L'ESSENTIEL ( Résumé des Oeuvres ) - XXVI - LE TREFLE ( Cycle de L'Etoile 26 ) .
Cycle de L'Etoile XXVI
( Résumé )
Le Trèfle
Thème : 1 - The " SHAMROCK " , tel fut le nom d'un prestigieux hôtel de la ville de Houston ( Texas ) , inauguré le jour de la Saint-Patrick 1949 avec le gratin d'Hollywood , mais démoli cinquante ans plus tard pour d'obscures questions financières , durée symbolique lorsqu'on songe au trèfle à cinq feuilles de l'Irlande reverdie comme un printemps après des années d'occupation britannique ! On dit que les intérieurs du bâtiment , dont l'Emerald Room et le Cork Club , se composaient des 63 nuances du vert irlandais , comme un hommage à la culture originelle de son fondateur , le prospecteur milliardaire Glenn Herbert McCarthy , surnommé " Diamond Glenn " ( 1907 - 1988 ) , le fameux Jett Rink du film " Giant " joué par James Dean ! Ainsi , cette nouvelle , illustrant l'histoire sécessioniste du " Sud " des USA liée à celle de la jeune république , imagine le retour - passé sous silence - de la Pierre de Fal
( ou du Destin ) vers l'Île des Celtes , celui-ci entraînant des conséquences difficilement imaginables quand on l'associe à la parole du Seigneur : " Détruisez ce Sanctuaire , Je le rebâtirai en trois jours ! " De même , la chute de la Bretagne en 1488 préfigurait de trois siècles la Révolution française , montrant que le royaume de la Très Sainte Vierge Marie était lié à celui de la Duchesse Anne , car portant le même prénom que sa mère . Mais si certaines légendes prétendent que le " Roi Perdu " a pu s'évader par l'une des treize portes du Temple , il reviendra un beau jour du pays des Arvernes pour enfin libérer , comme Vercingétorix ou Arthur , sa patrie !
2 - Ce livre est la suite de la partie irlandaise de " Adagio Assai " , intitulée : " Récital " .
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I - Le narrateur , se nommant René Le Bris , enfant d'un prestigieux aviateur , faisait partie du personnel de cabine d'une grande compagnie aérienne , et s'était épris " platoniquement " de Lucile Préjean , l'actrice , à qui il écrivait des lettres restant sans réponse avant de la rencontrer par hasard le dernier soir de décembre 1985 à Houston chez un
particulier , lors d'une soirée où l'avait entraîné Betty Ferber , sa collègue hôtesse de l'air . Mais ce qui parut encore plus étonnant , c'est que l'hôte de la maison semblait bien connaître la " star " , surnommée " Le Trèfle " , puisqu'il l'entraîna tout de suite , dès son arrivée , dans une sorte de "slow " langoureux dont celle-ci se dégagea très vite pour rejoindre au bar notre ami dans un subit accès de colère contre celui qu'elle qualifiait désormais de producteur vicelard ! ( I , Ma Lettre Aura-t-elle une Réponse ? - II , Love Me Do - III , Shamrock Hilton )
II - Revenant à Houston en mars 1986 , le 17 exactement , jour de la Saint-Patrick , le jeune homme assistait avec Betty à une curieuse cérémonie se déroulant au sommet du " Shamrock " où logent les équipages , prestigieux hôtel dont on fêtait , ce
jour , l'anniversaire . Dans une pièce devant servir d'oratoire où brûlait un cierge imposant sur la nappe blanche d'un autel , un prédicateur nommé Erinn , qui affirmait descendre d'un père sudiste et d'une mère galloise , prenait la parole , coiffé d'une capuche , encadré de deux acolytes vêtus de la même façon , pour parler de la fameuse " Pierre du Destin " qui devait , selon lui , revenir à l'Irlande !
