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LE JASPE DU CERCLE D'OR - Première Partie - Hallucinations - VII - L'Aube du Jour ...

7 Novembre 2024 , Rédigé par Dan Ar Wern Publié dans #LE JASPE DU CERCLE D'OR

Arlequin et Colombine par Jean-Baptiste Pater ( 1695 - 1736 )

Arlequin et Colombine par Jean-Baptiste Pater ( 1695 - 1736 )

 

 

 

LE JASPE DU CERCLE D'OR

 

 

 

 

pour Stefan Zweig

 

 

 

 

 

 

- Première Partie -

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Hallucinations

 

 

" Vers le petit enfant , la mère s'est penchée .

  Je veux revoir ses yeux , 

  Leur regard est mon étoile ... " 

Hermann Hesse - " Le Dernier Eté de Klingsor "

 

       

 

 

 

 

 

 

 

VII - L'Aube du Jour ...

 

 

" Parfois dans votre vie , vous ferez un voyage . Ce sera le plus long voyage que vous ayez jamais fait .

  Cest le voyage pour vous retrouver . "

Katharine Sharp ( 1865 - 1914 ) , philosophe américaine .

 

 

 

 

 

 

     

 

 

     9 - Quand j'avais cru , ombre parmi les

ombres , la reconnaître en songe derrière son

voile , aussi présente que la vie peut l'être en se cachant , je ne m'attendais guère à revoir ce complice et lumineux sourire , né soudain de ses lèvres roses de jeune fille , papillonner vers moi qui croyais depuis longtemps bien mort cet éphémère instant de ma jeunesse , trace d'un souvenir lointain , vite évanoui ... 

           Etait-ce bien la même , d'ailleurs , cette beauté fragile pouvant seule vous sauver de l'insignifiance  

           - Peu importe les rêves , me dit-elle , quand l'Arlequin danse en ribambelle au milieu du Carnaval de la Mort Rouge " , soupirant , derrière un masque , après sa Colombine !   N'as-tu vu venir à toi aussi , du fond de l'espace , le rayon lumineux d'une étoile filante ? , me confia mon amie . Etait-ce pendant ton sommeil où , s'approchant au milieu des massifs de lys blancs au coeur violet , celle-ci devint un grand soleil où rayonnait une figure ayant parfois la force d'un homme , parfois la douceur d'une femme , être double , androgyne , changeant de manière imperceptible comme la surface d'un lac gelé que , loin de la rigueur de l'hiver , mille couleurs de joie printanière font revivre ?  

( 5 )

           - L'eau finira-t-elle par vaincre le rocher  ? , lui répondis-je alors , tandis que quelque chose en nous , noyé dans la douceur du clair-de-lune , brûlait d'un immense désir de l'Eternel , et

parfois , dans la frénésie de cette extase incendiaire , il m'arrivait , pressentant l'incompréhensible , de voir scintiller aussi dans le noir , comme des diamants merveilleux , les yeux d'une belle demoiselle à son image , irradiés de tous côtés par ceux d 'un insatiable amant , deux escarboucles de lumière dévorante ! 

Notre vie commence au berceau dans une certaine innocence , peut-être , au regard bienveillant d 'une mère et d'un père , puis , passé l'insouciance des jeux d'enfant , l'apprentissage enthousiaste de la jeunesse , on poursuit son voyage , traversé de choix plus ou moins difficiles , de multiples vicissitudes , jusqu'à essayer de survivre et d 'oeuvrer sur ce chemin des âmes que nos parents nous ont montré avant même de vouloir y construire une famille nouvelle , comme eux , dans un autre paysage désolant dont il ne restera bientôt plus rien que poussière jaunâtre dispersée aux quatre vents de vieilles photos-souvenirs , dans une maison disparue ...

Alors , que suis-je venu faire ici ? , lui demanda son image , reflétée dans le miroir . Et

que signifie , en ce bas monde , le passage de ton Eurydice morte à vingt ans

Chère amie , cette infinie douceur cachée en toi comme une rose délicieuse et légère de mon jardin de souffrance , la retrouverai-je un jourEt ce beau sourire de lumière arraché à l'Etoile de ta Mort , me le redonneras-tu ?

J 'ai la tête couverte de rosée , les cheveux trempés des gouttes de la nuit ...  Je dois m'en aller au loin , dit un jour l'enfant du Soleil à son fiancé . Je ne sais ce qu'il y a en moi , quelque chose me pousse en avant ... ( 6 )

- Mais pourquoi vouloir partir , la suppliait-il , et quitter celui qui , vraiment , vous ressemble et vous couvre de son ombre ?

- Chaque jour a une aube , un crépuscule ... Et ça me brûle comme un feu de l'enfer ! , lui répondit l'étrangère , voyageant au bout de ses forces . Je n'en peux plus ! ( 7 )

- Peut-être faudrait-il apprendre à trouver d'abord le désert de ta solitude , lui murmurait , pour la consoler , la voix de l'Ange , écho d'une rivière des larmes de la nuit , chapelet de gouttelettes fines tombant du flanc de la Montagne Sainte sur la Vallée Heureuse du bout du monde ? ! ( 8 )

- Alors le bonheur serait là ?

- Mon pauvre ami , n'entends-tu pas ce vent du crépuscule chassant au-dessus du lac les nuagesNe vois-tu pas l'errance de leur vie éphémère s'achever douloureusement sur le toit du Temple des Abîmes , tandis qu'un dernier rayon du Soleil triomphal , son amant , se joue de la masse sombre de la Lune au ténébreux sanctuaire , par un éclat sur l'eau de son regard , montrant leurs visages moqueurs , tout biscornus , leurs guenilles ridicules : " Les nuages , les merveilleux nuages ... " ? 

( 9 

 

 

 

 

( A Suivre )

 

 

                               ___

 

 

DAN AR WERN - LE JASPE DU CERCLE D'OR - Première Partie - Hallucinations VII - L'Aube du Jour - Pep gwir miret strizh - Tous droits réservés - All rights reserved - " LE JASPE DU CERCLE D'OR " , copyright 2024 .

                               ___

 

Notes :

 

5 - " Le Masque de la Mort Rouge " The Mask of the Red Death , 1842 ) , nouvelle fantastique d'Edgar Allan Poe 1809 - 1849 ) , auteur américain .

   - " Mort à Venise " ( Der Tod in Venedig , 1911 ) , nouvelle de Thomas Mann 1875 - 1955 ) , prix Nobel de littérature ( 1929 ) , auteur allemand .

Colombine , Arlequin = personnage de la "Commedia dell 'arte " italienne .

 

6 - Cantique des Cantiques , V , 2 .

 

7 - La Mort en Perse " ( Tod in Persien , 1935 ) - L'Ange , par Annemarie Schwarzenbach ( 1908 - 1942 ) , écrivaine , aventurière suisse . 

 

- " La Vallée Heureuse " ( Das Glückliche Tal , 1940 ) , par Annemarie Schwarzenbach .

 

9 - "Petits Poèmes en prose ou le Spleen de Paris " ( 1869 ) - I - L'Etranger , par Charles Baudelaire

( 1821 - 1867 ) , poète français .

 

* " Le Dernier Eté de Klingsor " ( Klingsors Letzter Sommer , 1919 ) - Soirée 'août , nouvelle de Hermann Hesse ( 1877 - 1962 )  , romancier , philosophe allemand .

Image : " Journey " , de Katharine Sharp .

LE JASPE DU CERCLE D'OR - Première Partie - Hallucinations - VII - L'Aube du Jour ...
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LE JASPE DU CERCLE D'OR - Première Partie - Hallucinations - VI - Fugue .

4 Novembre 2024 , Rédigé par Dan Ar Wern Publié dans #LE JASPE DU CERCLE D'OR

Girl Combing her Hair ( 1909 ) de William Mc Gregor Paxton ( 1869 - 1941 )

Girl Combing her Hair ( 1909 ) de William Mc Gregor Paxton ( 1869 - 1941 )

 

 

 

 

LE JASPE DU CERCLE D'OR

 

 

 

 

 

 

pour Stefan Zweig

 

 

 

 

 

- Première Partie -

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Hallucinations

 

 

 

" Vers le petit enfant , la mère s'est penchée .

  Je veux revoir ses yeux , 

  Leur regard est mon étoile ... " 

Hermann Hesse - " Le Dernier Eté de Klingsor "

 

       

 

 

 

 

 

 

 

VI - Fugue

 

 

 

  Que peut-on savoir même des gens avec qui on vit chaque jour ? questionna-t-elle .

