LE GARDIEN DU MARAIS
II - Le Retour
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LE VOL DES OIES SAUVAGES
Teaser / Bio
L'Appel du Passé
Un jour , le maire de Bouvron qui , soucieux de redynamiser le tourisme de sa petite commune bretonne , avait entrepris des recherches sur l’histoire du manoir de Boisjourdan invita les O’Callaghan de Detroit , aux USA , à revenir , afin de restaurer le domaine familial , sur la terre de leurs ancêtres . Peu à peu , celui-ci reprit vie . Mais alors que les travaux s'avançaient , le passé refit aussi surface , révélant la présence en ce lieu d'une cassette autrefois cachée par le Duc de Bretagne , petit état souverain jeté aux oubliettes . Convoité par les révolutionnaires , ce trésor avait été ensuite emporté par les " Oies Sauvages " , ces irlandais , contraints de fuir , qui s'en étaient servis pour faire fortune aux Amériques . Cette énigme , ignorée de leurs descendants peu intéressés par l'histoire européenne , allait-elle maintenant changer leur destinée ?
DAN AR WERN , écrivain breton , vécut sa prime enfance au coeur de la forêt de Brocéliande avant de voyager à travers le monde , se passionnant pour la littérature , la culture celte , la musique , l'ésotérisme et la spiritualité ...
DAN AR WERN - LE VOL DES OIES SAUVAGES - Teaser ( 4ème Couv.) - Bio - L'Appel du Passé - Pep gwir miret strizh - Tous droits réservés - All rights reserved . " LE VOL DES OIES SAUVAGES " , copyright 2025 .
LE VOL DES OIES SAUVAGES
- V -
Table des Matières
I - Préface / Dédicace
Le Trèfle et le Lys
II - 1 - Les Exilés de Boisjourdan - 2 - Les Fantômes de Quéhillac - 3 - Le Collier d'Or - 4 - Morvan De L'Aulne - 5 - La Crypte de Dun Carraigh - 6 - Les Croix de Savenay - 7 - Le Traître - 8 - Les Descendants - 9 - La Chambre aux Secrets .
III - EPILOGUE
10 - L'Héritage Oublié .
IV - L'INVITATION DE L'ANGE
Résumé
V - TABLE DES MATIERES
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Il savait aussi qu'un de ses ancêtres du côté maternel , Étienne Le Goff , officier de la Garde du Roi , avait été exécuté en 1794 à Nantes pour avoir tenté de sauver une religieuse venue de Compiègne .
Et surtout , qu'un mystérieux codicille avait été découvert dans les papiers de son père , un parchemin scellé portant un lys effacé , avec la devise latine " Lux perennis " ( lumière éternelle ) .
À l’époque , il n’y avait vu qu’une curiosité d’archives .
Mais aujourd’hui , ces bribes formaient une trame : sa lignée avait , à différents moments , frôlé le cercle intime de cette pauvre sœur de Louis XVI , Madame Élisabeth , qui aurait ainsi , en désespoir de cause , en confiant l’escarboucle capétienne à une carmélite chargée de la sauver des horribles griffes de sanglants Révolutionnaires , voulu préserver l'âme du trône et de la Monarchie . Plus il y pensait , plus le puzzle s’illuminait . Son arrière-grand-père archiviste au couvent des Carmélites de Nantes n’avait pas seulement inventorié des manuscrits : peut-être avait-il été aussi dépositaire d'un fragment de la carte menant à la pierre ? Le codex ne serait alors qu’un message destiné à transmettre l’existence du joyau sans jamais en révéler l’emplacement exact .
Et s’il avait rêvé d’Esther , ce n’était sans doute pas uniquement à cause des manipulations psychiques d’un laboratoire : les ondes minérales , comme si le rubis reconnaissait le sang de ceux qui l’avaient jadis protégé , pouvaient avoir activé en lui une mémoire latente , un appel génétique . Il sentit comme une brûlure au creux de sa poitrine , un mélange de fascination , de colère .
Oui , sa famille avait bien possédé ce trésor , ou du moins , peut-être , la connaissance de sa cache . A présent , c’était à lui , vieil enquêteur désabusé , de choisir : laisser ces héritiers de l’ombre déterrer la gemme , ou , s'il voulait reprendre sa garde avant qu’elle ne rallume les ténèbres du Reich infernal , renouer avec le destin silencieux des siens !