Le lendemain , le navigant se réveilla , souffrant d'une abominable migraine , et regarda la glace de sa chambre avec le sentiment d'y voir quelqu'un d'autre ayant fait un rêve et qui avait vu l'eau d'une source céleste , l'URLICHT , morceau de roche de pur cristal ayant parcouru des milliards de kilomètres pour lui permettre de mesurer cet abîme infranchissable achevé ici sur Terre afin d'éclairer le mystère de ses origines ! ( IV , Trou Noir - V , Le Salon " Varina " )
Précisément , c'était ce jour , veille de l'équinoxe , où Betty avait été convoquée à une réunion secrète des" Compagnons de l'Anneau " dans une grande salle souterraine où se trouvait le drapeau sudiste en face d'officiants tous habillés de la même manière que leur chef . Puis , la jeune fille , forcée sous hypnose à se prosterner devant un mystérieux disque de verre , fut entraînée , par une porte secrète , dans une salle souterraine , avant d'être placée ensuite avec une autre femme sur une grande plaque translucide sortie de la rocaille grâce à un mécanisme , tandis que de monstrueux infirmiers , les ayant entravées par de grandes pinces métalliques , leur faisaient une piqûre et leur plaçaient un bandeau de cristal sur la tête !
L'alchimiste alors , tira d'un tabernacle dissimulé dans la paroi rocheuse une coupe d'or où , dans un liquide rougeâtre , baignait une gemme étincelante !
- Eh bien Betty , ma chère fille , quelle joie de te retrouver ! , fanfaronna
John Richmond / Horiosis , car c'était encore lui , le Maudit , de retour d'un long voyage dans un autre monde , qui avait enfilé l'Anneau Magique imprégné d'eau , semblable à de la matière vivante , et se fondant naturellement dans la chair de sa main !
La malade ouvrit alors de grands yeux , comme hypnotisée par une espèce de cylindre de quartz projetant sur le plafond de la caverne , miraculeusement transformé en vitrine , les scènes les plus essentielles de ses incarnations passées et futures : pourquoi avait-elle la sensation d'être une
autre , maintenant qu'on lui avait enlevé avec précaution les pansements de chirurgie esthétique recouvrant son visage ?
N'était-elle pas enfin devenue , sur sa demande , malgré tout , celle dont elle a toujours rêvée
d'être , Lucile Préjean , sa rivale , afin de pouvoir enfin séduire celui qu'elle aimait en secret : René Le Bris ?
- Tranquillise-toi , bientôt , le bonheur et la paix triompheront ! , lui déclara le Mage d'un air inspiré pendant que la nouvelle Lucile , utilisant sa clef d'or , déclenchait le mécanisme d'une petite ouverture d'où s'échappait une violente illumination qui lui donna l'impression d'entrevoir , elle aussi , l'étendue multidimensionnelle éclairant le mystère de sa pauvre vie !
Mais , le Grand-Druide , télépathi-
quement , s'adressa aussi à René , lui racontant l'histoire de son grand-père John , appartenant à la résistance bretonne , et de sa grand-mère , Isolde , cette infirmière allemande épouse de l'agent nazi qu'il venait de tuer lors d'un attentat , celle-ci n'ayant pas tout de suite reconnu son rôle jusqu'à ce qu'elle extraie de la plaie de son premier mari , Harald , un petit éclat s'adaptant à une brèche de son glaive à tête de mort ! ( VI , Les Compagnons de L'Anneau - VII , La Coupe d'Emeraude )
Peut-on vraiment ressusciter les morts ? , se demandait naïvement Lucile face à cette étrange opération qu'on lui avait fait subir ayant abouti à l'accroissement de ses propres facultés mentales et physiques , transformant cette stupide Betty qu'elle avait été en un double capable d'affronter les vicissitudes et les pires situations d'une vie d'artiste ! Elle se sentait beaucoup mieux , maintenant ! Le temps passait si vite , on était déjà le 20 mars , et la chaleur la faisait tellement suffoquer qu' elle croyait s'être complètement déshabillée , heureuse de se sentir entièrement nue face à l'étendue sauvage du
désert ! ( VIII , L'Enlèvement )
Ce qu'elle n'avait pas prévu , cependant , c'est qu'on mettrait René en prison le lendemain même pour vol de bijou ! Le FBI venait
d'arrêter , débarquant d'un petit appareil du côté d'Edmunston , dans le Nouveau-Brunswick , une certaine Lucy qui avait avoué sa complicité , venant du Texas en possession du fameux " Diamant Bleu " ! Mais ce n'était qu'un leurre , il s'agissait sans doute , pensait le captif , de cette fille habillée de bleu qu'il avait rencontré la veille , une certaine Geneviève de Brabant-Stern , chef de cabine et chanteuse de jazz ressemblant vaguement à la " star " de ses
rêves , chargée par la bande d'amener d'abord le bijou sur le sol canadien pour qu'il puisse ensuite tranquillement continuer sa route vers l'Ecosse . Et quoi de plus habile que de le confier au commandant Golo , son nouvel " amant " de pacotille , militant celtique farfelu , convaincu par une prophétie , prétendait-il pour sa défense , que le retour du grand roi Arthur , dont il portait le prénom , se ferait le jour où son prestigieux emblème reviendrait chez lui ! On finit par mettre la main sur le " trésor " , soigneusement dissimulé dans la mallette du capitaine qui affirmait avoir été victime d'un chantage !