    Ne sommes-  nous  pas tous des prisonniers ? "

Virginia Woolf - " Mrs Dalloway " ( 1925 )

 

 

 

     

 

 

     7 - Elle était partie un 4 juillet , jour de l'Indépendance , le laissant tout seul avec cette plaie béante qui , à l'époque , même si elle faisait semblant de ne pas la voir , dégoulinait du glaive sanglant qu'avait planté dans son coeur le charme de son sourire d'ingénue . La nuit dernière , alors qu’il se laissait emporter par le sommeil , il avait senti à nouveau l’écho de ce calvaire oublié . Le paysage , les personnages , les symboles se reformèrent , comme si ce monde enfoui depuis trop longtemps dans la douleur de son corps l’attendait patiemment pour renaître de l'oubli . Mais cette fois , il n'avait plus peur de raviver une blessure qui , ayant mis à peu prêt deux ans pour guérir , appartenait , jugeait-il , aux illusions maladives de sa jeunesse , et s’abandonnant complètement , prêt à tout pour saisir ce mystère , il ne voulut pas davantage y résister , s'apprêtant à céder à cette vision troublante d'une femme au visage masqué par un voile se tenant devant lui , immobile , dont les yeux , qu'il entrevoyait à travers de la dentelle fine , semblaient vouloir le percer de leur intensité , comme s'ils cherchaient à rouvrir en lui une cicatrice .
Elle lui tendait toujours le même livre , un ouvrage ancien , relié de cuir vermeil , épais de lourds secrets qui , à chaque mot , ses doigts se posant sur les pages , lui faisait revivre avec stupeur sa propre histoire , qu'il n'avait pourtant jamais écrite , chaque chapitre lui dévoilant un souvenir , une pensée intime , un sentiment , que des photos illustraient , résumant la trame même de toute son existence !

 

8 Et si , là-bas , vers l'ouest , au-delà de la ligne océane , son âme fiévreuse avait tenté de dessiner l'amour en un cercle plus large , s'était-il mis à délirer tout en sueur , pensant encore , sans doute , aux paysages tourmentés de sa presqu'île du Maine jusqu'où pouvait l'avoir conduite le vent de sa folie ? 

     Que s 'était-il donc passé ? , se demanda-t-il enfin , sa tête alourdie par une terrible migraine .

- Pardon , mais je devais noter plus vite le

" fugato " de ton oeuvre ! , tenta-t-elle de lui expliquer un peu plus tard , fâchée que son attitude lui paraisse équivoque et sa fuite irréfléchie , chuchotant à son oreille , après un dernier canon , des explications quelque peu embarrassées .

Que puis-je te dire de plus ? , ajoutait cette sirène mystérieuse lorsque , au début d'un nouveau jour , seul sur une route du bord de mer , il crut la retrouver .

Tu n 'entends pas cette immense voix qui hurle sa plainte étrange alentour dans une langue 

inconnue'ignorais peut-être où était notre vraie patrie avant de me mettre au piano l'autre soir , lui avait-elle confié , mais désormais , je crois que cela change ... Rappelle-toi notre romance !

" Il est un pays   Bien au-delà des étoiles ,     Mon âme   Où la Rose ne pourra se faner ... "

( 4 ) 

     Son angoisse avait disparu dans le souvenir de ce poème qu'elle aimait tant , sur une musique de Bach . Il aurait voulu s'en souvenir avant que la belle ne disparaisse comme les lumières de l'aube , rayon de Lune au bout de l'horizon !

 

( A Suivre )

 

 

                               ___

 

 

DAN AR WERN - LE JASPE DU CERCLE D'OR- Première Partie - Hallucinations VI - Fugue - Pep gwir miret strizh - Tous droits réservés - All rights reserved - " LE JASPE DU CERCLE D'OR " , copyright 2024 .

                               ___

 

Notes :

 

4 - " My Soul , There is a Country " , poème de Henry Vaughan ( 1622 - 1695 ) , poète métaphysique gallois , dans son recueil intitulé " Silex Scintillans " ( Silex Flamboyant , 1650 ) .

 

* " Le Dernier Eté de Klingsor " ( Klingsors Letzter Sommer , 1919 ) - Soirée 'août , nouvelle de Hermann Hesse ( 1877 - 1962 )  , romancier , philosophe allemand .

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LE JASPE DU CERCLE D'OR - Première Partie - Hallucinations - V - Souvenirs .

4 Novembre 2024 , Rédigé par Dan Ar Wern Publié dans #LE JASPE DU CERCLE D'OR

LE JASPE DU CERCLE D'OR - Première Partie - Hallucinations - V - Souvenirs .

 

LE JASPE DU CERCLE D'OR

 

 

 

 

 

 

 

pour Stefan Zweig

 

 

 

 

 

 

 

 

- Première Partie -

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Hallucinations

 

" Vers le petit enfant , la mère s'est penchée .

  Je veux revoir ses yeux , 

  Leur regard est mon étoile ... " 

Hermann Hesse - " Le Dernier Eté de Klingsor "

 

       

 

 

 

 

 

V - Souvenirs

 

 

 

  " The ghosts of the dawn      Moving near ,      They pass through your sorrow      And leave you quite still ,      Sitting among souvenirs ... " **   

 Dan Fogelberg - " Souvenirs  

 

 

     3 - Assis chaque jour devant son bureau face à une feuille immaculée , il tentait de capter une étincelle d'imagination , mais les mots lui échappaient , rien ne venait jamais plus comme avant . Perdues quelque part entre la beauté de la mer et le mystère des landes , ses images s’évaporaient comme une empreinte persistante dont il sentait encore la trace sous les paupières , mais dont il ne pouvait plus vraiment saisir la substance . La vraie couleur et le sens des termes lui manquaient , comme un goût qu’on a sur la langue mais qu’on ne peut pas nommer . Plus il cherchait à s’en rappeler , plus il perdait la moindre impression de ce rêve , comme du sable glissant entre ses doigts .
Fixant alors le blanc du papier devant lui , toujours vide malgré ses heures d'application , l’angoisse le gagnait peu à peu , une lourdeur s’accroissant à mesure qu’il réalisait qu’il ne retrouverait peut-être jamais celle qu’il avait entrevue . C'était bien là , néanmoins , qu'elle le défiait , se disait-il , muette , comme pour lui rappeler son incapacité à capturer la splendeur d'une telle évocation !

Jour après jour , il était revenu à son écritoire , hanté par ce fantôme caché derrière un voile sombre qu’il savait unique , mais qui lui échappait à chaque instant , le faisant douter de lui-même , et se demander s’il avait vraiment vu quelque chose ou s’il n’avait été que le jouet d’une illusion . Pourtant , ce chemin perdu au fond de lui , il restait convaincu qu’un jour , il finirait par le retrouver , cette brèche ouverte pendant la nuit vers un univers qu’il n’avait fait qu’effleurer .
Il avait ainsi passé des nuits , cherchant à faire naître à nouveau , entre espoir et frustration , celle qui , en lui , n’était plus qu’une ombre .

 

4 - Tiens , qu'est-ce que tu fous là , Anton ? , lui avait-elle jeté simplement , d'un air de défi , lorsque , au bout d'un long voyage , il était enfin parvenu à la retrouver du côté de Charlottesville , en Virginie . 

Allongé sur son lit , tout seul dans sa chambre du " Wellington " , à  New-York , il avait auparavant compris , quelques temps plus tôt , le sens caché de cette pêche miraculeuse née " 'éclats de verre dans le flot bleu frangé de pourpre " , et revu passer devant ses yeux l'étrange personne ensuite disparue dans la nuit comme s'envolent par milliers feuilles d'automne et flocons de neige , " memorabilia " d'autres photos jaunies dans cette sombre forêt de nos souvenirs ... D'ailleurs , ce fut ce simple mot , sur une carte postale du tabac du coin , qui fut , pour lui , un déclic . Elle lui avait parlé d'une clé , celle d'une maison lointaine où , quelque part près de Monterey , elle avait vécu , seul vestige après qu'on ait détruit sa maison

d'enfance ... ( 2 )

 

5 - Maintenant , la jeune femme lui laissait entrevoir , sans rien dire , que ce livre contenait une histoire d'amour entre eux non terminée . Au plus profond de lui , il ressentait son appel brûlant à la retrouver , à la croiser à nouveau , comme s’il s’agissait d’un amour perdu dans les ombres d’une jeunesse inavouée . Chaque matin , tentant de se rappeler son visage , le seul souvenir de son regard voilé lui revenait .

