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L'ESCARBOUCLE - Deuxième Partie - L'Affrontement - VI - Novalis .

25 Septembre 2025 , Rédigé par Dan Ar Wern Publié dans #L'ESCARBOUCLE

Novalis / Nova Insula ( Tarmo Juhola - Game )
Novalis / Nova Insula ( Tarmo Juhola - Game )

Novalis / Nova Insula ( Tarmo Juhola - Game )

 

L'ESCARBOUCLE

 

 

 

 

 

Deuxième Partie

( L'Affrontement )

 

 

 

 

 

 

 

 

VI - Novalis

 

 

 

" Le monde extérieur est l'univers des ombres , qui projette ses ombres dans le royaume de la lumière . " 

Novalis - Henri D'Ofterdingen ( posth.1802 )

 

 

 

 

 

 

14 - L’ancien policier , le front penché sur le texte du parchemin , demeura , tandis qu’une nouvelle sueur froide lui gagnait la nuque , immobile et figé .
Les lettres du pseudonyme - E S T H E R - semblaient se détacher , vibrer presque , comme pour révéler un autre visage .
Et soudain , longtemps refoulée , une idée terrible , remonta des profondeurs de sa mémoire de flic : Ister ... Hitler ... 10 )

Le fleuve Ister , c'était ce Danube sacré des Romantiques allemands que Novalis avait chanté comme la voie des mystères de la mythologie nordique , et , dans certains cercles d’ésotérisme , l'on murmurait que le nom cachait sans doute l’anagramme de celui qui , un siècle plus tard , devait entraîner l’Europe dans la nuit . La permutation d’une seule petite lettre avait suffi au glissement d’un rêve mystique vers une horrible réalité de cendres !

Durant ses années au contre-espionnage , le commissaire avait étudié les archives de l’Ahnenerbe , la société occulte du Reich , fascinée qu'elle était par les " pierres tombées du ciel " et persuadée que certaines gemmes recelaient une énergie cosmique capable d’accélérer l’évolution humaine .
Des rapports déclassifiés , d'ailleurs , mentionnaient une " Carbunculus Brittany ", escarboucle décrite dans les textes du poète de Weissenfels comme " l’Étoile rouge du sang primordial " , et qu'on disait capable , grâce à un état de conscience où matière et esprit fusionnent , d’ouvrir la " Porte des Origines " ! ( 11 )

La légende voulait qu’en avril 1945 , dans le chaos de la guerre , un convoi secret en provenance de Bretagne ait disparu avant d’atteindre la capitale du Reich qui n’aurait ainsi jamais mis la main sur la pierre . Depuis , certains survivants de l’idéologie nazie , dissimulés derrière le paravent d' organisations philanthropiques ou de sociétés de recherches psychiques , n’auraient jamais cessé de la traquer .

Le commissaire sentit monter en lui une nausée sourde .
S’ils retrouvaient l’escarboucle , ces héritiers de l’ombre pourraient amplifier leurs expériences de contrôle mental en utilisant ses propriétés de résonance magnétique pour induire des états de transe collective . 

C'est ce que lui avait suggéré Klervi Le Guern , parascientifique et physicienne gemmologue , recrutée plus tard par le groupe , lui révélant , lors d’une conférence à Rennes , qu’un ordre occulte ," Die Letzte Flamme " , vouait un culte à une " pierre de feu " que le Troisième Reich aurait recherchée , croyant qu’elle conférait l’ascendant sur les " forces telluriques " . Peut-être l'avaient-ils déjà utilisée contre lui ? , se mit-il à réfléchir soudain . Dans ce cas , la cachette familiale avait probablement été éventée , il y avait sans doute un traître parmi eux ? ( 12 )  
Le vieux flic serra le poing .
Ce n’était donc plus seulement une chasse au trésor .
C’était devenu une guerre souterraine personnelle , 
et lui , dernier détenteur d’indices transmis par sa lignée familiale , se retrouvait à la croisée des chemins . Celui éclairé par l'ancienne lueur d'une carmélite qui avait essayé de le prévenir en songe , ou la nuit glacée d’un ordre qui , sous un nouveau nom , rêvait de restaurer le règne maudit ! Mais il n'avait qu'une seule certitude :
il devait agir vite avant que ne se referme le piège , s’il voulait empêcher que l’escarboucle ne tombe entre de mauvaises mains !

15 - Dans la cathédrale de Nantes , le commissaire , en feuilletant le grimoire tout en observant le mausolée , avait découvert que les mots " Lux Perennis "  y étaient écrits d'une encre légèrement phosphorescente , et que , sous une lumière rasante , certaines lettres du texte révélaient de minuscules points dorés , presque invisibles à l’œil nu , formant un schéma semblable à un solstice solaire qui , en les alignant , apparaissait à un instant précis du jour où un rayon de lumière , traversant le vitrail de la Vierge aux Lys , frappait au crépuscule non pas la tête de lion comme prévu , mais une petite rose gravée sur la pierre . En suivant l’ombre projetée , on obtenait un angle qu’il fallait reporter sur une carte de la vieille cité ducale qui était aussi à l'intérieur de l'enveloppe , petite lueur qui , si on la prolongeait pointait jusqu'à un îlot se trouvant en aval de l'ancienne île Feydeau , aujourd’hui disparu , qui , au XVIIIe siècle , quasi effacé , portait le nom d' Ile Neuve ou Îlette Neuve . ( 13 )

" Là où la lumière meurt , létoile se lève ! , précisait le texte .
  Cherche linstant où le jour devient nuit ,
  Lîle révélera ton cœur ... "

C'est alors qu'en un éclair il revit les vacances familiales chez les cousins de Morgat et la balade en mer dans la barque de " Tadig-kozh " vers les " Tas de Pois " , murmurant à part lui : " Bon sang ! Novalis ... lîle neuve ( Nova Insula ) ... Comment n'y avais-je pas pensé avant ? " ( 14 )

Mais à cet instant même , il ressentit peser une forte pression mentale , comme si on essayait de lire en lui ses pensées les plus intimes . Pour instinctivement brouiller le signal , il s'efforça de penser alors , tout en glissant la carte avant de sortir , dans la doublure de sa veste , à des choses très banales , comme cette vieille chanson bretonne que lui avait enseignée sa chère grand-mère : 

" Ne vo klevet met trouzig hon treid war an traezh , ha kri ar skreved , hag an enez 'vo deomp , marteze ...   " ( 15

Mais un détail l’obsédait : si le mot Novalis lui-même était un piège , une fausse piste semée dans mon inconscient ? , s'interrogeait-il avec angoisse .

 

 

( A Suivre )

 

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DAN AR WERN - L'ESCARBOUCLE - Deuxième Partie - L'AffrontementVI - Novalis - Pep gwir miret strizh - All rights reserved -Tous droits réservés ." L'ESCARBOUCLE "- Copyright 2025 .

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Notes :

 

10 - Ishtar - Hister - Hitler - La Nuit de Cézembre ( Cycle de L'Etoile 5 ) - II , 2 , IV - Labyrinthe - Copyright 2019 Dan Ar Wern / Edilivre - Tous droits réservés - Note 23 .

11 - " Ahnenerbe " , institut de recherche nazi créé par Himmler ( 1935 ) dont le siège était à Wevelsburg . Il était chargé d'étudier le patrimoine de la race Indo-européenne nordique et de prouver la superiorité raciale des Aryens - La Nuit de Cézembre ( Cycle de L'Etoile 5 ) - II , 1 , V - L'Empereur Sauvage - Copyright 2019 Dan Ar Wern / Edilivre - Tous droits réservés - Note 27 .

12 - Die letzte Flamme = La dernière Flamme .

13 - Lux Perennis = Lumière Eternelle

14 - Tadig-kozh = papy

     - A l'extrémité de la pointe de Pen-Hir ( Beg Penn Hir ) , dans la presqu'île de Crozon ( Cornouaille ) , se trouvent les " Tas de Pois " ( Ar Bernioù Piz / An Daouioù ) .

     - Île Neuve = Novalis ( Nouveau champ , terre vierge ) - Novus = nouveau , Insula = île .

 

15 " Stok Ouzh an Enez, poème de Youenn Gwernig ( 1925 - 2006 ) , chanteur , poète breton( L'on n'entendra que le bruit sourd de nos pas sur le sable , et le cri des mouettes , et l'île sera nôtre , peut-être ... ) - " An Toull en Nor " , Janvier 1964 - pep gwir miret strizh - Tous droits réservés .

 

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L'ESCARBOUCLE - Première Partie - Complot - V - Esther .

20 Septembre 2025 , Rédigé par Dan Ar Wern Publié dans #L'ESCARBOUCLE

Esther ( 1869 ) , par Jean-François Portaels

Esther ( 1869 ) , par Jean-François Portaels

 
L'ESCARBOUCLE

 

 

 

 

 

Première Partie

( Complot )

 

 

 

 

 

 

 

 

V - Esther

 

Quel est donc le secret que tu me veux apprendre ?  " 

 Jean Racine - Esther ( 1689 ) , Acte II , Scène I .