( IX , Disparition )
III - Quelques années plus tard , n'ayant plus de ses nouvelles depuis longtemps , c'est avec une grande surprise que René crut voir , dans l'avion , celle à qui , malgré tout , sa pensée demeurait étrangement fidèle ou quelqu'un lui ressemblant de façon très curieuse , qui allait débarquer , comme lui , à l'aéroport de New-York ! Il aurait voulut courir vers elle comme un fou . Mais comprendrait-elle encore ce désir qu'il avait eu , jadis , de changer ses façons de vivre avec elle pour un immense besoin d'amour et de liberté ? Ne vivait-elle pas au Canada , comme certains , peu convaincus de sa disparition , l'avaient prétendu ? Sans en être bien sûr , il l'avait souvent recherchée , lui aussi , un peu partout dans le paysage , mais les regrets sont vains , croyait-il , et fouiller dans le passé ne sert souvent qu'à faire s'agiter des spectres ... Sa curiosité le poussa cependant . Mais peut-être , se dit-il , n'avait-elle rien gardé de leur insouciance , quand ils avaient dansé tous les deux , ce soir-là , main dans la main , pour fêter l'année nouvelle ? ( X , Lanternes Magiques )
- Dansez-vous toujours comme une star ? avait-il osé lui demander à l'improviste pour essayer de rompre la glace d'un ton de forfanterie qui , sans espérer de réponse immédiate , se voulait , toutefois , convaincant . Vous ne vous souvenez donc plus de notre nuit texane ? , feignit-il de s'enquérir avec audace peu après , lui parlant même de cette soirée magnifique à la belle étoile pendant une longue promenade sous la neige de janvier , dans cette station de ski où , rentrant des US , ils avaient pris quelques jours de vacances ! J'avais même failli tomber , rappelle-toi !
Elle avait écouté son ridicule babillage , le toisant encore plus , tandis qu'il continuait , incertain , voire inquiet du résultat de sa hardiesse ...
- Et vous ? Votre travail ? , se contenta-t-elle de le couper brutalement . Toujours entre ciel et terre ? Comme c'est bizarre ... , ajouta-t-elle , paraissant ne rien comprendre à ce qu'elle prenait pour une méprise et se mettant à pleurer soudain , baissant les yeux de son beau visage mouillé de mélancolie !
Tant de questions demeuraient , pour lui , sans réponses , comme sa disparition de la scène médiatique semblable à celle de James Dean qui , dans le film " Giant " , racontait à Rock Hudson , qu'après avoir découvert du pétrole , il devait s'occuper de quelque chose de bien plus important .
( XI , Faux Semblants - XII , L'Anneau de Varina )
" J'ai été si longtemps à t'attendre , balbutiait-il encore , dévoré par le désespoir , anéanti sur sa banquette , sa vie entière lui paraissant un immense trompe-l'oeil , un gâchis , comparable à la destruction du SHAMROCK , le 1er juin 1987 , se disait-il .
Mais l'Anneau existait-il vraiment ? N'était-il pas le fruit d'une légende ? Les trésors sacrés portent souvent malheur à ceux qui osent s'en approcher de trop près , réfléchit-il dans sa chambre du " Wellington ", repensant à cette fin d'année 1996 où la " Pierre du Destin " venait d'être rétrocédée à l'Ecosse et placée dans la " Crown Room " du château d'Edimbourg .
