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LE VOL DES OIES SAUVAGES - V - La Crypte de Dun Carraigh .

4 Avril 2025 , Rédigé par Dan Ar Wern Publié dans #LE VOL DES OIES SAUVAGES

Château sur la falaise ( 2023 ) , par Anthony Colange .

Château sur la falaise ( 2023 ) , par Anthony Colange .

 

 

LE VOL DES OIES SAUVAGES  

       

 

" Le jour est à nous , mes enfants  ... "

Derniers mots de Charles Chalmont , marquis de Saint-Ruth , général français , commandant des troupes de Louis XIV, qui périt à la bataille d'Aughrim . 

 

 

 

 

V - La Crypte de Dun Carraigh

 

 

 

 

" I have spread my dreams under your feet ;

  Tread softly because you tread on my dreams . "

( J'ai répandu mes rêves sous tes pieds ;
  Marche avec douceur car tu marches sur mes rêves )

" He Wishes for the Cloths of Heaven " ( 1893 ) , poème de William Butler Yeats ( 1865 - 1939 ) inspiré par Maud Gonne .


   

9 - Combien de temps , depuis la ville voisine , ils roulèrent  dans la fraîcheur de la campagne irlandaise , avant de parvenir , sur la côte , sous un soleil pâle mais radieux , filtré par les derniers nuages de l'hiver , à une petite cour formée de bâtiments anciens qu'on aurait dit ceux d'une grande ferme balayée de noroît ? Puis , ce fut comme un chant céleste où se mêlait au gazouillis d'oiseaux du printemps , tourterelles annonciatrices des temps nouveaux , les voix humaines d'une nuée d'enfants et de jeunes filles en fleur qui accouraient vers la voiture en bande joyeuse depuis la grosse tour ouvrant l'édifice ! Une sorte de petit gnome , alors , bambin d'une dizaine d'années déguisé d'une fausse moustache et d'un manteau d'arlequin , les conduisit vers l'intérieur d'une demeure majestueuse , Ballygriffin House , qui ressemblait à une abbaye ou un monastère au milieu des embruns battant la haute falaise , où , plus loin , se dressait , noir et ruisselant , le vieux castel de Dun Carraigh . C’était un lieu oublié des cartes , connu seulement des initiés . Dans les escaliers en colimaçon de pierre , une torche vacillante les guida , son écuyer Mikaël et lui qui , sans doute , portait sous son bras , dans un tissu de velours fané , quelque objet de valeur .

- Morvan , tu es venu , enfin ! Je ne t'attendais plus , tu sais ! , lui lança d'un ton réjoui , derrière ses petites lunettes rondes , celle qu'il n'avait pas revue depuis tant d'années , depuis le conservatoire de musique à Paris , jeune marquise aux cheveux blonds noués sur la nuque avec un ruban vert , paraissant transie de froid sous son pull écru beige en laine shetland ! Tout de suite , il fut séduit par son charme singulier , de même que par l'exotisme de sa voix si chaude et presque gutturale .

Je t'en prie , ajouta-t-elle en s'engageant dans cette bâtisse imposante dont la masse noire au-dessus de l'océan , découpée sur un ciel de nuées ténébreuses , rayonnait parfois de lueurs verdâtres venant aussi , par moments , réfracter le clair-obscur des traits d'une Madone qui en était l'hôtesse , en surmontant le seuil avec une croix celtique pendant à son cou , gravée sur la pierre .

- Bienvenue ! , fit-elle encore d'un air dégoûté . Quel temps de chien !

- Le vert , 'est quand même la couleur de l'espérance ! , lui rétorqua le jeune homme s'efforçant d'encourager sa compagne .

... Et celle aussi du Graal , notre " Pierre du Destin " , conclut-elle d'un sourire mystérieux , ne se doutant pas que ces quelques mots , la frappant soudain d'angoisse et d'incertitude , ne feraient que figer davantage l'expression de son beau regard , peut-être devenu polaire , soudain , comme la bise hivernale alentour ! ( 7 )

- Mais comment parvenir au sanctuaire intérieur ?

         La pluie glaçante venait juste , en effet , d'arrêter de tomber . Mais le vent doux soufflant sur la clairière et les semences d'orge printanières , brusquement , se mit à tournoyer dans les arbres comme un fou , ses bourrasques de neige déclenchant un violent orage au-dessus des habitations , tandis que l'apparence de la noble irlandaise vêtue d'aigue-marine paraissait grandir peu à peu , dessinant une silhouette fantastique sur les murs du château comme dans les nues blanches tourmentées ! 

- ... Erin , 'est-ce pas le nom que l'on donne aussi à l'île d'Emeraude ? , lui demanda enfin le breton qui connaissait déjà sa réponse .

Nous nous retrouvons après des siècles , n'est-ce pas ? " , lui psalmodia-t-elle à l'oreille comme une amoureuse pensée ... Mais croyez-vous que le Christ soit seulement venu ici pour mourir ? , ajouta la belle hôtesse .

Non , mais pour commencer !  Ce soir , nous célébrons dans la crypte de la chapelle , et selon le rite de l'église dont je suis diaconesse , le souvenir de l'ancien royaume de Tara ! ( 8 )

         On était en effet le 20 mars , veille d'équinoxe . L'exilé qui avait fui sous un nom d'emprunt , s'était embarqué à Saint-Nazaire , aidé par d’anciens marins bretons passés à la contrebande . Il serrait maintenant contre lui le précieux coffret contenant la parure ducale .  Au bas des marches , la petite salle vers laquelle ils descendirent , s’ouvrit comme un caveau de géants .

La druidesse avait , d'abord , célébré l'ouverture de la cérémonie , prenant la parole devant sept silhouettes encapuchonnées qui , debout , dans la pénombre de la grotte éclairée par des lampes à huile , les attendaient , rassemblés tout autour d’un cercle de pierres anciennes , C'étaient d'anciens officiers de l'île ou du continent . Chacun avait perdu un frère , une terre ou un rêve dans la tourmente révolutionnaire . Ils s’appelaient Lemoine , La Bourdonnais , Treverien , O’Maoláin , Kerviler , Donnellan , Mahé .

- Le pire , leur dit l'oratrice , ne serait-ce pas de traverser la vie sans naufrages , d'être éternellement resté à la surface des choses , de n'avoir jamais été un jour précipité dans une autre dimension ? , conclut la prêtresse .

- Cher ami , vous avez accompli limpensable ! , parut lui répondre le plus ancien des sept , un certain comte O'Maolain , ancien brigadier des régiments irlandais au service de la France , dont la voix résonna en écho avec la sienne contre la muraille de roche , et qui avait fait un pas en avant .

Morvan de L'Aulne avait non seulement , résuma-t-il , récupéré à Bouvron le collier d'or , mais également la couronne ducale de l'Abbaye Notre-Dame de Blanche Couronne , à la Chapelle-Launay ... Il s'était enfui afin de retrouver ici ses frères de l'assemblée des " Oies Sauvages " dont les membres , réunis en secret , promettaient de se battre jusqu'au retour de la monarchie en France , mais aussi pour que l'Ouest et l'Irlande retrouvent plus tard leurs libertés ! ( 9 )
Au centre , il y avait une dalle plate gravée d’une hermine stylisée . Le chevalier breton posa lentement les reliques sur la pierre sacrée , déclarant :
- Voici ce que le duc avait confié à Pierre Raboceau pour le salut de mon pays . Voici ce que j’ai sauvé du feu . Ce sont les symboles de notre légitimité . Il ny aura pas de retour sans mémoire . Ni de liberté sans courage !
Un silence solennel suivit. Puis chacun leva la main droite . Ensemble , ils jurèrent :
- Par l’honneur , la fidélité et le sang , nous promettons de nous battre jusqu’au retour du Lys sur le trône de France … et pour que l'hermine recouvre un jour ses anciennes libertés !
Ainsi renaissait la Confrérie royaliste , sous les voûtes oubliées d’un temple battu par la mer où le chevalier d'Armor était plus qu'un simple noble en fuite : il était porteur d’un héritage !
Le vent d’Atlantique mugissait contre les vitraux obscurs du vieux castel . En contrebas de la falaise , les flots frappaient les rochers comme un tambour funèbre .

Un murmure parcourut l’assemblée. Le plus âgé, le colonel La Bourdonnais , vieux chef chouan , prit la parole :
- La Vendée saigne. La France se livre aux sans-Dieu . Mais tant quun seul de nous vivra , notre peuple nest pas vaincu !
Alors , main sur le cœur , autour du diadème posé comme une relique , à nouveau , ils se signèrent :
- Nous , les " Oies Sauvages " , jurons de défendre l’honneur , de restaurer les libertés , de ne jamais trahir la mémoire de nos morts !

 

 

( A Suivre )

 

 

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DAN AR WERN - LE VOL DES OIES SAUVAGES - V - La Crypte de Dun Carraigh - Pep gwir miret strizh - Tous droits réservés - All rights reserved .

LE VOL DES OIES SAUVAGES " , copyright 2025 .

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Notes :

 

- Dans la mythologie celtique irlandaise , la " Pierre de Fal " ( Lia Fàil ) ou  " Pierre du Destin " symbolise le pouvoir légitime et la souveraineté .

8 Tara fut la capitale mythique de l'Irlande , située dans la cinquième province de Mide , dans le centre du pays : c'est la " Colline des Rois " ( en gaélique : Teamhair na Rí ).

9L'abbaye Notre-Dame de Blanche-Couronne est une ancienne abbaye bénédictine située à La Chapelle-Launay en Loire-Atlantique .

 

 

 

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LE VOL DES OIES SAUVAGES - IV - Morvan De L'Aulne .

2 Avril 2025 , Rédigé par Dan Ar Wern Publié dans #LE VOL DES OIES SAUVAGES

LE VOL DES OIES SAUVAGES - IV - Morvan De L'Aulne .

 

 

LE VOL DES OIES SAUVAGES  

       

 

" Le jour est à nous , mes enfants  ... "

Derniers mots de Charles Chalmont , marquis de Saint-Ruth , général français , commandant des troupes de Louis XIV, qui périt à la bataille d'Aughrim . 