Mais il se sentait envoûté par cette apparition , se mettant à errer dans les reliques du grenier , parti à la recherche de vieilles et rares lettres qu'il avait reçues d'elle autrefois , croyant que le hasard ou le destin les ramènerait jusqu'à elle . Puis , les jours passant , la frontière entre rêve et réalité s'estompait . Dévoré par cet espoir insensé de retrouver celle qui hantait ses nuits , cette inconnue qui semblait le connaître mieux que lui-même , il lui écrivit enfin !

 

     6Mais où est la mort ce soir ? , lui avait-elle demandé tandis qu'un épais manteau blanc ,

dehors , couvrait le sol , où est " l'âme qui demeure en nous , vivante , et qui ouvre , grâce à l'Amour , toutes les portes du Royaume de Dieu ? " 

Qui connaît notre fin dernière , lancés du centre de l'univers dans le noir , dans l'éternel espace ? "

( 3 )

- Et n'étais-je vraiment pour toi que ce sourire d'ombre ? , bredouilla-t-il avec peine parmi les ailes brisées des mornes oiseaux déchus du papier peint flottant sur les fleurs verdâtres des tentures délavées .

Tous deux s'étaient promenés dans le joli parc de Monticello , il n'avait cessé de revivre cette scène auprès d'elle brièvement retrouvée les jours suivants , dernières heures passées près d'elle depuis tant d'années ! Peut-être pour ça , réfléchit-il ensuite , qu'ayant pu lire en cachette avant son départ , le lendemain , cette phrase restée si mystérieuse et bien triste dans sa mémoire sur le journal de la demoiselle : " Dear inspector , and now my love ... / Cher inspecteur et maintenant , mon amour " , il était reparti le coeur brisé ?

 

 

( A Suivre )

 

 

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DAN AR WERN - LE JASPE DU CERCLE D'OR - Première Partie - HallucinationsV - Souvenirs - Pep gwir miret strizh - Tous droits réservés - All rights reserved - " LE JASPE DU CERCLE D'OR " , copyright

2024 .

                               ___

 

Notes :

 

2 - " Les Vagues " ( The Waves , 1931 ) par Virginia Woolf ( 1882 - 1941 ) . 

 

- " Un Lit de Ténèbres " ( Lie Down in Darkness , VII , 1951 ) par William Styron ( 1925 - 2006 ) , auteur , essayiste américain . 

 

* " Le Dernier Eté de Klingsor " ( Klingsors Letzter Sommer , 1919 ) - Soirée 'août , nouvelle de Hermann Hesse ( 1877 - 1962 )  , romancier , philosophe allemand .
** " Les fantômes de l'aube       S'approchent ,       Qui traversent ton chagrin ,       Te laissant tout à fait silencieux        Parmi les souvenirs ... "

Souvenirs " ( 1974 ) par Dan Fogelberg ( 1951 - 2007 ) sur son album du même nom - Copyright 1974 Dan Fogelberg / CBS Inc. - Epic Records - Full Moon productions - All rights reserved .

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LE JASPE DU CERCLE D'OR - Première Partie - Hallucinations - IV - Création .

3 Novembre 2024 , Rédigé par Dan Ar Wern Publié dans #LE JASPE DU CERCLE D'OR

LE JASPE DU CERCLE D'OR - Première Partie - Hallucinations - IV - Création .

 

LE JASPE DU CERCLE D'OR

 

 

 

 

 

pour Stefan Zweig

 

 

 

 

 

       

 

- Première Partie -

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Hallucinations

 

" Vers le petit enfant , la mère s'est penchée .

  Je veux revoir ses yeux , 

  Leur regard est mon étoile ... " 

Hermann Hesse - " Le Dernier Eté de Klingsor "

 

 

 

 

IV - Création

 

        

 

" Il se peut que vous soyez mort  et que j'erre encore parmi les vivants ... "

Anna de Noailles - " Exactitudes "

- Méditation sur la Mort , III , Rupture .

( 1930

 

 

 

     1 - En effet , que peut-il y avoir d 'autre ? , marmonna-t-il dans les affres d'un sommeil trop agité , tandis que son corps , paraissant graviter dans un nuage blanchâtre traversé de violents éclairs d'électricité , régressait peu à peu jusque à la taille d'un foetus . Et puis , tout à coup , se mit à crier en lui ce bébé d'une vie nouvelle , sorti du ventre de la Mère ! Car c'était pour lui seul , sans doute , qu'il y avait eu ce brisement trouble , comme un sursaut de l'univers !

         L'Ange de la Mer créatrice , au coeur duquel s'était répandue la divine liqueur , dut , pourtant , laisser le Saint Graal , au réveil , à la garde de l'Elu de Dieu regagnant le Temple aux Portes d'Or , pendant que l'Homme redevenu pur l'espace d'un

songe , à l'intérieur de sa petite chaloupe de

cristal , s'éloignait peu à peu , avec tristesse , de l'éther vaporeux baigné de l'aube rouge d'un phare que reflétaient encore ses yeux mouillés d'aube opaline incrustée de pierres précieuses , pures lumières perlant d'ondes-gouttelettes caressées par la fécondante chaleur du Soleil levant ! 

 

     2 - Fascination que ce moment suspendu où , entre rêve et demi-jour , l'artiste effleure l’inspiration totale , quasi divine , mais se réveille pour découvrir que , brusquement , tout lui échappe ! C’est comme si l’univers littéraire entier s’était dévoilé l’espace d’un bref instant , lui offrant une vision aussi vive que fugace , et en même temps , tout s’était effondré au réveil , laissant un sentiment d’impuissance face à la page blanche . La contradiction entre l’intensité de cette révélation nocturne et l’oubli cruel au matin est d’une force incroyable !
La feuille , alors , devient presque un miroir du possible , comme un rappel douloureux de ce qui s'est lentement dissipé , sans doute , l'histoire de sa propre véritable vie . C’est une belle métaphore de la création littéraire , où l’on sait que quelque chose d’immense se cache dans les profondeurs de l’inconscient , mais où l’angoisse de ne pas réussir à l’attraper dans le filet des mots crée une tension créative , un défi à surmonter , tel cet iceberg dont on ne verrait que la surface , mais qui , soudain , va vous engloutir !

Mettons que l'auteur Anton
Gouvelioù , qui avait passé les dernières semaines dans un état d’errance à chercher en vain , de minute en minute , l’étincelle salvatrice qui lui aurait permis de commencer enfin son prochain livre , avait connu , certes , beaucoup trop d'idées de naufrage !

Mais des espoirs d'être sauvé ? Chacun s’éteignait sitôt qu’il posait la plume sur le papier , cette page immaculée devenant , pour lui , comme une sorte de gouffre fatal , un mur invisible en face de son impuissance !

Une nuit cependant , complètement épuisé par de multiples tentatives infructueuses , le romancier finit par s’endormir , l'esprit en quête de cette essentielle vérité qui , pour l'instant ,

lui échappait . C’est alors que , dans la lourdeur de son sommeil , un monde s’ouvrit à lui . Tout y était si net , si intense qu’il n’avait plus aucun doute : c’était là le récit qu’il cherchait à écrire . Il y vit , d’abord , le spectacle d'un fabuleux paysage , une terre où le ciel semblait pulser comme une matière vivante , y rencontrant des personnages dont le visage lui parut étrange et familier à la fois , des êtres qui , semblant contenir des fragments de lui-même , lui parlèrent aussitôt , chacun avec sa propre voix , de sa propre

histoire , et les mots qu’ils prononçaient résonnaient en lui d'une signification troublante , comme s’ils révélaient des vérités éternelles !

Mais au centre de cette vision chimérique se trouvait une figure éclatante , une femme au visage voilé , qui tendait vers lui un ancien grimoire .

- Écris cela ! , lui ordonna-t-elle dans un murmure qui semblait venir des confins de son cerveau . Il lui prit des mains le manuscrit, sentant sous les doigts de la fée la texture des pages de même que les reliefs des mots inscrits lui brûlant le crâne . Les symboles , dansant à l'intérieur en ballets de lettres d'or , y changeaient souvent de forme , et cependant , il en comprenait intuitivement le

sens , un secret qu’il savait être la clé de son œuvre , la réponse , frémissant en lui , à cette terrible angoisse créatrice qui le hantait !