 

 

 

 

 

12 - Après s'être remis de cette journée d'émotions , longtemps encore , secoué par la découverte du pli cacheté , il resta jusqu'à l'aube assis dans son fauteuil de cuir , les mains posées sur l'accoudoir , le regard perdu vers la fenêtre où les premières lueurs d'un jour nouveau glissaient lentement sur le fleuve , se demandant qui était vraiment la personne qui lui avait envoyé ce recommandé , posé sur le guéridon du couloir , et qui semblait l'observer à son tour , comme un témoin muet des secrets enfouis dans son coeur . Etait-ce un piège ? Et dans quel but ? Quel était son lien de parenté avec cette soi-disant " Esther " ? Avait-elle un rapport quelconque avec celle qui lui était apparue ? Et comment l'autre avait-elle fait pour savoir ? Autant de questions aussi mystérieuses que le parchemin lui-même ... Et qui d'autre pouvait bien être au courant ? , marmonnait-il en observant sur la Loire , un vol de courlis cendrés croisant une envolée de cygnes blancs . Depuis des années , l'homme avait pris soin d'effacer toute trace compromettante de son passé . Même ses proches ne connaissaient rien de certains épisodes particulièrement confidentiels de sa jeunesse . Pourtant , quelqu'un d'inconnu avait retrouvé son nom , son adresse , et avait osé invoquer ce nom d'Esther .

Il se leva , fit quelques pas dans la pièce . Le parquet craqua , lui rappelant sa vieille maison natale où l'histoire , encore une fois , refusait , comme lui , de mourir . 

Un piège ? L’idée s’imposait . Dans sa carrière , il avait vu bien des ruses : de fausses invitations , des rendez-vous qui se terminaient dans l’ombre .

Mais qui , aujourd’hui , chercherait encore à l’atteindre ? Il n’avait plus de pouvoir , plus d’influence . Officiellement , ce n’était plus qu’un vieil homme vivant au bord de l’Erdre . Et pourtant ...

La lettre parlait d’un document " porteur de mémoire " . Et surtout de cette carmélite d'abord miraculée , ensuite suppliciée , dont il croyait avoir rêvé l’apparition la veille , silhouette immaculée au fond du couloir .
Le hasard existe-t-il quand les fantômes du passé se succèdent avec une telle précision ?

Reprenant le pli , il le tourna entre ses doigts .

D'où pouvait-il provenir , se demanda-t-il , avec son odeur bizarre exhalant un parfum grisant qui aurait traversé les siècles ? Celui de madame Elisabeth

À l’intérieur , un second feuillet , jauni , portait une écriture ancienne , plutôt fine , presque tremblée . Quelques mots seulement :

" Ce que Carrier n’a pas brûlé dort encore sous la pierre . Esther t’attend .
Suis la trace des noyés ."

Le nom du sinistre proconsul , bourreau de tant d'innocents , fit à nouveau naître en lui un frisson qui lui parcourut l'échine !

Il se souvint brusquement d’une anecdote familiale à-propos de son trisaïeul qui avait été archiviste au couvent des Carmélites , peu avant que les Révolutionnaires ne le transforment en prison , le vieil homme ayant murmuré un soir , presque pour lui-même , qu’un manuscrit " miraculeusement sauvé " dormait quelque part sous les pavés du quai de la Fosse .

Le coeur battant , Fred Morlaix se rassit . Quelqu'un connaissait donc cette histoire , mieux encore , cette personne , pensait-il , voulait l'intimider . Mais pourquoi maintenant ? Comme une procession d'âmes inquiètes , la lumière chaude , lorsqu'il alluma la lampe de bureau , fit danser devant lui les ombres des bibelots . Dehors , le passage d'une automobile  , ralentissant devant sa maison , se fit entendre . Il se sentait déjà épié , surveillé . Mais elle repartit soudain sans presque faire de bruit ...

Le téléphone sonna un seul coup , suivi d'une tonalité , puis plus rien : silence au bout du fil . Une minute plus tard , cela recommença . Il saisit vite le combiné tandis qu'une voix de femme à l'autre bout , lointaine , lui chuchota d'un souffle à peine avant que la ligne , brutalement , ne se coupe :

- Ne craignez pas . Je suis Esther ...

Il resta figé , le coeur battant . le complot venait de s'épaissir . Un message ? Au fond de lui , une intuition fulgurante lui disait que s'il voulait comprendre , il lui faudrait bientôt retourner là où tout avait commencé sans qu'il s'en rende vraiment compte , au pays perdu de sa mère et des îles perdues de son enfance !

13Il sentit le sol se dérober sous ses pieds lorsque l’idée prit enfin corps définitivement dans son esprit . Esther n’était peut-être pas une personne .

Ou pas seulement . Depuis quelques mois , des rumeurs étranges , figurant dans certains bulletins confidentiels , parlaient d'un groupe de chercheurs , mêlant neurologues et informaticiens , qui avaient travaillé au développement d'une technologie capable d’induire des rêves dirigés à distance . Un procédé à la frontière de l’hypnose , de l’électromagnétisme et de l’intelligence artificielle . L'article faisait état de signaux imperceptibles , diffusés par les ondes de téléphonie ou de fibre , permettant d’imprimer dans l’inconscient des images , des sons , des sensations ... comme des songes d’emprunt .
Lui qui avait cru à une vision mystique commençait à comprendre que ses " apparitions " pouvaient avoir été ... fabriquées ! 
Quant au pseudonyme d'Esther , emprunté à la carmélite martyre de Nantes , qui évoquait la pureté , le sacrifice , il pouvait également bien servir de masque à une entreprise beaucoup plus profane , peut-être une organisation tapie derrière toutes ces manipulations , comme jadis , un collègue des services secrets le lui avait suggéré , parlant d’un cercle obscur opérant depuis Genève et Bruxelles , connu dans certains milieux sous l’acronyme E.S.T.H.E.R. :
Expérimentations Synaptiques et Transmissions Hypno-Électriques Rémanentes .
Il avait d'abord cru à une plaisanterie . Mais aujourd’hui, le souvenir prenait une teinte glaciale.

Leur but ? , se demanda-t-il une fois de plus alors qu'une sueur froide glissait le long de sa nuque .

Sa propre famille avait eu des liens avec la ville de Compiègne . Il l'apprit par la suite . Son grand-oncle , officier de la Marine , y avait servi en tant qu'agent du secret royal avant 1792 . Et lui-même conservait dans ses papiers un vieux plan des souterrains de la forêt compiégnoise , hérité de cet ancêtre qui lui avait aussi transmis le virus de la police clandestine .

Voilà donc pourquoi " Esther " s’intéressait à lui .
Son inconscient , stimulé par des rêves artificiels , n'était que la clé d’un itinéraire oublié .
Le mystérieux parchemin de Nantes n’était qu’une étape , une invitation déguisée à rouvrir la route qui menait , par fragments de mémoire , jusqu’à la cache où sommeillait depuis deux siècles  l’escarboucle de Madame Elisabeth , héritage de
l'ancienne duchesse de Bretagne et de la dynastie qui avait fondé la France ! 

Dehors, le vent fit vibrer les vitres davantage .
Il se leva , soudain lucide , se remémorant ce que lui avait dit son grand-père : avant que la famille royale ne soit conduite au Temple , Madame Élisabeth avait confié la pierre à une religieuse de Compiègne en route pour Nantes , celle-ci la dissimulant dans un petit reliquaire . Mais les Conventionnels , qui , par quelque traîtrise , en avaient été informés , cherchaient à s'approprier par tout moyen ce joyau capable , selon la tradition légendaire , de faire basculer les empires !

 

 

 

FIN DE LA 1ère PARTIE

 

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DAN AR WERN - L'ESCARBOUCLE - Première Partie - ComplotV - Esther - Pep gwir miret strizh - All rights reserved - Tous droits réservés . " L'ESCARBOUCLE " - Copyright 2025 .                                               

 

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L'ESCARBOUCLE - Première Partie - Complot - IV - Le Parchemin du Mausolée .

20 Septembre 2025 , Rédigé par Dan Ar Wern Publié dans #L'ESCARBOUCLE

Gisant du duc François II

Gisant du duc François II

 
L'ESCARBOUCLE

 

 

 

 

 

Première Partie

( Complot )

 

 

 

 

 

 

 

 

IV - Le Parchemin du Mausolée

 

" Qu'importe , si Dieu me donne la force . " 
 

 Blanche , Dialogue des Carmélites , deuxième tableau .

Georges Bernanos ( 1949 )

 

 

 

 

7 - Le lendemain , la pluie fine du matin avait laissé sur la haie de buis de petites perles de lumière , lorsque la silhouette familière de Blanche , la factrice , apparut au portail , lui apportant une lettre recommandée au cachet rouge , curieusement signée " Esther ", du même prénom que la personne qu'il avait vue en songe la nuit dernière , et qui lui disait de se rendre dans un lieu mystérieux , peut-être une église , où , derrière une statue , il devrait chercher un manuscrit relatant le massacre des populations de l'ouest pendant la révolution , laissé par une jeune professe carmélite de Compiègne originaire de Nantes qui avait , par cette mission , miraculeusement échappé à la guillotine , en étant chargée de le cacher comme témoignage pour les temps futurs .

Le nom de l’expéditrice avait fait battre son cœur plus fort . Ne l'avait-il pas murmuré toute la nuit , lors d’un songe trop vif pour n’être qu’un rêve , celui de la femme inconnue – et pourtant si proche – qu’il avait vue se pencher sur lui , comme un reflet de son âme !
Il ouvrit l’enveloppe avec lenteur.
L’écriture , fine et ferme , vibrait d’une urgence silencieuse :

 " Va , demain dès l’aube , dans le Temple dont le clocher veille sur la rivière .
Derrière le tombeau de François 
, tu trouveras le livre
. "

Un frisson parcourut ses épaules . Comment pouvait-elle savoir ?

Était-ce un piège , une coïncidence ? Ou bien la preuve que son rêve n’avait pas été une simple invention de l'esprit , mais un appel ? En tout cas , les mots semblaient respirer sur la feuille , comme s’ils avaient été écrits bien au-delà du temps . Levant les yeux vers la fenêtre , il entendit au dehors le vent de mer faisant danser des tourbillons de pluie sur le vieux clocher qu’il apercevait au loin .

