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LA NEBULEUSE DU CRABE - Première Partie - LE PHOTOGRAPHE ( Cycle de L'Etoile XXVII ) - V - Île Vierge .

8 Février 2024 , Rédigé par Dan Ar Wern Publié dans #LE PHOTOGRAPHE

LA NEBULEUSE DU CRABE - Première Partie - LE PHOTOGRAPHE ( Cycle de L'Etoile XXVII ) - V - Île Vierge .
LA NEBULEUSE DU CRABE - Première Partie - LE PHOTOGRAPHE ( Cycle de L'Etoile XXVII ) - V - Île Vierge .

 

 

 

LA NEBULEUSE DU CRABE

 

 

 

 

 

 

 

- Première Partie -

 

 

 

 

 

 

 

LE PHOTOGRAPHE

( Cycle de L'Etoile XXVII )

 

 

 

 

     

V - Île Vierge

 

 

 

 

 

 

 " Le véritable élève apprend à extraire l'Inconnu du Connu , et se rapproche du

Maître ... "    

Johann Wolfgang Von Goethe ( 1749 - 1832 ) : 

" Les Années d'Apprentissage de Wilhelm Meister " ( Wilhelm Meisters Lehrjahre , 1795 / 1796 ) , Livre VII ( Lettre d'Apprentissage ) .

 

 

 

 

  

 

 

     

 

 

 

      14 - Longeant la côte nord qui s'étendait , balayée de terribles rafales , vers le large , à perte de vue , les deux fuyards ne distinguaient plus grand chose , à suivre , sous la brume et le crachin , la trace imprécise d'une sente , au milieu des buissons de ce morceau de massif hercynien . Plus on avançait , plus c'était un paysage de bout du monde , avec ses amas de roches chaotiques , visions de cauchemar , éboulis coiffés de brumes , précipices donnant le vertige ! Il ne restait plus que l'herbe feutrée de salicornes , que la saison parsème , tantôt d'orpin , tantôt de touffes d'armérie . 

             Leurs deux corps , glacés sous l'averse persistante et les hurlements du vent 

fou , marchèrent longtemps côte à côte . 

Clara , se sentant de plus en plus menacée , sans doute , avait du mal à contenir ses sanglots . Mais plus bas , comme d'un phare au milieu d'un océan de détresses , jaillirent brusquement quelques lueurs tandis qu'au milieu des cris des faucons et des bernaches , des éclairs fulgurants se remirent à déchirer les lambeaux cramoisis d'un ciel tourmenté !
- Ils sont après nous ! , se mit-il à hurler . Quelqu 'un a du nous balancer ! lança-t-il à la femme qui , soudain , baissa les yeux .

           Surgie de nulle-part dans le plus grand silence , la bande se rapprocha tandis qu'ils parvenaient au pied d'une gigantesque croix de granit rose dominant la plaine maritime , et que le viseur d'une arme fut pointé sur la tempe du fugitif aux abois .
- C'est fini , maintenant , mon vieux , rends-

toi !
Ayant mené la traque , plusieurs agents l'avaient mis en joue . La pluie , l'orage redoublèrent à tel point qu'il n'eut même pas le temps de prendre son arme ou cette autre voie d'une chute terrible dans le vide !
             La fille , projetée au sol , manqua aussi d'être entraînée à toute vitesse vers le fond de l'abîme !

             

    15 -  La troupe d'assaut , cependant , n'était venue , selon lui , sur l'Île qu'à la

demande du " pianiste " , soucieux du comportement bizarre de son amie et de son

frère . Celui-ci , c'était clair , avait subitement renoncé , comme promis , à ramener les documents volés pendant l'attaque du Phare ,  jugeant qu'il y avait certainement mieux à faire pour lui , maintenant , de sa vie , que d'avouer toute cette histoire à-propos de celle qu'il avait aimée depuis le premier jour et qui avait été la compagne , même infidèle , de sa jeunesse !

            Quelques mauvaises langues de vipères de ces milieux soi-disant bien informés prétendirent qu'il avait peut-être servi d'agent

double , manipulé par des services secrets adverses , qui , reconnaissant en lui une aide efficace , le gardait sous surveillance afin de noyauter , pour leur compte une organisation clandestine . 

            Quant à elle , malgré la haine sourde qu'elle éprouvait pour celui qui l'avait laissé froidement mourir en temps que future

épouse , elle avait ressenti paradoxalement aussi , dans sa chair , un grand manque , celui d'une maîtresse pour son amant de jeunesse , prétendu membre de l'armée ennemie !

            C'est ainsi que la presse locale parla ensuite , un peu plus tard , de la disparition mystérieuse d'une actrice parisienne en balade , écrivant dans un article " qu 'on aurait fait récupérer son corps de même que celui d 'un photographe breton venu ici surprendre les goélands et les cormorans argentés . "

 

 

 

( A Suivre )

 

 

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DAN AR WERNLA NEBULEUSE DU CRABE - Première PartieLE PHOTOGRAPHE ( Cycle de L'Etoile XXVII- V - Île Vierge - Février 2024 - Pep gwir miret strizh - Tous droits réservés - All rights reserved . " LE PHOTOGRAPHE  " , copyright 2024 .

 

 

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LA NEBULEUSE DU CRABE - Première Partie - LE PHOTOGRAPHE ( Cycle de L'Etoile XXVII ) - IV - Valise Bleue .

8 Février 2024 , Rédigé par Dan Ar Wern Publié dans #LE PHOTOGRAPHE

LA NEBULEUSE DU CRABE - Première Partie - LE PHOTOGRAPHE ( Cycle de L'Etoile XXVII ) - IV - Valise Bleue .

 

 

 

LA NEBULEUSE DU CRABE

 

 

 

 

 

 

 

- Première Partie -

 

 

 

 

 

 

 

LE PHOTOGRAPHE

( Cycle de L'Etoile XXVII )

 

 

 

 

     

IV - Valise Bleue

 

 

 

 

 

 

       " Comment fuirais-je le pays

          Qui enferme tout l'univers ,

          Là où s'en va Tristan ,

          Veux-tu le suivre , Isolde ? " 
  
 

Richard Wagner - " Tristan et Isolde 

( Tristan und Isolde , 1857 )

 

 

 

 

  

 

 

     

 

 

 

      11 - Une fois le devoir accompli , n'a-t-on pas le droit de prendre la fuite ?

             Quelle heure pouvait-il bien être , se demanda-t-il , et qui sait vraiment où sont reliés ces étranges fils du Destin , silhouettes anonymes se croisant pour se perdre ensuite sans aucune raison visible dans le dédale indéchiffrable d'une existence éphémère ? La vie est si insidieuse , changeant à son gré le cours d'une journée jugée banale , pouvant prendre à votre insu les traits d'une fille illuminant de sa beauté le clair-obscur d'une cavale endormie . Ce nouveau jour serait humide et gris , certainement , mais elle en surgirait au petit matin comme une lionne effarouchée par le silence alentour ... Et maintenant , nul ne pouvait prononcer un seul mot sans risquer de troubler le fragile mystère de cette aventure .

             Le jeune homme , une fois descendus l'escalier du phare quatre à quatre , avait sorti d'une poche de sa veste une paire de jumelles , se mettant à observer la côte , où ils avaient laissé leur bateau , dans la crainte d'y trouver quelqu'un vers l'embarcadère .

             Tandis qu'au travers des nues grisâtres le soleil pointait son doigt lumineux sur une roche noire affleurante au large , il en vit brusquement surgir , débarquant d'une chaloupe , un commando de soldats vêtus de la même couleur , encapuchonnés , fusils mitrailleurs en main !