 

 

IV - Morvan De L'Aulne

 

 

Tel un navire qui parcourt l 'onde agitée ... " 

Sagesse de Salomon , V , 10 . " 


   


 

 

 

 

7Lors des émeutes du 5 mars 1793 , un mandaté fidèle du logis de Bouvron , le chevalier Des Aulnes , qui était au courant de la présence du collier ducal , s'était enfui en toute hâte avec le précieux héritage avant qu'un groupe de brigands ou de mercenaires , but inavoué des émeutes , ne se soit introduit dans la cave pour s’en emparer . Quant au prêtre dit " réfractaire " , ancêtre du maire actuel , qui avait été impliqué à dessein dans la surveillance du bijou , mais qui avait failli à sa mission , le prétexte paraissait trop beau d'en faire un bouc émissaire pour s'en débarrasser ! Vite arrêté et interrogé par un comité de Nantes , les accusations officielles portèrent sur son attitude apparente vis-à-vis des lois révolutionnaires , mais officieusement , un juge , particulièrement soucieux de faire taire la rumeur , insista pour obtenir ses aveux , cherchant à savoir s’il avait trahi en participant au vol de l’or et des objets précieux . Le curé , malgré la torture ou la menace, n’avait rien révélé , renforçant la légende du trésor perdu . Sachant son sort scellé , il avait tenté , pour protéger son secret , de transmettre un message grâce à une lettre codée .
Après son exécution , le presbytère avait été fouillé de fond en comble , mais en vain , par des sans-culottes cherchant biens d'église et reliques .

 

8 - Ce jour-là , préparant son vieux bateau avec soin , Gwen rassembla ses filets , ses appâts et ses provisions pour le voyage , saluant ses voisins , content d'amener secrètement avec lui un ami de jeunesse , et promettant de revenir avec encore plus de pêche d'ici quelques semaines !

C'était un homme robuste et courageux , dont la passion pour la mer était aussi profonde que les eaux qu'il naviguait . Depuis son enfance , il avait réussi à tirer des flots tumultueux d'Iroise et d'Atlantique , sa subsistance , et les trésors qu'il trouvait aussi bien sous la surface bleue verte de sa " Mor-Breizh " qu'au bord des côtes , lui permettaient ainsi , grâce à son petit vraquier , de satisfaire une clientèle également choisie sur toutes les rives des pays celtes . Les nouveaux horizons ne lui faisaient pas peur , cherchant toujours des débouchés pour son commerce de poissonnerie et de denrées plus rares , tournant son regard vers l'Irlande , terre aux légendes sauvages et si mystérieuses pour tant fasciner les gamins du village ! Un vrai loup de mer que cet homme aguerri par l'expérience , cachant mal derrière de rudes manières sa sensibilité royaliste et bretonne , solide gaillard , bon vivant , dont la cordiale franchise , la détermination , n'avaient jamais pu être entamées par une vie si âpre et difficile !

L'heure venue du départ , le village entier se rassembla sur le rivage pour voir s'éloigner le
" Stern-Ar-Vor " . Les vagues battaient contre la coque du bateau alors qu'il faisait voile , déjà , pour attraper les vents qui le porteraient vers l'ouest . Les cris des cormorans , témoignant peut-être de façon plus ostensible des craintes et prières des villageois , résonnaient dans l'air salé alors qu'il disparaissait à l'horizon .

Le voyage vers l'Irlande ne fut , certes , pas très facile . On dut affronter des nuits sans lune et des vents contraires menaçant de pousser hors de sa route le navire . Mais avec une grande volonté s'ajoutant à une bonne connaissance des
courants , le capitaine , contournant Land's End après une petite escale à Plymouth , continua son périple .

Finalement , quelques jours de navigation suffirent à faire découvrir , se dessinant à l'horizon , les premières falaises de l'Île d'Emeraude au voyageur , qu'un mélange d'excitation et d'appréhension saisit alors qu'il approchait de cette terre tout aussi familière que plutôt fascinante . À leur arrivée , ils furent accueilli par des gens venus à leur rencontre , assez intrigués , pourtant , par la présence de celui qu'ils nommèrent tout-de-suite l'étranger : Morvan De L'Aulne !

 

 

 

( A Suivre )

 

 

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LE VOL DES OIES SAUVAGES - III - Le Collier d'Or .

1 Avril 2025 , Rédigé par Dan Ar Wern Publié dans #LE VOL DES OIES SAUVAGES

LE VOL DES OIES SAUVAGES - III - Le Collier d'Or .

 

 

LE VOL DES OIES SAUVAGES  

       

 

" Le jour est à nous , mes enfants  ... "

Derniers mots de Charles Chalmont , marquis de Saint-Ruth , général français , commandant des troupes de Louis XIV, qui périt à la bataille d'Aughrim . 

 

 

III - Le Collier D'Or

 

 

" C'est l 'Anneau que je désire ,

  Je n'ai que faire de ta vie ! "

Richard Wagner - " Das Rheingold " *


   


 

 

 

 

6 - Donc , cette soirée-là , une brise océane faisait ici ou là , résonner sur les nouveaux murs en schiste du manoir , les derniers rebondissements et potins confidentiels :
- Merci , chères amies ... Mais avant toute chose , avez-vous pu retrouver des traces de l'injustice frappant notre famille ? , demanda l'élu .

- Attendez ! Regardez ici ! , lui répondit nerveusement la jeune Maggie , étudiante passionnée d'histoire qui , au bout de ses longs doigts gracieux de guitariste , pointait l'un des feuillets jaunis qu'elle avait pu photocopier , sorti de son sac : " Interrogatoire du dénommé Corbillé , ex-prêtre réfractaire , 17 septembre 1793 " .

- Cest bien lui , nest-ce pas ?

- Tout à fait ! Mon ancêtre , continua Jean-Baptiste , se raidissant .
La jeune fille poursuivit en chuchotant : "
Le suspect refuse obstinément de révéler l'emplacement d'un dépôt d'or qu'il aurait dissimulé avant son arrestation . Selon certains témoignages , le ci-devant prêtre qui , malgré les menaces de mort , persiste en son silence , aurait été en possession d’un objet précieux , remis jadis à un certain P. R. , valet des anciens tyrans . "
Les regards se croisèrent au bout d'un long silence de la lectrice qui fit remarquer :
- P. R ?

Il doit s'agir de Pierre Raboceau , n'est-ce pas , le chancelier de François II ?
Le notable , tendu , détourna le regard :

- Rien ne prouve que ce soit lui . Ce pourrait être nimporte qui .
Bridget , charismatique et déterminée , observa le maire avec attention :

- C'est possible ! Mais pourquoi refusait-il de parler , même sous la menace ? Il devait savoir que le trésor valait plus que sa propre vie …"
Maître Le Gall , plissant les yeux derrière ses petites lunettes rondes , fit remarquer qu'il y avait une annotation en marge , presque effacée : ‘
Le dépôt reste sous la protection de …’

Puis l’encre était tachée , illisible .
Maggie , frappant la table avec le plat de sa main :

- Taratata , voyons , vous savez tous que ce n’est pas un mythe ! Il y avait bien un trésor ici , le fameux collier du duc dissimulé dans un coffre par son fidèle conseiller ! C'est pour ça , d'ailleurs , que la Commune voulait la peau du religieux qui avait sans doute volé l'argent !

La fiancée de Cormac O'Shiell tira encore de sa poche un autre papier témoignant de l'attendu du conseil du 13 avril 1459 , l'un des rares tenu en présence même du souverain breton , ce qui était exceptionnel et montrait son importance , où il était dit que son homme de confiance , devait revendre au plus tôt le collier d'or que son maître ne pouvait acquérir faute d'argent .

Certains prétendirent , alors , que le diadème avait été entreposé dans un coffre au logis de Bouvron , mais qu'ensuite on avait perdu sa trace . Avait-il été volé ?

Par qui ? Comment Raboceau avait-il pu se procurer la somme afin de rembourser le Duc ? Et les Irlandais , les " Oies Sauvages " , n'avaient-elles pu s'envoler , un jour , avec ce fabuleux trésor qui , par la suite , avait peut-être fondé la fortune de certains de leurs descendants américains ? Ceux-ci , justement , qui , revenant en Bretagne pour restaurer leur ancien Château , cherchaient peut-être encore le trésor ? Et que savait , au juste , le nouveau maire de la ville , descendant du prêtre réfractaire guillotiné pendant la Révolution ?

- Tu vas trop vite , ma chérie ! , la rabroua sa mère , qui craignait le parler trop abrupte de ses amis les " Yankees " .

- D'autant , soupira Le Gall , feuillant le registre une fois de plus , que ces documents de la Révolution sont rarement organisés ... Beaucoup ont disparu pendant les troubles de 1793 ! ( 6 )
- Et si cétait le cas ? , remarqua le maire avec une froide ironie . Pensez-vous sérieusement que , deux siècles plus tard , vous alliez le retrouver ?

Certaines choses sont faites pour rester enterrées !

Bridget , fidèle au peu de sang indien coulant dans ses veines , lui décocha l'un de ses sourires les plus ironiques , parti comme une flèche :
- Ou pour être redécouvertes , monsieur le Maire . Moi , je crois que quelqu'un , par ici , en sait plus qu'il ne voudrait ladmettre .
Il la fixa , un éclair de défi dans les yeux . La chasse au trésor venait de prendre une toute nouvelle dimension !

 

 

 

 

( A Suivre )

 

 

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DAN AR WERN - LE VOL DES OIES SAUVAGES - III - Le Collier D'Or - Pep gwir miret strizh - Tous droits réservés - All rights reserved .

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Notes :

 

Mardi 5 mars 1793 , Loire-Inférieure : Troubles à Bouvron . Pour rétablir l'ordre , 

on décide d'y envoyer un détachement de la Garde Nationale de Paimboeuf .

 

 

* ( Wotan ) : Scène IV de " L'Or du Rhin " ( Das Rheingold ) , opéra de

Richard Wagner ( création le 22 septembre 1869 ) constituant

le prologue de " L'Anneau du Nibelung " ( Tétralogie ) . 

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LE VOL DES OIES SAUVAGES - II - Les Fantômes de Quéhillac .

29 Mars 2025 , Rédigé par Dan Ar Wern Publié dans #LE VOL DES OIES SAUVAGES

Manoir de Quéhillac à Bouvron

Manoir de Quéhillac à Bouvron

 

LE VOL DES OIES SAUVAGES  

       

 

" Le jour est à nous , mes enfants  ... "

Derniers mots de Charles Chalmont , marquis de Saint-Ruth , général français , commandant des troupes de Louis XIV, qui périt à la bataille d'Aughrim . 

 

 

II - Les Fantômes de Quéhillac

 

" Qu'est-ce qui peut subir la mort , sinon ce qui nous trouble et nous sépare ? "
   


   Thomas Mann - " Tristan " ( 1903 )

 

 

 

3 - En ce jour de tempête sur la Bretagne , ce devait être l'oeil du cyclone , lorsqu'elle se mit à lui sourire pour le remercier , comme elle disait , de s'être occupé du " précieux trésor de sa vie " , celui dont elle n'avait entendu que trop peu parler , précisait-elle , dans de vieux livres familiaux venus d'Irlande , une histoire méconnue en Amérique où , grâce aux films d'Holywood , on ne voyait la France qu'en rêvant seulement de Paris la romantique ou de la " French Riviera ", peut-être ?