Le mystérieux grimoire , espérait-il , serait encore là , témoignage du calvaire de tout un peuple , et manifeste du groupe " Kalon Vreizh " dont il faisait secrètement  partie , lui qui l'avait caché tout seul en cet endroit , voulant continuer à entretenir , par ce document que son père lui avait transmis , la flamme vivante du souvenir des morts de la Révolution .

Souvent , il se dirigeait depuis les rues obscures de la vieille ville vers la façade lumineuse du navire-cathédrale , se plaisant à y voir surgir , à l'intérieur , dans le clair-obscur de sa nef immense , comme figée dans l'éternité , où elle s'élevait , fumée d'encens , telle une prière au-dessus du gisant de marbre du dernier duc de Bretagne et de son épouse , veillé par quatre vertus de pierre , immuables gardiennes , la lumière céleste du vitrail de la Vierge-aux-Lys venant , au centre du choeur , l'éclairer , drapant de sa nappe de blancheur bleu nuit , presque lunaire , le calme souverain du couple endormi dans le silence des siècles . ( 5 )

Le contenu du livre , il s'en souvenait , racontait le calvaire des seize carmélites , mais aussi le fait que la soeur de Louis XVI , Madame Elisabeth , les avait visité peu avant , car elle connaissait mère Henriette de Jésus , maîtresse des novices , mais aussi le sinistre présage dont elle avait entendu parler lorsque à l'âge de dix ans , peu après les festivités du mariage de son frère , en 1770 , la jeune princesse avait été choquée d'entendre d'elle un récit des sinistres mouvements de foule qui avaient entraîné la mort cruelle de nombreux badauds parisiens ! ( 6 )

Dans l'odeur de cire éteinte et de pierres mouillées , chacun de ses pas , dont l'écho discret semblait répondre au battement de son cœur ému , résonnait sous les voûtes.

Il s’agenouilla près du mausolée .
Derrière le socle , ses doigts rencontrèrent une aspérité , puis la couverture râpeuse d’un petit volume emmailloté dans une étoffe de lin jauni .
Comme s’il avait absorbé la trace des temps révolus , le paquet recouvert d'étoffe exhalait une vieille odeur d'armoire , de velours terni , de moisissure . Le visiteur en défit les liens .
Dès la première ouverture , il se rappela qu'une pellicule d’or s'était levée dans la lumière vacillante des bougies . Les lettres du prologue , tracées à la plume d’oie , dansaient aujourd'hui devant lui sur le papier couleur ivoire . À mesure qu’il commençait à le relire , le murmure de la cathédrale changeait de tonalité : les craquements du bois , le soupir du vent , tout semblait se mêler à la voix invisible de la carmélite . Une fois encore , sous la lueur vacillante et crépusculaire des ogives du transept , il le déchiffra rapidement , puisqu'il en possédait , à son domicile , un double dactylographié .

8 - Les premières phrases du recueil , tracées à la plume d'oie , tremblaient encore sous ses yeux :
Que le Seigneur accueille ma pauvre vie comme une ultime offrande Que ce livre soit gardé , non comme une accusation , mais comme une lampe pour les temps futurs .
Nous étions seize , pauvres filles consacrées au silence , quand les vents de la Révolution se levèrent contre l’Épouse du Christ . De Compiègne à Paris , la hache attendait . Mais avant que l’orage ne nous disperse , il nous fut donné de recevoir une visite qui marqua nos âmes d’un sceau indélébile . 
C’était peu avant l’année terrible , au début du règne de la Terreur . Madame Élisabeth de France , sœur bien-aimée de Sa Majesté Louis XVI , se présenta à notre grille . Son regard doux portait déjà l’ombre du sacrifice . Elle nous parla comme une amie d’enfance – et elle l’était : jadis , lors des noces de son frère à Versailles , notre Henriette , notre bienfaitrice , avait pu faire sa connaissance jouant avec celle qui n’était alors qu'une petite fille insouciante . Puis , la noble princesse parla des feux d’artifice de 1770 , des lampions et des cris de joie qui , soudain , devinrent clameurs de mort quand la foule s’écrasa dans la nuit lors du " grand étouffement de la place Louis XV " , cette 
bousculade ayant entrainé la chute de nombreux spectateurs dans les fossés , tandis que dautres furent impitoyablement écrasés sur des blocs de pierre ! " ( 7

Avant même de tomber , la plupart périrent étouffés , précisait encore le texte , affirmant que ce désastre avait ravivé plus tard , chez la soeur du Roi , une plaie sanglante , un pressentiment des malheurs à venir ! 

" Elle nous exhorta à la constance , à la fidélité malgré les persécutions qui déjà s’annonçaient , poursuivait la religieuse . Et lorsqu’elle nous confia qu’elle-même n’échapperait sans doute pas elle-même au destin de son frère , ses mains , fines et blanches , tremblèrent . Mais elle avait la certitude que l’innocence devait passer par le martyre pour que la France soit purifiée . Peu de temps après , d'ailleurs , nous fûmes arrêtées . Car on nous reprochait nos vœux , notre silence , notre simple loyauté . On nous mena toutes vers Paris pour nous conduire à la Conciergerie , puis à la guillotine . Une à une , nous montâmes l’échafaud en chantant le Salve Regina " , et l’air de la rue , ce soir-là , vibrait comme une cloche d’espérance . Moi , qui fus chargée de ce message par un mystérieux concours de circonstances , j’échappai par miracle à la hache grâce à un enchaînement de retards et d’ordres contradictoires " ( )

La poussière s'était soulevée au fil des pages , l’impression que la voix d’Esther – ou de la carmélite – , plus que la première fois , traversait le temps pour lui parler directement , comme si ce témoignage avait attendu précisément cette heure afin de retrouver sa pleine valeur .

" J’ai caché ces pages , terminait-elle , afin que les générations futures sachent que le sang versé ne fut pas celui de rebelles mais d’âmes pacifiques , données en offrande pour la paix du royaume . 

Qu'elles soient gardées , non comme une accusation , mais comme une lampe pour éclairer les temps à venir ... Souvenez-vous de Madame Élisabeth , de son sourire calme , de sa main qui bénit la France au moment de mourir . Souvenez-vous que la joie de l’enfance peut devenir la semence du martyre ! "

9 - Les mots vibraient dans l’air froid , comme s’ils étaient prononcés à l’instant même par une présence proche . Il revoyait , derrière le voile du temps , la silhouette douce et grave de Madame Élisabeth , franchissant la grille du couvent , portant déjà dans ses yeux le reflet du martyre de ses soeurs , les carmélites de Compiègne montant l’échafaud , chantant un cantique s’élevant dans la nuit de Paris .
Les noces de 1774 , le tumulte de la foule écrasée sous les feux d’artifice , la Révolution ... , tout se superposait comme un palimpseste vivant !

Chaque syllabe , à travers la cathédrale , semblait respirer plus fort comme une larme venue d’un autre âge , goutte de cire glissant sur la pierre .
Il sentit le froid du marbre sous sa paume , mais aussi une chaleur mystérieuse , comme si le tombeau lui-même se souvenait .

Quand il releva la tête, le silence était absolu.
Seule la lueur des cierges éclairait le visage endormi du duc et de Marguerite .
Il eut l’impression que leurs paupières pouvaient s’ouvrir d’un instant à l’autre , qu’ils savaient déjà ce qu’il venait de lire .

L'opuscule tremblait légèrement entre ses mains.
Plus qu’un témoignage , il sentit que c’était un appel , un pont jeté entre un présent fugace et des âmes sacrifiées dont l'effroyable secret , qu'il avait cru sous bonne garde , se trouvait enfoui ici à jamais .

Il referma doucement l’ouvrage , le cœur serré , pensant l'emporter dans son sac , puis , l'enfermant dans une cheminée de la crypte où se trouvait un coffre codé , à l'abri des regards .
La cloche du beffroi sonna une heure indécise au loin . Quand il rentra chez lui , il comprit que , désormais , sa propre vie entrait dans l’histoire de ce martyre , et que le message d’Esther n’était qu'un commencement .

10 - La cathédrale semblait soudain plus vaste , plus vide , maintenant qu'il était parti loin d'elle , dans sa chambre . Mais il entendait toujours le souffle du vent glissant comme un murmure entre les piliers , soulevant en une danse lente les flammes des cierges .
Dans ce silence chargé d’échos , flottait un parfum inattendu , une senteur de cire chaude mêlée à de la fleur d’oranger , si subtile qu’il crut d’abord l’imaginer . 
Puis , au-delà du monument funéraire , la lumière changea .
Un rayon de lune , venu d’on ne sait quel interstice , s’était allongé sur le dallage .
Dans ce halo , une silhouette s'était dessinée - d’abord sous la forme d'une ombre , ensuite , plus douce et précise .

Une jeune femme , vêtue d’un habit de carmélite , se tenait là , les mains croisées sur la poitrine .
Son visage , encadré par le voile blanc , semblait irradié d’une clarté intérieure .
Les yeux , d’un bleu profond , le regardaient sans le juger , comme s’ils connaissaient déjà chacun de ses doutes .

Voulant lui parler , pas un son ne put franchir ses lèvres . Quant à elle , inclinant la tête vers le parchemin posé sur la pierre , elle souriait légèrement , comme la Vierge aux Lys , paraissant l'inviter à cacher autre part son précieux trésor . Et dans ce geste muet , plein de douceur , il avait compris ce qu'il devrait faire . Un frémissement , semblable à un soupir d’orgue , avait parcouru la nef avant qu'il ne s'en aille . Il crut alors percevoir clairement le son de sa voix :

" Souviens-toi ! " , lui disait-elle . 