- Nous sommes pris au piège ! , s'écria-t-il à celle qui l'attendait en bas des marches , nous n'avons plus le choix ! Courons vers l 'autre ponton ! 

             Songeant alors qu'elle en saurait peut-être plus qu'il n'avait voulu jusque là lui en dire , sa compagne , tout en cachant son beau regard de tristesse aux reflets mordorés , mi-émeraude , mi-fougère , dissimulé derrière une paire de binocles rondes noircies du feu du ciel ,  se mit à douter : - Tu fais partie de leur bande , hein ? , lui lança-t-elle .

- Ce n 'est pas moi , je t 'assure ! Je crois qu 'ils cherchent des documents volés ...

- Curieux , non ? , lui répondit-elle avec rage . Mais qui es-tu donc ?

             Alors , elle le fixa de ses yeux fauves , l'air interdit , juste avant de tomber en larmes contre lui . 

 - Pourquoi tout ce cinéma ? , se contenta-t-il de lui demander , n'ignorant pas qu'elle faisait partie de la Comédie-Française .

             Mue par sa tendresse , elle essaya , vu l'urgence de la situation , de faire un geste pour le calmer . Mais il se dégagea , rétif afin , tout en essuyant ses lunettes d'une main nerveuse , de l'entraîner à toute vitesse de l'autre côté de l'île !

 

     12 - Ajustant avec soin son petit chignon de fortune , elle se couvrit du vieil imperméable paternel que ses cheveux fins paraient de leur blondeur lumineuse .

'ai si peur de te perdre ... , la supplia-t-il encore , pleurant presque , mais cherchant son revolver dans sa poche .
- Voyons , tu dois te tromper , lui répondit la jeune femme , 
lui pressant la main pour essayer de l'assagir et de calmer sa colère en même temps qu'elle parlait .
- Moi , reprit-elle , je ne suis rien d 'autre , tu sais bien , qu 'une pauvre campagnarde pas très intéressante . 
          A moitié rassuré par cette pointe ironique teintée d'un ancien reproche , il se mit à feindre la passion , songeant inconsciemment : tu ne sauras jamais ma petite

chérie'où peut naître le germe de mon désir , ni où se dévoilera le masque de ma

mort !

   13 - Cette pensée fut à l'origine d'un vrai cataclysme : les images du passé d'un autre , d'une manière impitoyable , tel un horrible vomissement des gouffres de l'Enfer , commencèrent de jaillir à la surface de son esprit confus . Tout lui revenait en pleine figure , le premier clin d'oeil de cette tentatrice , devenue l'amie de son frère , et les sortilèges d'hier qui empourpraient maintenant son visage , le secouant encore de terribles convulsions !
            Le photographe , ou plutôt le militant , se revit avec elle au temps de leur école de théâtre , la dernière fois qu'il l'avait croisée dans la cage d'ascenseur , à Paris . 
- Pourquoi ne m'as-tu alors jamais rien dit ? Pourquoi ? , lui répéta-t-il avec une sorte de colère contenue , tandis que le sang lui montait à la tête , et que des bouffées de chaleur enflammaient tout son être d'un impérieux désir de la tuer !

         
Paralysé tout à coup par l'angoisse après les mots terribles qu'il venait de

prononcer , il sentit son coeur battre à coups redoublés dans sa poitrine , à cause aussi , peut-être , de l'étreinte épouvantable qu'il lui faisait subir .
        Il se rappela l'époque où elle faisait partie d'un groupuscule autonomiste des environs de Brest , la ville de ses études . 
L'enquête interne d'un " camarade " , très discrète , avait naguère conclu à sa demande à un " regrettable incident  " lorsqu'on avait constaté la disparition d'un important fichier photographique pouvant compromettre tout le réseau .

         Mais victime de dénonciation , puis suspectée par la suite , il avait alors décidé de dissimuler leur liaison compromettante avec la complicité de l'aîné de sa famille , quelqu'un qui , plus tard , victime de chantage , serait chargé d'infiltrer ses anciens collègues , travaillant lui aussi , parfois , sous couverture pour arrondir ses fins de mois , celle d'un pianiste itinérant de vague renommée internationale et qui , pour le même prix , n'hésiterait pas à lui rendre la monnaie de sa pièce en lui volant sa fiancée !
- Que me veux-tu ? , se mit-elle un soir à

larmoyer , sentant son bras peser sur le sien comme un boulet , comme une croix qu'on doit traîner jusqu'à un rivage d'épouvante !
Peut-être en ce jour de leur première rencontre l'avait-elle mal évalué , tombant sous son charme à son insu , victime d'un coup de

foudre pour lui , le mauvais ange perdu sur cette maudite planète , soi-disant fils préféré du vieux militant nationaliste breton , son maître , qui en avait fait aussi son héritier spirituel ! 
- Tu n'es qu'un menteur ! , lui lança-t-elle un jour dans un sursaut de désespoir , celui-ci n'osant  répondre à sa voisine qui paraissait accablée par le sinistre paysage crépusculaire et le refrain de la pluie , triste et monotone , se mêlant au bruit de leurs pas sur le gravier ...

   

 

 

 

 

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DAN AR WERNLA NEBULEUSE DU CRABE - Première PartieLE PHOTOGRAPHE ( Cycle de L'Etoile XXVII- IV - Valise Bleue - Février 2024 - Pep gwir miret strizh - Tous droits réservés - All rights reserved . " LE PHOTOGRAPHE  " , copyright 2024 .

 

 

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LA NEBULEUSE DU CRABE - Première Partie - LE PHOTOGRAPHE ( Cycle de L'Etoile XXVII ) - III - Enlèvement .

6 Février 2024 , Rédigé par Dan Ar Wern Publié dans #LE PHOTOGRAPHE

L'Île Vierge ( Galerie Plisson )

L'Île Vierge ( Galerie Plisson )

 

LA NEBULEUSE DU CRABE

 

 

 

 

 

 

 

- Première Partie -

 

 

 

 

 

 

 

LE PHOTOGRAPHE

( Cycle de L'Etoile XXVII )

 

 

 

 

     

III - Enlèvement

 

 

 

 

 

 

 " Il se peut que vous soyez mort  et que j'erre encore parmi les vivants ... "

Anna de Noailles - "Exactitudes  "

- Méditation sur la Mort , III , Rupture .

( 1930

 

 

  

 

 

     

 

 

 

      9 - Ce soir-là qui précéda la fête , ou bien l'avant-veille , se rapprochant , en effet , de l'ovale du miroir sur le mur , elle avait eu du mal à distinguer davantage la consistance réelle de ses traits .

            Peu à peu , elle eut le sentiment d'y apercevoir le fantôme d'un autre visage , pâle reflet d'abord , l'effleurant puis , sans cesse la caressant avant de replonger dans la clarté fascinante d'une source bien plus profonde que ses yeux d'eau , inépuisable vestige pouvant encore lui rappeler , par sa ressemblance , la créature née d'une lointaine matrice ayant , comprit-elle , choisi de s'incarner en elle pour la suivre ! 

           Alors , voyant surgir de l'abîme cet ange plus merveilleux que n'en créa jamais la force de l'imagination , manifestation considérable qui pouvait soudain , comme un éclair de foudre , déchirer le voile obscurcissant son

âme , elle réalisa que c'était lui de nouveau , mais en même temps quelqu'un d'autre au plus profond de sa chair , ce photographe , aveuglant rayon de lumière au beau regard jaillissant de son front transfiguré !