Tombant de fatigue sur le duvet moelleux de son lit , Jean ne put que songer à ce légendaire empereur germanique s'endormant , comme Arthur dans son île , au fond d'une grotte thuringienne et qui , selon Novalis , aurait dû offrir au monde , pour le guérir , sa souffrance gravée sur le coeur d'un grenat pétri de sa chair et de son sang . ( 16 )
N'était-ce point la marque d'un énigmatique passé ?
Et puis n'avait-il pas , en fouillant les fiches d'Interpol , découvert que sa propre famille aurait gardé la pierre depuis le Moyen Âge , avant que des membres pro-nazis de la collaboration ne tentent de l’emporter en Allemagne en 1944 ?
Le carnet d’un ancien résistant parlait même d'un transfert avorté à la fin de la guerre et d'une cachette mystérieuse dans un château du Morvan ..., lieu de convergence énergétique . ( 17 )
Il se rappela également que le fragment caché dans la pierre funéraire mentionnait un " crépuscule " sur une petite île servant de repère qui , à marée haute , n'était qu'un rocher mais que les flux d'équinoxe découvraient brièvement , que la " lumière éternelle " pouvait ne pas être seulement un rayon de soleil , mais une lueur intérieure , une intime vibration que seul un cœur pur pouvait percevoir à chaque solstice d’été , le soleil couchant s'y glissant , formant un couloir lumineux qui , prolongé , venait frapper l’entrée d'une grotte . Et c'est ce rayon qui , semblait-il , méritait le nom de " Lux perennis " ! Il se mit presqu'à rire de faire semblant de croire à ce qu'il appelait souvent des " racontars de bonne femme " !
Pourtant , réfléchit-il , dans la tradition bretonne , c'était aussi ce " Roi perdu " qui était l’héritier caché du duché , endormi avec son peuple comme la Belle au Bois Dormant . Ne disait-on pas que seule une lumière éternelle ( Lux perennis ) venue de l'espace réveillerait la Bretagne à l’heure du grand retour ? Mais ce mythe trouvait également son écho troublant dans la légende germanique du " Kyffhäuser " , en Thuringe , où l'on racontait que l’empereur Frédéric Barberousse dormait sous la montagne et se lèverait un jour pour sauver l'Empire . Il comprit alors la logique glaciale des conspirateurs : parmi les descendants de cette lignée , il devait être comme Frédéric II , surnommé " Stupor Mundi " , un précurseur de l'empereur endormi , le dernier vivant possédant à la fois la mémoire policière capable de décrypter efficacement un réseau , mais aussi tous ces fragments d’archives familiales . Peut-être que leurs rêves induits n’étaient qu’un moyen de fouiller son inconscient pour extraire ce qu’il ignorait savoir ? , se demanda-t-il avant de sombrer dans une certaine mélancolie . ( 18 )
17 - La nuit était lourde , gorgée d’embruns . La marée d’équinoxe gonflait l’océan comme une bête impatiente . Il arriva essoufflé au crépuscule . Jean Morlaix scrutait la houle depuis la plate-forme rocheuse qui dominait l’îlot . Celui-ci , " Enez ar Roc'h " était à peine mentionné sur les cartes . Pouvait-il s'agir de la fameuse " Île Neuve " ?
Derrière lui , quelques membres du groupe " Kalon Vreizh " , parmi les plus sûrs , se tenaient en silence . Ils portaient des parkas sombres de combat , mais autour du cou , chacun avait noué un mince cordon de laine verte , signe de leur serment de gardiens .
Le soleil déclinait . Chaque minute comptait . La paroi était humide . Il fallait la descendre en rappel improvisé avec de vieux bouts de cordages trouvés dans la casemate .
En contrebas , l’écume s’engouffrait dans la faille . L'entrée , presqu'invisible , n’apparaissant que lorsque le soleil du crépuscule éclairait une fissure verticale , minuscule , comme une bouche d’ombre , nichée derrière un amas de goémons . Le dernier rayon rougeoyant s'engouffra dans l'interstice , et frappant la dalle au moment où ils parvenaient au seuil , dévoila un relief gravé d'un symbole rosicrucien , croisement de deux cercles , qui indiquait l’emplacement du reliquaire , signe discret laissé par l’ancêtre alchimiste .
À l’intérieur , l’acoustique amplifiait le ressac , et chaque vague y résonnait comme une note d’orgue , rappelant cette lumineuse " musique des sphères " chère à Saint-Pol-Roux , dont la demeure était toute proche , ainsi qu'à Novalis , le poète romantique .