Peu après ,  le rayon se dissipa , la silhouette , se fondant dans la nuit du transept , il ne resta plus que le battement sourd de son cœur et l’odeur indicible de son parfum .

 

11 - Le livre s’ouvrait maintenant sur ses dernières feuilles , plus sombres , tachées d’une encre qui semblait mêlée de larmes . L'homme , allongé sur son lit , le relisait avec attention :

 Avant le sang des nôtres , vint l’eau du fleuve , instrument d’un supplice nouveau .
On parlait d’
" immersions républicaines " ,  mais c’étaient des noyades criminelles , des mariages de mort !
Le sinistre Carrier , commissaire comme lui , mais représentant politique de la Convention logeant à l'hôtel de la Villestreux ,  donnait l'ordre de ces exécutions qu’il appelait plaisamment déportations verticales " .
Des chaloupes partaient la nuit 
, pleines d’hommes , de femmes , d’enfants , les mains liées derrière le dos que l'on jetait dans la Loire , lestés de cailloux , tandis que les soldats riaient dans la brume et qu'à chaque aube nouvelle Nantes puait la vase et le sang mêlés 
! " 

Les mots vibraient sous ses doigts d'une manière si intense qu' il croyait entendre le clapotis du fleuve , tout près de son domicile , et , pendant qu' une odeur d’eau froide et de corde mouillée semblait monter soudain de la Loire , les cris étouffés , le rire ivre des bourreaux !

Puis venait la dernière confession de sa lointaine cousine , peut-être , tracée d’une écriture plus nerveuse :

" Moi , dernière de mes sœurs , j’ai caché ce livre dans la maison de Dieu , afin qu’il témoigne .
J’ai vu mes compagnes monter une à une l’échelle du martyre
, j’ai entendu le chant des noyées sur la Loire 
!
Ma grâce fut de survivre le temps de sceller ces pages . Mais je sais que ma fuite ne sera que de courte durée .
Déjà , on me cherche . Demain , je me livrerai .
Que mon corps suive celui des innocents ; que mon âme soit portée par le courant des bienheureux .
Je m’en vais au-devant du dernier sacrifice .
Que le Seigneur 
, qui m’a prêté ses mots , m'accueille comme une ultime offrande 
"

Ses paroles , comme si en tremblant , elles écrivaient la mort déjà présente derrière son épaule , parurent se dissoudre dans la lumière vacillante .
Il sentit l'eau glacée de sa tombe contre son front .
Dans son esprit , se superposaient la nef silencieuse et le visage de la jeune femme inconnue qui , après avoir confié son récit au sanctuaire , acceptait maintenant de disparaître , elle aussi , dans les eaux noires de la Loire charriant ses noyés .

Brusquement , les vitres de la maison grincèrent sous l'action d'une bourrasque !
Le silence qui suivit pesa comme l'éternité .
Il comprit que ce n’était pas seulement une page d’histoire parmi tant d'autres , mais un flambeau pour celui qui oserait , un jour , dire la vérité sur les massacres de Nantes .

La mémoire des noyades , le courage de la carmélite et son sacrifice vivraient désormais en lui , irrévocablement .

Dehors , la Loire roulait son flot noir et tranquille sous la lune impassible .
Chaque vague semblait murmurer l’écho des noyées , ramenant au rivage la promesse silencieuse d’une justice que ni l’eau ni le temps ne pourraient effacer .

 

 

( A Suivre )

 

                                                              ___

 

DAN AR WERN - L'ESCARBOUCLE - Première Partie - ComplotIV - Le Parchemin du Mausolée - Pep gwir miret strizh - All rights reserved -Tous droits réservés ." L'ESCARBOUCLE "- Copyright 2025 .

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Notes :

 

5 - Cathédrale Saint-Pierre-et-Saint-Paul de Nantes qui abrite le gisant du duc François II (  Frañsez II , 1435 - 1488et de son épouse , la duchesse Marguerite de Foix Marc'harid Foix , 1449 - 1486 ) .

6 -  Madame Elisabeth ( 1764 - 1794 ) , soeur du roi Louis XVI , morte guillotinée le 10 mai .

   -  Sainte Mère Henriette de Jésus ( 1745 - 1794 ) , née Marie-Françoise-Gabrielle de Croissy , maîtresse des novices , l'une des seize carmélites guillotinées .

7Le " grand étouffement de la place Louis XV " est un évènement dramatique au cours duquel plusieurs centaines de personnes périrent étouffées ou écrasées dans la soirée du  dans un mouvement de foule sur la place Louis-XV de même qu'à l’entrée de la rue Royale lors de festivités données en l'honneur du mariage du dauphin de France avec l'archiduchesse Marie-Antoinette d'Autriche .

8Les carmélites de Compiègne sont seize religieuses carmélites condamnées à mort et guillotinées le 29 messidor an II ( ) par le Tribunal révolutionnaire au motif de " fanatisme et de sédition " , qui ont été canonisées le 18 décembre 2024 par le pape François .

9 - Les " Noyades de Nantes " , crimes de la Terreur ayant eu lieu entre novembre 1793 et février 1794 à Nantes . Pendant cette brève période , des milliers de personnes , suspectes aux yeux de la République ( prisonniers politiques , de guerre , de droit commun , gens d'Église et leurs familles ) , furent noyées dans la Loire sur ordre de Jean-Baptiste Carrier ( 1756 - 1794 ) . Ces victimes périrent ainsi dans ce que Carrier appelait le " Torrent révolutionnaire " ou la  " baignoire nationale ".

  - L'Hôtel de La Villestreux ou Villetreux ) est un hôtel particulier de style néo-classique bâti au milieu du XVIIIe siècle , situé sur la place de la Petite-Hollande , à l'extrémité ouest de l'île Feydeau , dans le centre-ville de Nantes .

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L'ESCARBOUCLE - Première Partie - Complot - III - Dans le Fracas des Guerres .

17 Septembre 2025 , Rédigé par Dan Ar Wern Publié dans #L'ESCARBOUCLE

Bataille de Saint-Aubin

Bataille de Saint-Aubin

L'ESCARBOUCLE

 

 

 

 

 

Première Partie

( Complot )

 

 

 

 

 

 

 

 

III - Dans le Fracas des Guerres

 

" O femme affligée , battue par la tempête , inconsolée , voici que je pose tes pierres sur des escarboucles , tes fondations sur des saphirs , je ferai tes créneaux en rubis , tes portes d'un rouge ardent , de gemmes ravissantes toute ton enceinte ... " 
 

 Isaïe , 54 , 11 et 12 .

 

 

 

 

5 - Alors qu’il s’assoupissait un soir dans son fauteuil , une impression étrange se forma derrière ses paupières . Non pas un rêve , mais une  présence . Quand il rouvrit les yeux , c'était elle encore qui était là , belle comme une flamme contenue , le regard clair , le sourire tendre , assise à quelques pas de lui .

Il la reconnut aussitôt . Bien qu’il ne l’eût jamais rencontrée , c’était elle , évidemment ,  cette jeune fille morte si jeune , dont il avait  su l’histoire , et dont le passage terrestre avait eu , pour beaucoup , de tels accents de sainteté . Mais il eut un sursaut de plus lorsqu'il vit briller de toute sa force à son cou une escarboucle , pierre flamboyante que les anciens guerriers celtes comparaient à " l'oeuf rouge du serpent marin " , talisman qu'elle lui avait sans doute montré dans une vision , juste après sa mort ,  mille ans plus tôt ! ( 1

N'était-il pas alors le fils d'un valeureux chevalier breton parti pour la première croisade , qui , avant de mourir sur le champ de bataille , avait essayé de transmettre à son fils l’idée d'un tel service dans la fidélité ? Mais lui , dégoûté par une guerre tellement cruelle qu'il l'avait jugée aussi sanglante qu' inutile , s’était tourné peu à peu , profondément marqué par la mort brutale de sa fiancée , Aziliz , la fille au bijou , dernière victime d'une époque assez barbare , vers la prière , et prenant , au lieu de suivre le chemin des armes , celui de Brocéliande , il avait fini par s'établir dans une de ces cabanes de branches de racines et d’eau claire , où , méditant là , dans le silence des futaies , connu sous le nom d'Eon de L'Etoile , celui qu' on appellerait bientôt le " sage " de la forêt légendaire et qu'on viendrait voir d'un peu partout , goûtait aux révélations du monde invisible ... ( 2 ) 

6 - Puis une autre image vint à son esprit , dans le fracas des armes de Saint-Aubin-du-Cormier , lorsqu'il entendit les cris des Bretons tombés , le râle des mourants , la fumée des arquebuses . Blessé , il avait survécu , portant dans son âme le deuil de toute une nation vaincue et celui de François de Rohan , son courageux ami , tué au combat . Lorsqu'il s'était mis à genoux devant lui pour prier , vêtu de noir , sa face éclairée d'une lumière resplendissante l'obligea de baisser les yeux tant il était ému , bouleversé par cette grâce indicible irradiant son être impur d'étranges rayons venus du ciel . Son cher compagnon rejoignait-il ainsi sa jeune fiancée qui venait de mourir dont la robe vermeille resplendissait en son oeil crépusculaire de tout l'éclat d'une parure éblouissante ? ( 3 )

N'entends-tu donc pas l'orage qui gronde et qui s'approche de toi ? , lui murmurait cette fleur aimable aux tendres clartés d'aurore boréale .

J'ai tant prié , j'ai souffert ... l'heure épouvantable approche , ne veux-tu pas venir sur mon rempart ?