           Ce fait la troubla au plus haut point , mais ce qui l'avait le plus bouleversée , pendant le bref instant de cette apparition , c'était qu'il s'était mis ensuite , lui ressemblant tellement qu'elle avait cru , sans en être bien sur au

début , reconnaître en lui son double , à lui transpercer le  coeur de son oeil vif , glaive impitoyable et tranchant comme le verre de la glace ! 

         Devant elle s'ouvrait un mystère , comme une porte d'épouvante !

" Pourquoi devrais-je la franchir et me précipiter dans le gouffre ?

          Telles seraient aussi ses craintes lorsqu'elle pénétrerait , le surlendemain , dans

l'église , après une nuit d'enfer , et tandis qu'affluaient sous son crâne en feu d'autres questions ne cessant de la harceler sur la sincérité de ce fiancé qui ne lui avait jamais permis d'éclaircir de si longues absences pendant ses tournées et concerts , toutes zones d'ombre d'un passé trouble où elle s'était également beaucoup agacée de la duplicité de soi-disant amis croyant la protéger ...

          Mais qui aurait l'audace , en plus , pensait-elle , au passage de l'émouvant spectacle convenu de deux tourtereaux se tenant par le bras sur le parvis , de caresser pour eux l'espoir d'un avenir encore favorable ?  Sous son voile de mousseline , la mariée , sensible aux avares lueurs d'un été maussade , les gratifieraient plutôt d'un terrible sourire de vengeance ! 

" ... Maintenant qu'ils sont sortis de là , entendrait-elle pourtant , qu'ils se sont retrouvés , les pauvres , pour le prix qu'ils ont payé , souhaitons leur la paix , le bonheur ... "

 

 10 - La ligne brumeuse de la côte avait disparu à l'horizon bleu-vert des rêves d'éternité , au-delà du décor grisâtre des pays de l'Aber , les laissant à bord d'une barque chétive d'où ils venaient de débarquer . Grimpant à pas vif chaque degré de la tour , le fugitif ne savait plus très bien ce qui lui arrivait , se sentant déboussolé , comme saisi par le tourbillon d'un gigantesque maelström , sorte de dévidoir entraînant en lui , dans un épouvantable fracas , tout ce qui l'approchait !

         Devant lui , l'escalier se changea en spirale incendiaire brûlant les yeux du breton d'une lueur insupportable , précipitant son regard dans une sorte de labyrinthe infernal où la lumière finissait par exploser en milliers de gouttelettes incandescentes !

        Le déferlement de la houle contre la pierre de granite , s'accentuant considérablement , l'avait précipité en hauteur dans cette espèce de conduit vertical paraissant onduler dans sa tête à toute vitesse comme un serpent , pareil au tangage d'un navire , vers l'invisible gouffre d'un ciel marin !

" La goutte se forme sur le rebord du toit de l 'âme ... " , songea-t-il , frissonnant

d'effroi . 

         Puis l'orage s'était calmé .

        Sous le voile ténébreux des hautes murailles sombres , l'épouvantable abîme des flots noirs bombardés d'étincelles multicolores laissait place à une mer maintenant devenue huileuse et sans histoire où la couleur de leurs âmes de fer blanc se mettait à luire contre la roche .

        Ils avaient voulu partir en pleine nuit , sans réfléchir , néanmoins prisonniers d'un réseau tentaculaire de sentiers et de routes , pour aller bien plus loin , de l'autre côté d'eux-mêmes , par-delà cette réalité qu'ils trouvaient vraiment insupportable ! Attirés depuis longtemps l'un vers l'autre , ils s'étaient retrouvés sur cette île de leur jeunesse au pied d'un immense contrefort caressé par le friselis monotone soufflant du large , tant l'apparence maritime , après la tempête , peut s'avérer changeante , fugace et capricieuse .

         Il n'y avait âme qui vive .

         Redescendu du phare avec une valise bleue , l'homme se mit à réfléchir un moment , marchant seul sur l'herbe verte et mouillée de bruine , se demandant qui avait pu créer ce monde étrange où la destinée humaine doit parfois se recroqueviller en noyau d'ombre au recoin de dunes obscures , dans le tréfonds d'abysses ténébreuses ...      

         Levant la tête , il fut frappé par la lumière au-dessus de lui , semblant sonder , comme l'oeil dans la tombe , le moindre de leurs

gestes ! 

       Lorsqu'elle l'accueillit au coin de la

porte , elle comprit que son essence même devait être l'amour puisqu'il possédait ce don d'apaiser son angoisse depuis qu'elle avait perçu au loin les doux battements de son coeur calmant le sien dans la tourmente ...

 

 

 

 

 

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DAN AR WERNLA NEBULEUSE DU CRABE - Première PartieLE PHOTOGRAPHE ( Cycle de L'Etoile XXVII- III - Enlèvement - Février 2024 - Pep gwir miret strizh - Tous droits réservés - All rights reserved . " LE PHOTOGRAPHE  " , copyright 2024 .

 

 

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LA NEBULEUSE DU CRABE - Première Partie - LE PHOTOGRAPHE ( Cycle de L'Etoile XXVII ) - II - Mariage .

5 Février 2024 , Rédigé par Dan Ar Wern Publié dans #LE PHOTOGRAPHE

Oeil-du-Phare

Oeil-du-Phare

 

LA NEBULEUSE DU CRABE

 

 

 

 

 

 

 

- Première Partie -

 

 

 

 

 

 

 

LE PHOTOGRAPHE

( Cycle de L'Etoile XXVII )

 

 

 

 

     

II - Mariage

 

 

 

 

 

 

 " Ce rêve de partage , de complétude , 'une réponse trouvée dans la solitude de la plage n'était-il qu'un reflet dans un miroir ? Le miroir s 'était brisé ... "

Virginia Woolf - " Vers le Phare " , II , 6 - Le Temps Passe . 

  

 

 

     

 

 

 

      5 - Il avait roulé en 2CV depuis Brest , ramenant son frère , grand gaillard de 22 ans qu'elle n'avait guère vu , prétendait-elle , auparavant , sinon sur une photo devant sa boutique . Pourtant , c'était grâce à lui , en partie , qu'elle avait pu continuer de rêver à " sa " Bretagne natale , lui parlant , sur de rares cartes dédicacées , de son futur travail et de son nom d'artiste , de son désir , plus tard , de devenir , comme lui , " professionnelle " !

- Tu voismon vieux , demain , 'est le grand jour ! Une chance que tu n 'ais plus rien de cassé , lui dit-il en riant , ç 'aurait été dommage ! Elle nous guette avec tant 'impatience 

            Il lui avait montré un cliché de sa fiancée , Clara , en costume de belle paysanne des environs de Guipavas où , le lendemain , prendrait place la procession du mariage . Il y aurait là , outre une cinquantaine de gens du voisinage alentour et d'amis divers des quatre coins de la région , les parents de l'heureux élu avec ceux de la promise , revêtue d'une longue robe blanche et d'une couronne de fleurs , à qui le père , très ému en queue de cortège , donnerait le bras , dans son plus beau costume du dimanche .

Puis , la plus jeune des trois soeurs de la famille lirait le " Cantique des Cantiques " face à l'assemblée silencieuse :

 

" Toute la nuit , 'ai cherché

  Celui que mon coeur aime ...

  Je l 'ai cherché ,

  Je ne l 'ai pas trouvé ...

  Avez-vous vu

  Celui que mon coeur aime ? " ( 5 )

 

          Ensuite , on aurait droit , comme de coutume , au généreux sermon du Recteur , aux promesses des candidats " jusqu 'à ce que la mort nous sépare ..." suivies des échanges d'anneaux devant les deux témoins figés par l'angoisse ...

