Une Etoile Qui Tombe - Teaser / Bio .

 

 

UNE ETOILE QUI TOMBE

 

 

 

 

 

Teaser / Bio

 

 

 

 

 

 

 

L'Opale blanche est une pierre qui laisse à l'homme la liberté de choisir la route qu'il veut suivre . En l'associant , cependant , à la lourdeur tragique de la Pierre Noire , il va connaître sa perte ! Eliza était tombée . Sans doute avait-elle choisi cette chute comme libération , rompant la chaîne fatale de sa destinée ? Alors , comment cette traversée sensorielle hors du commun vers la lumière lui avait-elle évoqué une mélodie si enveloppante qu'elle l'avait conduite , par une irrésistible attraction , vers ce lieu béni , chambre cosmique aux couleurs irréelles , gouffres de conscience océane ? Elle se revit sur la falaise : elle n’était pas seule . Un Ange était là , près d'elle , silhouette floue qui la regardait , lui disant simplement : " C'est à toi de choisir . " Mais ce fut par elle que le voile s'ouvrit pendant que cet être de lumière lui apparut sur la paroi entre couleur et chant , forme vibratoire musicale , translucide , l'accueillant par une  pensée d'amour !

 

 

 

DAN AR WERN , écrivain breton , vécut sa prime enfance au coeur de la forêt de Brocéliande avant de voyager à travers le monde , se passionnant pour la littérature , la culture celte , la musique , l'ésotérisme et la spiritualité ...

 

 

 

 

 

 

DAN AR WERN - UNE ETOILE QUI TOMBE Teaser ( 4ème Couv.) - Bio - Pep gwir miret strizh - Tous droits réservés - All rights reserved . " UNE ETOILE QUI TOMBE  " , copyright 2025 .

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Une Etoile Qui Tombe - VIII - Table des Matières .

23 Janvier 2026 , Rédigé par Dan Ar Wern Publié dans #Une Etoile Qui Tombe

Pointe de Pen-Hir

Pointe de Pen-Hir

 

 

UNE ETOILE QUI TOMBE

 

 

 

 

Table des Matières

 

 

I -  Préface / Dédicace ( Châteaux de Sable ) 

II - Prologue Le Romancier ) : - Message 2 - Bouteille à la Mer - 3 - Anna .

III Première Partie ( L'Anneau Mystérieux ) : - L'Appel 2 - Une Pierre Enigmatique - 3 - Dernière Visite - 4 - On Frappe à la Porte - Le Rêve d'Anna 6 - Goulven Kerneis - 7 - Complot . 

IV Seconde Partie ( Le Cercle des Gardiens : 8 - Les Kerjean de Nantes - 9 - La Pierre Noire- 10 - La Danseuse de Verre - 11 - Le " Night Swan " - 12 - Le Dossier " Kerbonn " - 13 - Les Enfants de la Grotte - 14 - Les Compagnons d'Hyacinthe - 15 - Révélations d'Izold - 16 - Suspects .

V - Epilogue : 17 - Le Chant des Sirènes .

VI - Postface : 18 - Le Sphynx de Pen-Hat .

VII - Personnages

VIII - Table des Matières 

 

DAN AR WERNUNE ETOILE QUI TOMBE - VIII Table des Matières - Pep gwir miret strizh / All rights reserved / Tous droits réservés . " UNE ETOILE QUI TOMBE " , Copyright 2025 .

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Une Etoile Qui Tombe - Personnages .

22 Janvier 2026 , Rédigé par Dan Ar Wern Publié dans #Une Etoile Qui Tombe

L'Ange de l'Abîme

L'Ange de l'Abîme

Une Etoile Qui Tombe
 

 

 

 

 

 

 

 

 

Personnages

 

 

 

 

1 - Eliza Le Bihan / Kerjean , danseuse étoile qui tombe d'une falaise à Camaret .

2 - Sa fille , Anna Kerjean , bijoutière à Nantes .

3 - Yann Kerjean , père d'Anna , ex-mari d'Eliza .

4 - Jil Kern , romancier dont le pseudonyme cache sans doute une autre identité .

5 - Malo Guegan , capitaine de gendarmerie à Crozon ( Malo Kerneis ? )

6 - Laura Tregidi , lieutenante détachée de la brigade quimpéroise .

7 - Noella Le Bihan , mère d'Eliza et grand-mère d'Anna , elle-même danseuse dans des groupes folkloriques .

8 - Job Le Bihan , frère d'Eliza .

9 - Yuna Riou , fille d'Izold Kerneis , chamane et medium elle aussi , voisine et confidente d'Eliza .

 

Les Cinq enfants de la grotte : outre Eliza ,

 

10 - Izold Jaouen Kerneis , médium un peu sorcière , amie d'Eliza .

11 - Goulven Kerneis , futur mari d'Izold .

12 - Erwan Morgat , futur militaire en Afrique (  force " barkhane " au Mali )

13 - Koulman Gerlink , futur commandant de bord .

 

La Dynastie des Kerjean

 

14 - Hyacinthe Kerjean , l'armateur du " Saint-Ronan " , navire marchand coulé en 1767 dans la grotte .

15 - Mathurin Kerjean , navigateur au long cours , découvreur d'une opale mystérieuse dans une île lointaine du Pacifique .

16 - Jakez Kerjean , trafiquants d'objets antiques dans les années 1960 .

                                                     

                                                      ___

 

17 - Tim Delaney ( Del ) O'Connor , ancien banquier , trafiquant d'objets d'art , tenancier d'un dancing-bar à Boston , chef du " Cercle des Gardiens " .

18 - Ronan Toussaint , sergent d'origine haïtienne , adjoint de Laura Tregidi .

19 - Yves Barazen , ancien adjudant-chef à la retraite qui s'était occupé de " l'affaire de la grotte de Morgat " en 1967 . 

                                                      ___ 

 

20 - Camille , amie d'Elise au cabaret de Boston .

21 - Madame Clark , chorégraphe du dancing .

22 - Tom , le videur du " Night-Swan " .

23 - Curé Jaouen , frère d'Izold .

24 - Colonel Huet , supérieur de Laura Tregidi , à Quimper .

25 - Nema , l'amie malienne d'Erwan , qui lui parle des secrets du pays Dogon .

 

 

 

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DAN AR WERN - Une Etoile Qui Tombe - Personnages - Pep gwir miret strizh - Tous droits réservés - All rights reserved . " Une Etoile Qui Tombe " , copyright 2025 . 
                                           
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Une Etoile Qui Tombe - Prologue - Le Romancier - III - Anna .

14 Janvier 2026 , Rédigé par Dan Ar Wern Publié dans #Une Etoile Qui Tombe

Sophie Anderson ( 1823 - 1903 ) , Portrait d'une Jeune Fille .

Sophie Anderson ( 1823 - 1903 ) , Portrait d'une Jeune Fille .

 

Une Etoile Qui Tombe
 

 

 

 

 

 

 

 

 

Prologue

 

 

 

 

 

 

Le Romancier

 

 

 

 

 

III - Anna

 

 

 

 " Comme l'âme qui cherche éternellement une tombe

  Vers sa propre et particulière culpabilité ... " 

 

 

William Styron ( 1925 - 2006 ) - " Lie Down In Darkness "

( Un Lit de Ténèbres , 1951 ) , II . 

   

 

 

 

 

 

 

 

 

 

6 - Jil avait passé la nuit sans dormir , hanté par cette révélation tardive d'un enfant , d'une vie entière qu’il n’avait ni reconnue ni même soupçonnée . À l’aube , une certitude s’imposait à lui : il ne pouvait se résoudre au silence . Il devait savoir pourquoi cette lettre , désormais repliée dans la poche intérieure de sa veste , et pesant contre sa poitrine comme une faute ancienne revenue demander des comptes , lui était parvenue .

S'agissait-il , d'ailleurs , de la même personne ? Il entreprit des démarches prudentes , presque honteuses , cherchant à vérifier s’il y avait eu , récemment , quelque drame dans les environs du lieu où elle avait vécu autrefois . Les réponses furent d’abord vagues , bien sûr , embarrassées . Par ici , on parlait peu , on détournait les regards . La Bretagne , il le savait , garde ses secrets comme la mer garde ses noyés .

Finalement , il décida de se rendre à la gendarmerie la plus proche . Le bâtiment , très austère cependant , semblait indifférent à son trouble . Il s'expliqua maladroitement sur les raisons de sa venue , évoquant d'abord les circonstances de la découverte de la lettre , qui était , pour lui , liée à une inquiétude ancienne , à un nom qu’il n’osait pas d’emblée prononcer . Les gendarmes échangèrent alors un regard rapide , presque imperceptible .

On lui apprit qu’il y avait bien eu , la veille , une chute jugée suspecte , que le corps venait juste d'être retrouvé , et que les circonstances du drame laissaient peu de place au hasard .

La personne disparue , qui résidait dans un lieu différent de celui de son souvenir , vivait avec une enfant décrite comme douce , effacée , sans histoire - une fille , lui précisa-t-on , qui ne correspondait peut-être en rien à la personne évoquée dans la bouteille .

À mesure que les questions se précisaient , le visiteur sentit le sol se dérober sous ses pieds .

La mise au jour du billet , sa présence récente dans la région , son lien ancien avec la victime , tout concourait à dessiner autour de lui une silhouette inquiétante . Qui était vraiment celui dont on avait quelque doute sur la véritable identité ?

L’écrivain en panne devenait , malgré lui , un possible protagoniste du drame !