Quand la lueur incendiaire quitta le cadavre , trois perles de larmes coulèrent sur le sol , comme pour éteindre le feu de la colère divine , puis , tel un éclair de mort déchirant les nues , comme s'il éclatait en sanglots , le firmament se croisa d'une barre rouge en forme de branche enflammée d'où s'échappaient des gouttes sanglantes !

- Mon Aziliz ! , soupira le vieil homme avec autant d'étonnement que de gratitude . Car il n'était pas endormi , mais parti dans une autre dimension , sans doute un univers parallèle où il ne ressentait plus rien de son mal ! 

- Pourquoi me donnes-tu encore ce nom , très cher ? , lui dit-elle , si heureuse , en apparence , de changer d'identité .

Je préfère celui d'Esther , " Celle qui montre la route " ... 

Et maintenant , tait-il pas trop tard , soupira-t-il encore , pensant peut-être à toutes ces horribles scènes de malheur et d'atrocités du futur ?

Il crut alors tomber à toute vitesse dans une espèce de puits sans fond , spirale tourbillonnante à la poursuite de son double , au coeur d'un long tunnel interminable lui faisant revivre différentes étapes majeures de sa vie et bien d'autres scènes encore qu'il ne pouvait décrire , où il allait à la rencontre d'un immense phare inversé dont il se mettait à descendre les dalles de pierre usées par le temps ! N'était-il pas lui-même un criminel ?  

Puis , dans ce labyrinthe où tout s'écroulait , frissonnant de fièvre , il se réveilla en sueur , et quelques minutes plus tard , se mit à remuer encore tout cela , les yeux à peine ouverts , fasciné par l'immensité du cosmos étoilé qui , au milieu d' obscures guenilles de nuages , l'entourait au bout de l'énorme gouffre de ténèbres trouant l'espace pendant qu'il se revoyait au moment où tout lui avait semblé si sombre , se rappelant , comme l'évoquait aussi le martèlement de la pluie sur le toit , cette résonance en lui d'un glas sépulcral , quand , à minuit sonnant , les fantômes insatisfaits de l'au-delà hurlaient en vain pour l'entraîner de leur côté !

D'ailleurs, n'était-ce pas le vertige de leur chute interminable , se demanda-t-il ensuite , qui l'avait conduit dans ce voyage horrible à travers l'infini ?

 

 

        

( A Suivre )

 

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Notes :

1 - Chez les peuples celtes , l'oeuf de serpent fait l'objet d'une quête spirituelle comparable à celle de la Pierre Philosophale ou du Graal : Le Passeur des Mondes ( 1er Cercle ) - XIII - Epilogue - 12 - Le Secret d'Eon de l'Etoile - L'Enfance d'Eon de l'Etoile 4 ( II , En Bretagne ) - Note 50 - Copyright 2015 Dan Ar Wern / Edilivre - Tous droits réservés .

2Eon de l'Etoile ( + 1150 ) , du latin Eudo de Stella , était un chef religieux breton considéré comme un nouveau " Messie " cathare . Associé au personnage de Gaël de Koadkaden dans " Le Passeur des Mondes " ( qu'il représente en quelque sorte ) . Personnage 167 du " Cycle de L'Etoile " .

3 - Bataille de Saint-Aubin-du-Cormier ( 28 juillet 1488 ) : l'avant-garde bretonne , commandée par le Maréchal de Rieux , repoussa la première ligne française , mais un mouvement des allemands pour se mettre à l'abri de l'artillerie ayant rompu la ligne de bataille du duc , la cavalerie française la chargea et la coupa . Le carnage , , devint général . Six mille bretons furent tués . Le duc d'Orléans , futur Louis XII , et le prince d'Orange furent pris .

   - François de Rohan , fils de Jean II de Rohan et de Marie de Bretagne , proposé au duc François II comme époux de la duchesse Anne de Bretagne , fut tué à 18 ans lors de la bataille de Saint-Aubin qui sonna le glas de l'indépendance du duché .

4LABYRINTHE ( Cycle de L'Etoile XXXIII ) - Première Partie - SilsV - Celle qui Montre la Route -Copyright Dan Ar Wern / OmniScriptum & International Book Market LTD - Aug. 2025 .LABYRINTHE / LE VEILLEUR DE BROCELIANDE " , copyright 2025 - All rights reserved .

 

 

 

 

 

 

 

 

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L'ESCARBOUCLE - Première Partie - Complot - II - Apparitions .

16 Septembre 2025 , Rédigé par Dan Ar Wern Publié dans #L'ESCARBOUCLE

Reflet - David Peterson

Reflet - David Peterson

 

L'ESCARBOUCLE

 

 

 

Première Partie

( Complot )

 

 

 

 

II - Apparitions

 

" Il est des nuits où je m'absente ,

  Discrètement , secrètement ..."

Jean-Roger Caussimon - " Nuits D'Absence . *

 

 

 

2 - Elle revint la nuit suivante , assez discrète , mais toujours plus réelle , parlant doucement à son coeur du monde spirituel où elle vivait .

Ici , vois-tu , la vie n'est pas faite de murs et de pierres . Nous habitons des paysages que nous portons en nous . Quand l’âme s’élève , elle retrouve les couleurs qui lui ressemblent , les champs de musique , les rivières de lumière , les maisons de tendresse . Tout est construit par la force de l’amour et du souvenir . Tu aimerais voir ?

Alors , plus vite qu'en songe , il se trouvait transporté dans des vallées immenses baignées de clarté , où des êtres translucides pouvaient se reconnaître sans paroles , par la seule vibration de leur être . Au loin , des cathédrales de verre s’élevaient , dont les voûtes résonnaient comme des chants d’orgue . Et plus haut encore , des sphères de pure lumière où nul mot humain ne pouvait décrire ce qui se jouait .

Chaque vision l’apaisait . Chaque retour sur Terre , au matin , lui laissait une nostalgie étrange , mais aussi , en même temps qu'une grande fatigue , une force nouvelle naissait en lui . Sans doute crut-il rêver les premières fois .

Puis il comprit que ce n’était pas une simple plaisanterie , qu'elle était bien là , non pas comme un spectre , mais comme une conscience vivante qui entrait dans la sienne . Elle lui expliqua , d’une voix claire , ce qu’il devait comprendre :

- L’Au-delà n’est pas un autre pays , ni un autre temps . C’est le monde de la conscience nue . Ici , plus rien ne se cache . Ce que chacun est en vérité se montre aussitôt . Tu considères l’autre un peu comme est perçu un animal sur Terre , dans son espèce et dans sa nature . Mais ici , c’est l’âme qui le révèle ainsi , sans déguisement .

Le sénior à l'allure d'adolescent frissonna .
- Alors , plus aucun secret n'est possible ?
- On peut préserver son intimité , si on le désire . Mais tout ce qui est mensonge ou masque s’effondre comme un château de sable . C’est pourquoi , au début , beaucoup d’âmes , découvrant ce qu’elles ont fui , s’effraient d’elles-mêmes . D’autres s’apaisent car elles trouvent enfin leur vérité .

Elle lui fit un beau sourire , ajoutant :
- Moi , je suis devenue la gardienne de notre demeure commune . Ce lieu que tu vois - ce jardin , cette maison - ce n’est pas un décor . C’est le fruit de notre union spirituelle . Mais je n’y fais entrer que ceux qui sont proches de nous , ceux que je choisis , car il faut protéger la pureté de ce que nous sommes .

Il s’étonna de sa fermeté .
Tu sembles si douce , et pourtant si décidée .
Parce que c’est ici que tout se construit . Là où nous sommes , chaque pensée crée , chaque sentiment bâtit . C'est pourquoi il faut veiller . C’est ça , monsieur le chevalier , la vraie noblesse : garder une demeure intérieure , où l’amour peut respirer sans souillure .

Un soir , elle lui parla plus directement encore :

Toi non plus , tu ne sais pas vraiment qui tu es . Tu crois être un homme d'expérience , avec ses souvenirs , ses limites . Mais dis-toi qu'ici , tu es une puissance dans le Ciel , et que le temps n'existe pas . Dieu a voulu notre union .

Pas comme un simple hasard d’âmes qui se retrouveraient , mais comme un dessein plus grand . Moi , je viens d’un autre lieu , d’un autre peuple . Et pourtant , Dieu veut que ma lignée spirituelle s’unisse à la tienne . Dieu veut la France - mais pas la France telle qu’elle est aujourd’hui , injustement égarée . Il veut la France renouvelée , fidèle à sa vocation première . Non , mon ami , tu ne sais pas encore qui tu es .

Ces paroles le bouleversèrent . Quelque chose en lui vibrait d’un accord profond , comme si une mémoire ancienne se réveillait soudain . Pourtant , lorsqu'il les entendit , le pauvre solitaire , dans son fauteuil , sentit qu’elles portaient une vérité bien trop vaste pour cette caricature mensongère qu'il croyait incarner , celle de la déchéance humaine !

Alors ... je suis plus que ce que j’avais cru ?
- Bien plus . Tu as porté , à ton insu , un manteau qui ne t’appartenait pas .

Mais ici , tu apprendras ton vrai nom , ta vraie origine . Et tu verras que ton destin était lié au mien depuis toujours .

Prenant doucement sa main dans la sienne , elle lui fit sentir en un éclair l'abime d'intelligence qui le séparait de lui . Alors , dans son regard , le vétéran ne vit plus seulement la jeune fille , mais une flamme qui portait le sceau de l’éternité !

3 - Un autre soir , elle l’emmena plus loin . Comme allégé , il sentit son corps se détendre , et soudain il se retrouva hors de la chambre . Ils flottaient ensemble dans l’espace , glissant comme deux météores dans la nuit étoilée .