            Puis, on irait au calvaire local en procession car , disait-on , cela portait plutôt bonheur aux amoureux d'y faire un voeu ! 

            La veille au soir , on s'était déjà mis à fêter cette vie nouvelle dans la cour de ferme , chacun levant son verre et chantant des airs traditionnels , dansant le Léon , la gavotte ou l'an-dro ! ( 6 )

            Quelque curieux amateur de musique avait même encouragé le futur mari , enivré de cidre et de chouchenn , à s'essayer au micro à cette langue très récemment redécouverte , la sienne , en vérité , assez difficile , sans doute mais pourtant si belle , selon lui , qu'il adorait , se fendant même d'une " gwerz " en comptant les étoiles du peuple de ses ancêtres dans le ciel merveilleux juste au-dessus de lui , celles d'une terre de promesse éternelle enfin retrouvée ! 

" An hani a garan ' m eus kollet da viken ... "

( 7 )

 

      6 Se revoyant plus tard sur la plage , la comédienne se souvint de ce premier jour où il s'était embarqué avec elle pour l'Île Vierge ,

" petite goutte frémissante au coeur de

'océan " , tellement désireux , lui avoua-t-il alors , de mieux la connaître !  

            Là-bas , le phare mystérieux , planté comme un arbre au milieu des flots déchaînés , les avait dévisagés d'un air ironique , son oeil jaune doutant , sans doute , qu'ils se sentissent assez fort pour grimper l'escalier jusqu'à sa plateforme et deviner son terrible secret !

Hommes en quête d 'image idéale , 'avez-vous pas peur de mes jaillissements d 'écume et de sel rougissant  vos prunelles de pauvres marins aveugles ? , leur hurlait sans cesse la chanson folle du vent de mer s'engouffrant pleine de furie depuis les grandes montagnes des flots abyssaux jusque dans l'immense cage de l'escalier tournant !

- Suis donc ton âme , elle connaît le chemin ! Pourquoi chercher ailleurs ton double qu 'en ce délire étrange de ma vertigineuse immensité ? , paraissait lui répondre le sémaphore avec orgueil .

- Ô , Roi du monde , entends-tu bien le chant sacré de mes profondeurs ? , psalmodiait à son tour la houle du grand large .  

 

     7 - " Moi , je n 'en ai pas besoin , j'ai mon propre miroir  " , leur avait alors par défi murmuré la timide sirène observant , curieuse , dans l'éclat d'un morceau de verre poli par l'iode , cet homme nouveau , débarqué brusquement au centre de son paysage , qui venait vers elle comme un amant . Ressentir de la tristesse , désormais , lui semblait 

inutile . Toute vie , après tout , n'était , pour elle , que flux et reflux , sève océane s'écoulant depuis l'immuable éternité jusqu'aux vagues immenses reflétant le continuum d'une inépuisable énergie ...

          Mystère du sang ?

          N'était-elle pas l'une d'elles , créature éphémère parmi tant d'autres , fragile ondoiement de pensée collective , inexorable conscience d'un étrange frémissement liquide ?

- Une Bretonne ne naît-elle pas toujours de la mer ? , se demandait-elle parfois , questionnant son image devenue floue , renvoyée par la grande vitre de la salle-à-manger parisienne qui commençait de disparaître et se dissoudre dans le décor devenu instable de son pauvre esprit malade ? Et ne pourrais-je , moi aussi , supporter les tempêtes surgies des profondeurs de ma conscience au gré de son imprévisible fantaisie ?

          A cette époque , elle cherchait juste à vouloir , tel un pâle reflet , vivre dans le rêve du pianiste , illusion de l'amour , un peu comme un coquillage à la couleur grisâtre se laisse caresser par le feu scintillant d'une étoile sous-marine avant d'être englouti , songeait-elle avec pitié .

- Curieuse espèce que la nôtre ! , conclut-elle ensuite amusée , perpétuellement en recherche d'un contre-jour idéal ou d'une autre définition possible à une changeante identité . 

     

     8 - Dès lors , le musicien , de tout son possible , avait tenté de lui répondre , tandis qu'elle s'efforçait elle-même , balbutiante , intimidée , peut-être , dans cette apocalypse des âmes ne commençant vraiment que lorsque baisse la lumière , d'écarter le voile insidieux qui , jour et nuit , s'entremêlait à leurs songes de beauté , voulant les empêcher de correspondre aux sentiments et pensées venant de leur simple nature humaine , les encerclant , au contraire , aux ténébreux confins d'un autre monde émergeant majestueusement de l'infini , d'octaves d'une profondeur et d'une hauteur tellement mystiques , insaisissables, qu'elle désespérait de pouvoir jamais les comprendre ! 

 

         

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DAN AR WERNLA NEBULEUSE DU CRABE - Première PartieLE PHOTOGRAPHE ( Cycle de L'Etoile XXVII- II - Mariage - Février 2024 - Pep gwir miret strizh - Tous droits réservés - All rights reserved . " LE PHOTOGRAPHE  " , copyright 2024 .

 

 

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Notes :

 

5 - " Cantique des Cantiques " 3 , 1-3 .

 

6 - Danses du pays breton .

 

7 - " Celle que j'aime , je l 'ai perdue à

jamais ... "

Complainte ( gwerz ) bretonne écrite par l'abbé Jean-Baptiste Oliero

( 1856 - 1930 ) sur une mélodie vannetaise . 

 

 

 

 

 

 

 

 

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LA NEBULEUSE DU CRABE - Première Partie - LE PHOTOGRAPHE ( Cycle de L'Etoile XXVII ) - I - Tempête .

3 Février 2024 , Rédigé par Dan Ar Wern Publié dans #LE PHOTOGRAPHE

Miranda - La Tempête ( 1916 ) par John William Waterhouse

Miranda - La Tempête ( 1916 ) par John William Waterhouse

 

LA NEBULEUSE DU CRABE

 

 

 

 

 

 

 

- Première Partie -

 

 

 

 

 

 

 

LE PHOTOGRAPHE

( Cycle de L'Etoile XXVII )

 

 

 

 

     

I - Tempête

 

 

 

" Où est la fêlure par où l'on peut apercevoir l'universel désastre ? "

Virginia Woolf - " Les Vagues "

 

     

 

 

 

      1L'amour n' est-il qu'une illusion , le monde un vaste décor de music-hall ou de théâtre , et les mots pour le décrire , joués par tant d'acteurs , ne semblent-ils , trop souvent , qu'un masque dissimulant à nos yeux les douloureuses confidences de leurs âmes ?

            Néanmoins , dans ces ténèbres du crépuscule où , perdu dans la foule , nous errions vers l'autre incognito nous tombons parfois par miracle sur celui qui avait peur , sans doute , jusqu'ici , de découvrir son double , quelqu'un qu'il nous arrivait de trouver seulement quand nous ne le cherchions plus , mais que depuis longtemps nous souhaitions reconnaître sans rien dire , finissant par le rejoindre au plus beau soir d'une rencontre , parmi le public des apparences ! 

           "'ai rêvé de vous en secret , déclamait l'artiste , 'ai pensé que vous cherchiez votre chemin dans ma nuit , tout comme moi dans la vôtre , et que nous finirions par nous aimer un jour ... Cette infinie douceur cachée en vous comme une rose délicieuse et légère de mon jardin de souffrance , la découvrirai-jeCe beau sourire de lumière arraché à l 'étoile de ma Mort , me le redonnerez-vous ?