          Aujourd'hui , le maire de la petite bourgade , Jean-Baptiste Corbillé , recevait les deux étrangères dans son bureau aux boiseries sombres , fixant avec intensité la plus âgée qui venait d’entrer la première , comme si un voile du passé venait soudain de se lever . Troublé , il se leva lentement , marchant vers elle tandis qu'une sensation étrange l’envahissait , cherchant ses mots :
Madame Clare , cest bien cela ?
- Oui , monsieur le maire , fit Bridget , souriante , lui tendant la main . Je vous présente ma fille Maggie . Nous sommes enchantées de faire votre connaissance ! , rajouta-t-elle dans un français balbutiant .
L'élu leur serra la main , le regard fixé sur le visage de celle qui avait commencé à parler . L’écho d’un souvenir lointain s’imposait à lui . Cette femme ... Elle ressemblait tant à sa chère comtesse .
- Comme cest troublant ... J'ai l'impression de vous avoir déjà vue .
- Oh ? Vous mauriez rencontrée quelque part , lui répondit-elle en fronçant les sourcils . Pourtant , c'est la première fois , vous savez , que je voyage en Europe continentale .
Comme pour chasser une vague illusion , son vis-à-vis , dubitatif , secoua la tête .
- Non , madame ... ou plutôt , si . Vous ressemblez à quelquun dont jai retrouvé la trace à la bibliothèque municipale . C'était une " lady " qui venait en cachette , ici , autrefois , communier dans la crypte du château .
Sa fille , en entendant ce titre à l'anglaise , esquissa un petit rire amusé , ses yeux brillant d’une lueur d’intérêt , montrant que , pour une jeune américaine , cette histoire si exotique d'une noblesse clandestine l’intriguait !
Le notable hésita un instant . Devait-il réellement partager cette obsédante réminiscence à-propos d'une héritière de
Caitlin Clare de Saint-Avaugour qui , à la fin du XVIIIe siècle , la Révolution battant son plein , venait en secret dans le manoir où un prêtre réfractaire lui donnait , au péril de sa vie , la communion , son ancêtre , Nicolas ?
La veuve resta silencieuse quelques instants , puis reprit d’une voix douce :
- Corbillé Comme vous . Cétait un de vos parents ?
L'autre hocha lentement la tête .
- Oui . Il a été guillotiné en 1794 . Depuis , son nom est gravé dans lhistoire de notre familleet de cette ville . Certains disent que son esprit hante encore les lieux où il officiait , veillant sur les âmes égarées . ( 3 )
Lourd de sens , un tragique silence prit place , pendant que la visiteuse croisait les bras , pensive . - C'est étrange , en vous regardant , j'ai moi aussi l'impression de déjà-vu ! Comme si ces lieux , ces noms , résonnaient en moi . Parfois , je fais des rêves , j'ai des visions d'une femme en robe d'époque , priant dans l'ombre d'une chapelle .

Mais quand il plongea dans le sien son regard , naquit en lui une troublante évidence née d'une intuition qu’il n’osait encore formuler .

Si l’histoire se répétait , pensa-t-il . Peut-être que certaines âmes sont destinées à se retrouver , au-delà du temps ?

 

4 - Ce soir-là , dans sa chambre , Bridget sentit une présence . L’air semblait plus froid , comme chargé d’une énergie ancienne . Son regard fut attiré par un coin de la pièce où l’ombre paraissait plus dense . En un éclair , une silhouette fantomatique lui apparut en habit d’époque , un regard grave planté dans le sien , puis disparut tout à coup !
- Qui êtes-vous ? , murmura-t-elle , terrifiée !
Elle perçut une voix lointaine et grave résonnant à l'intérieur de sa conscience , ainsi que le dessin d'une main vengeresse levée en signe d’avertissement .
- Le passé réclame justice ! On a souillé mes terres Lancien maire a profané la mémoire du duc en détruisant ma demeure pour y bâtir un commerce vulgaire .
Elle recula contre le mur , le cœur battant à tout rompre.
De quoi parlez-vous ? Que dois-je faire ?
Le fantôme s’effaça peu à peu , ne laissant qu’un murmure suspendu dans l’air :
- Rendez-moi mon nom ! Rétablissez notre honneur perdu !
Elle resta figée , le souffle court . Qui était cet homme ? Et quel secret enfoui cherchait-il à lui révéler ?

5 - Un jour proche , elle se rendit à Nantes pour consulter les archives du Duché en compagnie de Maître Le Gall , traducteur bénévole et de sa fille , étudiante francophone . Après plusieurs heures de recherche , ils tombèrent sur un nom : celui du chancelier Pierre Raboceau , secrétaire , au XVè siècle , des ducs Pierre et François , dont la demeure , jadis un hôtel particulier , avait été rasée récemment pour laisser place à une superette . Pourquoi donc ? , se demanda-t-elle . ( 4 )
Mais un autre détail la frappa : il était également fait mention d'un certain Jehan de Kersaint , son adjoint , qui , en 1478 , avait mystérieusement comploté pour faire disparaître , sans qu'on en retrouve la trace , une partie du trésor ducal . Certains chroniqueurs de l’époque avaient murmuré même qu’il avait été assassiné pour avoir voulu " trop bien " protéger le secret d’État … L'américaine sentit un frisson lui parcourir le dos . Et si la " mafia " irlandaise était dans le coup ? Si cette histoire avait encore une importance aujourd’hui ?
Alors que les deux femmes , consciencieusement , avaient entrepris de superviser la rénovation du manoir , les ouvriers commencèrent aussi à murmurer . Certains prétendaient avoir vu des ombres mouvantes qui s'agitaient comme un voile entre les vieilles pierres , d’autres juraient avoir entendu , au crépuscule , des chuchotements en langue bretonne ou en gaélique .

Un soir , alors que Maggie inspectait les travaux dans l’aile ouest , elle ressentit un courant d'air glacial qui fit trembler la lueur de sa lampe torche , pendant qu'une voix d'épouvante lui fit perdre l’équilibre :
 

- Pourquoi êtes-vous revenus ?..
 

Les manifestations s’intensifièrent de plus belle quand , en déblayant l’ancienne cave du manoir , les ouvriers mirent à jour une vieille malle scellée dans laquelle ils découvrirent des vêtements d’époque tachés de sang séché et , plus troublant encore , deux vieux médaillons brisés provenant d'un collier d’or portant les noms de Barry et de sa soeur , Caitlin Clare , derniers maîtres du manoir avant la Grande Révolution .
Les annales du lieu et les lettres trouvées dans la malle révélèrent leur sombre histoire . On sait que les émigrés irlandais constituèrent des régiments de mercenaires dans de nombreux pays , qu'ils fussent catholiques ou non , l
e principal contingent formant celui qui s'était mis au service de la France en 1691 sous Louis XIV , alors que la Cour jacobite de Saint-Germain en Laye rassemblait des milliers d'émigrés . Sous Louis XV , les Irlandais s'étaient illustrés en particulier à la bataille de Fontenoy . Ils avaient pris part également pour le compte de la France sous Louis XVI à la guerre d'indépendance américaine avec deux régiments Berwick et Dillon . C'est l’Assemblée nationale qui avait ensuite prononcé la dissolution de ces régiments , parce qu'ils étaient suspects d'être fidèles au Roi en 1791 . Le comte de Provence , futur Louis XVIII , avait prononcé , en 1792 , un discours de remerciement pour honorer la très longue fidélité des émigrés irlandais dont le service avait au moins duré une centaine d'années ! Barry et Caitlin Clare D'Avaugour , fervents royalistes et soutiens des Chouans , avaient organisé , aux côtés des insurgés bretons , des sabotages et des embuscades contre les troupes républicaines . Mais en 1794 , dénoncés par un traître , ils furent capturés par les Bleus . Jugés à Nantes par un tribunal révolutionnaire , ils furent accusés de conspiration contre la République . Le 17 mars 1794 , conduits sur la place publique , ils furent exécutés par la guillotine , laissant une malédiction non résolue derrière eux , plus un manoir vidé de ses meubles et occupants . ( 5 )
Depuis , de temps à autre , on croyait voir leurs fantômes qui erraient entre les murs de Boisjourdan , attendant sans doute le retour de leurs descendants pour briser leur destin tragique .
Maggie , fascinée , voulut en savoir plus . Elle engagea une spécialiste bretonne qui lui expliqua que les âmes des morts injustement condamnés restaient prisonnières tant que leur vérité n’était pas reconnue .
La nuit suivante , Bridget fut réveillée en sursaut . Dans l’ombre de sa chambre , une silhouette féminine se tenait près de la fenêtre , vêtue d’une robe d’un autre âge . Etait-ce encore cette Caitlin ?

- Aidez-nous , ne laissez pas notre mémoire s’effacer ! , lui murmura-t-elle .
 

Pour libérer les âmes du couple maudit , Maggie et Bridget décidèrent d’organiser une cérémonie de mémoire en leur honneur . Elles firent graver leurs noms sur une plaque commémorative et réunirent les habitants de Bouvron pour raconter leur infortune .
Le soir de l’inauguration , tandis que la plaque fut dévoilée , comme le vent soufflait à travers les ruines du manoir , une dernière bourrasque agita violemment le feuillage des chênes centenaires
!
Depuis ce jour , les manifestations cessèrent plus ou moins , Boisjourdan retrouvant un peu de paix . Mais parfois , au détour d’un couloir , un éclat d’or brisé scintille sous la lune …

 

 

( A Suivre )

 

 

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DAN AR WERN - LE VOL DES OIES SAUVAGES - II - Les Fantômes de Quéhillac - Pep gwir miret strizh - Tous droits réservés - All rights reserved .

LE VOL DES OIES SAUVAGES " , copyright 2025 .

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Notes :

 

Nicolas Corbillé , ( 1755 prêtre catholique ayant refusé de prêter serment à la constitution civile du clergé , il exerce clandestinement son ministère . Dénoncé , il est arrêté par un détachement militaire et fusillé à Bouvron , le long du mur de l'église . Premier maire de Bouvron .

4Pierre Raboceau , né vers 1395 au duché de Bretagne , secrétaire des ducs Pierre II et François II de Bretagne de 1459 à 1476 , Chancelier de Bretagne.