Nous ne marchons pas , nous ne volons pas : nous sommes là où nous le désirons . Regarde !

Ils se posèrent au-dessus d’une mer argentée , puis dans un désert de sable rougeoyant .

Puis encore plus loin , c'était une planète étrangère , au ciel de cuivre , où des fleurs musicales , sous des soleils multiples , balançaient leurs corolles cristallines !

- Par ici , vivent d’autres consciences , différentes des humaines . Nous pouvons les visiter , les comprendre , et pourtant rester liés à notre monde . L’univers entier est notre maison .

Le vieux jeune homme tremblait de joie et d’incrédulité .

Mais alors ... la mort n’est pas une fin ?
- Non . C’est une expansion de la matière subtile , un accès à quelque chose de beaucoup plus vaste . Nous pouvons revenir vers ceux que nous aimons sur Terre , leur inspirer des pensées , les consoler dans leurs rêves . Nous pouvons en même temps nous tourner vers la Lumière divine , qui nous attire , là-bas , comme un soleil intérieur .

4 - Lui qui avait inconsciemment défendu l'idée officielle de Bretagne républicaine , découvrait maintenant que cette union nouvelle avec une vieille famille de la noblesse , était un signe , peut-être d'une vie antérieure proche des martyrs de Versailles , des Chouans , d'un renouveau de la vraie France dans ses racines les plus profondes , qu'elle n’était pas en opposition systématique avec son enracinement , mais qu’elle s’élevait plus haute , à travers l’union de terroirs , de lignées , de mémoires sacrificielles . Dans ses apparitions , la jeune fille noble devint signe d'unité : Chouans et cathares - toutes ces identités de souffrance - convergeaient vers une demeure idéale à restaurer , transfigurée en sa mémoire .
Elle parlait souvent de ce lieu spirituel qu’elle protégeait . Mais une nuit , son regard devint plus grave .

- Dans ta famille , on a défendu la Bretagne , n’est-ce pas ? Certains , même , se sont battus pour sa langue , sa culture . Toi aussi , tu as souffert malgré toi de la voir écrasée !

Il hocha la tête , surpris qu’elle dise avec tant de justesse quelque chose qu'il avait toujours plus ou moins laissé de côté . 

- Oui ... Malgré ma réserve obligatoire , j’ai toujours pensé que la France nous trahissait . Que nous étions condamnés à disparaître !

Elle s’approcha et posa sa main légère sur son front de cire .

- Écoute bien : de même que la vraie France n’est ni cet État qui détruit , ni la République oublieuse , la Bretagne , sa mère spirituelle , est une idée vivante qui , dans le Ciel , ne s’oppose pas à elle , mais la porte , l’unissant pour finir aux autres provinces ,  comme un cœur qui rassemble tous les membres d'un corps mutilé .

Il sentit un frisson parcourir son être. Elle reprit :

Moi , je viens d’une vieille lignée gasconne . Tu sais ce que cela signifie ? La Bretagne et la Gascogne se rejoignent ici , dans cette maison spirituelle que nous partageons . Ce n’est pas un hasard : Dieu veut montrer que l’union n’est pas la soumission , mais la réconciliation des racines profondes .

Toi et moi , nous portons ce signe

Il murmura, bouleversé :
- Alors ... leur lutte n’était pas vaine ?
- Non . Mais elle n’était qu’un début . Ce qu'ils ont défendu , c’était un fragment de vérité . Maintenant , tu dois voir le tout . La France véritable deviendra une cathédrale de provinces , dans lesquelles chaque pierre aura sa noblesse. Votre âme a appartenu aux Chouans , aux martyrs de Compiègne comme à tous ces vaincus qui ont offert leur vie dans les forêts et les marais . Vous portez encore leur mémoire . Mais comprends que tout cela ne doit pas rester douleur : c’est une semence pour un renouveau 

Le pauvre homme sentait les larmes monter à ses yeux . Tout ce qu’il avait vécu en cachette , ses colères face aux infidélités , prenaient un sens qu’il n’avait jamais osé imaginer .

Alors … ce renouveau , il viendra ? 
- Oui . Pas comme une revanche , mais comme un printemps ! La France renaîtra de ses racines les plus profondes . Pas dans les palais du pouvoir , mais dans les âmes de tous ceux qui ont gardé le souvenir . Toi , tu en es un témoin . Moi , je suis la gardienne qui veille à ce que cette mémoire reste toujours pure .

Elle l’embrassa sur le front .                                                                   
- Non , mon cher ,  tu ne sais pas encore qui tu es . Mais tu le découvriras en franchissant le seuil . Alors , tu sauras que ta Bretagne et ma Gascogne , avec leurs différences brilleront comme un seul diadème au front d’un Royaume que Dieu veut juste et transfiguré 

La jeune femme le regarda , ses paroles résonnant comme un jugement suivi d'une promesse :

Tu comprends , maintenant ? Chacun porte son sacrifice . Les miens sont tombés dans le Sud , les tiens dans l’Ouest , d’autres à Lyon Paris , Versailles ... Tous forment un seul corps , brisé , mais que Dieu veut relever .

Bouleversé , il baissa la tête .                                               
- Alors ma vie n’était qu’une partie de cette mémoire ?
- Oui . Tu as été leur témoin silencieux . Maintenant , tu seras leur relais . Le monde de la conscience est le monde de la vérité nue : tu ne peux plus te cacher . Tu es appelé à porter cette croix .

Puis , posant sa main sur son cœur :
- Moi
, je suis la gardienne de ce Temple où nos deux coeurs unis se rejoindront .Tous ensemble , nous allons préparer la Renaissance !

 

( A Suivre )

 

 

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* Poème de Jean-Roger Caussimon

  Musique de Léo Ferré sur son album " Les Loubards " ( 1985 ) copyright Léo Ferré 1985 / RCA  - Tous droits réservés .

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L'ESCARBOUCLE - Prologue - I - Une Etrange Visite .

13 Septembre 2025 , Rédigé par Dan Ar Wern Publié dans #L'ESCARBOUCLE

L'ESCARBOUCLE - Prologue - I - Une Etrange Visite .
 
L'ESCARBOUCLE

 

 

 

 

 

Prologue

 

 

 

 

 

I - Une Etrange Visite

 

 

La pluie tombe sur l'homme de l'an passé ,   Une heure s'est écoulée ,   Sa main n'a pas bougé ... "

Leonard Cohen / Graeme Allwright

" L'Homme de l'An Passé

 

 

 

1 - Il était seul , ce soir-là du 26 octobre , près de la lampe qu’il n’éteignait jamais tout à fait . Le silence lui pesait , lorsqu’une présence douce , presque palpable , se posa derrière son fauteuil . Il tourna la tête . Elle était là , qui lui souriait , celle qui était morte à vingt ans depuis bien longtemps , dont les yeux portaient une maturité que seul l’autre monde donne . Elle n’avait pas vieilli .

Tu me reconnais ? , lui suggéra-t-elle doucement pendant qu'un courant chaud traversait tout son être . Ce n’était pas une hallucination , car il percevait sa lumière intérieure autant que son parfum de jeunesse et ses pensées . Leur ressemblance le troubla lorsque le sourire enjôleur de la jeune femme , qu'elle adressait à son reflet d'homme , lui apparut de façon sensible dans un miroir de conscience pure au-delà du temps .

- Sais-tu vraiment qui je suis ?, reprit-elle avec un léger reproche tendre . Tu crois n'avoir qu’une seule vie derrière toi . Mais regarde ... Il ne répondit pas , mais il sentit que des mains très douces caressaient son front déjà ridé , pendant que , derrière la glace , un voile se déchirait , faisant affluer le flot des souvenirs d'hier . Lui , qui venait de partir à la retraite , n'avait plus cette fraîcheur juvénile . Contemplant le spectacle des bûches rougeoyantes qui , dans un dernier sursaut , se mouraient avec lenteur au coeur de l'âtre , cette soirée-là d'automne lui avait , comme tant d'autres , paru d'abord bien terne . Mais quelque chose en lui , au-delà des craquements du bois dans la cheminée , avait soudain changé . Il était redevenu soudain comme elle , un gamin guettant l'aube et le souffle du vent dans les volets de cette vieille maison qui , depuis si longtemps , respirait la cire et les livres anciens . L'homme n'avait pourtant cessé d’y attendre des visites : mais ses quelques amis d'infortune avaient disparu , et ses enfants vivant loin , la solitude était redevenue sa seule et patiente compagne .

Aujourd'hui , elle prenait un autre visage !

Ce n’était pas qu'un simple souvenir , se persuada-t-il ensuite : c’était elle , âme lumineuse disparue trop tôt , qui lui souriait avec cette douceur qu'il aimait tant d’éternelle jeunesse . Elle aurait aujourd’hui son âge , celui qu'il n'aurait jamais voulu atteindre , car il se sentait jeune comme un adolescent , mais elle lui apparaissait telle qu’il l'avait connue par les livres , par son destin brisé à vingt ans .

Au fil des nuits , discrète et vive comme une flamme , elle revint , lui racontant le monde d’où elle venait , ce royaume spirituel où l’amour , la musique et la mémoire des êtres formaient des paysages d’une beauté insaisissable . Elle ne l’appelait pas , elle ne le pressait pas , mais elle l’accompagnait doucement vers la compréhension de la vie après la vie . Peu à peu , il ne craignit plus sa propre fin , car il sentait qu’elle le guidait , comme une sœur , une amante , une sainte , à travers le seuil ...  