Soudain , tout se mit à trembler . La scène s’effaça en une cascade de couleurs et de sons qui s’effilochaient . Le dormeur lutta pour essayer d'en retenir les images , les mots , les visages , puis , brusquement , il s’éveilla . La chambre était encore plongée dans la pénombre , l’aube commençait à percer au loin . Les mains tremblantes d’excitation , l’esprit encore engourdi , Anton se redressa , tendant désespérément le bras vers son carnet pour y consigner ce qu’il venait de vivre !

 

 

( A Suivre )

 

 

                               ___

 

 

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                               ___

 

 

* " Le Dernier Eté de Klingsor " ( Klingsors Letzter Sommer , 1919 ) - Soirée 'août , nouvelle de Hermann Hesse ( 1877 - 1962 )  , romancier , philosophe allemand .

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MEMENTO / Impressions d'Enfance et Littérature - III - Chaque Homme dans sa Nuit ...

27 Octobre 2024 , Rédigé par Dan Ar Wern Publié dans #MEMENTO - Impressions d'Enfance et Littérature

MEMENTO / Impressions d'Enfance et Littérature - III - Chaque Homme dans sa Nuit ...
MEMENTO / Impressions d'Enfance et Littérature - III - Chaque Homme dans sa Nuit ...

MEMENTO / Impressions d'Enfance et Littérature

 

 

 

 

 

III - Chaque Homme dans sa Nuit ...

        

 

 

Pour un séjour aussi bref , voilà une bien grande

  valise ... " 

 

Julien Green ( 1900 -1998 ) - " Chaque Homme dans sa Nuit " ( 1960 )

 

 

 

 

  5 - Un garçon de Bretagne échoué à Nice , étendu sur un tapis rempli de grains de poussière , dans une petite pièce où l’air stagne , écrasée d'une lourde chaleur . Sa chambre est une sorte de cage où le soleil du sud s’impose crûment à lui , sans concession , tandis qu' au dehors , montent les cris de la jeunesse en révolte au milieu des drapeaux qui claquent au vent du large , se confondant avec ceux de la mer .

Mais lui se tient à l’écart , loin du tumulte , dans un espace où seulement quelques voix , celles de Simon & Garfunkel , " I Am a Rock " , et les accords de " Dont Let Me Down " des Beatles viennent rompre le silence , chansons qu'il écoute en

boucle , car elles résonnent avec sa propre réclusion , lui parlant en écho de choses qui lui échappent mais qui l’habitent : l'amour , la désillusion , l’amitié , l'idée d'une fuite au loin ...

Parfois , c'est la " Troisième Symphonie " de Beethoven , avec l'ombre noire de Napoléon sur la couverture du 33 tours , comme une figure à contre-jour du destin d'un simple disciple de Pascal Paoli ! ( 17 )

Sur son lit , le livre de Julien Green , " Chaque Homme dans sa Nuit " , reste ouvert , phrases soulignées , pages à demi pliées . Ce roman qu'il a lu et relu jusqu'à en connaître par cœur

les tourments , ceux d'un vendeur de chemises banal , héros distant , tourmenté , dont l'âme se cache et se fourvoie , et qui erre , comme lui , à la recherche de lui-même ou d'un frère introuvable , mais parvient finalement à se sauver au-delà d'un univers d’ombres et de lumière . À force de songer à lui , le lecteur en est venu à se confondre avec

lui , à plonger dans une sorte de rêve éveillé où il traverse des paysages indistincts , des salles obscures , des collines de rêves et de solitude . ( 18 )
Il ferme les yeux pour un instant , Wilfred , cet américain d'un autre sud qui va mourir , avançant sans le savoir , dans sa quête d’un horizon qu’il sait inexistant . Le monde est là , brûlant , vibrant , à quelques pas de sa porte , mais , dans le miroir des mots , son double , lui , préfère la chaleur enivrante du sanctuaire , les sons lointains , les récits des autres . Mais ce jour-là , quelque chose change . Une note , un cri dehors , peut-être l’intensité d’un rayon de soleil qui , perçant ses paupières closes , lui donne l’idée qu’il pourrait peut-être , une fois , franchir le seuil de son

refuge .

 

 6- Qui donc avait naguère évoqué ici la douceur de vivre ? ( 19 )

     C'était plutôt le souvenir de violents orages qu'il avait gardé , d'une mer écumante sous les imprécations du Mistral sauvage venu de l'ouest , avec ses senteurs capiteuses de tamaris et de cyprès , balayant avec force la misère des rues comme les illusions clinquantes des nouveaux riches de la

Côte . L'odeur âcre de la pluie , ensuite , qui tombe en déluge , ravinant la terre , et creusant ses rigoles toutes rouges jaillissant sur le bitume fondu . Et puis la lumière crue , éblouissante , chauffant à nouveau le paysage , qui vous écrase de toute la puissance d'un soleil impérial !

         Il se sentait " quelqu'un comme çà  " , étouffant comme Le Clézio dans la petite chambre anonyme d'une ville étrangère , y trouvant refuge aussi , malgré tout , dans la lecture toujours recommencée du livre de sa souffrance intérieure , mais fenêtres parfois grand ouvertes sur le large et sur une végétation quasi-luxuriante aux manifestations brutales , presqu'imprévisibles ! ( 20 )

        Mais aussi , que d'après-midi solitaires , pendant les interminables vacances d'été , caché derrière la bienveillante pénombre tamisée des persiennes closes , tandis qu'une chaleur de plomb semblait défier toute vie à la surface et qu'allongé sur cet épais tapis de laine , il se mettait à lire les aventures de Wilfred Ingram , qui ressemblaient un peu aux siennes parce qu'il croyait qu'elles lui parlaient du profond silence bourdonnant à ses oreilles contre le mur de sa propre déréliction !

" Mais on ne commande pas plus à ses émotions qu'on ne commande à l'amour ! , disait l'auteur .

       Sans doute était-il bouleversé , comme le

héros , par la présence diffuse en lui de ces sentiments bizarres profondément dissimulés qui pourraient bien ressurgir à l'improviste un jour , comme une tempête plus imprévisible que toutes les forces de la nature qui l'entourait !

" Jamais les hommes n'agissent d'une façon tout à fait étrange que lorsqu'ils sont seuls ... " Mais le sont-ils vraiment ? Peut-on comprendre ce qui les enferme et déchiffrer des signes qu'ils ne sauront jamais vraiment reconnaître ? ( 18 )

 

 7 - Sa valise à lui , il la porterait bien plus tard , mais elle contenait déjà , en germe , ces ingrédients particuliers , comme consignés dans l'oeuvre de Green , du " Grand Livre " de sa propre destinée , bien différente , certes , de celle de son marchand de liquettes , mais , curieusement , que faudrait-il comprendre de ce qu'on nomme improprement " réincarnation " , sinon cet ensemble en gestation , dessein d'une recette individuelle conçue par le Créateur à partir de mille détails , comme Sa signature , à travers le ciel , en forme d'une météore figurant le parcours particulier d'une âme soudain jetée dans l'existence ?

      Il n'était pas , non plus , ce fauve avide de chair fraîche , ses amours de lion sauvage demeuraient plutôt platoniques tant il avait du mal à les exprimer dans ce monde où il ne se sentait pas à sa place et qu'il fuyait dans un dialogue familier avec ceux d'en haut , dans la littérature ou la musique .

      Avait-il conscience en lisant ce livre , pourtant , que tout se trouvait là , sous ses yeux , dans la fumée du train passant en bas de la résidence et qui , un jour futur , proche du crépuscule, allait transporter celle qui viendrait vers lui sans jamais qu'ils se rencontrent ? Dans le bruit diffus des avions de l'aéroport qui allaient le conduire aussi vers New-York et vers les pays des coeurs solitaires du sud , si chers à Carson Mc Cullers et William Styron ?

( 21 )

     Quant à Phoebé Knight , ne ressemblait-elle pas un peu à la jeune fille de Saint-Louis croisée dans une station de sport d'hiver des Alpes quelques années plus tard ? ( 18 )

 

 

 

 

 

 

( A Suivre )

                                                   

 

 

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DAN AR WERN - MEMENTO / Impressions d'Enfance et Littérature - III - Chaque Homme dans sa Nuit ... - Pep gwir miret strizh - Tous droits réservés - All rights reserved . "  MEMENTO / Impressions d'Enfance et Littérature " , copyright 2024 .