En même temps , l'image d'un trèfle à quatre feuilles lui évoquait , sans qu'il réalise pourquoi , la tétralogie de Wagner marquée par l'histoire de cette fameuse bague de la mythologie nordique . Mais quel rapport avec la destruction de mon rêve ? , se dit-il , dans la nef de la cathédrale Saint-Patrick où elle était enfin venu le retrouver , lui montrant , en cette veille de Noël , combien son obstination l'avait , elle aussi , préoccupée , rendue plus soucieuse et nécessairement concernée par son
sort , tandis que lui-même s'efforçait de lui faire sentir que son attirance pour elle n'avait sans doute été qu'une aurore nouvelle au lendemain d'un jour de l'an ...
Puis , comme ils s'étaient ensuite dirigés d'un pas rapide vers la sortie , le couple s'arrêta , sur un banc de Central Park .
- Ma tendre amie , balbutiait-il maladroitement ...
- C 'est toute cette mafia du " Nouveau Temple " , lui répondit la jeune femme . Ce sont eux qui avaient voulu expérimenter les pouvoirs cachés du " Vril " , cette parodie subtile du Graal qu'ils avaient détourné par une sorte de court-circuit grossier captant l'énergie venue du centre de la planète afin de la combiner avec celle du froid le plus glacial des pôles pour provoquer une régénération totale ainsi qu'un éternel rajeunissement de l'organisme !
" Celui qui en devient Maître conquiert le Monde ! " , affirmaient-ils pleins d 'orgueil , travaillant à une nouvelle créature humaine plus forte et quasi invincible , capable de s'adapter aux climats les plus redoutables de la Terre !
- Mais rassure-toi ! , lui révéla , pour finir , sa mystérieuse guide sans qu'il n'eut même le temps , complètement abasourdi , de rien comprendre . Nous aussi , nous avions , tout prévu ! Le sang , n'est-ce pas , c 'est l 'âme de la chair ! , ironisa encore cruellement l'ancienne actrice pour tenter de justifier le geste criminel qu'elle allait brutalement commettre envers lui :
" UNE FEMME TUE SON AMANT A COUPS DE COUTEAU ET LE REGARDE MOURIR ! " , était-il écrit en gros titre barrant la une du journal du lendemain dans la poche de son manteau de laine .
Ainsi l'avait-elle revu . Sa disparition , comme tant d'autres , viserait à briser toute résistance terrestre ! Et cette histoire ne serait sans doute qu'un prétexte pour mieux les asservir et les ronger du dedans !
Leur monde allait mourir , tenta-t-elle de se justifier ensuite d'une pensée froide , presque irréelle , par télépathie , caressant un rubis rouge sombre à son cou . Il ne fallait pas lui en vouloir si elle tentait seulement de survivre , se nourrissant parfois d'un peu de leur sang ! D'ailleurs , ne vivaient-ils pas près d'eux depuis longtemps ? Mais ils ne savaient pas les reconnaître ! Lorsque la planète aurait été complètement détruite par la pollution , le réchauffement , les épidémies , la guerre , ils redeviendraient visibles ! C'était l'oxygène et le soleil qui leur faisaient peur , à ces reptiles des cavernes dont la face rougissante révélait de bien surprenantes facettes !
Dans le lointain , tinta le glas de la cathédrale ...
( XIII , La Captive du Désert - XIV , Le Glas de la Cathédrale )
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DAN AR WERN - Le Trèfle
( Cycle de L'Etoile XXVI ) - Résumé / Summary - Copyright Dan Ar Wern / OmniScriptum S.R.L Publishing Group - Avril 2024 .
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( Jotform )
Le récit de Dan Ar Wern se déploie comme une riche mosaïque de fiction historique mêlée d'éléments mystiques et de profondes réflexions philosophiques . L'histoire se déroule sur un fond riche de références culturelles , historiques et mythiques , créant un univers complexe et immersif mêlant intrigues du passé et traditions fantastiques .
Le cœur du récit s'articule autour d'artefacts mystérieux et de secrets ésotériques profondément liés à des thèmes à la fois personnels et universels . Au cœur de ce récit se trouve « La Clef de l'Énigme », une clé qui révèle des récits d'héritage , de prophétie et de transformation . Le décor alterne entre différentes périodes , royaumes et dimensions , offrant une vision multidimensionnelle de l'existence qui défie les frontières du temps et de l'espace .