     

     2 - Le soleil déclinant sur le parc , laissait ses derniers feux brûler le fronton des quelques façades du Palais-Royal qu'un photographe , en ce jour de feuilles mortes , bravant plutôt de l'oeil enjôleur de sa caméra les rares passantes pressés le long des jardins d'automne , préféra snober .

           " Qu'aurais-je pu faire d'autre ? , s'était-elle auparavant demandée pendant que son âme prisonnière s'était vue obligée de laisser fuir en cachette , dans un terrible sentiment d'angoisse mêlé de culpabilité , cet ami d'enfance , et que son fiancé d'aujourd'hui , parti le matin même , était obligé , s'était-il excusé ensuite au téléphone , sans lui avouer qu'il allait prendre , lui aussi , un bateau pour l'île d'Ouessant , de répondre à  un parent réclamant son aide .

          Elle était restée si seule en fin de

compte , et pour si peu de temps , prétendaient-ils chacun de son côté , blottie dans cette chambre sous les combles , parmi les bibelots et livres de jadis , comme inexorablement échouée au milieu de ses rêves tels ces quelques arbres bordant de leurs sinistres silhouettes décharnées les allées sombres du vaisseau-fantôme où elle demeurait ...

          Mais comment vivre sans lui ? , se torturait-elle néanmoins , pensant à l'un ou

l'autre et fixant , pour s'endormir , l'horloge ancienne au visage pitoyable comme si elle ne parvenait qu'à lui rappeler le sien , pendule murale dont les aiguilles , " deux caravanes traversant un désert " , sonnaient le glas de sa solitude ...

( 1 )

          D'ailleurs , l'avaient-ils jamais aimée ? Le pire tourment , c'est le doute , finit-elle par conclure à la fin d'un hiver agité , se levant en pleine obscurité pour contempler , l'air songeur, ce mirage de Lune à la surface glacée des eaux de la fontaine , si frémissantes naguère ...

          Lorsqu'il il n'est pas partagé , l'amour peut-il jamais mourir ? Comment se produit le retour de la clarté quand on revient du royaume invisible ? Tant de questions l'agitaient dans tous les sens , l'empêchant de dormir au pied du piano silencieux . Car ils avaient fui , s'inquiéta-t-elle soudain , l'un prétextant une recherche d'inspiration pour son nouveau disque et l'autre profitant peut-être d'un faux-semblant pour mettre un terme définitif à leur duo ?

 

     3 - Alors , guettait-elle , comme on attend la venue d'une hirondelle de printemps , le retour du pianiste ! Mais les notes , parfois , vous pèsent si lourds qu'aucun oiseau ,

trouvait-elle , ne peut s'envoler de la partition !

           Parfois Dieu calme la tempête , souvent , l'homme la laisse éclater ! 

        - Qui apaisera la mienne ? , implorait-elle au matin de si jeunes ans . J'ai beau rêver d'un héros de Shakespeare pour m'aimer uniquement sur scène , j'ai tant de mal à l 'imaginer sans lui ! ( 2 )

           Ces après-midis , l'orage hurlait sa plainte aux branches dénudées et noires des grands tilleuls taillés en marquise , pendant que des nues

d'épouvante , roulant à la surface des toits , ruisselaient de neige et de pluie sur leurs

tuiles , pénétrant , comme elles tombaient en elle , infiniment , le bois des charpentes vermoulues : 

- Des blessures si intimes , gémissait-elle , qu'elles ne doivent se murmurer qu 'à l'oreille 'un ange , tel un brûlant secret !

          Certain soir , elle avait suivi une copine au concert , se sentant , dans ce cabaret de la rue de Beaujolais , transportée  par l'alcool et par la voix chaude et souple d'un ténor aux prunelles expressives , luisant comme des pépites , qui s'amusait à leur psalmodier d'une ardeur infatigable , parvenant à donner à chaque mélodie , dans la religiosité de l'auditoire , comme le faisait son amant , sa couleur unique , des extraits de Schubert , Messager , Fauré ou Saint-Saëns ... A moins qu'elle ne fût particulièrement charmé par une frappante ressemblance avec les traits de son premier soupirant , frère de son actuel compagnon ? 

        Puis , quelque phrase de Proust , elle 

aussi , lui revenait en mémoire , évoquant 

" 'angoisse de la musique et ses élans brisés par des chutes profondes " ...  ( 3 )

 

    4 - Pourtant , celui qu'on n'attendait

plus , qu'elle avait longtemps désespérément espéré , retrouva , un beau jour d'été , la demoiselle d'ancien satin , d'aurore diaphane , avec son chapeau fleuri dans un grand champ de fêtes gracieuses , femme limpide et simple qui , au devant de lui , s'était avancée en toilette claire et nuage de soie , cygne majestueux glissant sur le lac scintillant de leurs futures nuits étoilées !

         Folie d'un soir s'était tue . N'allait-il plus disparaître , maintenant , le prince bien-aimé ?

N'allait-il pouvoir enfin guérir tous ses désespoirs les plus secrets , versant sur ses plaies ouvertes la magie , l'enchantement d'un baume séraphique aux divines harmonies ?

 " Ta face est ma seule patrie

   Elle est mon royaume d'amour ! ( 4 )

 

 

 

 

 

 

( A Suivre )

 

 

 

 

 

                                 ___

 

 

DAN AR WERNLA NEBULEUSE DU CRABE - Première PartieLE PHOTOGRAPHE ( Cycle de L'Etoile XXVII- I - Tempête - Février 2024 - Pep gwir miret strizh - Tous droits réservés - All rights reserved . " LE PHOTOGRAPHE  " , copyright 2024 .

 

                                 ___

Notes :

 

1 -  " Les Vagues " ( The Waves , Virginia Woolf , 1931 ) .

2 - " La Tempête " ( The Tempest , 1610 -

1611 ) , l'une des dernières pièces de William Shakespeare .

3 - " Les Plaisirs et les Jours  " ( Les Regrets , Rêveries Couleur du Temps - IV - Famille Ecoutant la Musique ) , Marcel Proust , 1896 .

4 - Sainte Thérèse de l'Enfant Jésus ( 1873 1897 ) .

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Roll et Virginia ( Cycle de L'Etoile XXV ) - VI - Table des Matières .

1 Février 2024 , Rédigé par Dan Ar Wern Publié dans #ROLL et VIRGINIA

 Jeune Homme Roux par Manoly ( Roll Dagorn )

Jeune Homme Roux par Manoly ( Roll Dagorn )

Cycle de L'Etoile XXV

( Livre 25 )

 

 

 

 

ROLL ET VIRGINIA

 

 

 

 

 

 

 

VI -Table Des Matières

 

 

 

 

 

 

 

1 - Préface / Dédicace  

    Miracle 

 

2 - Première Partie

    La Quête

 

I - Rencontre - II - Quasimodo - III - Transfusio - IV - Alchimie - V - Le Chant du Cygne . 

 

 

3 - Seconde Partie

   'Enlèvement

 

VI - Nativité - VII - Nuits d'Absence - VIII - Cauchemar - IX - Déluge .

 

 

4 - Epilogue

 

- Conscience .

 

 

5 - L'Etoile Bleue Cycle de L'Etoile 17 )  

       Résumé

          

6 -Table des Matières

 

 

 

 

DAN AR WERN - ROLL ET VIRGINIA ( Cycle de L'Etoile 

XXV ) - VI Table des Matières - Pep gwir miret strizh - Tous droits réservés - All rights reserved - " ROLL ET VIRGINIA " , copyright 2023 .