5Les régiments irlandais portaient le nom de leur colonel-propriétaire : 

Le régiment de Berwick , régiment d'infanterie irlandais au service du royaume de France créé le 1er mars 1698 pour Jacques Fitz-James ( 1670 - 1734 ) , duc de Berwick , fils naturel du roi Jacques II Stuart d'Angleterre , renforcé le 26 avril 1775 par incorporation du régiment de Clare , et renommé le 1er janvier 1791 , le 88e régiment d'infanterie de ligne 

Le régiment de Dillon , régiment d'infanterie irlandais qui , après avoir servi l'Angleterre avant 1690 sous le nom de régiment " Shrewsberry-Dillon " , devint le 87e régiment d'infanterie de ligne lors de la réorganisation des corps d'infanterie français de 1791 .

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LE VOL DES OIES SAUVAGES - I - Les Exilés de Boisjourdan

28 Mars 2025 , Rédigé par Dan Ar Wern Publié dans #LE VOL DES OIES SAUVAGES

Essai de restitution de la demeure médiévale de Boisjourdan au XVe siècle qui fait apparaître l’ancienne église entourée du cimetière © Patrice Maillard

Essai de restitution de la demeure médiévale de Boisjourdan au XVe siècle qui fait apparaître l’ancienne église entourée du cimetière © Patrice Maillard

 

 

LE VOL DES OIES SAUVAGES  

      

 

 


" Le jour est à nous , mes enfants  ... "

Derniers mots de Charles Chalmont , marquis de Saint-Ruth , général français , commandant des troupes de Louis XIV, qui périt à la bataille d'Aughrim . 

 

 

 

I - Les Exilés de Boisjourdan

 

 

 

 

 

" Longtemps , nous avons tenu le flanc de la colline ,

  Au-dessus de nos têtes , les robustes branches de chêne ,

  La nuit , dans un profond chagrin

  Nous avons attendu notre navire ,

  Là où montait la profonde Néra ,

  L'eau claire et piquante de la rivière venait gonfler son sein

  De tous nos adieux , de nos coeurs tristes et douloureux ... "
   


   D'après la chanson de Niamh Parsons sur son album " Contradiction " ( 2003 )

   " After Aughrim's great Disaster " ( Après le Grand Désastre d'Aughrim​​​* - All rights reserved .

 

 

 

 

 

 

 

 

 

1 - Après la bataille de la Boyne en 1690 , celle d'Aughrim un an plus tard , suivie de la chute de Limerick fin 1691, l’Irlande fut perdue pour le catholique Jacques II qui se réfugia en France , bientôt suivi des troupes fidèles aux Stuart qui , ayant combattu pour sa cause , l'accompagnèrent dans son exil . Ce " Vol des Oies Sauvages " désigna par la suite tous les mercenaires de la verte Erin qui s’engagèrent dans les armées continentales , formant en France , la fameuse brigade irlandaise . ( 1 )

          La famille Clare , des cambro-normands originaires du Pays de Galles , qui s'étaient ensuite établis dans le comté de Kilkenny au 12è siècle , et dont le chef conduisait ces courageux soldats , trouva ainsi refuge dans le duché de Bretagne , accueillie par Louis XIV qui lui accorda un domaine à Bouvron , lieu où fut bâti le manoir de Boisjourdan , s'intégrant ainsi peu à peu à la noblesse locale en préservant la foi catholique et les traditions de ses ancêtres . ( 2 )

         Mais la Révolution française balaya leur monde . En 1793 , alors que les soulèvements vendéens et chouans embrasaient l’Ouest , le domaine fut pris pour cible par les sans-culottes qui les accusèrent de complicité avec les insurgés royalistes . Les derniers Wash de France furent contraints de s'enfuir , abandonnant à son sort Boisjourdan . Peu à peu , les pierres tombant , les tourelles s’effondrèrent , la forêt reprenant ses droits . L’histoire aurait pu s’arrêter là , mais elle s’écrivit ailleurs !

Au XXe siècle , un lointain descendant , Sean Clare , avait quitté l’Europe pour tenter sa chance en Amérique , s'installant à Detroit , la capitale de l’automobile , où il fit fortune en ouvrant un garage de réparation / vente de voitures de luxe . Innovateur et travailleur acharné , il transforma peu à peu son modeste atelier en un empire prospère . Le destin , cependant , le frappa de plein fouet lorsqu' un matin d’automne , alors qu’il testait le " horsecraft ", un prototype expérimental à coussin d’air , sur le lac Michigan , il eut un accident tragique et trouva la mort ! Sa veuve Bridget , une femme aussi déterminée que son défunt mari , refusa de voir l’entreprise familiale péricliter de la sorte . Aidée de sa fille Maggie , une brillante mécanicienne et gestionnaire avisée , elle prit les rênes du business et le développa encore plus . Puis , le fiancé de celle-ci , l'ingénieur Cormac O'Shiell , s'ajouta au duo .

 

2 - Cependant , le maire de Bouvron , qui , soucieux de redynamiser le tourisme de sa petite commune bretonne , avait entrepris des recherches concernant les héritiers de la prestigieuse demeure médiévale en ruine , décida de leur lancer une aimable et convaincante invitation , contactant la famille pour qu'elle accepte d'en relever l'héritage . Parvint donc un jour chez eux , les priant de revenir afin de restaurer le domaine familial , un courrier inattendu orné de jolis timbres bretons . D’abord sceptique , Bridget se laissa convaincre par sa fille , elle-même ne s'intéressant que très peu à l'histoire , mais fascinée par l’idée de retrouver des racines européennes qu'elle avait largement oubliées , malgré les confidences de son cher papa !

Débarquant en Bretagne , les deux américaines furent frappées par la beauté sauvage de l'endroit . Le bâtiment , réduit à un squelette de pierres envahi par la végétation , n’était plus que l’ombre de lui-même . Pourtant, quelque chose d’indéfinissable flottait encore dans l’air autour de sa splendeur passée : l’écho des générations perdues , la mémoire des exilés . Le restaurer constituerait sans doute un défi colossal , mais mère et fille étaient bien décidées à courageusement s’y atteler . Grâce à leur fortune , ainsi qu'à de maigres subventions touristiques , des artisans locaux se mirent à leur disposition , s'engageant auprès d'elles pour ce projet de réhabilitation mêlant histoire , artisanat et modernité d'un nouveau centre-ville à l'ancienne .
Peu à peu , sous les échafaudages , la résidence reprit vie . Mais alors que les travaux s'avançaient , d’anciens secrets refirent surface : un coffret scellé depuis plus de deux siècles fut découvert dans ses caves , contenant , à l’intérieur , des lettres signées par le dernier Clare ayant vécu en France , un mystérieux testament surgi du passé ...
Que révélait-il ? Un trésor caché ? Un secret d’État du dernier duc ? Une énigme familiale qui changerait à jamais leur destinée ? Ici , tout le monde savait qu'un couple venu d'Irlande , engagé du côté des Chouans contre les Bleus pendant la Terreur , avait été décapité et qu'il revenait hanter parfois le château !

 


 

( A Suivre )

 

 

 

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Notes :

 

- A l'issue du traité de Limerick ( 13 octobre 1691 ) , entérinant la défaite de Jacques II Stuart , un grand nombre d'irlandais , dont plus de 10.000 soldats que commandait le général Patrick Sarsfield , surnommés " Les Oies Sauvages " ( Wild Geese ) , quittèrent leur pays pour venir en France avec le vaincu . Les réfugiés jacobites , favorablement accueillis par le roi Louis XIV , formèrent la brigade irlandaise . 

2 - Château de Quéhillac , sur la commune de Bouvron .

* Bataille d'Aughrim où plus de 7000 soldats trouvèrent la mort , qui opposa les Jacobites aux Orangistes (  forces de Guillaume III ) , le 22 juillet 1691 .

 

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LE JASPE DU CERCLE D'OR - I - Préface / Dédicace : Jaspe Rouge .

26 Mars 2025 , Rédigé par Dan Ar Wern Publié dans #LE JASPE DU CERCLE D'OR

 Proserpine ( 1874 ) - Dante Gabriel Rossetti .

Proserpine ( 1874 ) - Dante Gabriel Rossetti .

 

 

 

 

 

LE JASPE DU CERCLE D'OR

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

pour Jean Racine 

        et James Joyce

 

 

 

 

       

 

- Préface / Dédicace -

 

 

 

 

" L'Ange s'était assis sur une pierre . Je le voyais , ou plutôt , je n'apercevais plus que sa silhouette qui ressemblait à la statue d 'un dieu étranger , et le clair nuage qui lui faisait un manteau et qui planait silencieusement dans les ténèbres comme l'auréole d'un saint ... " 

Annemarie Schwarzenbach Tod in Persien "

( La Mort en Perse , 1935 - 36 , II - L'Ange et la Mort de Yalé )  

 

 

 

 


Est-il vrai que toute l'histoire de l'Humanité se trouve contenue dans une gemme flamboyante ? Il est des pierres qui murmurent à l'oreille des âmes attentives , qui résonnent comme une clé au rythme des secrets de l'univers , portant en elles la mémoire des âges qui s'incruste dans leurs veines colorées . Parmi elles , miroir du voyageur , un sceau oublié ouvrant à l'œil du sage les portes des mystères les plus profonds , dans ce palais de cristal bâti sous le flot des nuages , dont la voûte en nacre et les  murs cramoisis , bercés du bruit des vagues de l'éternité , débouchent , par un couloir obscur , sur une citadelle souterraine aux tentacules innombrables ! C'est là , dans ce cercle d’or , figure parfaite et rayonnante de l’alchimie , que s’inscrit la quête essentielle du Grand Œuvre , de la transmutation de l’ombre en lumière , du profane en sacré , là où se rejoignent l’invisible et le tangible , le visible et l’inconnu , écho silencieux des initiés courageux qui osent en franchir le seuil interdit , guidés par la recherche d'un talisman qui n’est pas un simple ornement , mais une parole minérale , un message codé inscrit dans la chair du monde ! Nous le suivons , nous aussi , au bout d'un long tunnel tortueux , finissant par nous retrouver bientôt devant l'entrée majestueuse d'une extraordinaire salle aux parois bleutées , lieu indescriptible , nouveau monde immensément vide , et pourtant rempli d'une présence indicible , chaude où l'on croit renaître , sensation si douce , dans le ventre d'une " Mère " aux clartés apaisantes !

Baissant humblement les yeux devant Ellebrebis perdues rentrant au bercail , nous nous sentons réconfortés , compris dans le secret de nos âmes quand ses doigts , cerclés d'un anneau de jaspe rouge , la Pierre du Destin , font , en silence , rayonner sur nos visages transfigurés , la source inextinguible d'aube naissante et de lune opaline aux ondes bouleversantes qui , en silence , gravent en nos coeurs l'essentiel de l'amour , Sa beauté !