Le ton changea peu à peu . On lui demanda de s’asseoir . On prit note de ses déplacements , de ses horaires , de ses relations passées . Lorsqu’on lui signifia qu’il pouvait être placé en garde à vue , il ne protesta même pas . Car il éprouvait une étrange lassitude , comme si cette mise à l’écart répondait à une logique implacable : il était entré trop tard dans une histoire qui ne lui appartenait plus , mais dont il devait désormais assumer toute la charge .

Derrière la vitre opaque de la salle d’interrogatoire , le jour déclinait lentement . L'écrivain pensa alors que , pour la première fois , ce n’était plus lui qui cherchait une histoire à écrire : c’était la réalité qui l’avait saisi , implacable , et qui exigeait maintenant de lui autre chose qu’un simple récit - peut-être une vérité oubliée , une expiation !

 
7 - La pauvre Anna se morfondait depuis près d’une heure dans la salle d’attente de la gendarmerie . La pièce , impersonnelle , sentait le café froid mêlé à une odeur de paperasse et d’humidité venant des manteaux d'uniforme . Elle avait cessé de pleurer . Le deuil s’était figé en elle , désormais , comme une masse compacte , douloureuse mais contenue . Elle ne venait pas pour accuser , ni même pour comprendre .
Elle venait parce qu’il fallait être là , parce que les formalités administratives l'exigeant , cela suffirait , sans doute , à masquer l'horreur d'un tel suicide , aussi terrible qu'inattendu ! C’est alors qu’elle  remarqua l’homme au regard perdu , aux mains nerveuses , qui était assis , légèrement penché en avant , pas très loin d’elle . Quelque chose , en lui , la troubla tout de suite , comme une ressemblance diffuse , et pourtant difficile si à caractériser : cette façon de plisser les yeux , la ligne du front , peut-être , sans parler de cette fatigue lourde qu’elle reconnaissait parfois dans son propre reflet .
Détournant le regard , gênée par cette intuition sans fondement , la jeune fille tressaillit , sans savoir pourquoi , lorsqu’un gendarme appela le prévenu par son nom — Jil Kern . Elle ne connaissait pas ce type . Et pourtant , comme une vibration ancienne , il produisit sur elle un effet si singulier qu'elle s'efforça , malgré tout , de reprendre contenance . Quelques minutes plus tard , presque malgré elle , profitant d'une porte mal fermée qui laissait filtrer des voix par l'interstice , Anna entendit des fragments d'une conversation décousue : ... lettre retrouvée ... chute suspecte ... relation ancienne ... Puis , pour finir , cette formule officielle , prononcée sans emphase , mais irrévocable : " Il est entendu que vous pourriez être impliqué dans cette affaire . " 

Cependant , l’homme qu’elle avait observé n’avait rien d’un coupable , paraissant au contraire écrasé , non par la peur , mais par une forme de reconnaissance douloureuse , comme si l’accusation portée contre lui venait confirmer quelque chose qu’il payait déjà .

Comprenant alors que cette catastrophe ne concernait pas seulement le récent naufrage d'une barque de pêcheurs , mais une intrigue aux racines plus anciennes , qui la touchait elle-même au plus intime , elle sentit son cœur se serrer . Sa pauvre mère avait esquivé , depuis toujours , les questions sur son père . Aucune photo , aucun nom , seulement des silences de façade . Or voilà qu’un homme surgissait , lié à une lettre d’adieu , à un passé que l’on croyait clos .

C'est alors que la bretonne , sans en mesurer encore toutes les conséquences , prit la décision de ne pas intervenir . 

Ayant un peu étudié le droit pénal à la fac , elle connaissait la valeur du temps , des preuves , des incohérences . L’enquête serait menée par elle avec méthode , en secret , sans fièvre apparente . Elle ne dirait rien . Non pour disculper cet homme - du moins pas encore - mais pour comprendre les circonstances de sa naissance , et savoir enfin quel visage donner à cette absence qui l’avait construite .

Quand elle quitta la gendarmerie , le ciel était bas , presque métallique . Elle se retourna une dernière fois vers le bâtiment . Derrière ces murs , pensa-t-elle , un écrivain peu connu était interrogé pour un crime imaginaire . Sans l’avoir voulu , elle venait d’entrer dans une histoire qui pourrait bouleverser la définition même de la vérité .

 
 
( A Suivre )
 
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Une Etoile Qui Tombe - Prologue - Le Romancier - II - Bouteille à la Mer .

13 Janvier 2026 , Rédigé par Dan Ar Wern Publié dans #Une Etoile Qui Tombe

Une Etoile Qui Tombe - Prologue - Le Romancier - II - Bouteille à la Mer .
 
 
Une Etoile Qui Tombe
 

 

 

 

 

 

 

 

 

Prologue

 

 

 

 

 

 

Le Romancier

 

 

 

 

 

II - Bouteille à la Mer

 

 

 

 " Pourquoi reviens-tu par la mer ? "   

Orphée à Cégeste

  " Le Testament d'Orphée " , film de Jean Cocteau ( 1959 )

 

 

 

 

 

 

 

 

3 - Il était venu à Camaret comme on se retire , sans projet précis , juste avec ce vague espoir qu’un paysage rude et primordial saurait le libérer de ce que la vie avait trop longtemps noué en lui . Depuis des mois , les mots , naguère dociles , ne laissaient plus derrière eux que l'étendue stérile d'une marée basse où il errait , incrédule , à la recherche d’un signe , d'une phrase .

Et ce soir où il marchait le long de la falaise de Coecilian , pensant à l'ermitage de Saint-Pol-Roux pendant que la mer , en contrebas , dans une respiration lente et solennelle , se brisait contre les rochers de Pen-Hat , et que le vent d’ouest , fouettant les ajoncs , lui faisait l'aumône de quelques bribes de noms , de vers disjoints , de réminiscences d’une poésie qu’il croyait à jamais perdue , le soleil , lui , descendait vers l’horizon , triomphal , incendiant les eaux d’un cuivre sombre , lorsqu'il aperçut cette petite lueur insolite , brève , presque irréelle , insolente , au pied de la paroi , comme un appel muet venu du grand large . ( 6 )

Intrigué , il quitta le sentier , descendant prudemment vers la rive .
- Cest donc cela , murmura-t-il , écrire sans savoir la forme . A moins que ... Une bouteille enterrée sur la grève 
C'était un flacon qu'iI avait repéré , à demi enfoui , dans lequel se cachait une lettre dactylographiée , soigneusement roulée , jaunie par le sel , et signée , s'étonna-t-il , du même prénom qu’il n’avait plus osé prononcer depuis vingt ans , celui d'une jeune fille de la région qu'il avait aimée auparavant sans retour , et dont le refus brutal avait provoqué sa triste fuite vers les antipodes , vers cette nouvelle vie qu’il avait crue possible sans elle , à Bamako , puis à Paris .
La dégageant , surpris par son poids , par la résistance du sable humide , comme si la terre elle-même avait voulu retenir ce terrible secret de sa fausse mort , le promeneur déchiffra par la suite avec peine son douloureux message qui , dès les premiers termes , lui coupa le souffle : " Maintenant que notre enfant a grandi , je ne puis continuer à vivre auprès de celui qui a brisé ma vie en se comportant comme un être sans scrupule et sans coeur . Que celui qui trouvera ces paroles d'adieu prie pour mon âme ! "

Jil , aussitôt , sentit l’envahir une émotion sourde . Il repensait à la nuit dernière , à la femme voilée , au vieux manuscrit . Peut-être n’avait-elle pas voulu lui confier son histoire avant de lui en montrer l'origine ? Alors , l’océan ne serait plus pour lui un décor , désormais , mais une matrice , une mémoire antérieure aux faits qu'il tenterait de deviner à travers ses vagues . Certaines se briseraient trop tôt . Mais d’autres parviendraient à se fracasser sur la roche avec une précision presque douloureuse .

Aucune , en tout cas , ne devrait savoir , incapable de saisir la violence du choc , ce qu’elle deviendrait avant de mourir sur la pierre , se dit-il pendant qu'il  relisait plusieurs fois les lignes notant la symphonie funèbre de leur afflux ! Mais quel était donc cet enfant dont il n’avait jamais soupçonné l’existence ? Et cette prière finale , adressée à l’inconnu qu'il avait été , militaire sous un autre nom , qui lui revenait comme un reproche et une supplique mêlés , que signifiait-elle ?

Effaçant déjà ses pas sur l'arène , l'eau s'était mise à monter lentement , tandis que le ciel s’assombrissait . Cette flasque de verre , comprit-il , n’était pas qu'un message de détresse lancé au hasard , mais un legs , peut-être un jugement . Quelque chose , enfoui depuis des décennies , venait d’être exhumé avec elle . Et pour la première fois depuis longtemps , le poète sentit les mots lui revenir , non comme un refuge , mais comme une obligation .

4Les vagues , ni furieuses , ni calmes , n’avaient rien d’exceptionnel , pensa-t-il encore , chacune avançant , se retirant , recommençant . Pourtant , dans ce mouvement répété , il perçut ce qui lui avait toujours échappé . Ce n’était ni une image , ni une idée , encore moins le début d'une phrase quelconque . Peut-être une question de rythme , la mer n’inventant rien , se contentant de se reprendre par chaque mouvement de houle ou de s'effacer avec lenteur dans un interminable reflux . Rien n’était jamais définitif , aucune phase paraissant corriger la précédente sans jamais l’abolir , n’était vaine . Ensemble , chacune d'elles composait une forme mouvante , impossible à fixer , mais rigoureusement fidèle à elle-même .