 

 

Cycle de L'Etoile XXV )   

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Du Fond de L'Âme ( Introspection ) - VII - La Lanterne .

29 Janvier 2024 , Rédigé par Dan Ar Wern Publié dans #DU FOND DE L'ÂME

Restaurant " Thé de la Reine " à Nice ( 1921 )

Restaurant " Thé de la Reine " à Nice ( 1921 )

DU FOND DE L'ÂME

( Introspection )

 

 

 

" Ce qui ne peut danser au bord des lèvres , s'en va hurler au fond de 'âme ... "

Christian Bobin ( 1951 -2022 )

 

 

" Mon Dieu , faites-moi pour aujourd 'hui une âme qui vous plaise ! "

Jacques Rivière ( 1886 -1925- " A La Trace de Dieu " ( 1925 )

14 octobre 1915

 

 

 

       

 

       VII - La Lanterne

              

" Seulement pour trouver le gardien de nuit inconscient de sa présence dans le bâtiment ... "

The Beatles - " Revolution Nine " *

 

 

" Ô  , my Lord , is there really a change ,

  And where lead the threads

 That You arrange ? " **

 

 

         

          10 - Fin 1977Qui pouvait encore savoir où me mènerait ce nouveau voyage ? , pensais-je , imaginant devant moi ce long ruban d'autoroute qui m'avait conduit des terres du soleil , mais qui , maintenant , s'effacerait peu à peu dans ma mémoire jusqu'à cette adresse capitale d'une autre vie . Des visions du passé ressurgissaient parfois , la nuit , dans ce long crépuscule tombant d'un suaire blanchâtre en mille flocons de laine sur la désolation de mon coeur glacé par l'hiver .

Alors , tandis que des bourrasques de neige paraissaient me picoter les yeux , me faisant pleurer , le rêveur que j'étais , inexplicablement mais sans doute pour prendre le dessus , se réfugiait dans l'idée qu'il y aurait ici aussi dans l'avenir , peut-être , une saison chaude .

Pourtant , celle que , sans cesse , je repassais dans ma mémoire , n'était associée qu'à des images d'un autrefois révolu !

           Coïncidence ? Après avoir débarqué dans un hôtel miteux de la gare de Lyon , puis logé dans un foyer catholique de la rue Washington pendant trois longues semaines de recherche où j' avais été dragué par un apprenti curé , j'avais fini par dégotter cette perle rare d'un petit studio faisant le coin de la rue de Romainville , au 36-40 , juste en face de la rue de l'Orme , dans un immeuble tout neuf avec garage , du populaire 19è arrondissement . ( 38 )

          N'avais-je pas longtemps fan-

tasmé , suivant mes lectures des " Mystères de Paris " , de " Rocambole " ou des " Misérables " , mais aussi après les adaptions télévisuelles de nombreux feuilletons historiques tel , par exemple , " Le Chevalier de Maison-Rouge " que j'avais beaucoup apprécié , je m'en rappelle , sans parler des énigmes policières comme " Belphégor " ou " Les Cinq Dernières Minutes " , sur les aspects mystérieux de cette ville si romantique et si vaste qu'après les romans de Georges Duhamel ou de Roger Martin Du

Gard , j'avais déjà eu l'occasion de

" réellement " découvrir avec passion ,

d'ailleurs , quelques années plus tôt ?

( 39 )

         La vie niçoise avait fini par lasser mon âme bretonne et cet immense besoin d'espace en moi , de grandes forêts que je ne pouvais trouver là-bas , me sentant , malgré mon amour de la bicyclette , comme coincé entre mer et montagne , à la recherche de la moindre tache verte en d'incessantes montées parmi ces paysages de rocailles escarpées qui , à la longue , étouffaient mon désir violent d'autre chose et de larguer les amarres !

         Mais ce qui m'avait le plus surpris , c'était de découvrir un jour , au hasard d'une promenade chez les bouquinistes , la nouvelle d'Eugène Dabit intitulée " La Lampe " où l'écrivain parlait d'une habitante qui , au numéro 9 , n'éteignait jamais l'unique lumière , menacée de mourir , en cette voie misérable . ( 40 )

" Number Nine " ! Cela m'avait , bien entendu , fait penser au texte ésotérique sur l'album blanc des Beatles , nos idoles de l'époque ! Je me revoyais encore , également , chevaucher mon vélo en direction de la place ornée d'une magnifique lanterne qui , au bout d'une montée très difficile , terminait l'avenue si chère à Louis Nucéra , dans laquelle , à Nice , dans un immeuble au nom d'étoile , nous avions demeuré ! ( 41 )

 

"  Je me sens comme une poussière

   Sur Ta route ,

   Un peu d 'ombre

   Dans la lumière sombre

   De Tes nuages errants ,

 

   Ce pâle reflet de mes yeux

   Dans le miroir de Tes rêves ,

   Tout petits points 

   Traversant l 'univers ,

   Mais un peu plus , peut-être ,

   Au lointain de ma solitude ,

   
'ai suivi Ton jeu ,

   Emprunté à Ta célébrité  ,

   'ai passé ,

   Dans les banlieues de Ta ville ,

   Tous ces moments de vie quotidienne ,

   Instants de tristesse ,

   De douleur ou de joie ,

   Parlé Tes langages ,

   Coiffé Ta couronne ...
 

 

  Mais , mon Dieu , vraiment , cela change-t-il 

  Quelque chose ?

  Où mènent les fils

  Que Tu arranges ? " ( 42 )

 

 

 

 

 

 

 

 

 

( A Suivre )

 

 

 

 

 

                                 ___

 

 

DAN AR WERN - DU FOND DE L'ÂME 

( Introspection ) - VII - La Lanterne - Pep gwir miret strizh - Tous droits réservés - All rights reserved . " DU FOND DE L'ÂME " , copyright 2024 .

                                 ___

Notes :

 

38 - Rue Washington - 75008 , en face de l'avenue George V , proche des Champs-Elysées .

        Rue de Romainville - 75019 , en coude , commence et finit rue de Belleville .

Rue de l 'Orme : Balade au Pays des Ombres

( Cycle de L'Etoile IV ) , II - La Lettre , 5 - Copyright 2018 Dan Ar Wern / Edilivre  .

39 - " Les Mystères de Paris " ( 1842 - 1843 ) , roman d'Eugène Sue ( 1804 - 1857 ) .

" Rocambole " ( 1964 - 1965 ) , série télévisée de Jean-Pierre Decourt d'après les romans de Ponson du Terrail ( 1829 - 1871 ) , avec Jean Topart ( Sir Williams ) et Pierre Vernier ( Rocambole ) .

" Les Misérables " , roman de Victor Hugo

( 1802 - 1885 ) , publié en 1862 .

" Le Chevalier de Maison-Rouge " ( 1963 ) , de Claude Barma , adapté par Jacques Armand du roman d'Alexandre Dumas ( 1846 ) , avec Jean Desailly , François Chaumette , Anne Doat , Michel Le Royer , Dominique Paturel .

" Belphégor ou le Fantôme du Louvre " ( 1965 ) de Claude Barma , adapté par Jacques Armand du roman d'Arthur Bernède ( 1927 ) , avec Yves Rénier , Juliette Gréco , Sylvie , François Chaumette , René Dary , Christine Delaroche .

" Les Cinq Dernières Minutes "  ( 1958 -1973 ) , série policière créée par Claude Loursais mettant en vedette Raymond Souplex ( le commissaire Bourrel ) et Jean Daurand ( son adjoint Dupuy ) .