- Notre chute , avoue Nemo , l'inconnu des Etoiles , fut celle d'un Empire , et longtemps nous choisîmes l'errance pour soigner nos blessures , le long de cette Voie Lactée fascinante reliant ,  meurtrie par l'exil , toute vie stellaire .

Mais ici où là , je sais maintenant que rien ne reste lorsqu'au milieu d'une prairie en fleurs , j'entends le rire terrible du printemps que la souveraine des eaux grises fait revenir d'entre les morts . Parfois , je pleure , comme Ulysse , ma belle Perséphone ! *

Ce livre , aussi , est un passage , une traversée . Il raconte une errance qui n’en est pas une , un périple où chaque obstacle est une épreuve initiatique , chaque détour un enseignement . Les chemins qui y sont tracés ne se mesurent pas en distances , mais en révélations . De la poussière des antiques sagas d'Islande aux sommets de l'Himalaya , où l’air est le plus pur , de la densité des nuits opaques de Bangkok aux lueurs insoupçonnées de l’aube intérieure des pays celtiques , " Le Jaspe du Cercle dOr " invite à une exploration qui dépasse le cadre de l’espace et du temps .
Nous suivons ainsi , près d'Anton Gouvelioù , écrivain raté en quête de sens , l'ami de ce dernier , Gwenole Kermadec , pêcheur breton devenu chauffeur de taxi , érudit des mythes et des mers . Tous deux se retrouvent confrontés à trois femmes qui ne sont pas de simples humaines , mais les reflets d’un même prisme , émanations d'un robot numéro-carbonique venues d’un ailleurs lointain , " KLARA " , chargé de recueillir une opale aux vertus inouïes qui se trouve dans un lac d'Islande ! Odile Dürrenbach , alias Ilse Stern , tombée amoureuse d’Anton , a donné naissance en secret à Martina grâce à une technologie extraterrestre . Et celle-ci arrive avec une sœur jumelle , Clarisse Kempf , alias Clara .
Cette pierre fabuleuse , découverte par hasard par des pêcheurs bretons , recèle un pouvoir que convoitent non seulement de nombreuses forces de l'ombre - sur leur route se dressent d'anciens espions de la STASI , dirigés par le redoutable Grüber , prêts à tout pour s’emparer du joyau et percer son mystère - mais aussi est la clé de la régénération des Xéroniens , civilisation en péril , qui ont besoin d'elle pour survivre sur Terre .
Que celui qui ouvre ces pages se prépare donc à une quête où le réel se fond avec l’imaginal , où la matière danse avec l’esprit . Que son regard ne se limite pas aux apparences , mais cherche dans l’éclat du jaspe les reflets de l’infini . Car derrière le voile du monde se cache l’énigme suprême : celle de notre propre transmutation !

 

 

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*  Perséphone ( Proserpine ) , attirée par une fleur merveilleuse dans le royaume de la Nuit , perdit à jamais son insouciance et sa gaîté .

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L'ESSENTIEL ( Résumé des Oeuvres ) - LE JASPE DU CERCLE D'OR .  

24 Mars 2025 , Rédigé par Dan Ar Wern Publié dans #ESSENTIELS

L'ESSENTIEL ( Résumé des Oeuvres ) - LE JASPE DU CERCLE D'OR .  

 

 

LE JASPE DU CERCLE D'OR

              ( Résumé )

 

 

I - Prologue

 

La veille de Noël 1991 , venant de Berlin , débarque à Paris Gare de l'Est , Martina Stern , disant à son chauffeur , Gwenole Kermadec , un intello breton , mi-pêcheur l'été , mi-taxi l'hiver , qu'elle ne sait où aller . Celui-ci lui propose alors gentiment de l'héberger dans son domicile de banlieue le temps qu'elle trouve une solution . ( 1 - La Fugitive )

Elle lui révèle ensuite , lors du trajet , qu'elle faisait partie d'un orchestre , mais qu'elle avait du fuir , le " maestro " se montrant trop entreprenant à son égard . Sa beauté fascine d'ailleurs le conducteur . Elle est étonné par la quantité de livres qui dorment dans sa bibliothèque , mais lui avoue qu'elle ne va pas rester longtemps chez lui . ( 2 - L'Ange )

Le lendemain , se réveillant , Gwenole voit une lettre d'adieu le remerciant , au pied du sapin . Dans l'enveloppe , se trouve aussi une petite pierre cruciforme . Tout ceci provoque en lui un sentiment de cauchemar ! ( 3 - Damnation )

 

II - 1ère Partie

 

Chez lui , Anton Gouvelioù sort d'une mauvaise nuit pendant laquelle , sur les conseils d'une femme autoritaire vue pendant son rêve , la Reine Noire , il a vainement tenté , à son réveil , de  mettre celui-ci par écrit ! ( 4 - Création )

Cette jeune américaine , Laura , à qui il avait écrit quelques lettres restées sans réponse , était un amour de jeunesse rencontré en Virginie . ( 5 - Souvenirs )

Bizarrement , lors de ce rêve , elle lui avait tendu un livre relié de cuir vermeil racontant toute l'histoire de sa vie ( 6 - Fugue )

Il la voit de temps à autre , comme Eurydice , morte à l'âge de vingt ans ! ( 7 - L'Aube du Jour )

Les visions se succèdent , surtout celle de la Reine Noire et de la pure jeune fille disparue . ( 8 - Soleil Levant )

 

III - 2ème Partie : " Nouvel Espoir " ( Scénario d'Anton Gouvelioù , histoire romanesque en deux parties )

Dans cette histoire , l'auteur mélange sa propre existence d'écrivain raté qui doit vendre des chemises dans un grand magasin parisien pour survivre , à celle de Wilfred , le héros du roman " Chaque Homme dans sa Nuit " , de Julien Green , tandis que son étudiante continue de lui apparaître en danseuse , à l'image de l'héroïne du récit , Phoebé Knight .

( 9 - Laura )

Anton y décrit sa vie professionnelle dans le magasin d'Haussmann , lui qui a préféré fuir la Bretagne ainsi qu'une tranquille carrière administrative , comme le voulait son père , le maire de Plougorn , petite ville du Finistère , non loin de la base sous-marine de l'Île Longue . Il rencontre Odile Dürrenbach en remplaçant un collègue au rayon musical . C'est une alsacienne de caractère qui a fui sa famille pour faire un stage de piano à Berlin . Vite , la jeune fille , ayant le même goût pour l'art que lui , emménage rapidement chez son amant , leur amitié se transformant en amour-passion , mais ils se disputent aussi quelquefois violemment , si bien qu'un jour , elle préfère s'enfuir , disparaissant sans laisser de traces ! L'écrivain désespéré , tout en repensant à Laura qui résiderait à Santa-Rosa , en Californie ,  mais qui a brusquement disparu des réseaux sociaux , réussit néanmoins à tirer de cette histoire un roman qu'il nomme " Nouvel Espoir " lorsque , pour conclure , apparaît Clarisse Kempf , surnommée Clara , une jeune stagiaire dont la ressemblance avec Odile est frappante ! ( 10 - Clarisse Kempf )

 

IV - 3ème Partie

 

Un soir de janvier 1992 , débarque à l'improviste une inconnue au domicile d'Anton , dans le 19è arrondissement . Reconnaissant , tout de suite , la photo se trouvant sur le piano , elle prétend se nommer Grüber , et dit avoir été intrigué par un message de la part de celui qui , par malentendu semble-t-il , tellement la ressemblance est grande , a prise la visiteuse pour la stagiaire Clarisse . ( 11 - Une Curieuse Visite )

En fait , Martina est sa demi-soeur , fille cachée de Gouvelioù et d'une agent de l'Est qui devait rentrer en contact avec l'artiste soigneusement choisi . Car lui n'est pas qu'un écrivain vendeur de chemises , mais aussi le fils du maire de Plougorn , patron d'un réseau de partisans communistes bretons , " Breizh Dieub " , dont quelques membres , commandés par Paol Kemener , chef de rayon de " L'Aiguille d'Or " , vivent dans la région parisienne . Ce dernier , d'ailleurs , l'avait déjà " briefé "  au sujet d' Odile ( alias Ilse Stern ) , dont l'oncle , cadre influent du parti est-allemand , l'avait chargé d'infiltrer le cercle régionaliste afin de déstabiliser la république et de transmettre des informations concernant l'armement nucléaire sous forme de microfilms tirés de partitions musicales et de livres . Pourtant , sous le coup de la passion , cette nièce très active avait perdu sa froideur habituelle . Etant tombée enceinte de Martina , elle avait du , néanmoins , retourner bien vite en RDA pour , soi-disant , venir au secours d'une dénommée Kempf , prétendument mise en accusation de complot par la STASI , mais qui avait bizarrement disparue ! ( 12 - Révélations )

Martina , comptant sur son père ( Anton ) pour établir la vérité , révèle que sa mère ( Odile / Ilse ) avait été accusée de trahison , parce qu'on croyait qu'elle avait livré le secret de la bombe nazie aux français . Puis , elle parle de tonton Grüber , ancien tortionnaire SS qui , l'ayant adoptée , l'avait fait enfermer au pensionnat d'Halbertstadt , dans le Harz , d'où elle avait réussi à s'enfuir ! Ilse était entrain de mourir , il fallait la sauver , conjure sa fille qui est loin , cependant , de soupçonner que la pseudo-organisation bretonne cache , en fait , une cellule de renseignement du contre-espionnage français qui a déjà fouillé chez elle , à l'instigation de Paol Kermadec , pour en savoir plus .  ( 13 - Détresse )

Le lendemain , Gouvelioù s'envole pour Berlin / Tegel en compagnie de son enfant déguisée . Il est arrêté à l'arrivée à cause de la présence d'un bijou dans son sac , broche ornée d'un rubis renfermant un microfilm . On l'accuse même d'appartenir à une bande de trafiquants de diamants , tandis qu'elle fait semblant de ne pas le voir et disparaît . ( 14 - Complot

La police , déclarant avoir mis la main sur un pendentif caché dans le bagage de la mystérieuse passagère , parle d'un dénommé Wilhelm Grüber , organisateur du trafic entre l'Afrique du Sud et l'ex-RDA  ( armes contre pierres précieuses ) , qui serait apparenté à l'ancien dirigeant , mais aussi d'un certain Nemo , milliardaire pilotant toute l'affaire à son compte pour couvrir d'autres activités criminelles . Bien entendu , l'interpelé affirmant ne rien savoir de ce que lui a raconté la veille Martina au sujet de sa mère et du contenu de l'enveloppe , est bientôt relâché , le bibelot s'avérant être un faux . Se rendant ensuite au rendez-vous de l'opéra de Berlin fixé par sa fille , il ne trouve d'elle qu'une lettre le suppliant de revenir en France . Il décide pourtant de rester , puis de faire appel à son pote Gwenole Kermadec , le pêcheur-chauffeur de taxi ! ( 15 - La Passagère )