Sous leurs pieds , dans une crypte naturelle creusée par les vagues , reposait donc le précieux trésor , scellé depuis des siècles dans une dalle d’ardoise . Chaque seconde comptait : dans moins de vingt minutes , la mer remonterait , noyant l’accès . Jean s’écorcha aux arêtes de granit , mais continua . Dans son sac , la clé codée du grimoire cognait contre ses côtes comme un rappel du temps qui file !
Au loin , la mer s’illuminait par intermittence sous la lune voilée .
Il reconnut soudain le clignotement régulier de lampes de plongée .
" Ils viennent ! " , leur lança-t-il dans un souffle .
18 - Des bulles éclatèrent dans la passe étroite .
Un premier plongeur surgit , puis un deuxième , leurs combinaisons noires luisant comme la peau d’un phoque .
En quelques secondes , ce fut une escouade entière qui jaillit de l’eau , huit hommes casqués , tous équipés d’armes à feu sous-marines dont le torse était marqué d'un cercle blanc traversé d’un éclair runique . Les hommes d’Ister étaient là , cagoulés .
Leur chef , un certain Franz Keller , ôta son masque .
- Commissaire ! ... Nous vous suivons depuis Nantes !
Deux silhouettes émergèrent alors de la brume salée , armées de pistolets équipés de silencieux , leurs lampes frontales braquées sur lui .
- La " Lux Perennis " nous appartient . Remettez la clé !
Le commissaire recula , dos au vide , mais un coup de vent détourna le faisceau lumineux des assaillants , tandis qu'un vif éclat de soleil , traversant l’entre-deux des rochers , frappa la paroi derrière lui .
Dans la seconde d’aveuglement qui suivit , il se jeta dans la fissure étroite , roulant dans l’eau glacée .
- Vous cherchez la lumière éternelle , commissaire ? Sachez qu’elle appartient désormais à Ister ...
Ses yeux d’acier reflétaient la pâle clarté de la lune .
- Remettez nous la pierre ! Elle appartient à l’Europe véritable , lança-t-il d’une voix grave qui portait au-dessus du fracas des vagues . Mais , la gorge serrée , Jean lui répondit qu'elle n'appartenait qu'à la mer et venait du ciel .
- Vous ne trouverez ici que ce que votre cœur mérite !
Keller esquissa un sourire glacé , faisant signe à ses hommes qui se mirent en formation , marchant pas à pas sur la roche glissante .
Derrière , Maëlys , la doyenne du groupe " Kalon Vreizh " , entonna une complainte bretonne qui roulait comme le ressac :
" Kalon Vreizh , digor da sklerijen ..."
( Cœur de Bretagne , ouvre-toi à la lumière ...)
Les autres reprirent en chœur .
Le vent sembla se lever avec leur voix , la houle redoubla .
Sous leurs pieds , la dalle du reliquaire vibra , émettant un son grave , presque un battement de cœur .
Les hommes-grenouilles d’Ister , surpris par la résonance qui leur frappait la poitrine comme un tambour invisible , se montrèrent embarrassés .
- Mais avancez ! , leur ordonna Keller .
Alors que les néo-nazis progressaient avec peine , une lueur rouge sombre se mit à filtrer des interstices de la dalle .
Une brume chaude s’éleva , comme si la roche respirait .
Jean sentit la vibration remonter le long de ses jambes , pénétrant sa cage thoracique .
Les mots " Lux perennis " jaillirent de ses lèvres presque malgré lui .
La pierre lui avait répondu .
Une pulsation de lumière écarlate éclatait soudain , plus vive qu’un éclair !
L’océan sembla retenir son souffle . Les lampes des plongeurs vacillèrent , plusieurs hommes reculèrent , comme aveuglés ! Le chef tenta de lever son arme , mais une secousse parcourant soudain la roche , l’eau jaillit d'entre les failles , l’enveloppant d’un nuage de vapeur .
Le métal de son pistolet , qu'Il lâcha en hurlant , lui brûla les mains !
Le regard fixé sur lui , l'ex-policier fit un pas en avant .
- Le Ciel ne sert qu'un maître , lui dit-il calmement . L'océan reconnaît seulement la lumière qui ne cherche pas à le posséder .
Puis , un grondement sourd monta des profondeurs , faisant surgir une lame plus haute que les autres , qui se dressa derrière le commando .
En un instant , elle les submergea , les projetant vers la passe d’où ils venaient .
Les lampes disparurent dans un tourbillon d’écume !