" Vie et Aventures de Salavin " ( 1920 - 1932 )  , " La Chronique des Pasquier " ( 1933 -1945 ) , suites romanesques de Georges Duhamel

( 1884 - 1966 ) , de l'Académie Française .

" Les Thibault " ( 1922 - 1940 ) , suite romanesque de Roger Martin Du Gard ( 1881 -

1958 ) , prix Nobel de littérature ( 1937 ) .

40 - Eugène Dabit ( 1898 - 1936 ) , artiste peintre , écrivain français fut l'auteur de " L'Hôtel du Nord " ( 1929 ) porté à l'écran par Marcel Carné en 1938 . 

" La Lampe " , dans " Le Mal de Vivre et Autres Textes " ( 1937 ) .

41 - " Revolution 9 " , collage de bandes sonores figurant sur l'album " The Beatles "

( 1968 ) - Copyright 1968 John Lennon - Paul McCartney / Apple Records - All rights reser-ved : " Only to find the night-watchman unaware of his presence in the building ... ( Seulement pour trouver le gardien de nuit inconscient de sa présence dans le bâtiment )

     - " Chemin de la Lanterne " ( 1981 ) , roman de Louis Nucéra ( 1928 - 2000 ) ,

prix Interallié .

42 - " Vagabond sur la Terre " - I - " Puzzle , Carrefours et Labyrinthe " ( Crossroads , Maze and Puzzle ) , 1 - " Un Avion Quelque Part ... " ( 1979 , A Plane Somewhere ... ) - Copyright Dan Ar Wern / OmniScriptum & International Book Market LTD - janvier 2021 .

 

 

 

 

 

 

 

 

* Voir ci-dessus , note 41 .

** Voir ci-dessus , note 42 .

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Du Fond de L'Âme ( Introspection ) - VI - Marie

26 Janvier 2024 , Rédigé par Dan Ar Wern Publié dans #DU FOND DE L'ÂME

Marie Bashkirtseff - Autoportrait

Marie Bashkirtseff - Autoportrait

 

DU FOND DE L'ÂME

( Introspection )

 

 

 

" Ce qui ne peut danser au bord des lèvres , s'en va hurler au fond de 'âme ... "

Christian Bobin ( 1951 -2022 )

 

 

" Mon Dieu , faites-moi pour aujourd 'hui une âme qui vous plaise ! "

Jacques Rivière ( 1886 -1925- " A La Trace de Dieu " ( 1925 )

14 octobre 1915

 

 

 

       

 

       VI - Marie

              

 

 

 

 

 

 

Ô Marie , Ô lys blanc , radieuse beauté ,
Ton être entier n 'a pas sombré dans la nuit noire ,
Ton esprit est vivant , vibrante est ta mémoire ,
Et l'immortel parfum de la fleur est resté

 

André Theuriet *

         

          9 - As-tu fait bon voyage , mon cher ? , parut me demander la jeune fille à la chevelure désormais dissimulée sous un voile , mais dont le charme s'exhalait encore d'un oeil timide , mouillé par une rosée providentielle ... " L'Âme du Monde " , c'était le nom que je donnais à sa villa de la promenade des Anglais , proche de Carras et du quartier Californie où j'avais vécu , remplacée désormais par un immeuble , bordée d'un côté par la mer , et de l'autre , ouvrant sur un jardin fleuri d'hortensias et de roses longeant l'allée principale ombragée d'oliviers vénérables aux troncs noueux , tandis qu'en son centre , une fontaine aux eaux jaillissantes , vrai calice de pierre , persistait à projeter ses gouttes d'un miroir céleste sur les fantômes de mon passé ! ( 35 )

               Elle avait longtemps marché , sans doute , solitaire fille prodigue , dans l'épais brouillard d'horizons sans bornes , jusqu'à sa rencontre avec moi aux premières heures nébuleuses d'un matin mystérieux de pèlerinage  ... 

Volant vers l'ouest à la conquête d'un rêve

perdu , elle avait plutôt jusqu'ici dilapidé les vraies richesses de sa misérable vie dans l'agitation vaine et frivole de l'insouciance ou de l'abrutissement par le travail , gardant

son âme , emprisonnée dans la maison sans joie , comme une ombre à la frontière blanche du péché ! 

                Mais était-il aujourd'hui opportun de retrouver la dame blanche , l'étoile filante , et d'apprendre auprès d'elle qu'on ne pourrait jamais remplacer le véritable prix d'un labeur acharné que par la découverte , un jour , d'un inestimable trésor tombé du ciel ? Je finirais un jour , pourtant , mais beaucoup plus tard , par la rejoindre et partir vers l'ailleurs , ne pouvant consciemment prétendre maintenant changer le sens de l'univers ... Car , pensais-je , me rappelant soudain l'évangile , " que servirait à l 'homme de gagner le monde entier s'il ruinait sa propre vie ? " ( 36 )

               Le plus intolérable , selon Marie , c'était de ne rien laisser qu'une oeuvre jugée sans importance , un journal , quelques tableaux ...

               Ce qu'elle aurait voulu , je

crois ,  comme un cri d'amour

désespéré , c'était , au contraire , peindre la beauté d'un éternel printemps qui , pour elle , ici-bas , n'aurait jamais lieu !

- Quand vous me lirez , mon cher , je n'aurai plus d 'âge ! , murmurait l'ukrainienne à mon oreille avant de mourir dans une éclaboussure de gouttes de soleil !

 

" J'avais rêvé la nuit d'une fille de fontaine ,

  En robe de soie brillante comme la mer ... "

( 37 )

                Elle n'avait que 26 ans !

     

                 

 

 

 

( A Suivre )

 

 

 

 

 

                                 ___

 

 

DAN AR WERN - DU FOND DE L'ÂME 

( Introspection ) - VI - Marie - Pep gwir miret strizh - Tous droits réservés - All rights reserved . " DU FOND DE L'ÂME " , copyright 2024 .

                                 ___

Notes :

 

35 - Marie Bashkirtseff ( 1858 -1884 ) ,

diariste , peintre et sculptrice ukrainienne . 

 

36 - Marc , 8 - 36 .

 

37 - " La Fille de Fontaine " ( Poèmes de Morven le Gaélique  Posth. , 1953 ) de Max Jacob

( 1876 - 1944 ) , romancier , poète juif et breton , né à Kemper , décédé au camp de Drancy .

 

 

 

 

* Quatrain d'André Theuriet ( 1833 - 1907 ) , poète , auteur dramatique , romancier

  français , sur la tombe de Marie Bahskirtseff à Passy .

 

Photo de Marie Bashkirtseff en 1878

Photo de Marie Bashkirtseff en 1878

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Du Fond de L'Âme ( Introspection ) - V - L'Ange de Cimiez .

24 Janvier 2024 , Rédigé par Dan Ar Wern Publié dans #DU FOND DE L'ÂME

L'Ange de L'Abîme

L'Ange de L'Abîme

DU FOND DE L'ÂME

( Introspection )

 

 

 

" Ce qui ne peut danser au bord des lèvres , s'en va hurler au fond de 'âme ... "

Christian Bobin ( 1951 -2022 )

 

 

" Mon Dieu , faites-moi pour aujourd 'hui une âme qui vous plaise ! "

Jacques Rivière ( 1886 -1925- " A La Trace de Dieu " ( 1925 )

14 octobre 1915

 

 

 

       

 

       V - L'Ange de Cimiez

              

 

 

 

 

 

 

 

 

" L'Ange s'était assis sur une pierre . Je le

voyais , ou plutôt , je n'apercevais plus que sa silhouette qui ressemblait à la statue d 'un dieu étranger , et le clair nuage qui lui faisait un manteau et qui planait silencieusement dans les ténèbres comme l 'auréole d 'un saint ... " 

Annemarie Schwarzenbach Tod in Persien "

( La Mort en Perse , 1935 - 36 , II - L'Ange et la Mort de Yalé )  

 

 

         

          7 - Ma vie avait commencé au berceau dans une certaine innocence , au regard bienveillant d'une mère , puis , passé l'insouciance des jeux d'enfant , l'apprentissage enthousiaste de la jeunesse , j'avais poursuivi mon voyage sur ce chemin que mes parents m'avaient montré comme eux l'avaient appris des leurs , dans un autre paysage dont il ne resterait , un jour , presque plus rien que quelques traces de poussière vite dispersée aux quatre vents de l'histoire , photos-souvenirs d'une vieille maison disparue ...     