En arrivant dans sa chambre , il s'était jeté tout habillé sur son lit , se sentant complètement anéanti par ce qu'il venait de vivre , tellement cela lui avait paru effrayant l'espace d'un instant , perdu dans une sorte de vertige face à l'épouvantable vision de ces blocs de rocaille sombre , paysage devenu tellement sinistre qu'il s'imagina fugitivement voir , dans son délire , depuis la fenêtre de son hôtel , un ange noir qui évoluait au-dessus des nuages , faisant planer son ombre tragique sur les ineffaçables traces de la catastrophe inexpiable de sa vie ! Et pendant ce sommeil cauchemardesque , d'autres silhouettes lui apparurent à nouveau , qui n’étaient plus floues , car il les reconnut sans pouvoir les nommer : un vieil homme au regard cruel , une femme portant une blessure invisible , une jeune fille semblant déjà se lamenter sur son triste sort . Tous le regardaient , non comme un étranger , mais comme quelqu’un qui avait trop longtemps tardé .

- Tu es revenu trop tôt , disait l’un , trop tard ! , murmurait une autre .

Il voulut leur répondre , expliquer qu’il était écrivain , qu’il cherchait une histoire , qu’il avait perdu ce qu’on lui avait montré . Mais ici , la parole semblait inutile , chaque pensée , avant même d’être formulée , étant déjà comprise .

Alors , la femme au visage voilé réapparut , qui se tenait au centre d’un cercle de pierres noires , comme des stèles anciennes . Cette fois-là , elle ne lui tendait pas le manuscrit , le tenant contre elle , comme on protège un enfant endormi .

- Tu as cru que ton livre était à écrire  ? , lui dit-elle .
Sa voix n’était ni douce , ni sévère . Elle était juste .
- Mais il était déjà écrit , mon garçonCe qui manquait , cétait toi !

5Quelques heures plus tard , les yeux à demi ouverts , le vacancier réfléchissait à ce qu'il faisait là , couché dans ce lit , trempé de sueur , écoutant craintivement la sonnerie qui l'avait réveillé , puis remuant encore tout cela sur son balcon , fasciné au petit matin par l'immensité du panorama obscur qui l'entourait , se rappelant celui de sa jeunesse , et ce long chemin balayé par le vent qui l'avait amené nulle-part , lorsqu'il avait fui , un matin , pour en finir , à travers champs , vers la falaise abrupte !   

 

( A Suivre )
 
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DAN AR WERN - Une Etoile Qui Tombe - Prologue - Le Romancier - II - Bouteille à la Mer - Pep gwir miret strizh - Tous droits réservés - All rights reserved . " Une Etoile Qui Tombe " , copyright 2025 . 
                                           
                                           
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Notes :
 
6Coecilian = ruines du manoir de Saint-Pol-Roux (  Camaret-sur-Merà l'extrême pointe ouest de la presqu'île de Crozon , Cornouaille bretonne ) .

   - Saint-Pol-Roux ( 1861 - 1940 ) , poète symboliste français , qui , en 1903 , fit l'acquisition d'une maison de pêcheur surplombant l'océan , juste au-dessus de la plage de Pen-Hat , sur la route de la pointe de Pen-Hir . Il la transforma ensuite en manoir à huit tourelles dont la maison formait le centre , et la baptisa d'abord " Manoir du Boultous " . Mais , à la mort de son fils Cœcilian , tombé en 1914 près de Verdun , l'écrivain la renomma " Manoir de Cœcilian  " .

Voir note 19 , Postface " UNE ETOILE QUI TOMBE " - XVIII - Le Sphynx de Pen-Hat - A Paraître - Tous droits réservés .

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Une Etoile Qui Tombe - Prologue - Le Romancier - I - Message .

10 Janvier 2026 , Rédigé par Dan Ar Wern Publié dans #Une Etoile Qui Tombe

Coucher de soleil sur la plage de Pen-Hat

Coucher de soleil sur la plage de Pen-Hat

 
 
Une Etoile Qui Tombe
 

 

 

 

 

 

 

 

 

Prologue

 

 

 

 

 

 

Le Romancier

 

 

 

 

 

I - Message

 

 

 

Comme en un clair miroir d'eau , une étoile , tout au fond de mon coeur , brille et se dévoile ... " *

Maria Valtorta

 

 

 

 

 

 

 

 

1 - Le romancier , tout d'un coup , s'éveilla , ayant cru un moment , pendant son sommeil , enfin saisir la puissance de ce qu'il voulait écrire , tout un scénario défilant à grande vitesse devant ses yeux endormis , l'originalité d'un message qu'il voulait transmettre depuis l'autre monde , rempli de symboles et d'enseignements , de personnages tous plus réels que ceux de la vraie vie , mais à son réveil , il s'aperçut qu'il avait tout oublié de ce bref aperçu de la création qui lui échappait en même temps que persistait douloureusement en lui l'angoissant cauchemar de la feuille blanche . 

Ce moment suspendu où , entre rêve et réveil , avait effleuré soudain l’inspiration totale , presque divine , s'était ainsi brutalement effacé ! Comme si l’univers littéraire entier ne s'était dévoilé à lui l’espace d’une vision fugitive que pour lui faire voir , avec un ironique mépris , le spectacle désolant de son impuissance ! Et cette contradiction cruelle entre l'intensité d'une révélation nocturne et l’oubli total , au petit matin , de son contenu , le laissa complètement sonné devant les pages vierges de son carnet de travail apparaissant au loin dans le miroir de sa chambre , comme un rappel illusoire et douloureux de ce qui s'était dissipé , quelque chose d’immense en lui , caché dans les profondeurs de son inconscient , belle métaphore de ces fausses prétentions littéraires , pensa-t-il , et de cette peur de ne pas réussir à attraper ce qu'on veut dire dans le filet des mots , ressemblant un peu , pour l'auteur , à une chasse manquée à la baleine d'Herman Melville ou à l'iceberg immergé aux trois quarts qu'on n'a pas vu venir , faisant couler l'orgueilleux Titanic ! ( 4 )

Jil Kern avait passé les dernières semaines dans cet état d’errance , cherchant en vain l’étincelle qui lui permettrait de commencer son prochain roman . 
Des idées d'histoire , il en avait parfois . Mais chacune s’éteignait sitôt qu’il posait le doigt sur le clavier de son ordinateur , l'écran , devant lui devenant un gouffre , une menace , un mur invisible . Une nuit , épuisé par ses nombreuses tentatives infructueuses , l'esprit en quête de cette vérité qui , avec tant de force , cherchait à lui échapper , le pauvre écrivain finit par s’endormir . C’est alors que , dans la profondeur de son sommeil , un monde , pourtant bien réel , croyait-il , s’ouvrit à lui . Tout y était si net , si intense qu’il n’avait plus le moindre  doute : c’était bien là le récit qu’il cherchait à écrire .
Il y vit un curieux paysage , tout d'abord , comme une terre où le ciel semblait pulser une matière vivante , générant des protagonistes dont les visages lui semblaient à la fois très étranges puis familiers , des êtres qui lui paraissaient contenir des fragments de lui-même , lui parlant , chacun avec sa propre voix , de sa propre histoire , et les mots qu’ils prononçaient résonnant avec une signification si troublante , comme s’ils révélaient des vérités éternelles ! 
Mais au centre de ce rêve se trouvait une figure mystérieuse , une femme au visage voilé , qui tendait vers lui un ancien grimoire .
- Écris cela ! , lui Nema l'africaine dans un murmure qui , semblant venir des confins de son esprit , lui firent aussitôt saisir la beauté du livre ,  et sentir sous ses doigts la texture des pages comme le relief des mots inscrits . Les symboles y dansaient , changeant de forme , mais il en comprit intuitivement le message , un secret qu’il savait être la clé de son œuvre , la réponse enfin à cette maladive stérilité créatrice qui , depuis toujours , le hantait .
Puis , brutalement , tout se mit à vibrer , la scène s’effaçant peu à peu en une cascade de couleurs et de sons qui s’effilochèrent en charpie alors qu'il luttait désespérément pour en retenir les tableaux , les légendes , les figures merveilleuses .

Quand il s’éveilla , la chambre était plongée dans la pénombre , l’aube commençait à percer au loin . Jil se redressa , le crâne encore engourdi . Ses mains , qu'il tendit vers son carnet pour y consigner ce qu’il venait de vivre , se mirent à trembler d’excitation ! Mais , en fin de compte , jamais rien n'arrivait à venir . Les images s’étaient une fois de plus évaporées . Pourtant , la trace de ce monde , il la sentait sous ses paupières , telle une empreinte persistante , mais il ne pouvait pas en définir la substance . Les termes lui manquaient , comme un goût qu’on a sur la langue mais qu’on ne peut pas nommer . Plus il cherchait à s’en rappeler , plus il perdait , comme du sable glissant entre ses doigts , la moindre trace de ce désir inassouvi . Comme d'habitude , la crainte s’installa , cette lourdeur dans l'estomac qui s’accroissait à mesure qu’il réalisait qu’il ne retrouverait jamais ce qu’il avait entrevu . Il fixa encore l'ordinateur devant lui , demeuré vide malgré toutes ses heures de travail , et qui le défiait à nouveau de son air muet , comme pour lui rappeler son incapacité totale à capturer la splendeur du projet . Jour après jour , il revint à son bureau , hanté par ce souvenir flou d’une histoire qu’il savait unique , mais qui lui échappait à chaque instant . Il commençait à douter de lui-même , à se demander s’il avait vraiment vu quelque chose ou s’il n’avait été que le jouet d’une hallucination morbide .