Les personnages de ce conte , tels que Yann Kervern II , Clara Stern et d'autres , sont dépeints avec une minutie extrême , chacun contribuant aux thèmes philosophiques plus vastes du récit . Ces personnages abordent des voyages intérieurs et extérieurs , souvent teintés de réflexion existentielle et de métaphores spirituelles . Leurs histoires croisent de manière tangible mythes et personnages historiques , abordant les thèmes de l'amour , de la perte et de la rédemption .
Les éléments ésotériques prennent des formes littérales et symboliques , avec des motifs récurrents d'événements célestes et d'archétypes cosmiques . Des artefacts comme « L'Étoile Claire » symbolisent des vérités plus profondes, servant de fil conducteur entre les récits des personnages et les arches temporelles . Parallèlement , des guides éthérés et des symboles spirituels émergent , offrant sagesse et guidant les protagonistes vers l'illumination et la découverte de soi .
Outre sa complexité narrative , le document présente diverses formes littéraires , notamment des interludes poétiques qui enrichissent le récit d'une beauté lyrique . Ces récits entrelacés abordent les questions d'identité , de destinée et de l'éternel combat entre la lumière et l'obscurité – un voyage labyrinthique reflétant les vérités à la fois vives et sombres de l'expérience humaine .
L'organisation mystérieuse et les discours sociétaux enrichissent le récit , invoquant des allégories sur les tensions historiques , le sacrifice personnel et la quête perpétuelle de sens . Ces récits véhiculent des leçons morales liées aux récits de sacrifice et de transcendance , explorant la convergence des cycles historiques et des récits humains .
Au cœur du texte , résonne une exploration intemporelle de la fragilité et de la grandeur humaines . Sa trame narrative entremêle l'intime et le monumental , où les motifs personnels font écho à des rythmes universels . Ce manuscrit devient un vecteur d'exploration non seulement d'histoires et de personnages ésotériques , mais aussi de méditations sur l'héritage humain et l'énigmatique alchimie de la transformation . Ce faisant , il offre une mosaïque complexe, exprimant les mystères de la vie à travers le prisme de l'extraordinaire et du profond .
L'ESSENTIEL ( Résumé des Oeuvres ) - XXV - L'HISTOIRE DE ROLL ET VIRGINIA ( Cycle de L'Etoile 25 ) .
Cycle de L'Etoile XXV
( Résumé )
L'Histoire de Roll et Virginia
Thème : 1 - J'ai rêvé de toi , j'ai rêvé encore que tu cherchais ton chemin dans ma nuit , tout comme moi dans la tienne , et que nous finissions par nous croiser dans ces ténèbres d'un monde où nous errions l'un vers l'autre au plus beau soir d'une rencontre , celle de quelqu'un que l'on croyait depuis longtemps connaître , mais qu'il nous était arrivé de retrouver quand nous ne nous cherchions plus , de tomber par miracle sur cette personne que nous avions peur , un jour , peut-être , de redécouvrir ?
Parce que l'amour n'est pas impossible , n'est-ce
pas ? Mais sur la Terre ?
Chère amie , cette infinie douceur cachée en toi comme une rose délicieuse et légère de mon jardin de souffrance , la retrouverai-je un jour ? Et ce beau sourire de lumière arraché à l'étoile de ma Mort , quand me le rendras-tu ? Au ciel , nous répond Saint Thomas , " lorsque vous ne ferez des deux qu’un seul , et que vous ferez le dedans comme le dehors , et le haut comme le bas . Et si vous faites le mâle et la femelle en une créature , afin que le mâle ne soit plus mâle et la femelle ne soit plus femelle , alors vous entrerez dans le Royaume de Dieu ".
2 - Après " Adagio Assaï " , vaguement inspirée du " Moderato Cantabile " de Marguerite Yourcenar , voici , à la lecture de Bernardin de Saint-Pierre , l'amour , hélas impossible en cette vie , de Roll et Virginia .