               Ne sommes-nous pas nés pour mourir ? 

               Une croix rouge , me rappelais-je , sur le mur de l'hôpital de Brocéliande , songeant à cette ballade bretonne que ma maman me chantonnait d'une voix douce pour m'endormir .

Mille et une nuits vous font ainsi revivre ce bref passage d'une existence réduite à un point de poussière , là-bas , vers l'infini .

               Qu'en reste-t-il ? Sinon le monotone friselis de vagues berçant le feuillage des grands arbres , comme un besoin de tout quitter , peut-être un jour , son passé , sa famille , des enfants qui ont grandi ... Combien de guerres , de famines , de conflits récurrents jamais résolus , de révolutions , de plus ou moins tragiques destinées ? 

Mais ici , au moins dans mes rêves , pensais-

je , souriant à mon Ange , la Bretagne avait ​​​​gardé son indépendance !

 

         8 - Alors , plus tard , je le reconnus  , dans ce " Petit Bois " proche du " Jardin des Roses " , qui hantait le parc du monastère franciscain de Cimiez ! ( 32 )

              C'était là , lorsque j'avais neuf ans ,  qu'en sortant de l'école , sous l'oeil attentif d'​​​Alice , ma grand-mère , je courrais après cette nouvelle " madeleine " de Proust au goût différent de la forêt légendaire de mon tout jeune âge , autre pays des merveilles surplombant , tout en-bas , la cité industrieuse des hommes-fourmis . J'étais , maintenant , devenu l'enfant du Soleil qui doit s'en aller au loin , ne sachant plus trop bien ce qu'il y avait en lui qui le poussait toujours en avant ! 

           - Mais pourquoi vouloir partir ? , me murmurait-il de sa voix céleste , pour me consoler .  Pour quitter ce qui te couvre de son ombre ? Tu sais , chaque jour a une aube , un crépuscule ... Peut-être t 'aurait-il fallu apprendre à trouver d 'abord mon désert de solitude , cet écho d 'une rivière des larmes de tes nuits , ce chapelet de gouttelettes fines tombant du flanc de la colline sur cette vallée du bout du monde

          - Mais ça me brûle comme feu de

'enfer ! " , lui répondis-je en grimpant là-

haut , sur la dernière branche , jusqu' au bout de mes forces ! Le bonheur est-il là ?

          - Mon cher ami , n'entends-tu pas ce vent du soir chassant au-dessus du lac des nuagesNe vois-tu pas l 'errance de leur vie éphémère s 'achever douloureusement sur le toit du Temple des Abîmes , tandis qu 'un dernier rayon de Soleil se joue , triomphal , de la masse sombre du ténébreux sanctuaire par un éclat sur l 'eau de leurs guenilles ridicules , de leurs visages moqueurs , tout biscornus

" Les nuages , les merveilleux nuages ... " ? 

( 33

" Toi et moi ,

  Avec deux formes et deux visages ,

  Mais une seule âme ,

  Nous restons unis dans l'extase ,

  Par les mots , par le silence ... " ( 34 )

 

 

 

 

 

 

( A Suivre )

 

 

 

 

 

                                 ___

 

 

DAN AR WERN - DU FOND DE L'ÂME 

( Introspection ) - V - L'Ange de Cimiez - Pep gwir miret strizh - Tous droits réservés - All rights reserved . " DU FOND DE L'ÂME " , copyright 2024 .

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Notes :

 

32 - Colline de Cimiez ( Cemenelum , à l 'époque romaine ) , lieu de villégiature pour l'aristocratie et la haute bourgeoisie anglaise durant la Belle Epoque , est aujourd'hui un quartier résidentiel surplombant Nice , qui abrite encore de nombreux palais .

33Petits Poèmes en prose ou le Spleen de Paris " ( 1869 ) - I - L'Etranger , par Charles Baudelaire ( 1821 - 1867 ) , poète français .

34" Toi et Moi " , oeuvre du poète mystique persan Djalâl ad-Rûmi ( 1207 - 1273 ) .

 

 

     

 

 

    

 

 

 

 

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LETTRES D'UNE IMMORTELLE - Première Partie - Claire - XV - Our House ( Notre Maison ) .

22 Janvier 2024 , Rédigé par Dan Ar Wern Publié dans #LETTRES D'UNE IMMORTELLE

Night with her Train of Stars ( Nuit avec son Train D'Etoiles , 1912 ) de Edward Robert Hughes .

Night with her Train of Stars ( Nuit avec son Train D'Etoiles , 1912 ) de Edward Robert Hughes .

 

 

Lettres d'une Immortelle

 

                                             

 

 

 

 

 

 

PREMIERE PARTIE : Claire

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

XV - Our House ( Notre Maison )

      ( 22 janvier 2024 )

 

 

 

 

 

 

 

 

        Non , mon cher , tu n'as pas à craindre que je m'éloigne jamais de toi ou que je devienne soudain silencieuse , car c'est à cause de moi et de notre amie Thérèse que tu ressens en toi ce grand besoin de très souvent venir en ce lieu béni et sanctifié par l'adoration et la foi de tant d'âmes ! Nous te voulons ici toutes les deux , le regard tourné , comme nous , vers le visage de notre Sainte Mère , demeurant dans la proximité de Son coeur immaculé .

       Je t'aime ! Elle m'est chère , ta réponse à mon offre de divine amitié !

C'est Jésus qui a initié , tu le sais bien , cette précieuse relation spéciale qui ressemble , selon Lui , au lien céleste entre sa servante Claire et François d'Assise . Il veut qu'elle se poursuive de telle sorte que tu puisses grandir dans Son estime et devenir pour moi de plus en plus proche , comme Saint Jean de la Vierge bien aimée !

Alors , je viens vers toi maintenant ,
Reposer ma tête cinq minutes ,
Les fenêtres s'éclairent du Soleil couchant ,
Brûlant , à travers elles ,
Mes yeux morts

De Ses gemmes ardentes ,
Notre maison
Est une très , très belle maison ,

Seulement pour nous ,
La vie était si dure ,
Et maintenant tout semble facile ! ( 35 )

 

 

 

 

 

 

 

Claire                          

 

 

 

 

 

 

 

 

 

A Suivre )                       

 

 

 

 

 

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DAN AR WERN - Lettres d'une Immortelle - Première Partie - Claire - XV - Our House Notre Maison ) - Pep gwir miret strizh - All rights reserved - Tous droits réservés . " Lettres d'une Immortelle " , copyright 2020 .

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Notes :

 

35 - Libre adaptation de " Our House "

( 1969 ) , chanson de Graham Nash pour l'album " Déjà Vu " ( 1970 ) du groupe américain " Crosby , Stills , Nash and Young " - Copyright 1970 Graham Nash / Atlantic Records - All rights reserved .

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