Cependant , au fond de lui , le pauvre homme restait convaincu qu’un jour , il finirait par retrouver ce chemin perdu au Mali , cette brèche ouverte pendant la nuit vers l'univers mystérieux qu’il n’avait fait qu’effleurer pendant son enfance , dans le phare . C'est ainsi qu'il passa des mois  , coincé entre espoir et frustration , cherchant à faire naître enfin ce qui n’était plus en lui qu’une ombre .

 
2 - Il eut néanmoins , par la suite , la révélation que son roman prenait forme lorsqu'en se promenant sur la falaise , au bord de cette vertigineuse muraille de roche , quelque chose enfin céda , et qu'il vit se dessiner le mouvant tourbillon des vagues de mer , alors qu'il ne savait pas encore quelle forme l'océan , cette matrice liquide , voulait vraiment lui donner .
L'écrivain marchait depuis longtemps , sans but précis , laissant le vent désordonner ses pensées comme il froissait les herbes rases . La masse vert-de-gris , dans une lenteur solennelle , se déployait en contrebas , lumineuse , paraissant narguer le misérable spectateur de son empire invincible . Mais lui , comme on subit une présence trop vaste pour être vraiment comprise , ébloui par les fastes du soleil couchant , ne la regardait pas , fixant le sol , quand soudain , sur l'anse de Pen-Hat , un violent éclat de lumière embrasa son oeil . Il s’arrêta net !
 
 
 
 
( A Suivre )
 
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DAN AR WERN - Une Etoile Qui Tombe - Prologue - Le Romancier - - Message - Pep gwir miret strizh - Tous droits réservés - All rights reserved . " Une Etoile Qui Tombe " , copyright 2025 . 
                                           
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Notes :
 
4Moby-Dick ( Moby-Dick or The Whale , 1851 ) , roman de l'écrivain américain Herman Melville ( 1819 - 1891 ) 
   - Naufrage du Titanic , paquebot devant relier Southampton à New-York , dans la nuit du 14 au 15 avril 1912 .
 
 
 

 

 

* " L'Evangile Tel Qu'il M'A Eté Révélé " ( Il Poema Dell ' Uomo-Dio ) , 10 volumes ( 1943 - 1951 ) - La Préparation , chapitre 16 , de Maria Valtorta ( 1897 - 1961 ) , mystique italienne .

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GENESE ( Cycle de L'Etoile XXXV ) - Epilogue - XI - L'Ange de Lumière .

5 Janvier 2026 , Rédigé par Dan Ar Wern Publié dans #GENESE

GENESE ( Cycle de L'Etoile XXXV ) - Epilogue - XI - L'Ange de Lumière .

GENESE

( Cycle de L'Etoile XXXV )

 

 

 

 

EPILOGUE 

 

 

 

 

XI - L'Ange de Lumière

 

 

 

" Moi , je connais tout , j'ai écrit les Cieux dans mes livres ,

  leurs extrémités , leurs plénitudes ... "

Livre Secret d'Enoch

 

 

 

 

 

 

 


 

33 - Cependant , quelque chose avait changé qu'il ne pouvait comprendre ... On l'avait enfermé dans une sombre cellule au-dessus de l'étendue marine et de l'effroyable fracas de la guerre qui s'était déclarée avec ceux de la terre , bercé par les trompeuses caresses d'une brise enfantine s'amusant sur l'écume des vagues tel un dompteur aveugle ignorant les sourdes menaces des profondeurs !

- Nous voulons le code ! Où est-il caché ? , lui avaient demandé avec force ses hôtes , croyant sans doute que l'équilibre serait une nouvelle fois rompu  , et que , pour satisfaire leur pauvre désir de survie , les cinq fruits cachés quelque part - mais qui savait où ? - du nouvel " Arbre de Vie " leur seraient servis dans la rosée matinale de l'Attente ou dans la clarté du soir de l'Accomplissement , grains de sable nés du ventre d'Auberive ou de ses sphères jumelles ? Mais que s'était-il passé au juste ?

Lorsqu'il reconnut le visage de Diana , il crut avoir enfin retrouvé celle que l'on cherche toute sa vie ! *

- Nous devons nous enfuir ! , lui dit-elle , des Atlantes viennent nous tuer !

Mais lui s'étant toujours tenu , songea-t-il , à l'écart de ce conflit dans un demi-sommeil , pourquoi donc devrait-il y être maintenant confronté ? 

Quant à ce général Arkor , chef du petit commando les entraînant dans une sorte de dédale à toute vitesse , ne lui ressemblait-il pas comme un frère ? Qui était-il , au juste ? On ne lui laissa même pas le temps d'y réfléchir ... Partout , des cadavres jonchaient le sol rougi ... 

Des gens de chez lui , et même sa mère mourante , semblait-il , tendaient au loin leurs bras , le suppliant !

- Nous reviendrons ... Je t'en prie , c'est impossible ! , fit-elle en s'efforçant de retenir sa colère et ses cris de vengeance .

Passé quelques embuscades facilement déjouées sur les conseils de sa compagne en tenue militaire qui paraissait bien connaître tous les secrets du labyrinthe , les cinq fugitifs poursuivis par une meute aux abois finirent par déboucher sur une plate-forme où se trouvait un vaisseau à l'abandon .

- J'ai travaillé comme esclave chez eux , lui avait-elle ensuite expliqué , cherchant avec peine une justification .

Peu à peu se brouillèrent d'étranges paysages dans les reflets d'une glace aux sanglantes lueurs ... Dans son esprit voyageur , aussi ...

- Tu dois continuer à nous faire confiance , vois-tu ? Il faut qu'on scinde la Pierre pour pouvoir les détruire , ces monstres ! Pense à ce qu'ils t'ont fait ... Tu dois nous donner le code , je t'en supplie ...

Le code ? , se mit-il à réfléchir tandis qu'ils débarquèrent de retour au village .

Comment pouvait-elle savoir cela ?

Elle avait encore essayé de le rendormir au moyen d'un rayon laser dirigé contre sa tempe , habilement dissimulé dans le cristal rouge de sa bague .

- Mon amour , lui murmurait-elle au creux de l'oreille en caressant sa nuque fragile ... ( 42 )

34 - Aux derniers temps de la guerre atlante , Rhéa , dame de compagnie d'Antinéa , l'héritière de l'empire , succomba au charme d'Enoch , celui-ci en profitant pour satisfaire son désir d'en savoir plus à-propos de ce code . Patriarche de la tribu des Nephilim , il était devenu si vieux qu'il ne pouvait plus imaginer son âge ... Quant à son amie , elle frétillait sous sa forme primitive de sirène à la silhouette écailleuse !

- Nous devons retrouver la " Pierre de Baal " pour sauver notre Grand-Pontife Horiosis , comprends-tu ?

Et puis , nous avons besoin d'elle pour survivre dans votre monde ! , essayait-elle de conclure avant que la traîtresse ne se résigne à mourir au loin dans les entrailles du phare , à l'abri des plaintes abyssales ...

Mais , avant de retourner avec les siens , vaincus , vers leur patrie d'origine , la princesse , lui pardonnant malgré tout , lui avait révélé que son père , l'empereur Poséidon avait souhaité jadis , par clairvoyance ou par compassion , s'unir aux créatures mortelles du futur , prétendant mystérieusement que viendrait le temps de fusionner leur âme par le moyen d'une pierre .

C'est ainsi que l'une de ces filles de " néphilim  " , reprit la naïade , grâce à un petit bijou en cristal de quartz portée à son cou , deviendrait comme une soeur spirituelle , et que l' ambassadeur , Enoch , baignant d 'une lumière bleue la Terre verte , répandrait la pensée originelle atlante , depuis cet amas d'étoiles lointaines , leur ancien refuge ignorant des caprices du Temps ...

L'Atlantide fut ainsi détruite , et son immense Phare s'éteignit tandis que les " Portes de l'Enfer " furent bientôt submergées . Les " Trois Colonnes du Temple " , cristaux géants de quartz et d'orichalque assurant la stabilité de l'atmosphère ambiante , furent brutalement désintégrées ! Mais c'est un fragment de l'une de ces pierres formant le Saint Graal contenant le sang du Christ qui , beaucoup plus tard , fut retrouvé en Palestine ... ( 43 )

35Enoch , par la suite héritier d'Eon de l'Etoile , devint chef de l'ARCHE ( avec Tadig Tanguern ) et nouvel " Empereur " ayant pris les traits de Léo Dagan , tycoon dont l'assassinat n'avait juste été qu'un leurre destiné à mieux tromper l'adversaire de l'OINT présidé par son complice et demi-frère Boris / Horiosis pour éloigner les extra-terrestres d'Orion voulant se réapproprier la Gemme Fabuleuse !

36 - " Ainsi vais-je au milieu des hommes pour leur montrer la route , moi , Enoch , Chevalier de Saint-Jean , Chef de l'Eglise Invisible , en compagnie d'Elie , mon double lumineux , fils de l'Ombre et de l'Eoncomme  sont tissés le fil noir et le fil blanc " , déclara-t-il solennellement . Bientôt reviendra l'Elu entouré de ses deux témoins déposant dans l'Arche les trois antiques " Pierres de Vie " . Car Il ne faut jamais désespérer des croix sombres d'un empire éphémère  ... Toujours le laurier reverdira ! ( 44 )

 

FIN
 
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                                             ___
 
Notes :
 

42 Le Livre de Virginia ( Cycle de L'Etoile VI ) 2 , XV - Le Voyage d'Enoch - Copyright 2020 Dan Ar Wern / Edilivre - Tous droits réservés .