Avant que ce dernier ne débarque à l'hôtel après une longue route à bord de sa vieille guimbarde , Anton a trouvé une adresse parmi les affaires laissées par Martina , celle du château de Kriebstein . ( 16 - L'Ange Noir )

Arrivés sur place , ils découvrent , dans l'une de ses obscures cellules , des photos d'Odile ainsi que des registres de prisonniers confirmant ici sa présence . A l'extérieur , ils trouvent sa tombe dans le cimetière et décident de rentrer tout de suite à Berlin pour en informer sa fille . ( 17 - La Tombe )

Cependant , des gens les observent , les forçant à s'arrêter . Victimes d'un guet-apens , tous deux sont conduits au château de Teltsch , près de Prague . Là , Anton est amené dans une salle souterraine où Nemo , complice , apparemment , de Grüber , et chef des extra-terrestres , lui fait subir un " clonage " montrant qu'une lame de cristal , condensateur d'énergie , est incisée sous sa peau , ersatz provenant d'un jaspe rouge qu'on leur a volé , situé dans le fameux cercle d'or islandais , dont le codex était dissimulé dans l'adagio d'une symphonie de Malher , et que Martina avait pour mission de retrouver !

Le soir , dans sa prison , l'artiste breton se souvient d'une balade qu'il avait faite jadis en compagnie d'Odile dans le Palatinat ... ( 18 - Guet-Apens )

La nuit suivante , Martina , également prisonnière au château , lui fait une étonnante révélation , lui avouant qu'elle est , en réalité , une Xéronienne , entité biologique et numérique dont l'ADN a été modifié grâce à un jaspe caché sous l'eau d'un lac islandais lui permettant de survivre et s'adapter en intégrant le patrimoine génétique humain de la Terre - Mais c'est Grüber et sa bande qui l'ont volé avant notre arrivée ! , lui dit-elle . Et c'est pour ça , pour le confondre , qu'on avait missionné d'abord chez lui " Klara " ( alias Odile / Ilse Stern ) ,  l'une de nos prototypes . ( 19 - Confession )

A Paris , malgré son métabolisme robotique , Odile / Klara était tombée amoureuse de l'écrivain , tandis que Klaus , un métamorphe agent double chargé de la surveiller , l'avait trahie ainsi que les siens , pour pactiser avec ceux de l'Est . Alors , de peur d'être capturée , elle avait décidé de scinder la pierre en deux fragments , dont l'un fut dissimulé à Schönau , petit village du Palatinat , l'autre implanté , à son insu , dans le cerveau d'Anton , l'empêchant ainsi de pouvoir continuer à écrire après son départ , celui-ci finissant par comprendre qu'elle était peut-être vivante ailleurs , mais sous une autre forme ! ( 20 - L'Héritage de " Klara " )

Il se retrouve donc à l'hôpital pour l'opération , mais c'est celui , semble-t-il , de la Corne d'Or , à Istanbul , se demandant par quel miracle il a pu atterrir en cet endroit . La nuit venue , il réalise que c'est la fibule implantée dans son cerveau qui lui a permis d'avoir des visions , mais , sans pouvoir par la suite les coucher par écrit , de correspondre aussi avec les ET qu'il reconnaît sous la forme de " silhouettes argentées dotées de tentacules luminescents " ! Bientôt , le dernier jour , une mademoiselle Stern vient le voir . ( 21 - Le Trésor de la Roche Flamboyante

 

V - 4ème Partie

 

Martina est venue chercher son père à l'hôpital pour le conduire sous la pluie dans un hôtel d'Istanbul . ( 22 - Vacances )

Le père et sa fille prennent le bus qui , le long du golfe Strymonique , les mène en direction de Kervala et d'Alexandoupoli . ( 23 - Libération )

Au bout du voyage , après lui avoir avoué qu'elle était bien celle hébergée à Noël par Gwenole Kermadec , ils se retrouvent à l'embarcadère de Keramoti pour l'île de Thasos .  ( 24 - Le Chemin de l'Île )

Anton , regagnant son village natal de Plougorn , associe à celle d'Ulysse , le héros grec de la guerre de Troie , sa vision d'un immense phare dont il voit grossir à vue d'oeil les trois feux tournants ! ( 25 - Ulysse )

Baignés toujours de la lueur du sémaphore , ils tombent dans un gouffre , débouchant , au-delà des ombres de la Mort , dans une salle immense aux parois bleutées comme le ventre d'une mère céleste ! ( 26 - Ikaria )

Ils sont enfin parvenus sur Ikaria , la plateforme sous-marine Xéronienne , accueillis par Nemo , l'Atlante ayant déjà vécu sur Terre il y a très longtemps , qui explique à l'écrivain que sa mission spéciale à lui , désormais , par la puce transplantée grâce à eux dans son crâne , capable de canaliser les énergies cosmiques , devait être , lorsqu'elle serait prochainement activée ,  de sauver l'humanité de l'extinction , ce qui était la vraie raison de leur retour à tous ici-bas ! Mais le prix à payer serait de suivre le même chemin que leurs ancêtres ! Pour survivre , ils devraient , comme eux , se transformer en pisciformes respirant sous la mer !

C'est à ce moment précis que le malade se retrouve à nouveau dans sa chambre d'hôpital , à Istanbul , croyant se réveiller d'une asphyxie par noyade , se demandant s'il n'avait pas rêvé toute cette histoire abracadabrante ! Cependant , passé neuf mois , " Frère Anton " , transformé en homme-poisson , débarque sur Athos , dernier refuge avant que la Terre ne sombre dans le chaos , forçant les derniers humains à devenir , pour survivre , des créatures marines ! ( 27 - Le Message des Profondeurs )

Peu avant l'Apocalypse , réfléchissant sur la signification de cette histoire invraisemblable , il revoit sa vie entière ! 

- " Nouvel Espoir " ? , s'interroge-t-il enfin , relisant d'un oeil amusé le titre de son roman . ( 28 - Epilogue - Frère Anton )

 

 

 

DAN AR WERN - Le Jaspe du Cercle d'Or  Summary / Résumé Copyright 2024 Dan Ar Wern - Pep gwir miret strizh - All rihgts reserved - Tous droits réservés .

 

 

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L'INVITATION DE L'ANGE - Ad Altum - Epilogue - XIII - L'Etoile " Apsara " .

21 Mars 2025 , Rédigé par Dan Ar Wern Publié dans #L'INVITATION DE L'ANGE

L'INVITATION DE L'ANGE - Ad Altum - Epilogue - XIII - L'Etoile " Apsara " .

 

L'INVITATION DE L'ANGE  

 

 

" Vivrons-nous jamais , passerons-nous jamais dans ce tableau qu'a peint mon esprit , ce tableau qui te ressemble ? "

 

Charles Baudelaire - " L'Invitation au Voyage " - Petits Poèmes en Prose ( Le Spleen de

Paris , 18 , Posth.1869 ) .

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

- Epilogue -

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ad Altum

 

 

 

 

 

 

 

 

XIII - L'Etoile " Apsara "

 

 

 

 

 

 

" Quand la nuée des rêves d'or est descendue sur moi ... "

 

 

 Henrik Ibsen - " Rosmersholm " ( 1886 )  

 

 

 

 

 

     24 - Elle avait senti leur présence avant même de distinguer leurs formes . Lentement , depuis les ombres de la crypte , avaient émergé trois silhouettes éthérées qui semblaient flotter plus qu’ils ne marchaient , leurs contours oscillant comme des flammes dans la pénombre , et leurs corps , d’une transparence presque irréelle , vibrant légèrement , parcourus de reflets argentés et bleutés qui pulsaient au rythme d’une onde mystérieuse !Leurs visages étaient emplis de douceur , sans traits marqués , leurs grands yeux luminescents renfermaient une sagesse indicible . Il n’avaient ni mouvement de lèvres , ni bouche , et pourtant , comme une mélodie cristalline emplissait l’espace , qui n’était pas un son extérieur , mais une résonance intérieure , une vibration subtile éveillant une compréhension immédiate , bien au-delà du langage humain .
Chaque note qu’ils émettaient portait un sens , un sentiment . L’une évoquait l’accueil , une autre la bienveillance . Une harmonique plus grave lui révéla qu’ils la connaissaient déjà , qu’ils avaient préparé ce moment depuis longtemps .

 

 

- Nous tattendions ...

 

La jeune fille sentit une vague de chaleur l'envahir , sensation étrange , comme si son être se dilatait au-delà de toutes limites . L’un des êtres leva une main translucide . Elle sentit une onde douce la traverser , comme une caresse vibratoire . Son opale se mit à luire doucement , tandis qu'un accord subtil , à peine audible , s’en échappait . Les entités résonnèrent en retour , amplifiant cette note en une symphonie céleste .Elle comprit alors que ce n’était pas seulement un moyen de communication , mais une forme de transmission directe : chaque son portait une parcelle de connaissance , chaque harmonie ouvrait une porte dans son esprit qui revenait au seuil d’un savoir oublié . Un frisson la parcourut soudain , puis l’immense vaisseau bleu qui pulsait au sommet de la montagne , n’attendant plus qu’elle pour révéler son secret , la poussa à toucher par instinct le petit bijou qui allait déclencher l'ouverture de la nef spatiale ayant la même forme que lui en beaucoup plus grand ! Mais quel était la nature de son code secret ? Comment pouvait-il changer le désir de son coeur ? , s'inquiétait-elle , peu sûre de recevoir en fin de compte une réponse captée de cette " Source Pure " , son double indicible et secret ... Devait-elle mentalement reproduire une fréquence de notes , captées par son pendentif , et perçues dans la vibration du navire extraterrestre ? S'agissait-il , pulsée par l'aura mystérieuse des créatures , d'un certain angle de cette lueur révélant des inscriptions invisibles formant une clé d’activation ? Peut-être encore d'un ancien langage qui lui avait été transmis jadis par certaines vibrations musicales se gravant instantanément en elle et qui , télépathiquement , activaient la pierre , porteuse d’une fréquence unique , sans doute héritée du capitaine Le Guen qui , lui-même , devait être lié aux mystères de cette civilisation ?