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Notes :

 

17 - " I Am a Rock " ( 1965 ) de Paul Simon sur l'album " The Paul Simon Songbook " et " The Sound Of Silence " ( 1966 ) - Copyright 1965 Paul Simon / Columbia Records - All rights reserved .

" Don't Let Me Down " ( 1969 ) , écrite par John Lennon ( 1940 - 1980 ) et Paul Mc Cartney pour l'album " Let It Be " ( 1969 ) de " The Beatles " - Copyright 1970 " The Beatles " / Apple Records .

 

18 - " Chaque Homme dans sa Nuit " ( 1960 ) roman de Julien Green ( 1900 -1998 ) , de l'académie française . Le titre en est tiré d’un vers de Victor Hugo figurant dans un poème que l'auteur a relu par hasard après avoir fini l’écriture : " Chaque homme dans sa nuit sen va vers sa lumière " ( Les Contemplations , Livre 5è , " En Marche " , III - Ecrit en 1846 , II ) . 

19 - " La Douceur De La Vie " , 1939 - Douster Ar Vuhez - A Gentle Way Of Life  , Tome XVIII des " Hommes de Bonne Volonté " , suite romanesque publiée enre 1932 et 1946 par Jules Romains ( 1895 - 1972 ) écrivain , philosophe et dramaturge français . 

 

20 - " Quelqu'un Comme Ca  " ( Unan Bennak Evel-Se ) , Recueil de poésies " La Rose et le Dragon " , II , Copyright 2021 Dan Ar Wern / Omniscriptum S.R.L Publishing Group - Tous droits réservés / Pep gwir miret strizh / All rights reserved  .

 

21 - " The Heart Is a Lonely Hunter " ( 1940 ) roman de Carson Mc Cullers ( 1917 - 1967 ) publié en français sous le titre " Le Coeur est un Chasseur Solitaire " .

     - William Styron ( 1925 - 2006 ) , auteur de " Un Lit de Ténèbres " ( Lie Down in

Darkness , 1951 ) et du " Choix de Sophie " ( Sophie's Choice , 1979 ) .

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MEMENTO / Impressions d'Enfance et Littérature - II - Novalis , Une Vie de Héros .

24 Octobre 2024 , Rédigé par Dan Ar Wern Publié dans #MEMENTO - Impressions d'Enfance et Littérature

Novalis

Novalis

 

 

MEMENTO / Impressions d'Enfance et Littérature

 

 

 

 

 

II - Novalis , Une Vie de Héros  

        

 

 

A toi , le Magicien ,

  Prophète de la clarté 

  Parmi les lumières de l'univers ,

  Lorsque je m'éveillerai

  Sous la voûte étoilée ,

  Dans la nuit sensible ... " *

 

DAN AR WERN - MOSAÏQUE - IVEmsonjoù

( Méditations- 2 - Novalis - 21 / 11 / 2007 - Copyright Dan Ar Wern / OmniScriptum & International Book Market LTD - octobre 2021 .

 

 

 

 

 

 

  2 - Cette quête initiatique était également celle évoquée dans un nouveau sujet d'analyse , Novalis et son chevalier d'Ofterdingen en route pour l'Orient de la Croisade , étude supposant l'introspection lorsque le voyageur , enfin ,  touche à son but , comprenant qu'il est en fait revenu chez lui sur ses pas vers la source de son être véritable ...

      Parallèlement , ne ressemble-t-il pas à cet autre cavalier que je découvrirai plus tard , sur son " Cheval de l'Aurore " , parti , lui aussi , à l'aventure vers le continent d'Amérique borné par la Croix du Sud où , raconte encore Francisco Coloane , " surgirent des eaux les sept premières collines " ? ( 3 )

      Cheminement similaire à celui du héros dans le poème symphonique de Richard Strauss , qu'il s'agisse d'Orphée parti à la recherche de celle qu'il aime à travers les ténèbres de la Mort , du spectre d'Elseneur priant son fils de le venger , car " Le Serpent qui a mordu ton père mortellement porte aujourd'hui  sa couronne ... " , ou bien de Faust ayant conclu un pacte incapable de satisfaire ses vraies aspirations spirituelles !  ( 4 )

     Tombant de fatigue à l'issue d'un exposé universitaire sur le duvet moelleux de mon lit , je ne pouvais que songer à ce légendaire empereur germanique s'endormant , comme Arthur dans son île , au fond d'une grotte thuringienne et qui , selon Friedrich Von Hardenberg , aurait dû offrir au monde , pour le guérir , sa souffrance gravée sur le coeur d'une escarboucle pétrie de sa chair et de son sang . ( 5 )

    N'était-ce point , d'ailleurs , la marque d'un énigmatique passé ? Mon cerveau lui-même était en

feu , bien que mourant de sommeil et perdu au milieu de tous ces mystères ! Les mots , les chiffres s'y mêlaient comme nombre de petits cailloux semés sur le chemin d'une unique vérité !

     Mon enquête épuisante m'avait , au fil de mes lectures , conduit jusqu'au massif du Harz où , lors de la " Nuit de Walpurgis " , on fêtait le " Sabbat des Sorcières " , non loin du château natal de mon poète favori ... ( 6 )

" Le Harz , avec ses hauteurs sombres ... " ( 7 )

        Moi aussi , ce soir , je pensais au " vieil homme chez qui je dormais " . Mon séjour en sa demeure n'avait-il pas déjà eu lieu dans un temps révolu , lorsque je revenais de Dresde , où serpentait la vallée de l'Elster , chère à l'un de mes peintres favoris , Caspar David Friedrich , flânant ensuite au hasard des rues d'Halbertstadt à la recherche d'un signe , et me souvenant toujours du Diable ayant lancé sa pierre en vain contre la cathédrale de cette ville dans l'espoir de la détruire . ( 8 )      

       Elster blanche , Elster noire ... ayant vécu un jour de printemps cette matinée pluvieuse auprès d'amis sur un versant du Brocken , je n'imaginais pas non plus découvrir , au terme d'une marche harassante , ce crucifix vermeil surgissant au sommet comme un spectre de l'incendie du Soleil

triomphant ! ( 9 )

 

 

3 - " Un parchemin serait-il bien la source divine où notre âme peut apaiser sa soif éternelle ? " , me questionnait d'un air sournois l'étrange personnage , paraphrasant Goethe qui , dans un rêve , m'avait confié son exemplaire d'une Bible rouge reliée plein cuir , avec dorure à l'ancienne ... ( 10 )

     Tant de questions restées sans

réponses ! Comment faire alors pour accomplir la mission de Paul de Tarse " Car la Sagesse du Monde est folie devant Dieu ... " , nous expliquait , justement , celui-ci tentant d'éclairer par sa mystérieuse vision l'équilibre fragile du corps de l'église , vivante en son coeur johannique , pensante en son ministère pétrinien . Quelle distance entre cette église de Pierre et celle de Jean , l'invisible , celle du Paraclet des Cathares , peut-être , qui , je le pressentais , devrait , au siècle prochain , renaître à cause du nihilisme précédant forcément le retour programmé du Christ ?

" Femme , voici ton fils ... " ( 11 )

      Entre la Vierge de Sagesse couronnée de Ses 12 étoiles d'Apôtres de la Paix , chiffre inverse des 21 stations conduisant le Jongleur ( Arcane I du Tarot , le Bateleur ) jusqu'au bord de l'Apocalypse du 21è siècle , terme d'un parcours d'équilibriste menant à la folie du Mât ( Sisyphe ) , degré 22è ou zéro , symbole d'un nouveau

départ , l'AUBE , vers l'éternel recommencement du cycle des émanations , la RIVE ?

Toute vie , après tout , n'est que flux et reflux , sève océane s'écoulant depuis l'immuable éternité jusqu'aux vagues mouvantes reflétant le continuum d'une inépuisable énergie , mystère du sang , cette eau primordiale pénétrée du souffle divin 

Auberive ? , me demandais-je encore , tandis que ce nom découvert par hasard lors d'un voyage en Haute-Marne , hantait déjà les yeux de mon esprit , fixant le faisceau écarlate brûlant ses prunelles sensibles . Plutôt " Psyché " , beauté déchue d'une soeur jumelle entrain de mourir ... " ( 12 )

 

4 - C'est ainsi , nous dit également Saint Denis , portant sa tête tranchée parce qu'il ne voulait pas se prosterner devant l'intelligence ésotérique d'Hermès qui , selon lui , offrait de vaines spéculations , préférant sans doute comparer , dans sa poitrine , le rythme des 72 pulsations par minute , à celles qu'on entend lourdement battre comme autant d'années d'une vie d'homme sous la voûte du Sacré-Coeur de Montmartre ! ( 13 )

     Telle est cette fausse ressemblance de la créature avec Celui dont il peine à refléter l'image !