43 - La Demeure Enchantée ( Cycle de L'Etoile II ) , V - L'Île Fabuleuse - Copyright 2016 Dan Ar Wern / Edilivre - Tous droits réservés .

44La Demeure Enchantée - Epilogue - L'Être de Lumière -

   

 

* Diana : Auberive ( Cycle de L'Etoile III ) , 9 , XVI - La Troisième Arche : " Tu te rappelles , Diana ? C'était la fille des voisins , son premier amour . Morte , elle aussi , sans doute ... ) - Copyright 2017 Dan Ar Wern / Edilivre - Tous droits réservés .

La Dernière Chute / Résurrection ( Cycle de L'Etoile IX ) , 2 - Diana - Copyright 2019 Dan Ar Wern / Edilivre - Tous droits résrvés .

 

 

                       

           

           

 


    

       

 

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GENESE ( Cycle de L'Etoile XXXV ) - Seconde Partie - Invasion - X - Le Serment d'Arka .

4 Janvier 2026 , Rédigé par Dan Ar Wern Publié dans #GENESE

GENESE ( Cycle de L'Etoile XXXV ) - Seconde Partie - Invasion - X - Le Serment d'Arka .

GENESE

( Cycle de L'Etoile XXXV )

 

 

Seconde Partie

Invasion

 

 

 

X - Le Serment d'Arka

 

 

 

" Tu étais un chérubin protecteur aux ailes déployées ,

  Je t'avais placé et tu étais sur la sainte montagne de Dieu ... "

 

Ezechiel , 28 , 14 .

 

 

 

 


 

29 - N'oubliez pas que l'amour seul , même s'il ressemble à la mortpourra vous vaincre ! , disait encore à Ninti  sa nourrice , qui , citant une vieille légende , lui avait raconté l'histoire d'une princesse lointaine allongée , insoucieuse , sur les alpages verdoyants de l'Eden , et qui , guettant la venue d'une Licorne , Ange de Lumière , vit soudain " 'ouvrir le Ciel en guenilles sanglantes " d'envahisseurs débarquant de l'envers du Cosmos ​​​​​! C'est ainsi que l'un des deux jardins d'Auberive fut ravagé par une guerre atroce . 

La famine s'y installa , tandis qu'une caste despotique , les " Seigneurs de Baal " , au moyen de robots cruels , prit le pouvoir , semant partout l'épouvante et poussant le peuple d'ADAMA à la révolte . 

Certains résistèrent depuis leur seconde patrie jumelle , d'autres purent fuir avec les déçus d'ORION du côté de la Grande Ourse , où , guidés par d'antiques légendes parlant d'une planète bleue , d'un paradis perdu , " Adon " , ils débarquèrent un beau jour à bord d'un gigantesque vaisseau impérial de secours nommé " Arka Anath " , l'Arche d'ANA . Beaucoup d'entre eux moururent d'abord de maladie , l'action terrible des virus , les rigueurs de l'environnement , peu conforme à leur physiologie , comme la lutte incessante qu'ils durent mener contre des bêtes sauvages , finirent par les détruire en grand nombre . Le temps passa , impitoyable . 

Ils survécurent dans l'immense aéronef , transformé en ville agréable au coeur du désert . Mais leur santé fragile , contrastant avec leur grande taille , résistait mal aux conditions climatiques . Se croyant condamnés , les derniers spationautes conçurent un nouvel être susceptible de mieux réagir à ce milieu difficile . C'est ainsi que l'Homme , symbolisé plus tard par le Sphinx , fut créé à partir d'animaux terrestres . Plus rien ne resta aux Géants que ce seul trésor , ainsi qu'une gemme fabuleuse cachée par eux dans l'île-mère des Atlantes , genre de rubis contenant leur mémoire et certaines connaissances précises témoignant de leur passage : la Pierre de Baal !... Ayant dû choisir entre la Lumière de Virginia et l 'Ombre de la " Reine Noire " Arakné , le Maître suprême décida que l'axe , maintenant , ce serait l'Homme ( Enoch ) à la recherche d 'un nouveau phare , celui que , depuis les espaces vertigineux de la galaxie , il avait entrevu triomphant de la tempête autour , et qui éclairait le timide sourire des planètes-soeurs . Lorsqu' Il voulut , par anticipation , créer l'Atlantide , ultime refuge , le Saint fit alors jaillir une étincelle de Lumière , et souffler un vent d 'en-haut contre un vent d'en-bas ...

Puis , lorsqu'ils se heurtèrent l 'un et l 'autre , une seule goutte , surgie des profondeurs de l'abîme , scella par un voeu les deux couleurs de la Pierre à jamais , noireblanche , lunesoleil , blancheur d'obscurité : le " Serment d'Arka " ! Alors , tandis que les Eons du Royaume lumineux s'efforçaient de les entraîner vers la chute par une danse infernale tourbillonnante , transmutant peu à peu le mauvais Feu de l'Enfer en onde fluidique , la Vierge " Demi-Lune " métamorphosée sous la forme d'un Cygne blanc dut retourner vers l'Oeil du Soleil , Son Dieu Créateur ! " ( 40 )

30Il n'avait pas eu le temps de se rendre compte . En un éclair , la nuit fut déchirée de son cri féroce , épouvantable , pendant qu'à une vitesse vertigineuse , il questionnait d'un air éperdu , l'eau grise de sa conscience en observant le faisceau rougeâtre du phare gigantesque balayant d'ombre et de lumière sa chute abyssale , tandis qu'au bout d'un long tunnel noir , il se perdait , au clair des lunes lointaines d'Auberive , et qu'au fond de son coeur ensanglanté , lui parlaient encore , fugitives , les dernières voix d'un univers disparu ! Mais n'est-ce pas là , face à la multiplicité des mondes , ce que l'on croit voir lorsqu'on regarde derrière soi sa vie passée ?

L'unité de la pensée , alors que le sombre éclat de l'espace nocturne vous imprègne peu à peu et qu'il semble que ce qu'on oublie trop vite est irrémédiablement absorbé par l'imprévisible orchestration musicale d'une sourde mais envoûtante symphonie océane ? 

" Ô Nuit ! ,  se disait-il , q'as-tu sous ton manteau qui monte en moi , invisible et puissant , et me pénètre l'âme ? " ( 41 )

Alors , toute sa vie se mit à défiler comme les scènes d'un mauvais film , aussi aléatoire et ridicule qu'une petite goutte d'eau perdue au sommet d'une immense " nouvelle vague " s'éclaire soudain , dans son effroyable déferlement , sur l'écran noir d'une salle vide ! Et puis , dans cette obscurité , des zones de clarté , illustrant ses plus intimes frustrations , commencèrent à miroiter légèrement à la surface en pluies de météores frissonnantes tandis que , plus tard , des vents frénétiques , témoins d'une rage inhibée , surgie des profondeurs de son inconscient , se déchaînèrent sur elles depuis l'horizon , faisant trembler , tout autour , les éléments d'un décor figé en carton pâte , et soudain , juste au-dessus de lui , la tempête fit rage , striant les nues d'éclairs et de radiations magnétiques , puis secouant avec force les flancs du navire de violentes accumulations de particules d'énergie que les vents solaires balançaient ensuite avec mépris contre les hublots de fer ! Le voyageur , cependant , comprit que c'était le ciel tout entier qui voulait l'envoyer au-delà de son immense toile de projection dans l'espace , à la recherche du mystère de sa création . De plus en plus vite , il lui sembla traverser des rives oubliées , des visages même qu'il avait ignorés ou supposé appartenir à un passé plus ou moins proche , d'autres , qu'il estimait avoir négligés , tentant même de survivre à sa cruelle indifférence qui essayait maintenant de les accueillir d'un sourire plus chaleureux , plein de regrets , d'infinie compréhension !

Désormais , plus l'embarcation s'engageait loin du miroir des eaux d'Auberive , et plus encore s'opérait à l'intérieur de sa conque de nacre , lentement absorbée par les mélodies les plus subtiles des ondes célestes , la métamorphose du navigateur vers l'expression la plus ineffable de ses qualités essentielles , de son " moi " véritable davantage visible depuis l'intérieur , comme si émergeait tout à coup de façon manifeste aux yeux de tous la partie immergée d'un iceberg longtemps dissimulé avec le plus grand soin . C'est ainsi qu'il put pressentir ou percevoir , avant même d'arriver à destination , plus il progressait loin de lui , la force indescriptible de cet Oeil énorme abritant la matrice , coquille divine ressemblant à grande échelle à la sienne , minuscule , dans la constellation du Verseau :

- 'était donc là , se dit-il , sur la planète Adama'Auberive , que vivait le peuple de Dieu ?

31 - L’homme croira être libre . Il marchera sur la terre , il bâtira , il nommera . Mais son premier souffle restera le nôtre .

Ainsi fut scellée l'Alliance . 

- Tu ne t’appelleras plus Enoch , lui dit un Ange , alors que la métamorphose achevait son œuvre.
- Alors qui serai-je ?
-
Jean . Car tu seras la voix qui marche , non la voix qui règne .