 

 

( A Suivre )

 

 

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* " Last Year's Man " ( 1971 ) , chanson de Léonard Cohen ( 1934 - 2016 ) dans son album " Songs of Love and Hate " ( 1971 ) , copyright Leonard Cohen / Stranger Music Inc. and Sony Music Entertainment - All rights reserved , traduite et interprétée par Graeme Allwright en français dans son album " Graeme Allwright Chante Leonard Cohen " , copyright 1973 Mercury / Pathé-Marconi - Tous droits réservés .

 

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L'INVITATION DE L'ANGE - Teaser ( 4ème de Couverture ) / Bio .

12 Septembre 2025 , Rédigé par Dan Ar Wern Publié dans #L'INVITATION DE L'ANGE

L'INVITATION DE L'ANGE - Teaser ( 4ème de Couverture ) / Bio .

 

 

 

L'INVITATION DE L'ANGE 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Teaser / Bio 

 

 

À Brest , en 1974 , Lena , jeune élève du conservatoire , est retrouvée entre la vie et la mort après une mystérieuse agression . Dans son délire , derrière la vitre de sa chambre d'hôpital , elle croit apercevoir un Ange armé d’une dague sanglante ornée 'une opale bleue . S'agit-il d'un rêve ? Ou de la vérité d’un passé trop lourd ?

Tout commence par l'héritage empoisonné d’un père disparu à la bataille de Dien-Bien-Phu , cette épée que lui a transmise Apsara , sa demi-soeur , clé d’un secret dangereux qui a failli la tuer .

Très vite , un doute s’installe en elle : trahison familiale , mission oubliée de l’Indochine , ou piège tendu par une organisation secrète ?

Alors , de la côte bretonne aux ruelles de Bangkok , des archives de guerre aux falaises du mont Meru , Lena va suivre une piste faite de lettres codées , de trahisons et de rencontres troublantes . Chaque indice semblera la rapprocher un peu plus de la vérité sur son père – mais aussi d’un piège terrible tendu par la secte clandestine !

Et si derrière l’héritage familial , se cachait non seulement un trésor de guerre , mais aussi un passage vers une réalité insoupçonnée ? Là , dans les brumes de la montagne sacrée , au seuil d’une salle interdite , la musique des étoiles résonne … son Ange revient !

 

Thriller, histoire d’amour, aventure mystique : une épopée où chaque vérité cache un secret, et chaque secret une nouvelle dimension.

 


 

DAN AR WERN , écrivain breton , vécut sa prime enfance au coeur de la forêt de Brocéliande avant de voyager à travers le monde , se passionnant pour la littérature , la musique , la culture celte , l'ésotérisme et la spiritualité ...

 

 

 

 

 

 

DAN AR WERN - L'INVITATION DE L'ANGE Teaser ( 4ème Couv.) - Bio - Pep gwir miret strizh - Tous droits réservés - All rights reserved . " L'INVITATION DE L'ANGE " , copyright 2025 .

 
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AUBERIVE 1 ( Cycle de L'Etoile III ) - Version Bilingue / Divyezhek - Teaser ( 4ème de Couverture ) / Bio .

10 Septembre 2025 , Rédigé par Dan Ar Wern Publié dans #Trilogie 3 " Auberive " - Danevelloù

Les Amants ( 1928 ) de René Magritte

Les Amants ( 1928 ) de René Magritte

 

 

 

Auberive ( 1 )

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Teaser / Bio 

 

 

 

 

Cette première partie est une réflexion sur la manière dont l’amour se transforme . On croit parfois qu'une personne a marqué notre vie , qu'on a trouvé l'âme sœur en elle , et puis on se rend compte , avec le temps , qu’on n’a pas vu toute la complexité de la relation . Peut-être qu’à un moment donné , l'image trop idéale qui se reflète sur le miroir de nos illusions , nous " prend pour un autre ", et nous montre une autre facette de nous-mêmes , de nos attentes , de nos désirs .

Dans cette idée de " rencontre " au bout des jours qui passent , la question de la mémoire et de ce qu'on choisit de se rappeler se pose . Les souvenirs deviennent comme des filtres , la personne qu'on pensait avoir rencontrée à un moment donné n'est plus nécessairement celle qui se présente à nous maintenant . Cela nous pousse à nous interroger : est-ce qu'on aime vraiment cette personne, ou l'idée qu'on s'en était faite ?

 

 

 

 

DAN AR WERN - AUBERIVE 1 ( Cycle de L' Etoile III ) - Version Bilingue - Divyezhek - Teaser ( 4ème Couv.) - Bio . Pep gwir miret strizh - Tous droits réservés - All rights reserved . " Auberive 1 " , copyright 2025 .

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L'ESSENTIEL ( Résumé des Oeuvres ) - L'INVITATION DE L'ANGE .  

10 Septembre 2025 , Rédigé par Dan Ar Wern Publié dans #ESSENTIELS

L'ESSENTIEL ( Résumé des Oeuvres ) - L'INVITATION DE L'ANGE .  

 

L'INVITATION DE L'ANGE

              ( Résumé )

 

 

 

1 - Sur son lit d'hôpital , dans une sorte de rêve ou de délire , Lena , élève au conservatoire de musique , s'imagine voir au loin par la fenêtre un Ange tenant " une dague de sang " . C'est cette arme fatale , dont le pommeau est orné d'une petite opale bleutée mais fausse , qui l'a malencontreusement empoisonnée , dernier legs de son père Hervé Le Guen , ancien officier de Dien-Bien-Phu , à sa demi-soeur , Apsara  , qui le lui a fait parvenir depuis l'Asie lorsque celui-ci a disparu , peut-être assassiné , affirme-t-elle dans sa lettre . C'est en voyant son dard , gravé de motifs étranges , qu'elle s'est rappelée une minuscule feuille jaunie , couverte de symboles mystérieux , dormant peut-être à côté d'une opale à l'intérieur d'un pendentif en argent que sa maman , la pauvre Elen , aujourd'hui décédée , avait jadis mentionnée dans un conte lui parlant d'une île et d'une tortue .

Elle s'est souvenue de cette histoire en cette nuit d'hiver de l'année 1974 , pendant qu'elle dormait seule dans la maison familiale , proche du port de commerce , et qu'un inconnu cagoulé a cherché à s'introduire chez elle par effraction pour s'emparer , pense-t-elle , du précieux trésor . Dans l’affrontement qui a suivi , la lame s’est malheureusement retournée contre elle ! Mais un jour , maître Le Goach , ami de la famille , lui avait bien révélé l'existence d'un coffret caché sur un petit îlet de la côte seulement accessible à marée basse . Là , elle avait constaté qu'une enveloppe s'y trouvait encore , intacte , avec la fameuse lettre manuscrite à l'intérieur . Il ne lui restait plus , maintenant , qu’à comprendre la nature de ce mystérieux message , et pourquoi on avait voulu forcer sa porte , sans doute par ignorance , pour le voler ! L'inspecteur Paul Delange , du SRPJ de Brest , chargé d'enquêter sur cette tentative d'assassinat , se demande s'il s'agit de la jalousie d'une autre élève , ou bien de quelque chose de plus lointain , comme d'une mission secrète diligentée par un service étranger venu reprendre une oeuvre d'art volée ? Si quelqu'un peut vouloir lui nuire , pense-t-il , une rivale jalouse de sa beauté , de son influence ou de sa notoriété naissante , la disparition du glaive , symbole de respect selon son père , montre bien qu'il peut aussi être question d'une vengeance liée à l’Indochine . Alors , pourquoi l'arme a-t-elle été utilisée contre elle ? En remontant l’histoire et fouillant les archives , Delange découvre le nom de celui à qui elle appartenait jadis , un officier vietminh nommé Bao Tran , homme ayant joué un rôle-clé , apparemment , dans l'issue de la bataille désastreuse ayant entraîné la défaite de l'armée française , mais qui , lui aussi , a mystérieusement disparu après la guerre … Est-il encore vivant ? Son fils ou un ancien camarade a-t-il décidé d’exercer une vengeance tardive ?

Cependant , juste avant son agression , voici ce que la brestoise avait minutieusement observé , déroulant avec un soin précautionneux le petit papier jauni mais d’une qualité exceptionnelle , d'un vieux parchemin de riz tout imprégné de cire caché dans l'opale bleutée accompagnant la missive . Plusieurs écritures s’y entremêlaient , des caractères vietnamiens , mais aussi du vieux breton , plus une série de chiffres disposés dans des colonnes irrégulières , d'un noir d'encre profond , légèrement estompés à certains endroits , mais laissant deviner tout de même ce qui avait été écrit plusieurs décennies auparavant .
Par la suite , plusieurs niveaux de codage cryptographique ayant été identifiés grâce à l'aide précieuse de Maï-Lan , son amie eurasienne , toutes deux constatent que certains caractères vietnamiens semblent avoir été remplacés par des symboles inhabituels .

Tout en gardant le silence vis-à-vis de la police , l'examen plus attentif des souvenirs de Lena , liés à ceux de son oncle , ancien militant breton , mettent en évidence un vieux système de chiffrement utilisé par les résistants pendant la Seconde Guerre mondiale . Et , dissimulé sous un pot de fleurs , le croquis représentant une carte sommaire d'un bâtiment caché sous une île , marqué d'un cercle ressemblant à une étoile , indique sans doute un ancien repaire militaire .
S'agit-il alors d'un message laissé par son père avant sa mort sur une mission oubliée de la guerre d’Indochine à-propos d'une cachette recelant un tribut de guerre et d'autres documents plus confidentiels convoité par plusieurs factions ? Qui d’autre était au courant de son existence ? Le voleur ? Peu après , lorsqu'elle était redescendu dans la grotte , Le Goach avait surgi , la défiant d'un revolver , prêt à tout pour récupérer le trésor , ou , du moins , ce qu'il croyait , sans aucun doute , fermement , lui appartenir ! Mais , lorsqu'il l'avait attrapée par le bras , la jeune fille s'étant débattue tandis qu'il allait la frapper , la grille s'était brusquement ouverte sur Delange , venu à point nommé pour arrêter le notaire !