" Être ou ne pas être ? " , se demande Hamlet le déraciné , épousant , peu à peu , l'incapacité de son père à choisir , plutôt qu'une revanche , l'élévation de son âme à travers l'autre monde .

( 14 )

    Alors , comme le suggère Baudelaire , ne devrions-nous faire semblant plutôt que de jouer aux " Dieux " , nous contentant toujours de singer ce que nous ne pourrons jamais vraiment comprendre en laissant vaines analogies , fausses métaphores batifoler entre elles pour tenter leur approche  ?

( 15

Ou bien , confie encore Novalis à son journal-

miroir , garderai-je à jamais , telle une fêlure en moi , cette blessure d'amour ouverte afin d'atteindre Sophie par la prière , pour qu'un feu spirituel , échappé par miracle de l'au-delà , s'y engouffre , venant embraser soudain notre nuit nuptiale !? 

( 16 )  

 

  

( A Suivre )

                                                   

 

 

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Notes :

 

3 - Francisco Coloane ( 1900 - 1973 ) : " La Terre de Feu / Sur le Cheval de l'Aurore " ( Tierra del Fuego / En el Caballo de la Aurora , 1956 ) .

 

4 - " Une Vie de Héros " ( Ein Heldenleben , 1897 / 1898 ) , poème symphonique de Richard

Strauss ( 1864 - 1949 ) .

     " Orphée " , héros de la mythologie grecque ( Légende d 'Orphée et Eurydice ) .

     " Hamlet " ( 1599 / 1601 ) , pièce de William Shakespeare ( 1564 - 1616 ) , Acte I , scène 5 ( Le Serpent ... ) .

     " Faust I " ( UrFaust , 1808 )  , " Faust II  " ( posth. 1832 ) de Goethe ( 1749 - 1832 ) .

 

5 - Novalis ( 1772 - 1801 ) :  " Heinrich Von Ofterdingen " ( 1802 , posth. ) III , " L'Escarboucle " ( Der Karfunkel ) .

 

- " Nuit de Walpurgis " ou " Sabbat des Sorcières " , fête célébrée dans la nuit du 30 avril au 1er mai , notamment dans le Harz , passage de la saison sombre à la saison claire chez les Celtes

( Bealtaine ) - Mort d'Adolf d'Hitler ( 30 avril 1945 ) .

 

7 - " Heinrich Von Ofterdingen " , I .

 

8 - Halbertstadt , ville du Harz : anecdote rapportée par Otto Rahn ( 1904 - 1939 ) dans son livre : " La Cour de Lucifer " ( Luzifers Hofgesind , 1937 ) .

 

9 - Vallée de l'Elster , proche de Dresde , où Caspar David Friedrich ( 1774 - 1840 ) , célèbre peintre romantique , avait coutume de se promener pour y chercher l'inspiration .

     Spectre de Brocken : Phénomène optique particulier sur le Brocken ( Blocksberg ) , point culminant du Harz ( 1441 m ) où se réunissent les sorcières pendant la " Nuit de Walpurgis " .

     " Kreuz im Wald " ( La Croix dans la Forêt , 1813 ) , tableau de Caspar David Friedrich .

 

10 - " Faust " I ( 1808 ) de Goethe , traduit en français par Gérard de Nerval ( 1828 ) .

 

11 - Saint Paul , I , Corinthiens , 3 , 19 / Evangile selon Saint Jean ,19 , 26 .

 

12 - " Laura " , Epilogue - Note 8 ( Auberive 14 , Cycle de L'Etoile III ) - Copyright 2017 Dan Ar Wern / Edilivre - Tous droits réservés .

       " Le Jongleur à l'Etoile " , I - XIV L'Image et la Ressemblance " ( II ) , 4 - Les Ailes de l'Ange

( Aelia et Laelia ) , 5 - La Marche à l'Etoile - Copyright 2020 Dan Ar Wern / International Book Market Service LTD - OmniScriptum Publishing Group - Editions " Muse " - All rights reserved . 

 

13 - Saint-Denis , premier évêque de Paris , martyrisé à Montmartre entre 250 et 272 .

       " Méditations sur les 22 Arcanes Majeurs du Tarot " ( 1967 ) , I - Le Bateleur , par Valentin Tomberg ( 1900 - 1973 ) , chrétien mystique , hermétiste russe-estonien d'origine germanique .

       " Le Livre des Cycles " ( 1947 ) , de Raoul Auclair ( 1906 - 1997 ) , philosophe chrétien mystique .

 

14 - " Hamlet " ( 1599 / 1601 ) , pièce de William Shakespeare ( 1564 - 1616 ) , Acte III , scène 1

( Être ou ne pas être ? ) .

 

15 - " Salon de 1859 " - IV , Le Gouvernement de l'Imagination , de Charles Baudelaire ( 1821 -

1867 ) .

 

16 - " Hymnes à la Nuit " ( Hymnen an die Nacht , 1800 ) , V , de Novalis ( Friedrich Von Hardenberg , 1772 - 1801 ) , poète précurseur du romantisme allemand .

      " Journal Intime après la Mort de Sophie  "

( 1797 ) de Novalis , traduction française d'Armel Guerne - Mercure de France , 1997 .

 

* " Dit , ar Majisian , rakweler spis etre gouleier an hollved , 
   
Pa zihunin dindan bolz ar stered ,
   
En noz kizidik ... "  ( Version Bretonne )

 " Kreuz im Wald " ( La Croix dans la Forêt , 1813 ) , tableau de Caspar David Friedrich .

 " Kreuz im Wald " ( La Croix dans la Forêt , 1813 ) , tableau de Caspar David Friedrich .

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MEMENTO / Impressions d'Enfance et Littérature - I - Le Grand Meaulnes ( Deux Coeurs ) .

23 Octobre 2024 , Rédigé par Dan Ar Wern Publié dans #MEMENTO - Impressions d'Enfance et Littérature

Marie Bashkirtseff

Marie Bashkirtseff

 

MEMENTO / Impressions d'Enfance et Littérature

 

 

 

 

 

I - Le Grand Meaulnes

( Deux Coeurs )

 

 

" Qu'importe le sillon que tu sèmes
  Sur les collines de la vie ... "

Glenmor - " Memento " *

 

 

 

 

 

 

1 - Cet étudiant breton que j'étais alors , d'allure discrète mais rêveuse , portait en lui , peut-être , des traces de ce vent salé du golfe de son morbihan natal , parvenant quand même , sous le soleil généreux de Nice , à balayer , sans le savoir , la " Riviera " méditerranéenne . Je vivais là-bas à l'ombre des palmiers en fleurs , les associant aux images d'une vie que je n'avais pourtant pas

vécue , humant leurs odeurs troublantes ,  mais songeant avec nostalgie aux fastes et malheurs d'un passé tout proche comme celui de Marie Bashkirtseff , par exemple , qu'elle exprimait dans son journal intime , publié peu après sa précoce disparition ,  dans une petite chambre mansardée d'un immeuble ancien de Paris , loin du port de cette chère côte d'azur où elle avait passé de si bons moments ! Ne dit-on pas qu'elle observait parfois la Lune de l'oeil gauche , se demandant , un peu comme moi , si elle n'avait pas deux coeurs en

elle ? ( 1 )

Chaque jour d'automne , alors que les journées raccourcissaient , que la lumière dorée baignait encore les ruelles de la vieille ville , je ressentais une étrange mélancolie , une sorte de " spleen " sans nom . Peut-être était-ce le souvenir des falaises de granite battues par la mer , ou bien l'attrait mystérieux de quelque idéal , à la manière du héros du roman qui hantait mes pensées .