Le corps ancien de l'ophidien se dissipa comme une mue abandonnée .
Un organisme d'homme apparut , fragile , sexué , promis à la douleur et au temps , qui ouvrit les yeux , souffrant pour la première fois d'une séparation , se réveillant sur la Terre qui n’avait pas encore de nom universel , mais portait déjà la poussière et l’eau , la fatigue et la promesse . Un fleuve coulait près de lui , large et lent , charriant des limons féconds : l'Euphrate . À ses côtés se tenait une femme . Celle-ci ne portait plus l’éclat impérial de
Ninti-Anath , ni la beauté trompeuse du jardin d’Argol , mais , dans son regard bienveillant , ne brillait plus le désir , seulement l'amour maternel . 

- Tu es né deux fois , lui dit Anna , qui avait , elle aussi , changé de nom .
- Mais toi ? , lui demanda-t-il .
- Je ne suis plus celle que tu as poursuivie . Je suis celle qui te gardera vivant .

 

   

atlantis20m

 

32 - Un jour ,  il fut transporté par soucoupe fluidique au sommet du gigantesque phare atlante , et ce qu'il y vit lui parut tellement incroyable qu'on eut du mal à raconter plus tard dans un livre son extraordinaire aventure !

- Courage , Enoch , n'aie pas peur ! , lui répétait sans cesse un être invisible prenant parfois la dimension de l'orbe terrestre . Il se sentait si minuscule , en effet , sous cet immense dôme translucide plongeant ses huit faces vers la mer infinie !

- C'est ici , vois-tu , au coeur de la cité bleue , que se réunissent les eaux du ciel et de la terre , ici , à la porte du 7è monde qui en est le premier , que notre Seigneur veut laisser s'unir au feu sacrificateur des Ténèbres la pureté pacificatrice de son onde indicible ... 

Ton grand-père Melki Tsédek en avait été établi gardien , lui , le maître des forges qui avait découvert cette chair vive de souffrance et de malheur au fond de sa caverne , lui qui en avait fait le diamant noir d'une étoile encore à naître , la Pierre de Baal  !

Et plus le voyageur émerveillé tentait de comprendre le fabuleux spectacle se déroulant sous ses yeux , plus il se sentait rajeunir !

 
 
 
( A Suivre )
 
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GENESE ( Cycle de L'Etoile XXXV ) - Seconde Partie - Invasion - X - Le Serment d'Arka - Pep gwir miret strizh -All rights reserved -Tous droits réservés - " GENESE " - Copyright 2025 Dan Ar Wern .
                                           
                                             ___
 
Notes :
 

40 La Demeure Enchantée ( Cycle de L'Etoile II ) - II , 7 - Arka Anath - Copyright 2016 Dan Ar Wern / Edilivre - Tous droits réservés .  

       Le Livre de Virginia ( Cycle de L'Etoile VI ) , II , 15 - 32 - Le Serment d'Arka mentionné au chapitre 68 du Livre d'Enoch - Copyright 2020 Dan Ar Wern / Edilivre - Tous droits réservés . 

Peut-être s'agit-il d'un code secret se trouvant dissimulé dans l'Arche d'Alliance et qui a scellé le sort de l'humanité en unissant les deux pierres : DE , II , 7 - Arka Anath ( Note 11 ci-dessus ) et DE , Epilogue - L'Être de Lumière - " Le Livre de Virginia " ( LV ) , I , VII , 13 - Comme une Etoile dans la Nuit ? Présence ( imaginaire ) aussi d'une relique du Dieu TANKA ( péroné ) , l'Arche d'Alliance ayant été caché en Antarctique ( ancienne Atlantide ) .

41 -  " Hymnes à la Nuit " ( Hymnen an die Nacht , 1800 ) , I , par Novalis ( 1772 - 1801 ) , philosophe et poète romantique allemand .

         

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GENESE ( Cycle de L'Etoile XXXV ) - Seconde Partie - Invasion - IX - Transmutations .

4 Janvier 2026 , Rédigé par Dan Ar Wern Publié dans #GENESE

Adama

Adama

GENESE

( Cycle de L'Etoile XXXV )

 

 

Seconde Partie

Invasion

 

 

 

IX - Transmutations

 

 

 

" La traversée jusqu'à cette terre fabuleuse

  Où s'anéantissent nos plus belles espérances ,

  Où nos frêles esquifs s'abîment dans les ténèbres ,

  Voyage qui exige avant tout courage , probité ,

  Patience dans l'épreuve ... "

 

Virginia Woolf - " Vers le Phare " , I , 1 . *

 

 

 

 


 

26 - Au bout du monde-miroir des gouffres de l'insondable étendue stellaire , une grande île flottait en équilibre , tel un diamant de feu sur un lac de lumière aux vagues d'argent sans cesse renouvelées ! Là , demeurant au bord de l'eau cristalline , vivait dans la ramure un peuple d'ondes éthériques né du feuillage ou , peut-être , de la brume et du vent sur ses rives paisibles , ni mâle ni femelle , émanation de la pensée pure du Seigneur qui , balayant de Son souffle vignes et champs de blé en herbe , Se mirait dans l'immensité bleutée d'un rêve reflétant Son amour caressant les verts pâturages ... L'ARBOR MIRABILIS , immense arbre source de vie , croissait au centre de cet Eden , sur une montagne pyramidale , proche d'un Temple Sacré où chaque graine d'espérance , buisson d'aubépine ou brin de pollen , effleurant le regard de biche d'une jeune vierge , était une offrande éternelle pour cette flamme qu'on venait y adorer sous le Naos  ... D'ailleurs , n'était-ce pas là , sur l'alpage verdoyant du Val d'Or , au milieu des roses , que Virginia , guettant la Licorne et croyant percevoir l'ineffable musique céleste , avait vu s'ouvrir le ciel en guenilles sanglantes pour la première fois ? ( 35 )

" Quelle bizarre couleur ! , se dit-elle alors , voyant une horrible boule de souffre planant au large d'Adama , qui , tout à coup , surgissait de l'envers du cosmos , accédant ainsi , sous l'oeil de Dieu , au coeur de la nébuleuse ! " 

Bientôt , la seconde expédition des Titans , vieille race d'intelligence supérieure , se mit à y débarquer , cherchant sans doute , par un passage propice , à  poursuivre leur route vers d'autres dimensions de l'univers ... Mais hélas , leur présence fit beaucoup de dégâts ! Perturbé par les vibrations magnétiques du vaisseau orien , la pierre précieuse cachée sous le chêne légendaire commença de le brûler à moitié , faisant perdre à l'astre fluidique sa seule source de chaleur et de densité . Les habitants , victimes du froid , se dédoublèrent , chacun d'entre eux perdant son âme sans tache et l'on entendit même le chef du village , un certain Prométheus , implorer comme " Adam " qu'on lui rende son coeur de feu , tandis que , dans les lointains d'Auberive , un navire mystérieux suivi de deux cygnes blancs et d'un noir disparaissait au milieu des abîmes de mer ! La jeune fille métamorphosée avait-elle été rappelée par son Père , inquiet d'une aussi brusque issue ? Et le sorcier parjure à ses côtés , parviendrait-il à s'enfuir avec elle en dérobant leur fatal secret aux envahisseurs ? Quant au troisième , s'envolant vers le Phare comme une ombre , qui était-il vraiment ? Qui l'avait connu ?

" Quel curieux voyage , quelle étrange aventure vous conduit ainsi en l'espace d'une seconde à la souffrance , à la mort ? , songeait Ninti , la princesse découragée .

L'invasion , qui avait perturbé la pureté du " Talisman de L'Etoile " caché sous l'Arbre de Vie , de même nature que le petit morceau de chair vivante découvert par le vieux Melki Tsédek au plus profond des gouffres d'Argol , causa la chute d'âmes pures d'une partie de la matrice inviolée . Mais pendant que , pour se défendre , la vague d'Auberive engloutit les visiteurs d'Orion , la "Reine Noire Arakné s'unit à l'empereur , provoquant la fuite d'anciens dignitaires du régime , puis déclenchant le mouvement général de propagation d'une nouvelle conscience arachnoïde dans tout l'univers ! 

Insidieusement , l'araigne avait tissé sa toile maléfique , l'étendant peu à peu à tout le cosmos , troublant le monde et le coeur des êtres par son air aimable et ses fausses apparences , façonnant chacun de ses multiples fils embrouillés dans le cours banal d'une cruelle existence , fantôme hideux se lovant dans un sourire aguicheur , un nuage , ou monstre terré nourrissant les plus sombres pensées dans le creux d'un obscur labyrinthe , goutte cristalline au bord des prunelles rougies de la pauvre Virginia ...

" Simple , j'ai troublé le monde ; double encore davantage ... " ( 36 )

Sur la planète Adama , maintenant , les racines ressemblaient à des noeuds de vipères s'enchevêtrant tel des filins d'acier , le feuillage des arbres , métal acéré vibrant de fines lames tranchantes , lui aussi subissait une radicale transmutation ! Près du Temple , une monstrueuse entrée de l'enfer exhalait ses relents putrides comme d'une bouche d'ombre , asphyxiant d'odeurs sulfuriques les fleurs transformées en tiges de pierre et de nombreux fruits de plâtre explosé ! Des engins de forage perçaient une grande excavation , narguant les frondaisons majestueuses de l'Arbre de Vie à moitié consumé !

C'était le triomphe de la reine au masque de fer !