À l’intérieur , un couloir s’enfonçait . Les rayons du couchant , filtrant par la brèche , se réfléchirent sur les parois ruisselantes , mettant le feu à la dalle circulaire incrustée d’opales et de quartz , disposées en rosace .
Au centre , le petit médaillon d’argent portait la gravure : " Lux Perennis "
En approchant la clé codée du grimoire , le commissaire déclencha un mécanisme ancien :
la rosace s’illumina d’une lueur bleutée , semblable à une aurore boréale miniature .
Le bijou – un cristal vermeil incandescent – apparut dans sa niche secrète , irradiant une chaleur incroyablement douce ! Puis , on entendit le sifflement d'une balle à travers la grotte , un cri jaillit soudain de la gorge de Maelys quand elle vit une petite tache rouge sang sur le vêtement militaire de son cher ami qui tomba comme un bloc dans la faille !
Ensuite , lorsque celle-ci se referma , seul le silence resta , rythmé par le battement sourd de l’Escarboucle et le clapotis des vagues ...
16 - Novalis ( 1772 - 1801 ) : " Heinrich Von Ofterdingen " ( 1802 , posth. ) III , "L'Escarboucle " ( Der Karfunkel ) .
17 - LENA ( Cycle de l'Etoile XI ) , I , 6 - Le Clos-Du-Loup - Copyright Dan Ar Wern / Edilivre - janvier 2021 - Tous droits réservés .
18 -
Vieilles légendes germaniques :
Frédéric 1er Barberousse ( 1122 - 1190 ) et Frédéric II Hohenstaufen ( 1194 - 1250 ) - Monument-Souvenir de Bruno Schmitz ( 1858 - 1916 ) en l'honneur du héros légendaire endormi dans une caverne des montagnes du Kyffhaüser ( Thuringe ) .
Le fleuve Ister , c'était ce Danube sacré des Romantiques allemands que Novalis avait chanté comme la voie des mystères de la mythologie nordique , et , dans certains cercles d’ésotérisme , l'on murmurait que le nom cachait sans doute l’anagramme de celui qui , un siècle plus tard , devait entraîner l’Europe dans la nuit . La permutation d’une seule petite lettre avait suffi au glissement d’un rêve mystique vers une horrible réalité de cendres !
Durant ses années au contre-espionnage , le commissaire avait étudié les archives de l’Ahnenerbe , la société occulte du Reich , fascinée qu'elle était par les " pierres tombées du ciel " et persuadée que certaines gemmes recelaient une énergie cosmique susceptible d’accélérer l’évolution de l'homme arien .
Des rapports déclassifiés , d'ailleurs , mentionnaient une " Carbunculus Brittany ", escarboucle décrite dans les textes du poète de Weissenfels comme " l’Étoile rouge du sang primordial " , et qu'on disait capable , grâce à un état de conscience où matière et esprit fusionnent , d’ouvrir la " Porte des Origines " ! ( 11 )
La légende voulait qu’en avril 1945 , dans le chaos de la guerre , un convoi secret en provenance de Bretagne ait disparu avant d’atteindre la capitale du Reich qui n’aurait ainsi jamais mis la main sur la pierre . Depuis , certains survivants de l’idéologie nazie , dissimulés derrière le paravent d' organisations philanthropiques ou de sociétés de recherches psychiques , n’auraient jamais cessé de la traquer .
Le commissaire sentit monter en lui une nausée sourde .
S’ils retrouvaient l’escarboucle , ces héritiers de l’ombre pourraient amplifier leurs expériences de contrôle mental en utilisant ses propriétés de résonance magnétique pour induire des états de transe collective .
C'est ce que lui avait suggéré Klervi Le Guern , parascientifique et physicienne gemmologue , recrutée plus tard par le groupe , lui révélant , lors d’une conférence à Rennes , qu’un ordre occulte ," Die Letzte Flamme " , vouait un culte à une " pierre de feu " que le Troisième Reich aurait recherchée , croyant qu’elle conférait l’ascendant sur les " forces telluriques " . Peut-être l'avaient-ils déjà utilisée contre lui ? , se mit-il à réfléchir soudain . Dans ce cas , la cachette familiale avait probablement été éventée , il y avait sans doute un traître parmi eux ? ( 12 )
Le vieux flic serra le poing .
Ce n’était donc plus seulement une chasse au trésor .