Quand je me rendais à la fac de lettres , pourtant , ce n'était jamais par obligation . Non , j'y allais comme un pèlerin s'en va recherchant une révélation . L'amphithéâtre de Carlone , avec ses larges baies vitrées laissant entrer le jour mourant , devenait un sanctuaire pour cet étudiant solitaire que j'étais . Là , madame Labarrère , la belle professeure de lettres , captivait son auditoire de sa voix suave , caressante et sensuelle , nous racontant l'histoire du " Grand Meaulnes " , ce roman mystérieux d'Alain-Fournier qui parlait d'un envoûtant pays de cocagne où rêve et réalité se mêlaient dans un brouillard de mystère et d'inaccessible , tandis que
l'auditeur fasciné par ses gestes pleins de délicatesse et son regard pénétrant , voyait en elle une réincarnation d'Yvonne de Galais , figure féminine idéale et insaisissable , muse et mirage du poète . ( 2 )

Je l'écoutais , complètement absorbé , mon esprit flottant parmi les mots et les souvenirs . Parfois , dans le clair-obscur de la salle , une lueur se posait sur elle d'une façon particulière , et je me surprenais à la voir comme un personnage d'une autre époque , évanescente et pourtant si présente . Ces moments étaient précieux pour moi , comme des éclats de rêve dans la routine quotidienne . Mais d'autres fois , au lieu de me rendre à la fac , je sentais monter en moi une autre envie : celle de l'évasion , du grand air , de la liberté . Alors , je prenais ma vieille bicyclette , enfourchant mon vélo comme Meaulnes grimpait sur son cheval , prêt pour l'inconnu . Et je quittais l'avenue de la Lanterne , pédalant à toute allure en direction des monts de Bellet , laissant derrière moi , peu à peu , le tumulte de la grande ville . Ainsi , les collines de l'arrière-pays niçois m'appelaient , avec leurs paysages changeants , tantôt verdoyants , tantôt arides , baignés de ces éclats dorés de fin d'après-midi donnant au monde hivernal une touche presque irréelle .

Alors , là-bas , désireux de goûter à la solitude comme à la beauté brute de la nature , je me perdais volontairement , loin des gens et du bruit .

Ces échappées vers les hauteurs , comme un antidote à la mélancolie pesant parfois sur mon âme , étaient une sorte de voyage entre rêve et réalité , reflet de mon propre parcours personnel entre idéal et banalité journalière .

Entre les cours de Madame Labarrère et mes escapades à vélo , je paraissais vivre à la frontière entre deux mondes , toujours en quête de quelque chose de plus grand , de plus beau , sans jamais vraiment savoir quoi .

 

 

 

 

 

( A Suivre )

                                                   

 

 

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DAN AR WERN - MEMENTO / Impressions d'Enfance et Littérature - I - Le Grand Meaulnes

( Deux Coeurs ) - Pep gwir miret strizh - Tous droits réservés - All rights reserved . "  MEMENTO / Impressions d'Enfance et Littérature " , copyright

2024 .

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Notes :

 

1 - " Journal " de Marie Bashkirtseff ( 1858 -

1884 ) , peintre , écrivain russe  ( Ecrit de 1873 à 1884 ) .  Publié par le " Cercle des Amis de Marie Bashkirtseff " .

 

2Christiane Labarrère , professeur de littérature à la Faculté des Lettres de Nice en 1971 , écrivain .

   - " Le Grand Meaulnes  " , d'Alain-Fournier

( 1886 - 1914 ) , roman , Emile-Paul , 1913 .

 

Version bretonne : " Meaulnes Veur  " , bet lakaet e brezhoneg ( traduit par ) Yann-Ber Thomin , Ar Skol Vrezoneg / Emgleo Breiz , 2000 .

 

 

* Chanson de Glenmor ( 1931 - 1996 ) dans son album " Vivre " , copyright Glenmor 1973 / Le Chant du Monde - Tous droits réservés .

 

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CREPUSCULE D'AUBERIVE / CELEBRATION ( Cycle de L'Etoile XXX ) - Teaser / Bio - Mémoire .

22 Octobre 2024 , Rédigé par Dan Ar Wern Publié dans #CREPUSCULE D'AUBERIVE

CREPUSCULE D'AUBERIVE / CELEBRATION (  Cycle de L'Etoile XXX  ) - Teaser / Bio - Mémoire .

 

 

CREPUSCULE D'AUBERIVE / CELEBRATION

 

 

 

 

 

Teaser / Bio

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Mémoire

 

 

 

     

 

 

 

 

   

Sa Bretagne est lointaine , mais pour Yann , elle reste vivante à travers les récits et les souvenirs de sa famille . Pour lui , c’est plus qu’un simple pays , c’est un morceau d'histoire , un héritage à transmettre , à préserver que la demeure ancestrale . C'est pourquoi , il se promet d'y revenir un jour , afin d'en retrouver la splendeur d'antan . Pour lui qui a déjà connu le terrible silence des solitudes , navigant d'hôtel en hôtel , voyageant de refuge en refuge , l'agonie de son grand-père n'est qu'un prétexte à renouveler le bail du temps

passé , la poussière après son passage s'envolant comme des oiseaux du crépuscule depuis les ruines d'Auberive ...Même les enfants savent attendre ... " , lui confie celui-ci avant de mourir , le flot des âmes lui répondant en écho : Je peux m'échouer sur le sable , perdre de ma force finalement disparaître ... " Avant de tomber de l'autre côté du miroir , soupire-t-il encore , il faut si l'on veut devenir un homme choisir entre l'épée ou la croix , mais qu'il est difficile à la créature déchue de concilier l'éternité avec les quatre saisons de ce monde ! On se penche sur la ruine calcinée par le feu du ciel , on espère y surprendre les secrets d'une célébration !

 

 

 

 

 

 

 

DAN AR WERN , écrivain breton , vécut sa prime enfance au coeur de la forêt de Brocéliande avant de voyager à travers le monde , se passionnant pour la littérature , la musique , la culture celte , l'ésotérisme et la spiritualité ...

 

 

 

 

 

DAN AR WERN - CREPUSCULE D'AUBERIVE / CELEBRATION ( Cycle de L'Etoile XXX ) Teaser ( 4ème Couv.) - Bio - Mémoire Pep gwir miret strizh - Tous droits réservés - All rights reserved . " Adagio Assai  " - Copyright 2024 .

       

    

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CREPUSCULE D'AUBERIVE / CELEBRATION ( Cycle de L'Etoile XXX ) - VI - Table des Matières .

21 Octobre 2024 , Rédigé par Dan Ar Wern Publié dans #CREPUSCULE D'AUBERIVE

Charles Edward Perugini - Portrait of a Young Woman 2 ( Study in Chalk ) .

Charles Edward Perugini - Portrait of a Young Woman 2 ( Study in Chalk ) .

Cycle de L'Etoile XXX

( Livre 30 )

 

 

 

 

CREPUSCULE D'AUBERIVE

 

                        - 6 -

 

 

       Table des Matières

 

 

I -  Préface / Dédicace      

       Mémoire

 

II Première Partie 

        Les Trois Jours de la Dame Blanche

- Les Loups d'Arzonnais 2 - " Maen-Doue " - 3 - Cauchemar - 4 - Le Monstre - Mémoire 6 - Conscience  - 7 - Paysage .

 

III Seconde Partie

 Solitude - 2 - L'Eté de la Dernière Chance . 

IV L'Histoire de Roll et Virginia ( Cycle de L'Etoile XXV )

           Résumé

 

CELEBRATION

- Tressaillement ( Printemps ) 2 - Pastorale ( Eté ) - 3 - Je Suis Perdu au Monde ( Automne ) - 4 - La Jeune Fille et la Mort Hiver ) .

 

VI -Table des Matières

 

 

 

 

 

DAN AR WERN - CREPUSCULE D'AUBERIVE / CELEBRATION ( Cycle de L'Etoile XXX ) - VI - Table des Matières - Pep gwir miret strizh - Tous droits réservés - All rights reserved - " CREPUSCULE D'AUBERIVE " , copyright 2024 .

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Le Piège - Première Partie - Le Document Mystérieux - VI - L'Une ou L'Autre ( New-York , Automne 1978 / Octobre 1980 ) .

20 Octobre 2024 , Rédigé par Dan Ar Wern Publié dans #Le Piège

Hôtel Wellington New-York

Hôtel Wellington New-York

 

 

 

Le Piège

 

 

 

 

 

 

" L'Ange s'était assis sur une pierre . Je le voyais , ou plutôt , je n'apercevais plus que sa silhouette qui ressemblait à la statue d 'un dieu étranger , et le clair nuage qui lui faisait un manteau et qui planait silencieusement dans les ténèbres comme l'auréole d'un saint ... " 

Annemarie Schwarzenbach Tod in Persien "

( La Mort en Perse , 1935 - 36 , II - L'Ange et la Mort de Yalé )  

 

 

 

 

 

Première Partie

( Le Document Mystérieux )

 

 

 

 

 

 

 

 

 

VI - L'Une ou L'Autre

       ( New-York , Automne 1978 / Décembre 1980 )

         

 

 

 

 

" John Ferris s'éveilla dans la chambre d'un hôtel de New-York .