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La Quête : Roll Dagorn parle d'abord , dans une lettre à son cousin , de sa rencontre avec Virginia lorsque celle-ci fréquentait , dans les années 1900 , le Conservatoire de Musique de Paris , le jeune homme , habitant la capitale , ayant retrouvé par hasard son égérie dans la chapelle Notre-Dame auprès de sa gouvernante . ( I , 1 - Rencontre )
Mais , précise-t-il , c'est dans la chapelle St-Jean de Brocéliande , qu'il l'avait une première fois vue de loin jouant du violon , cette vision fugitive ayant déclenché en lui une sorte de "coup de foudre " le décidant à la revoir en organisant avec Yann Kervern une seconde expédition , le 29 juillet 1899 , où les deux jeunes aventuriers l'avaient aperçue dans le salon de musique , "vêtue d'une simple tunique bleue , tenant un violon de ses doigts effilés " . C'est là que Roll avait pu découvrir l'entrée d'un mystérieux tunnel conduisant aux souterrains du château , lui montrant peu après le plus étrange des spectacles ! Viviane de Lohéac , sosie de Marie-Antoinette ayant vécu au XVIIIè siècle , et dont le portrait se trouvait dans le hall , sanglée avec Sophie , la fille du marquis de Brocéliande , sur une plaque de verre par d'étranges scaphandriers , toutes deux portant un bandeau de cristal !
Revenus de leur voyage dans les îles celtiques , les adolescents , refaisant une nouvelle fois le trajet qu'ils avaient déjà parcouru ,
retrouvèrent à la Toussaint , dans la petite tour du château d'Haligan proche du " Domaine Mystérieux " , celle qu'on disait disparue depuis la mort de son père , le " tycoon " Leo Dagan .
Le soir du 1er novembre , celle-ci , prenant un exemplaire de l'ARBOR MIRABILIS dans la bibliothèque , déclenchait un mécanisme " provoquant l'ouverture d'un corridor secret reliant sa chambre à une autre pièce " , la chambre d' un " curieux androgyne habillé en petit marquis Louis XV et ressemblant à sa belle-soeur Sophie " , créature que Roll avait déjà lui-même entrevue en phase de " transmutation " lorsqu'il s'était retrouvé piégé dans le souterrain du manoir , moyen dont se servent les extra-terrestres pour perpétuer leur présence sous la forme d'un "Grand Maître " régénéré périodiquement pour survivre grâce au sang d'une vierge .
Mais ayant le pouvoir de masquer les apparences , redonnant si nécessaire à leur " créature " un aspect terrestre normal une fois la transfusion réalisée , Virginia put ensuite rentrer chez elle à Boston comme si de rien n'était . ( I , 2 - Quasimodo - 3 , Transfusio et 4 , Alchimie )
C'est ce qu'avait fait Roll , aussi , à l'issue de sa première visite au manoir d'Auberive , quand il avait fait la connaissance de Boris , un personnage portant une bague d'almandine lui faisant prendre conscience que sa rencontre avec Virginia avait été préparée de longue date par les " visiteurs " de l'espace dont lui-même , jaloux , se disait , malgré qu'il ait du mal à cacher son amour pour sa
nièce , l'ambassadeur , ceux-ci désirant opérer l'adolescent pour que l'idée de cette femme détachée de son corps devienne pour lui une blessure insupportable ! ( I , 5 - Le Chant du Cygne )
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L'Enlèvement : Car c'est en dormant que Roll parvenait à retrouver celle qui jadis , en des temps très anciens , avait attendu , désespérée , celui qui viendrait la délivrer des griffes de l'envahisseur , l'homme de sa vie , le dictateur Coriolan , à qui , par amour , ou par naïveté , elle avait ouvert sa
porte , et qui , maintenant , voulait s'emparer de leur fils Clarion pour en faire un surhomme capable de s'emparer d'un antique talisman dont ils ignoraient le code !
- Qui connaît les vraies raisons d'une guerre ou d'une invasion , lui soupirait-elle à l'oreille , jamais la foudre d'un éclair ne pourrait remplacer la lumière du paradis , mais chaque être a son double , comme la Lune , masquant d'un faux sourire la face cachée de son côté plus sombre !