27Enoch , fasciné quant à lui par les sortilèges maléfiques d'Arakné , s'était mis à songer que , se trouvant sur Nua-Tara , l'Eden paradisiaque ophidien , il pourrait y fasciner enfin celle qu'il aimait en cachette , Ninti-AnathIl avait beau faire , il voulait cette fois la séduire par la force , car il se croyait beaucoup plus digne qu'elle de la majesté qu'elle avait , selon lui , usurpée . Chaque fois qu'ils se rencontraient , d'ailleurs , les deux dragons se toisaient , leurs langues crachant le feu de colère et de rage ! 

Mais en ce jour de l'arrivée où une énorme tempête était survenue , emportées par la fureur des éléments , les deux bêtes , dans une terrible bataille , s'affrontèrent une fois de plus en se griffant, se mordant à tour de rôle , soit par cruauté , soit par amour , et le destin voulut qu'ayant fini par se rejoindre au pied du phare , elles chutèrent de tous leurs poids dans une grotte , sous la Tour , au moment même où , près de l'Arbre à moitié calciné , la " Dame de Feu " , l'antique serpentaire au nouveau nom de Lilith , sortait du Temple sous une nouvelle forme alchimique . 

Puis , le chasseur d'Orion , plongé "dans un liquide amniotique " , se mit à dormir inanimé aux côtés de celle qu'il aimait , dans une autre partie de l'astre mystérieux , gigantesque ville-lumière formée de dix habitacles . Là , les créatures , gisant sur la Table d'Emeraude où on les avait installés , furent à moitié conscientes , néanmoins , de la présence , autour d'elles , de formes quasi-invisibles qui les opérèrent , leur faisant subir une transmutation corporelle transitoire de " golems liquides formés par télépathie à partir d'argile rouge et de concrétions terrestres " , qui devaient renaître ensuite dans une nouvelle dimension , d'abord sous la forme unique de TANKA , le dieu indien , pour ce qui concernait le commandant de la flotte , avant qu'il ne se retrouve , à une autre époque , auprès de sa chère promise , devenue sa mère Anna , apparaissant aux confins de Sumer et d'Akkad . Alors , l'ancien astronaute et géant Néphilim âgé de plusieurs siècles , rêvait , avant de s'endormir après le travail de la forge , aux légendes que sa maman lui racontait sur l'Atlantide . ( 37 )

28 - Un jour , Prométheus , voleur du feu divin , devenu le Grand-Mage Horiosis de ce pays fabuleux , le retrouva et le conduisit à bord d'une soucoupe fluidique au sommet du gigantesque phare dominant cette contrée ! Cependant , "quelque chose avait changé qu'il ne pouvait comprendre ... " Etait-ce vraiment lui ? Tandis que se présentait une femme nommée Diana , dont il pensait identifier le visage comme " celui qu'on cherche toute sa vie " , pourquoi , se demanda-t-il enfin , réclamait-elle avec tant d'insistance un mystérieux code qu'elle croyait en sa possession ? 

Des Atlantes vont tous nous tuer  ! " , s'était-elle écriée soudain , laissant supposer un piège et tentant de le séduire par ses caresses .

Mais n'était-ce pas plutôt , s'interrogea-t-il , une sorte de subterfuge imaginé par ses anciens maîtres d'Orion pour s'emparer du Talisman de l'Etoile afin de l'unir à leur Pierre de Baal maléfique et poursuivre ainsi la conquête de toutes les dimensions de l'univers ? Quant à leur ennemie , l'infernale arachnide couronnée chef de l'Empire du Mal , qu'était-elle devenue après sa transmutation dans la matrice divine ? ( 38 )

Il l'imagina ressortant de l'abîme " transformée en salamandre souple et sinueuse , Medusa glissant sur l'herbe avec sa robe verte hérissée d'épines , portant sur les boucles de sa coiffure végétale entrelacées de serpents , la Coupe étincelante ! "

( 39 )

 
 
( A Suivre )
 
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GENESE ( Cycle de L'Etoile XXXV ) - Seconde Partie - Invasion - IX - Transmutations - Pep gwir miret strizh -All rights reserved -Tous droits réservés - " GENESE " - Copyright 2025 Dan Ar Wern .
                                           
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Notes :
 

35 - Arbre du Monde ou Yggdrasil reliant , dans la mythologie nordique , la Terre au Ciel , associé peut-être à l'Arbre de Vie et celui de la Connaissance du Bien et du Mal dans la Bible ( GenèseII , 9 et 17 , III , 24 ) , mais aussi à l'Arbre de Jessé

( Isaïe , XI , 1 ) = ARBOR MIRABILIS - Voir note 21 .

36 - " Second Faust " ( 1832 , Posthume ) de Johann Wolfgang Von Goethe ( 1749 - 1832 ) , Acte III ( Hélène ) : Devant le Palais de Ménélas à Sparte .

37 - Lilith , la prostituée de l'Apocalypse ( 17 , 1 ) .

     - Wakan Tanka , le Grand-Esprit des Amérindiens

       Tunkan = le Dieu-Pierre , l'Esprit de la Pierre ( Sioux ) .

       Salish = peuple de Colombie-Britannique vivant sur les rives du Kawkawa .

Voir Le Livre de Virginia ( Cycle de L'Etoile VI ) - III , 15 - Mille Ans de Bonheur ! - Copyright 2020 Dan Ar Wern / Edilivre - Tous droits réservés .

38 - Le Livre de Virginia ( Cycle de L'Etoile VI ) - II , 15 - Le Voyage d'Enoch - Copyright 2020 Dan Ar Wern / Edilivre - Tous droits réservés .

39Le Livre de Virginia ( Cycle de L'Etoile VI ) - II , 14 - Si le Grain ne Meurt ... - Copyright 2020 Dan Ar Wern / Edilivre - Tous droits réservés .

 

* " To the Lighthouse " ( Vers le Phare , 1927 ) , roman de Virginia Woolf ( 1882 - 1941 ) .

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GENESE ( Cycle de L'Etoile XXXV ) - Seconde Partie - Invasion - VIII - Métamorphoses .

30 Décembre 2025 , Rédigé par Dan Ar Wern Publié dans #GENESE

Ninti

Ninti

GENESE

( Cycle de L'Etoile XXXV )

 

 

Seconde Partie

Invasion

 

 

VIII - Métamorphoses

 

 "  Le ciel aurait-il fait cet amas de merveilles 

   Pour la demeure dun serpent ? "

Molière - Psyché ( 1671 ) 

Acte III , scène 2 )

 

 

Comment fuirais-je le Pays 

  Qui enferme tout l'Univers ,

  Là où s'en va Tristan ,

  Veux-tu le suivre , Isolde ?

Richard Wagner - " Tristan und Isolde " ( 1857 )


 

22 - Il y avait une grande île au bout de l'univers , miroir des gouffres de l'insondable océan stellaire qui entouraient une Jérusalem céleste flottant en équilibre comme un diamant de feu sur un lac de lumière aux vagues d'argent sans cesse renouvelées . Constituant un genre de porte obligatoire ou sas alchimique , cette planète fantôme formée de six lunes orbitales , trois n'étant qu'un pâle reflet de sa jumelle gravitant autour d'un énorme soleil rouge , transmutait n'importe quelle matière primaire minérale , reptilienne ou terrestre en eau spirituelle ! Au terme d’une poursuite dont il ne savait plus si elle relevait de son propre fait ou d’un appel subliminal de la divinité transcendante , Enoch avait pu réussir à atteindre , avec son équipage , cette matrice cosmique située dans la constellation du Verseau ( NGC7293 , ou nébuleuse planétaire de l'Hélice surnommée l'Oeil de Dieu ) , la fabuleuse Auberive ! ( 33 )
Cet astre mimétique aux six globes jumeaux tournait lentement dans une clarté lactescente , comme si chacune de ses sphères satellites veillait sur un secret antérieur à la création . Ce n'était pourtant pas un monde comme les autres , mais une matrice , un ventre cosmique , un seuil qui , à
 l'instar d'une Solaris , était capable , si nécessaire , de se défendre en changeant d'apparence . On constatait par exemple ,  que la surface totalement désertique du sol où les nouveaux arrivants marchaient , possédait , sous un même soleil , son équivalent liquide sur l'autre , impossible à distinguer parmi les flots de lumière les rendant , au travers d'une atmosphère qui , toutes les deux , les fécondait , complètement invisibles ! Tout , ainsi , semblait conçu non pour durer , mais pour engendrer , comme Hélix , la spirale , enserrant le soleil d'or , qui accoucha du dieu Ptah , l'astre noir tenant la boule contenant ses oeufs de scarabée dans ses pattes arrières ! ( 34 )

C'était donc là , sur cette planète Adama d'Auberive , unie à son double Ana , que vivait le peuple de Dieu ...

23 - Lorsqu'il y parvint , ce matin-là , l'explorateur ne savait pas encore pourquoi , sensation étrange , un épais voile de brume , que le vent marin portait avec l’odeur des algues , l'avait décidé à la suivre seul sur une 'île , destination mystérieuse où un phare austère , perché sur une falaise , dominait le large de ses murailles blanchies par le sel et le temps . Qui l'avait poussé dans l'embarcation , comme si quelque chose ou quelqu'un l’attendaient là-bas ? Il croyait vivre un rêve , ne sachant plus très bien ce qui lui arrivait . Quelques images d'une course folle à travers les vieilles rues tortueuses d'un port , souvenirs trompeurs , pensa-t-il , qui l'avaient laissé dans un état de fatigue ,  d'intense prostration . Ce devait être ça , l'ivresse de l'espace , après tout , la relativité ... Etait-il tombé dans quelque trou noir , avait-il franchi la barrière de lumière où la vitesse n'existe plus , disaient certains , ni le temps ?