Bao-Dran s’inclina devant les êtres de l'espace :

- Elle sont prêtes ! , leur dit-il .
Alors , les entités s’approchèrent davantage d'elle et levèrent les mains . Pendant que le collier se mettait à vibrer , tout autour de son cou , l’air lui-même sembla s’ouvrir en une brume luminescente ! Elle ne comprenait pas bien ce qui se passait , mais une certitude s’imposa à elle : elle était sur le point de découvrir une vérité bien plus vaste que tout ce qu’elle n'avait jamais imaginé !

 

25 - Dans la salle de l'Oracle , illuminée d'une fantastique machinerie sonore , des êtres bizarres , vêtus de combinaisons vertes , s'affairaient autour du  corps de deux femmes coiffées d'un bandeau de cristal enchâssé dans un disque d'argent . Portant le même appareil , une eurasienne était allongée près d'elle sur une plaque de verre , et l'un des infirmiers , qui avait un casque de scaphandre , faisait tournoyer devant ses yeux son petit cylindre en quartz . Des éclairs jaillissaient des murs , fusant de la table , irradiant le masque de l'opérateur depuis le bout de son faisceau de pierre translucide jusqu'aux extrémités du diadème des patientes !

Ce que tous avaient vu , en tout cas , c'était la transmutation de l'une en l'autre ! Mais qui avait pu réellement comprendre  la signification d'un tel spectacle ?

- Pourquoi me donnes-tu ce nom d'Apsara ? , demandait la nouvelle " Immortelle " à sa protégée . Nous sommes désormais " Celle Qui Est " ! Je suis cet Eon qui brûle avec toi d'un lointain Soleil !

Gémissant sur la plaque de verre des " Veilleurs " , la pauvre musicienne croyait avoir donné tout son sang pour nourrir son alter-ego , mais , pensait-elle également , ce ne serait pas les talismans des mondes engloutis de l'Ancienne Alliance qui les ressusciteraient , car elles venaient à présent d'ailleurs , divinisées parmi les étoiles de la mer ou du ciel , portant sur leur coeur " le Premier et le Dernier , le Vivant , Celui qui était mort mais qui vivrait pour les siècles des siècles ... " , tandis que le Dragon rouge-feu , Bao-Dran , poursuivant sa route inéluctable vers les profondeurs de sa conscience trouble , allait finir à son tour par se dissoudre dans l'océan du Mal !

- Faites pénitence ! Il y aura un nouveau Déluge , la comète sanglante s'écrasera au milieu des flots ! ( 18 )

 

26 - D’abord submergée par une profonde lumière indigo , elles se trouvèrent ensuite au milieu de nébuleuses dorées , parmi des cités suspendues dans l’espace où des entités lumineuses , tissées d’énergie pure , voulaient , d'un sourire angélique , les guider . La musique sacrée du voile miraculeux de la Vierge de Guadelupe , les enveloppant d'une ceinture astrale , agissait sur elles comme une clé d'un langage universel révélant une vérité cachée sur l’origine et la destinée de l'être humain . Découvrant d'innombrables civilisations avancées maîtrisant des connaissances fabuleuses profondément inconnues de notre planète , elles traversaient aussi des sphères vibratoires différentes , observant comment les âmes , de l'une à l'autre , évoluaient et se transformaient sans cesse ... ( 19 )
27 - Enfin , la rencontre avec leur père transfiguré , qui n’était plus seulement un homme , mais une conscience élargie , baignée de lumière , servit à leur expliquer ce qui était arrivé et le rôle qu’elles avaient à jouer , maintenant , dans cette aventure cosmique où les avaient conduites
ces intermédiaires avancés , presque des Anges , sur l'échelle divine , dont la substance était si transparente !

Et , sur Terre , asservie elle-même jadis , l'ancienne puissance , après cela , se fit moteur de bonheur et de libération pour tous les peuples qui , désormais , purent comprendre ce que signifiait vraiment respect mutuel et coexistence pacifique ! Et c'est ainsi , également , que les plus grands pécheurs devinrent apôtres , devinant , à la fin de la nuit , les clartés d'une aube nouvelle !

 

          

 

         

FIN                      

 

 

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DAN AR WERN - L'INVITATION DE L'ANGE - Epilogue - Ad Altum - XIII - L'Etoile " Apsara " - Pep gwir miret strizh - Tous droits réservés - All rights reserved .

L'INVITATION DE L'ANGE " , copyright 2025 .

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Notes :

 

18 - Genèse , 6-8 .

       Apocalypse , 1 , 17-18 .

19 - Note 17 , chapitre 12 .

 

 






 

 

 















 

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L'INVITATION DE L'ANGE - Seconde Partie - Ad Altum - XII - L'Envoyée .

19 Mars 2025 , Rédigé par Dan Ar Wern Publié dans #L'INVITATION DE L'ANGE

L'INVITATION DE L'ANGE - Seconde Partie - Ad Altum - XII - L'Envoyée .

 

L'INVITATION DE L'ANGE  

 

 

" Vivrons-nous jamais , passerons-nous jamais dans ce tableau qu'a peint mon esprit , ce tableau qui te ressemble ? "

 

Charles Baudelaire - " L'Invitation au Voyage " - Petits Poèmes en Prose ( Le Spleen de

Paris , 18 , Posth.1869 ) .

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

- Seconde Partie -

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ad Altum

 

 

 

 

 

 

 

 

XII - L'Envoyée

 

 

 

 

 

 

" Ma belle étoile , je t'en prie !

  Ô , ne laisse pas ta belle lumière

Se troubler par la brume
Qui est en moi ... "

 

 

 Friedrich Rückert *

 

 

 

 

 

     22 - Au petit matin , Lena et la petite troupe conduite par Gwenn suivirent , comme prévu , un militaire les menant , leur dit-il , à travers un passage étroit dans la roche , à peine visible depuis l’extérieur , à quelqu'un , qu'elle avait déjà rencontré à Brest , et qui devait les accueillir dans une immense crypte souterraine au pied du Mont Meru . L’air était lourd , chargé d’une étrange énergie , comme si la montagne elle-même vibrait au rythme d’une présence diffuse . À mesure qu’ils s’enfonçaient dans les entrailles de la Terre , et qu'une lueur bleutée irradiait sur les parois , révélant des symboles gravés , des constellations inconnues !

Regard mortifère couleur de serpent , plus profond que les profondeurs d'une âme vide et froide au teint grisâtre née d'un gouffre sans fond sur une planète minérale , marmoréenne , aux confins d'un monde souterrain que la toile d'une étrange araignée nacrait , peut-être , de ses perles de rosée translucide , un " Veilleur ", spectre à l'oeil glacial , marchait derrière eux comme une ombre invisible . ( 16

            Saisis de peur à cette vision subliminale de l'enfer , certains crurent quand même l'apercevoir sans le reconnaître quand ils parvinrent à la première grotte , et que le temps venait pour eux aussi , maintenant , de descendre par un escalier dérobé vers le " Saint des Saints " , l'une des chambres principales , qui avait été orientée de telle sorte que la lumière du solstice d'hiver illumine sa façade depuis l'ouverture d'origine , au-dessus . Voisinant celle-ci , une niche de résonance , appelée la salle de l'Oracle , avait probablement été conçue pour projeter , grâce à un immense orgue d'église , des chants ou des percussions dans tout le reste de temple souterrain . Munis d'une lampe , ils s'enfoncèrent , descendant peu à peu d'innombrables marches difficilement creusées dans la rocaille avant de suivre deux gardiens le long d'un couloir poussiéreux , mal éclairé de torchères et flambeaux . Quelques dizaines de mètres plus loin , les hommes durent s'arrêter encore devant une grande grille entrouverte rongée par la rouille et , l'ayant franchi , se glissèrent sur la gauche dans un étroit conduit tortueux . Là , ils se mirent presque à ramper pour parvenir au seuil d'une grande salle remplie de lumière , ancienne caverne connue seulement des initiés , dont les parois de silicate et de mica paraissaient tellement légendaires qu'on aurait vainement cherché leur présence ailleurs que dans des contes de bonne femme ou parmi les rêves les plus fumeux d'un explorateur au coeur d'enfant ! Revêtus maintenant d'une robe de bure et coiffés d'un capuchon noir , ils se retrouvaient dans la " Chambre des Etoiles ", c'est ainsi qu'on nommait cette autre salle secrète au coeur du complexe où , posé sur une sorte d'autel entouré d'officiants tous habillés de la même manière que lui , étaient disposés deux tortues de part et d'autre , ainsi qu'une étrange clé ornée de pierres précieuses dont le feu irradiait la roche ! 

Et dans l'air parfumé , s'échappant d'un brûloir ciselé d'or en forme de dieu hindou , se répandaient l'encens et la myrrhe ... 

           Que signifiait , en vérité , cette convocation du " Conseil  " , évènement si rare et d'une autre époque , celle d'avant-guerre , se demanda le jeune chef , passant , songeur , à travers l'étroit corridor avant de revivre une fois de plus , cauchemar cruel hantant ses nombreuses nuits sans sommeil , mille images d'une longue vie de malheur , avec , pour finir , cette cruelle transformation physique imposée par l'ennemi ? Car , en fait , il n'avait jamais été breton , mais le fils d'un opposant farouche à l'occupation française , un certain Bao-Dran , général de l'armée vietnamienne qui , aujourd'hui , devait les attendre en grand uniforme en ce lieu . Alors , comme souvent devant le beau sourire d'Apsara , fille de son clone figé pour l'éternité parmi les morts pour la patrie , il soupira , pensant à la  photo la représentant jeune sur scène en tutu vaporeux de danseuse dans son costume de cygne , à Angkor , bien avant son envol pour l'Amérique !

      Car elle s'était enfuie , le laissant d'abord tout seul avec sa peine et son désarroi , préférant sous un nom d'emprunt suivre une vulgaire troupe de " French Cancan " , s'affichant dans les cabarets les plus minables de la côte est . Peut-être avait-elle eu envie aussi de s'étourdir un peu , se dit-il , pour oublier sa vie paumée avec un pauvre mari alcoolique en échange d'une gloire éphémère dans les bouges du nouveau monde ? 