C’était devenu une guerre souterraine personnelle , et lui , dernier détenteur d’indices transmis par sa lignée familiale , se retrouvait à la croisée des chemins . Celui éclairé par l'ancienne lueur d'une carmélite qui avait essayé de le prévenir en songe , ou la nuit glacée d’un ordre qui , sous un nouveau nom , rêvait de restaurer le règne maudit ! Mais il n'avait qu'une seule certitude :
il devait agir vite avant que ne se referme le piège , s’il voulait empêcher que l’escarboucle ne tombe entre de mauvaises mains !
15 - Dans la cathédrale de Nantes , le commissaire , en feuilletant le grimoire tout en observant le mausolée , avait découvert que les mots " Lux Perennis " y étaient écrits d'une encre légèrement phosphorescente , et que , sous une lumière rasante , certaines lettres du texte révélaient de minuscules points dorés , presque invisibles à l’œil nu , formant un schéma semblable à un solstice solaire qui , en les alignant , apparaissait à un instant précis du jour où un rayon de lumière , traversant le vitrail de la Vierge aux Lys , frappait au crépuscule non pas la tête de lion comme prévu , mais une petite rose gravée sur la pierre . En suivant l’ombre projetée , on obtenait un angle qu’il fallait reporter sur une carte de la vieille cité ducale qui était aussi à l'intérieur de l'enveloppe , petite lueur qui , si on la prolongeait pointait jusqu'à un îlot se trouvant en aval de l'ancienne île Feydeau , aujourd’hui disparu , qui , au XVIIIe siècle , quasi effacé , portait le nom d' Ile Neuve ou Îlette Neuve . ( 13 )
" Là où la lumière meurt , l’étoile se lève ! , précisait le texte .
Cherche l’instant où le jour devient nuit ,
L’île révélera ton cœur ... "
C'est alors qu'en un éclair il revit les vacances familiales chez les cousins de Morgat et la balade en mer dans la barque de " Tadig-kozh " vers les " Tas de Pois " , murmurant à part lui : " Bon sang ! Novalis ... l’île neuve ( Nova Insula ) ... Comment n'y avais-je pas pensé avant ? " ( 14 )
Mais à cet instant même , il ressentit peser une forte pression mentale , comme si on essayait de lire en lui ses pensées les plus intimes . Pour instinctivement brouiller le signal , il s'efforça de penser alors , tout en glissant la carte avant de sortir , dans la doublure de sa veste , à des choses très banales , comme cette vieille chanson bretonne que lui avait enseignée sa chère grand-mère :
" Ne vo klevet met trouzig hon treid war an traezh , ha kri ar skreved , hag an enez 'vo deomp , marteze ... " ( 15 )
Mais un détail l’obsédait : si le mot Novalis lui-même était un piège , une fausse piste semée dans mon inconscient ? , s'interrogeait-il avec angoisse .
10 - Ishtar - Hister - Hitler - La Nuit de Cézembre ( Cycle de L'Etoile 5 ) - II , 2 , IV - Labyrinthe - Copyright 2019 Dan Ar Wern / Edilivre - Tous droits réservés - Note 23 .
11 - " Ahnenerbe " , institut de recherche nazi créé par Himmler ( 1935 ) dont le siège était à Wevelsburg . Il était chargé d'étudier le patrimoine de la race Indo-européenne nordique et de prouver la superiorité raciale des Aryens - La Nuit de Cézembre ( Cycle de L'Etoile 5 ) - II , 1 , V - L'Empereur Sauvage - Copyright 2019 Dan Ar Wern / Edilivre - Tous droits réservés - Note 27 .
- Weissenfels , ville d'Allemagne , dans le Land de Saxe-Anhalt , où mourut Novalis .
12 - Die letzte Flamme = La dernière Flamme .
13 - Lux Perennis = Lumière Eternelle
14 - Tadig-kozh = papy
- A l'extrémité de la pointe de Pen-Hir ( Beg Penn Hir ) , dans la presqu'île de Crozon ( Cornouaille ) , se trouvent les " Tas de Pois " ( Ar Bernioù Piz / An Daouioù ) .
- Île Neuve = Novalis ( Nouveau champ , terre vierge ) - Novus = nouveau , Insula = île .
15 - " Stok Ouzh an Enez " , poème de Youenn Gwernig ( 1925 - 2006 ) , chanteur , poète breton : ( L'on n'entendra que le bruit sourd de nos pas sur le sable , et le cri des mouettes , et l'île sera nôtre , peut-être ... ) - " An Toull en Nor " , Janvier 1964 - pep gwir miret strizh - Tous droits réservés .