Cependant , lorsqu'elle est revenue , après son départ de l'hôpital , au conservatoire , elle obtient des révélations d'un étrange individu l'attendant dans le hall . Son père n'a pas disparu à Dien-Bien-Phu , lui avoue-t-il , mais s'est enfui avec sa maîtresse , une femme de l'armée vietnamienne , en possession de biens qui ne leur appartenaient pas , comme l'opale , mais aussi d'une carte conduisant à un repaire où des objets d’une immense valeur ont été cachés peu avant la chute de l'Indochine avec une liste de noms compromettants pour ceux qui avaient agencé la défaite .

Maître Le Goach était , bien sûr , dans la boucle . Il en savait beaucoup sur la mystérieuse lettre d'Apsara et gardait un dossier en sa possession qu’il avait obtenu d’un ancien légionnaire à bout de souffle , un certain Marcel Lemoine , lui révèle ensuite Delange . Sans doute celui qu'elle venait de rencontrer , qui avait combattu en Asie et connaissait un pan du passé du capitaine . Blessé et ruiné , il avait vendu au notaire , en échange d’un peu d’argent , ses informations , l'officier ministériel ayant appris que le bijou enchâssé n’était pas qu'une perle de grand prix , mais surtout qu'il s'agissait d'un marqueur , d'un signe de reconnaissance utilisé par une organisation clandestine , un réseau , actif depuis le début de la guerre , et qui était lié à un ancien magot caché au moment de la débâcle française par son " ami " , le père de Lena , qui , sans doute , en faisait partie ...

Après cette entrevue troublante avec l’étranger , celle-ci comprend que tout tourne autour de cette fausse pierre qui , apparemment , n'est pas qu’un simple héritage , mais une sorte de sésame , un message codé laissé par son paternel .
Guidée par les indices de la lettre , elle décide donc de se rendre au repaire secret , cet ancien blockhaus oublié , dissimulé dans les falaises battues par le vent du Finistère . Là , au creux d’une cavité dissimulée , elle finit par découvrir le véritable joyau , bien plus gros que l'original , et taillé de manière différente .
Elle l'examine attentivement à la lumière de sa lampe torche ...

Mais soudain , l'éclat d'un reflet fait apparaître un nom sur une gravure minuscule à l'intérieur : Mont Meru ! Cependant , Lena doute... Sa cadette est-elle sincère ?
Elle lui a , par télégramme , fixé un lieu de rendez-vous , Bangkok , le même que celui donné par l'inconnu , si elle a vraiment envie de revoir l'auteur de ses jours . La bretonne hésite . Est-ce un piège ? Mais une chose est sûre : elle doit partir !

 

2 - Dans l'avion qui la mène vers la capitale thaïlandaise , elle songe à l'adresse que lui a donné son amie eurasienne avant de partir , celle d'un certain Chai , antiquaire discret qui , d'après elle , saurait où chercher là-bas des réponses . La jeune orpheline , après avoir eu un message de l'ange pendant son sommeil , croit revoir ensuite en cabine celui dont il vient justement de lui rappeler la présence , quelqu'un ressemblant à l'inspecteur , un passager qu'elle avait autrefois connu et qui avait été son premier amour impossible , Gwenn , jeune marin , débarqué à Brest en escale , rencontré jadis pendant une fête où elle dansait sur le port , mais qui était reparti sans lui donner de nouvelles ! Quand la conversation s'engage , il lui avoue maintenant travailler à Bangkok dans l'import-export , lui proposant son aide , mais , lorsque celle-ci , hésitante , en vient à évoquer l'Opale bleue de son père , son visage , brusquement , s'assombrit , ne pouvant lui révéler qu'il s'agit du même nom de la pègre clandestine locale ainsi que de l'organisation mystérieuse étendant silencieusement sur la ville ses infernales tentacules !

Marchant , la nuit suivante , dans les rues obscures d'un quartier mal-famé , ils rencontrent , dans un club clandestin , Pramuk , homme par qui , selon Chai , ils pourraient avoir d'utiles renseignements . Mais , apparemment , ils sont victimes d'un piège , attachés et recouverts d'un masque sous les yeux de la traîtresse Apsara ! Néanmoins , profitant de la chute d'un chandelier qui provoque un incendie , ils parviennent à s'enfuir grâce à une moto trouvée au coin de la rue par hasard !

Le temps , passant lentement , permet de panser les blessures , mais aussi la découverte , un jour , par Lena , dans le plus grand temple bouddhiste de la ville , d'un plan du Mont Meru . Rentrée au domicile de son ami , chez qui elle est hébergée , elle doit , cependant , rabattre son enthousiasme le concernant , car elle parvient , en fouillant dans un tiroir , à mettre la main sur des documents plutôt compromettants pour lui , comme une carte ancienne de ce sommet mythique de l’Himalaya , annotée avec des symboles en sanskrit , montrant sa connivence avec les membres de la secte ! Un nouvel élément troublant paraissait être un pendentif identique à celui qu’elle portait , bijou qu’elle croyait unique et transmis par sa mère . Comment possédait-il un tel objet ?

Le matin suivant , malgré les doutes qu'elle a envers lui sur son étrange attitude , Lena suit son compagnon sur la route de l’Himalaya . Après une traversée très éprouvante , ponctuée d’embuscades et de rencontres incertaines , leur apparait enfin , cernée de forêts et de brumes , la gigantesque montagne forteresse . Un soir , au pied du mont Meru , alors que le froid des hauteurs s’insinue sous leur abri de polyamide éclairé par une lampe à huile , Gwenn se décide à parler enfin . Ce qu’il lui révèle est un choc . Il n’est pas qu'un simple aventurier providentiel , mais , en réalité , le chef de l’ " Opale Bleue " et le mari d'Apsara qui a voulu , simplement , la préserver , de même que la mémoire de son père , tout en protégeant la pierre ancestrale des vietnamiens qui , depuis l'aube des temps , l'avaient toujours vénérée et cachée ici , au sommet du Meru , avant qu'un étranger s'en empare !

Munis d'une lampe , et descendant sous bonne garde d'innombrables marches dans la rocaille , ils s'enfoncent alors jusqu'au seuil d'une grande salle remplie de lumière , ancienne caverne connue seulement des initiés , puis , revêtus d'une robe de bure et coiffés d'un capuchon noir , se retrouvent dans la " Chambre des Etoiles ", pour assister au " Conseil  " , tandis que le jeune chef songe à la cruelle transformation qui lui a été imposée par la menace de l'ennemi , lui qui , en fait , n'a jamais été breton , mais le fils d'un opposant farouche à l'occupation française , un certain Bao-Dran , général de l'armée vietnamienne devant , aujourd'hui , en tant que président suprême , les attendre en ce lieu .

Celui-ci , prenant la parole , déclenche soudain l'ouverture d'une immense porte incrustée de pierres scintillantes , pendant qu'au fond de la salle , d'une sphère translucide , suspendue en lévitation , sortent trois créatures élancées qui , d’une grâce irréelle , s’avancent vers eux . L’une d’elles s’incline légèrement vers Lena , faisant résonner silencieusement sa voix , douce mais indéniablement puissante , dans l’esprit de la jeune bretonne qui , en un quart de seconde , a reconnu son Ange lui faisant comprendre qu'elle n'était pas là par hasard , mais que la petite opale qu'elle portait à son cou dans un pendentif , grâce à un code secret , lui permettrait bientôt d'ouvrir l'immense vaisseau bleu au sommet de la montagne afin de faire un immense voyage mental , en osmose avec sa demi-soeur , à travers la galaxie , leur faisant entrevoir les divers plans et niveaux de l'humanité dans l'immensité infinie de la Conscience divine ... où leur père enfin , quelque part , les retrouveraient unies , mais transfigurées !

 

 

     

DAN AR WERN - L'Invitation de l'Ange  Summary / Résumé Copyright 2025 Dan Ar Wern - Pep gwir miret strizh - All rihgts reserved - Tous droits réservés .

 

 

 

 

 

 

 

     

 

 

 

          

 

 

 

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L'INVITATION DE L'ANGE - V - Table des Matières .

9 Septembre 2025 , Rédigé par Dan Ar Wern Publié dans #L'INVITATION DE L'ANGE

L'INVITATION DE L'ANGE - V - Table des Matières .
L'INVITATION DE L'ANGE - V - Table des Matières .

 

 

 

L'INVITATION DE L'ANGE

 

 

 

 

 

Pour Pierre Benoit  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

-Table des Matières

 

 

 

 

 

 

     I - Préface / Dédicace 

          La Danseuse au Miroir

     

     

     II - Première Partie : De Profundis

 1 - L'Epée Sanglante - 2 - Le Manuscrit d'Apsara - 3 - La Nuit du Poison - 4 - L'Ilot Mystérieux - 5 - Le Gouffre - 6 - Une Etrange Rencontre .

 

     

 

     III - Seconde Partie : Ad Altum 

7 - Un Voyage en Avion - 8 - Destination Bangkok ! - 9 - Le Temple de Yaowarat - 10 - Bouddha d'Or - 11 - La Route - 12 - L'Envoyée .

 

     IV - Epilogue

        

 

13 L'Etoile " Apsara " .      

     

   

 

      V - Table des Matières

 

 

 

 

      

 

 

 

 

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