     

23 - Le président prit solennellement la parole : - Ce que vous allez voir dépasse lentendement humain , déclara-t-il en posant la paume de sa main sur un cercle gravé au centre de la table , déclenchant , dans une vibration parcourant le sol de la caverne , l'ouverture d'une immense porte incrustée de pierres scintillantes qui , aussitôt , dans un mouvement silencieux , se scinda en deux . Tout le monde retint son souffle ! On vit alors , derrière cette nouvelle gigantesque galerie s’étendant sous la montagne , ses piliers d’un noir brillant soutenant un plafond constellé de lumières mouvantes , comme un fragment d’univers enfermé sous la terre . Au fond de la salle , une sphère translucide , suspendue en lévitation , pulsait d’un éclat nacré , d'où sortirent trois créatures élancées , d’une grâce irréelle , s’avançant vers eux . Leur peau , oscillant entre le bleu et l’argenté , paraissait parcourue de reflets irisés , leurs yeux , d'une immense profondeur , semblaient sonder non pas le corps , mais l’âme elle-même . L’un d’eux s’inclina légèrement , faisant résonner silencieusement sa voix , douce mais indéniablement puissante , dans l’esprit de la jeune bretonne . En un quart de seconde , elle comprit qu'elle n'était pas là par hasard , qu'il s'agissait d'une base extra-terrestre , et que la petite opale qu'elle portait à son cou dans un pendentif , grâce à un code secret , lui permettrait d'ouvrir l'immense vaisseau bleu au sommet dans laquelle , étendue dans une moelleuse couchette aux couleurs d'étoiles et de fleurs , comme une partition musicale , la jeune fille allait faire , en écoutant la musique figurant sur le manteau miraculeux ( la Tilma ) de la Vierge de Guadalupe , un voyage à l'autre bout de la galaxie , lui faisant prendre enfin clairement conscience des divers plans et niveaux de l'humanité dans l'immensité infinie de la Création divine ... où son père enfin , quelque part , la retrouverait transfigurée ! ( 17 )

 

 

 

 

 

 

( A Suivre )                       

 

 

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Notes :

 

16 - " Que savez-vous de DEDALUS ou d'ARKA , planètes sombres de nos origines ? Nous sommes fils des Ténèbres , peuple du Serpent , veilleurs d'Elohim , race métamorphe en provenance d'Orion , de Cassiopée , des Pléiades ! Nous nous glissons toujours , conscience collective , dans cette faille obscure de votre être aux mauvais penchants , miroir brisé où notre Reine Arakné , tombant de l'infini des étoiles par ses innombrables fibres lumineuses , parvient à descendre en vagues de foudre et de feu jusqu'à ce monde parallèle par milliers de morceaux de verre éclaté l'Echelle de Jacob ** , vision métaphorique ! Sans Ombre , n'est-il pas de Lumière ? Ignorez-vous encore que nos toiles sont capables même de fixer le frémissement de vos âmes lorsqu'elles meurent puis reviennent , rosée du matin , sous forme de fines gouttelettes ? Pourtant , qui sommes-nous en vérité , sinon , dans le reflet de vos glaces , des robots cruels , diriez-vous , des mécanismes organiques tout à fait dénués de sentiments ? Mais la Matrice divine nous a tendu son piège ! Elle a voulu transformer notre coeur , structure minérale , et c'est ainsi que nous avons pu vous suivre jusqu'au bout de l'abîme interstellaire pour découvrir Son secret ! C'est ainsi que les

" Chasseurs " que nous étions devinrent des " Veilleurs " ! "

 

17 - Nom donné à la Vierge Marie qui serait apparue , selon la tradition , à un indigène du Mexique , Juan Diego , en 1531, ainsi qu'à l'image acheiropoïète qui lui est associée ( image de la Vierge sur la tilma ).

 

 

DAN AR WERN - Dramatis Personae - XVI - Tom (  ) - Pep gwir miret strizh - All rights reserved - Tous droits réservés . "Dramatis Personae " , copyright 2010 .

 

 

    * " Lyrische Gedichte " poèmes de Friedrich Rückert ( 1788 - 1866 )

  •  Mis en musique par Clara et Robert Schumann , op. 101 n°4 ( Minnespiel , 4 , 1840 )
  •  
  • " Mein schöner Stern , ich bitte dich !
  •   O lasse du dein heitres Licht
  •  Nicht trüben durch den Dampf
  •  In mir... "
  •  
  • ** Genèse 28 , 12 .
 
 
 
 
 
 
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L'INVITATION DE L'ANGE - Seconde Partie - Ad Altum - XI - La Route .

18 Mars 2025 , Rédigé par Dan Ar Wern Publié dans #L'INVITATION DE L'ANGE

L'INVITATION DE L'ANGE - Seconde Partie - Ad Altum - XI - La Route .

 

 

L'INVITATION DE L'ANGE  

 

 

" Vivrons-nous jamais , passerons-nous jamais dans ce tableau qu'a peint mon esprit , ce tableau qui te ressemble ? "

 

Charles Baudelaire - " L'Invitation au Voyage " - Petits Poèmes en Prose ( Le Spleen de

Paris , 18 , Posth.1869 ) .

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

- Seconde Partie -

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ad Altum

 

 

 

 

 

 

 

 

XI - La Route

 

 

 

 

 

 

" La façade massive des gens respectables dissimule après tout leur code secret :

  sinon , pourquoi être aussi imperméable " 

 

 Virginia Woolf - " La Chambre de Jacob " , V .

 

 

 

 

 

     21 - Le matin suivant , Lena et Gwenn , dès l’aube , avaient pris la route pour l’Himalaya . La traversée fut éprouvante , ponctuée de rencontres incertaines que leurs guides , contre un peu d'argent , savaient négocier . Le comportement de l'aventurier , même , devenait plus énigmatique à mesure qu’ils approchaient de leur but . Il évitait certaines questions , détournait la conversation lorsqu'elle évoquait son père . Après plusieurs jours de voyage , leur apparut la gigantesque montagne forteresse , cernée de forêts et de brumes , dont on aurait pu croire que la peau d'un monstre en parait les murailles comme d'un manteau déguenillé de sorcière semblant la revêtir , paraissant un décor de vieux conte , avec son atmosphère pesante qui en dissimulait , parfois , les secrets , mais parfois également , s'était mise à devenir brillante , écailleuse , au fil d'étendues neigeuses bizarrement parcourues d'étranges lueurs verdâtres planant au-dessus de ce véritable château de la

" Mort Rouge " où , s'y étant retranchée d'un méprisant rictus , on pouvait croire qu'une créature céleste avait certainement su trouver un passage vers ses royaumes souterrains , tissant Insidieusement sa toile maléfique , l'étendant peu à peu à tout l'univers , troublant le monde et le coeur des êtres par son air aimable et ses fausses

apparences , façonnant chacun de ses multiples fils embrouillés dans le cours banal d'une cruelle existence , fantôme hideux se lovant dans un sourire aguicheur , un nuage , ou démon terré nourrissant les plus sombres pensées dans le creux d'un obscur labyrinthe , goutte cristalline au bord des prunelles rougies d'une belle croupissant dans sa geôle ... 

( 15 ) 

Puis , un soir , au pied du mont Meru , alors que le froid des hauteurs s’insinuait sous leur abri de polyamide éclairé par une lampe à huile , il se décida enfin à parler . Le vent soufflait entre les toiles , soulevant par instants , de manière violente , un rideau de poussière . Autour d’eux , les sherpas s’affairaient en silence , ajustant leurs sacs , vérifiant les cordes et les provisions . La musicienne était encore secouée par la rudesse de

l’ascension , mais l’attitude de son compagnon l’inquiétait davantage .

Ce qu’il lui révéla fut un choc . Il n’était pas qu'un simple aventurier providentiel , mais , en réalité , le chef de l’ " Opale Bleue " , s’efforçant de lui dissimuler la véritable histoire de son père , un homme qui s’était battu avec héroïsme lors de la bataille de Dien-Bien-Phu , défendant jusqu’au bout l’idéal d’un Empire Français mourant , pendant que lui , de son côté , n’était , sans doute , qu’un vulgaire contrebandier pas très fier de ses actes , dont les idéaux s’étaient effondrés face aux réalités du monde clandestin . Face à la droiture et au sacrifice de l'officier , lui , en vérité , se sentait misérable. Il avait voulu simplement éloigner sa fille de cette vérité , pensant la défendre , ou peut-être se protéger lui-même d’un passé trop honteux . Mais à présent , il n’avait plus le choix . Tous deux devaient s'avancer vers la confrontation finale avec la secte et la révélation ultime qui bouleverserait à jamais le regard sur l'humanité de la jeune bretonne !

Il se tenait devant elle , assis sur un tapis élimé , une expression indéchiffrable sur le visage .
- Tu ne devrais pas aller plus loin , lâcha-t-il pour finir .
Elle fronça les sourcils.
- Quest-ce que tu racontes ? Tu savais bien que je voulais venir ici ! Depuis le début , tu étais au courant
L'autre eut un sourire étrange , presque mélancolique .
- Oui , j'avais été averti , murmura-t-il . Parce quApsara m'en avait parlé .
Elle sentit son cœur battre encore plus fort .
- Ma demi-sœur ?
- Pas juste ça . Mon épouse aussi .
Le silence tomba brutalement entre eux , comme si le vent lui-même s’était interrompu .
- Cest impossible , voyons ! , lui répondit-elle dans un souffle , complètement éberluée .
- Nous sommes liés , elle et moi , poursuivit-il d’une voix grave . Elle ma initié aux secrets de son peuple , et j’ai pu enfin comprendre la mission sacrée qui nous était confiée : protéger la pierre ancestrale des vietnamiens qui , depuis l'aube des temps , l'avaient toujours vénérée et cachée ici , au sommet du Meru , avant qu'un étranger s'en empare !
Elle recula d’un pas , cherchant une

échappatoire , mais tout le camp était cerné par les guides silencieux , leurs visages rendus indéchiffrables sous la lueur dansante des torches .
- Non , tu mens , tu joues un rôle ! Pourquoi ce revirement ?
- Parce que je taime encore , fit-il , secouant doucement la tête . Mais je ne peux pas trahir ma femme . Ni la cause qu’elle ma confiée .
Elle avait voyagé si loin , affronté tant d’épreuves pour découvrir que celui en qui elle avait cru pouvait être son pire obstacle . Elle sentit une sueur froide lui glisser dans le dos .
- Donc , tu vas me livrer à eux ?
Puis , levant lentement vers elle ses yeux voilés d’une ombre indéchiffrable :
- Tout dépend de toi , ma chère . Fais demi-tour… et je te laisse partir . Mais si tu insistes davantage à vouloir trouver ton père , alors tu devras affronter bien plus que notre organisation !

Puis , le murmure du vent reprit , s’insinuant , furtif , entre les tentes comme un funeste

présage ...

 

 

( A Suivre )                       

 

 

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Notes :

 

15 Le Masque de la Mort Rouge " ( The Mask of the Red Death , 1842 ) , nouvelle fantastique d'Edgar Allan Poe ( 1809 - 1849 ) , auteur américain .





 

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