Il avait le sentiment qu 'une chose déplaisante l 'attendait - Quoi ?

Il n 'en savait rien ... " 

 

Carson Mc Cullers - " The Sojourner "  ( Celui Qui Passe ) *

 

 

 

 

    

 

 

 

11 - Il n'avait jamais eu l'occasion , jusqu'à maintenant , de découvrir " pour de vrai " New-York et ses orgueilleux gratte-ciel . Sinon , comment expliquer en lui ce sentiment de toucher à son tour , pour la première fois , la " Terre Promise " ? Quelqu'un d' " Experiment " était venu l'accueillir à l'aéroport Kennedy , un jeune blanc-bec aux allures de clergyman bon chic , bon genre - pantalon de velours côtelé , chemise écossaise à carreaux - membre , comme lui , de cette association d'échanges culturels chargée de placer des étudiants friqués d'Europe dans des familles américaines rigoureusement choisies . ( 25 )

" Bienvenue ! Welcome ! " , claironna-t-il d'un surprenant accent russe , avec un air ironique sous sa belle barbe blonde . 

S'envoler dans les nuages , puis partir au-dessus de la mer majestueuse , n'était-ce pas quelque chose de magique où , d'un coup d'oeil , on pouvait saisir toute la beauté d'un paysage par le hublot de l'appareil , mais il se demandait pourtant , lui , l'insignifiant passager , si ce point perdu au loin , frêle esquif à la surface des eaux de la surface océane , avec sa coque infime semblant scotchée , immobile , contre l'immensité du ciel bleu , avait quelque chose à voir avec l'autre réalité , celle de l'avion dans lequel il se trouvait , comme une image inversée de sa petite aventure de " spectre monstrueux d'un univers détruit " , celui dont parle ce poète quand il décrit le triste refuge de l'homme déchu , île minuscule ou , peut-être , grain de sable au milieu de nulle-part d'où , jeté comme une épave à l'océan du vide " , il ne peut encore imaginer , misérable créature y rampant , la traînée d'azur spirituel qui emportera son double là-haut , dans les nues , mystérieux point de suspension vers l'au-delà ? ( 26 )

Nul ne s'élance ainsi impunément vers le " Nouveau Monde " ! , se mit-il à réfléchir , et personne , sans conséquences , ne peut traverser cette " pièce d'étoffe grise aux mille plis légers " qu'ondule sans cesse , depuis les profondeurs de l'abîme , la prairie des vagues changeantes venant toujours , comme des âmes , tutoyer de leur jaillissement d'écume éphémère , le silence de l'éternité ! ( 27 )

Alors , " voir le monde dans un grain de sable , tenir l'infini dans le creux de la main ... " , se dit-il d'un air plutôt mélancolique , avant , bientôt , d'abandonner son coursier des airs pour une espèce de paquebot-corvette , vieille Chevrolet se mettant à traverser triomphalement le gigantesque cimetière touchant la métropole new-yorkaise de ses milliers de tombeaux , barques immobiles brûlant , des ultimes feux du couchant , les hautes falaises des murailles d'immeubles déjà tout cramoisis sous la lune blanche ... L'inconnu le laissa au " Wellington " , près de Central Park .

( 28 )  

Epuisé par le décalage horaire , il n'eut alors pas la force de ressortir , se contentant d'observer par la fenêtre à demi ouverte les ombres furtives du crépuscule .

Puis , après s'être écroulé sur le lit comme une masse , il s'agita d'heure en heure , telle une marionnette ensorcelée par les bruits sauvages des diables de la nuit !

 12 -  " L'avez-vous vue ? " , aurait-il voulu , ensuite , leur demander , à tous ces passants de la 5ème avenue , deux ans plus tard , les yeux remplis d'espoir , mais brillants de fatigue à cause du " jetlag " , tout en arpentant les artères venteuses de la " Grosse Pomme " avec une détermination difficilement renouvelée , ayant renoncé à interroger les gens , comme à leur présenter une éventuelle vieille photo que , sans trop y croire , il aurait sortie de sa poche en secouant la tête , semblant vaguement se souvenir de son visage , mais personne , se persuadait-il , ne saurait vraiment lui dire où elle pouvait bien être ce jour-là . 

Il y avait , en effet , deux automnes que , s'étant trouvé tellement désarmé après le départ soudain de " son " autre américaine venue , aurait-on cru , pendant une semaine de ski , mettre le feu à son coeur avant de l'abandonner avec tant de froideur le 4 juillet , jour de l'indépendance américaine , il avait répondu à une petite annonce dans un journal anglophone de la capitale , pour un cours d'anglais . ( 29 )

Car , à l'époque , il se sentait vraiment seul à Paris . La jeune " prof " lui avait parlé avec tant de gentillesse de son pays d'origine , la Hongrie , puis de sa ville natale au bord de l'Hudson River ! C'était si étrange lorsqu'elle lui avait décrit ses cours de mime et de danse à l'école parisienne , qu'il était tombé sous le charme de son sourire d'étudiante , un peu comme si elle lui avait tendu les bras ! Mais un jour , elle aussi , comme l'autre , avait disparu , s'étant brutalement envolée vers d'autres cieux , le temps , de raviver sa souffrance ... ( 30 )

Alors , ça t'étonne de me voir ici , n'est-ce pas  ? , se serait-il apprêté à lui dire plus tard , sans lui avouer qu'il se préoccupait plus de l'autre , Virginia , et qu'elle n'était qu'un leurre , en fait , en ses pensées , tournées en ce jour de quête vers l'amie de Villeneuve qu'il aurait tellement désiré retrouver , mais perdue de vue depuis si longtemps , lui cachant l'autre nouvelle de ce 8 décembre , plongeant toute la ville dans un mélange de choc et de tristesse pour quelqu'un qui emportait avec lui une partie de la jeunesse et de la mélodie de l'époque ! Puis , sortant du choeur de la cathédrale Saint-Patrick où il avait , à genoux devant une statue de Marie ornée d'un bouquet de roses rouges , longuement médité , il s'était ensuite dirigé d'un pas rapide et souple vers l'Hudson en ce jour de froidure , et précisément là , il s'était mis à longtemps réfléchir , contemplant  le sombre miroir d'eaux tumultueuses du fleuve , image de l'amour et de son propre Destin ! ( 31 )   

 

 

 

 

 

( A Suivre )

 

 

 

 

 

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DAN AR WERN - Le Piège - Première Partie - Le Document MystérieuxVI - L'Une ou L'Autre ( New-York , Automne 1978 / Décembre 1980 - Pep gwir miret strizh - Tous droits réservés - All rights reserved . " Le Piège " , copyright 2024 .

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Notes :

 

25 - " The Experiment in International Living " est une association proposant des séjours chez l'habitant .

26 - "Poèmes Barbares " - "Clair de Lune " , I ( 1862 ) , par Leconte de Lisle ( 1818 - 1894 ) .

27 - " Les Vagues " ( The Waves , 1931 ) , par Virginia Woolf ( 1882 - 1941 ) .

28 - Auguries of Innocence : " To see the world in a grain of sand , hold infinity in the palm of your hand ... " , vers fameux de William Blake ( 1757 - 1827 ) , poète et peintre anglais , dans "The Pickering Manuscript " ( 1803 ) .

     - Balade Au Pays des Ombres ( Cycle de L'Etoile IV ) 3 , " Histoire d'une Mystérieuse Inconnue " ( Journal de Yann Kervern , III ) - 3 - La Chambre du " Wellington " - copyright 2018 Dan Ar Wern / Edilivre - Tous droits réservés . 

29 - The Big Apple ( en français : La Grosse Pomme ) , l'un des surnoms de la ville de New-York .

30 Le Jongleur à L'Etoile ( 1 ) - Mein Diwar Va Hent - 9 - Christie - Décembre 1983 / Septembre 2008 / Avril 2020 ( Version Française ) - Copyright Dan Ar Wern / OmniScriptum & International Book Market LTD - juin 2020 .

31 - Auberive ( Cycle de L'Etoile III ) , 5 - Villeneuve - Copyright 2017 Dan Ar Wern / Edilivre - Tous droits réservés .

 

 

 

 

 

 

 

             

 

   

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