Folles théories , sans doute , mais qu' il s'était mis à craindre , délirant pendant son sommeil , grelottant de fièvre sous son scaphandre de synthèse ... Et les autres , qu'étaient-ils devenus ? Le vaisseau ?

La chaloupe dérivait maintenant vers le large d'un paysage indescriptible où il avait cru sentir un moment la chaleur d'une lumière blanche envahir son âme d'une paix , d'un silence inexprimables ... Mais c'était avant les lueurs équivoques de cette parole aux multiples couleurs grises , métalliques , plantant de toutes parts les lames acérées de ses milliers de vaguelettes contre la frêle embarcation ...

" Pourquoi me persécutes-tu ? ,  lui murmurait le lugubre océan tandis que le phare , grossissant à vue d'oeil au pied de sombres rocailles , tachait de sang sa surface menaçante !

Dès l’entrée , une jeune femme-sirène en habit blanc l’accueillit , qui ne lui était pas inconnue , dont le beau visage d'une incomparable clarté , avec des regards de mer profonde , encadré par un voile immaculé , s'éclairait d'un sourire si vif , éclatant de jeunesse !

Pendant qu'il lui expliquait sa simple curiosité à-propos de sa ressemblance avec la belle blonde l'ayant accueilli la veille , elle l’observa longuement , puis murmura :
- Moi , je suis
Moïna , sa soeur jumelle , mais je suis une brune aux yeux verts !
Guidée par il ne savait quelle intuition profonde , il la suivit ensuite sans rien dire jusqu’au jardin . Là , une créature se tenait debout , silhouette majestueusement blanche au milieu d'un buisson de roses , le regard perdu dans une lointaine rêverie toute illuminée d'une lumière intérieure , coiffée d'un chapeau fleuri pour s'abriter du soleil ou , peut-être , humblement cacher au jour son apparence qu'elle jugeait , sans doute , trop insignifiante et trop changée pour ses amoureux du temps jadis . Lorsqu'il tomba sur elle ,  vers la fin de l'après-midi , elle l'accueillit comme un enfant venu jouer ici , dans ce petit bosquet de lierre parsemé de lys et jasmins .

Puis , quand il en eut franchit le seuil , ressentant l’impression de retomber en lui-même , il se retrouva brusquement sur Argol . Mais ce n'était plus la planète méthanière , grisâtre et mutilée par les mines , qu'il avait connue jadis . Elle s’était transfigurée . Là où s’étendaient des carrières béantes , maintenant , s’ouvraient des parcs merveilleux traversés d’eaux musicales , qu'un habile jardinier , selon les préceptes d'une douce géométrie , avait sans doute ordonnés et dessinés . Des arbres inconnus mêlaient leurs feuilles et leurs fruits odorants dans une même floraison continue . Au centre , un temple s’élevait , non bâti mais comme exhalé de la terre elle-même , en parfaite harmonie avec le ciel . Et près de ce palais divin , dans un clos d'églantines , sorte de presbytère , elle l'attendait , Ninti-Anath , enfin immobile, enfin offerte au regard , son visage n’exprimant plus la distance impériale ni la fuite , mais une paix grave , bienveillante .

- Enoch , mon chéri ? murmura-t-elle .

Ces douces paroles firent naître en lui un écho lointain , celui des vacances d'été dans sa famille adoptive d'Havila … Cela faisait si longtemps qu'il n’avait entendu son prénom prononcé ainsi , par la copine d'un de ses amis d’enfance , insaisissable et rêveuse , avant qu'elle ne devienne altesse royale , et qui disparaissait souvent dans les champs de minerais pour observer les étoiles .
- Je savais que tu viendrais , lui dit la femelle , se tournant lentement vers lui , comme si leurs tendres retrouvailles , d'après elle , avaient été inscrites dans une trame invisible .

Il fut tellement surpris par cette rencontre imprévue qu'il aurait voulu , gagné par la gêne et l'humilité , s'enfuir aussitôt . Mais elle insista pour le retenir , lui expliquant qu’elle avait trouvé refuge ici après des années d'exil . Ensuite , ce qui le bouleversa le plus furent ses révélations , car elle avait , lui confia-t-elle , commencé à recevoir des messages de l’ " au-delà " , de son père l'empereur , mort pendant la grande hécatombe .

- Il me parle de semences du ciel , lui déclara-t-elle , de graines lumineuses , porteuses d’espoir et de transformation , qui ne viennent pas de lombre , pas du Malin , mais dune source pure dépassant notre compréhension .


Puis , elle lui montra un carnet qu’elle gardait précieusement sur elle , contenant , à l’intérieur , une carte du ciel et des prières qu’elle recevait chaque jour , convaincue que ces paroles n’étaient pas qu’un simple symbole , mais qu'elles étaient bien vivantes . Peu après , marchant à sa suite , Il la suivit à travers des plaines irisées , des étendues d'herbe verte où le sol semblait respirer sous ses pas . Ne se retournant pas , tantôt proche , tantôt déjà lointaine , sa silhouette paraissait guidée par une connaissance plus ancienne que la mémoire . Au bord d’un promontoire de cristal noir se dressait le sémaphore , unique architecture visible sur toute la planète , colonne de lumière figée , sentinelle entre les mondes . Tandis qu'à nouveau , ils s’en approchaient , Ninti posa la main sur la poitrine de son compagnon . Celui-ci crut reconnaître , dans ce geste , l’accomplissement de toute sa quête : la fin du mensonge , et la promesse d’un amour enfin rendu possible par la métamorphose du monde !

24Mais le rêve avait sa profondeur secrète . Car , sous le phare d’Auberive , loin de ce jardin mirifique , la vérité se disait d'une autre façon . Le corps d'Enoch était immergé dans un liquide amniotique , semblable aux eaux du commencement , tiède et lumineuse conception d'une mer intérieure . Autour de lui , des parois organiques , palpitantes comme un coeur cosmique écoutant son souffle . Il n’était pas seul . Auprès de lui , la fille d'Uruk était là , enlacée à lui , non plus  ophidienne , longue et brillante salamandre , mais humaine , leurs deux corps entrelacés dans une union antérieure à toute forme . C’était là que s’opérait l’œuvre véritable . Car celle qui était apparue dans le jardin , douce et aimante figure d'un rêve , pouvait-elle être encore celle qu’il croyait ? 
- Nous avons tous une part d'obscurité en nous , n'est-ce pas ? , lui dit-elle . Ne crains rien , je sais tout ce qui s'est passé , pendant cet horrible jour ...

Il resta perplexe pendant qu'elle lui parlait , avec une clarté qui le troublait profondément , de ses visions d'êtres venus des cieux , qu’elle voyait descendre ici comme une pluie de météores fulgurantes !

25 - N'était-ce pas cette horrible boule de souffre à l'éclat trompeur qui , au large d'Auberive , se nourrissait de l'énergie divine ?
Dans une grotte à l’abri des six lunes , comme un autel entouré de cierges ,
 la cruelle vipère Arakné quittait sa peau ancienne . Elle s’était métamorphosée , assumant une forme désirable , façonnée pour tromper le désir en orientant la genèse . Non pour détruire , mais pour détourner le couple ophidien qui s'était uni dans la matrice et devait être transmué en créatures humaines - chute ou élévation , nul ne pouvait encore le dire . Car le songe d’Enoch était le voile nécessaire à cette transformation , derrière le mythe que la chair devait traverser , pour changer de nature . Et tandis qu’il s’abandonnait à l’amour dans le jardin d’Argol transfiguré , il ignorait encore que toute naissance exige la trahison d'un rêve , et que toute métamorphose porte en elle aussi la possibilité d'un choix .

N’aie pas peur , lui dit le Serpent . Tu es entré dans le mystère .

Elle s’approcha plus près de lui . Sa beauté était simple , presque biblique , semblable à celle d’Ève avant la honte . Elle posa sa main sur un fruit suspendu à un arbre inconnu .

Tout ceci est donné , dit-elle . Mais il faut consentir à devenir autre .

Il voulut lui répondre , mais l’eau entrait déjà dans sa bouche sans l’étouffer .

- Qui es-tu ? , lui demanda-t-il enfin .
- Je suis celle qui rampe et qui se dresse . Mais avant les noms , j’étais déjà là .

Le corps ophidien se mit à changer . Les anneaux se détendaient , la colonne se redressait , la peau se fissurait comme une ancienne tunique . Des membres humains , dans une douleur silencieuse , poussaient lentement .

- Pourquoi cette métamorphose ? 
- Parce que le serpent ne peut engendrer l’homme sans le devenir lui-même .

Alors , le prince comprit - sans encore l'accepter - que l'humanisation serait la plus dangereuse des métamorphoses , que le paradis retrouvé n’était qu’un voile , nécessaire , peut-être , pour que la chair accepte de changer de nature .

Et tandis que, dans le jardin d’Argol transfiguré, il s’unissait à celle qu’il croyait aimer , le serpent prenait son apparence , la salamandre devenait un double de la femme , et l’homme , sans le savoir, consentait à une nouvelle Genèse - obscure , inversée , redoutable !

 
 
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Notes :
 

33 NGC 7293 ou nébuleuse de l'Hélice est une nébuleuse planétaire située dans la constellation du Verseau, à proximité du Poisson austral. Sa forte ressemblance avec un œil humain lui a valu le surnom de " L'Oeil de Dieu " . 

34 - " Les Alchimistes " , II , 1 - Jean Biès , 2000 .

 

 
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