Mais tout ceci , n'était-ce pas un rêve implanté dans chacun de leurs cerveaux pour mieux les faire avouer le secret qu'ils pouvaient y cacher ? ( II , 6 - Nativité et 7 - Nuits d'Absence )
Le jeune breton revoit la fête merveilleuse qui avait été donnée au " Crystal Palace " de Neuilly , le soir du 13 juillet 1909 , en l'honneur du fils de la comtesse de Brocéliande , où la jeune et célèbre violoniste Virginia Dagan , qui , à l'occasion de l'inauguration de cette fastueuse demeure , propriété de son oncle Boris , devait y donner , dans le parc , un récital en mémoire de son père décédé , fut enlevée !
Roll , dévoré par l'angoisse , avait été abordé le lendemain par une étrange " Dame en Noir " lui faisant penser à sa mère disparue depuis longtemps : celle-ci , en réalité Anna Pavlovska , lui avait donné rendez-vous le soir même à la Basilique Saint-Denis .
Boris Dagan , l'instigateur du complot , voulait , pour se venger , faire assassiner Sophie , sa femme , par le journaliste en herbe , devenu son amant comme le père véritable de son héritier .
Mais cette nouvelle incarnation du Grand-Prêtre atlante , aimait en secret Virginia , sa nièce actuelle , comme jadis Antinéa , la fille de l'empereur et gardienne de l'ancienne Pierre , qu'il voulait sauver des " Veilleurs " d'Orion . Dans l'espoir de réaliser un "mariage alchimique et sacré " , il voulait fuir avec elle , en vérité , ramenant à sa source la gemme maléfique . Mais les envahisseurs , cependant , n'étaient pas dupes . Car ils avaient compris qu'il n'était qu'un traître et voulaient désormais confier à la comtesse Pavlovska / Dürrenbach leurs intérêts , celle-ci n'hésitant pas à faire achever Sophie dont elle convoitait le pouvoir et qu'elle détestait !
Quant à Virginia , sa dépouille , complètement vampirisée par l'immortelle , ayant été placée derrière une cloison sur une plaque de verre , ce qui peut paraître incroyable arriva : erreur technique ou médicale , tout fut brutalement aspiré par un champ de force ! Ainsi , la pauvre , disparut contre son gré en compagnie de son prédateur ! ( II , 8 - Cauchemar et 9 - Déluge )
En songeant , les yeux grands ouverts sur l'immensité de l'espace , à sa bien-aimée disparue , Roll se demanda en sanglotant s'il était vraiment possible de survivre au terme de son parcours , comme si , en sautant dans le vide , en franchissant ainsi le seuil de cet au-delà inespéré du mal depuis le haut du cercle , il parviendrait lui aussi , pour finir , à se débarrasser du vieil uniforme de ses illusions perdues ... ( II , 10 - Conscience )
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DAN AR WERN - L'Histoire de Roll et Virginia
( Cycle de L'Etoile XXV ) - Résumé / Summary - Copyright Dan Ar Wern / OmniScriptum S.R.L Publishing Group - février 2024 .
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L'ESSENTIEL ( Résumé des Oeuvres ) - XXIV - LE CHEMIN VERS LA TERRE PROMISE ( Cycle de L'Etoile 24 ) .
Cycle de L'Etoile XXIV
( Résumé )
Le Chemin Vers La Terre Promise
Thème : 1 - La guerre fait rage sur Terre comme au Ciel quand le premier-né de Dieu doit se battre contre Son jumeau Lucifer :
" Je ne veux pas servir , je veux commander ! " Lui lance alors comme un défi le porteur du Flambeau , entraînant Lilith , la Reine
Originelle , de l'autre côté de l'Abîme avec ses troupes angéliques dévorées bientôt par leur propre feu d'orgueil ou réduites en cendres par leur
iniquité !
Cependant , la joie du retour à la Source de Vie , à la Béatitude Céleste , implique aussi la souffrance de perdre une forme changeante et périssable pour apprendre à connaître peu à peu la Vérité en remontant vers le Ciel . Le grand alchimiste chef d'orchestre , " comme s'il dirigeait quelque symphonie secrète " , nous invite à franchir le seuil de son vaisseau permettant la transmutation des âmes tandis que Virginia , sa fille , s'éveille étonnée , mais surprise par l'arrivée d'Enoch et de son double , Noah , au milieu de cet ancien Eden qui , lui , ne sera pas mis en cendres , contrairement au jardin de la Genèse .
2 - Cette histoire du " Cycle de L'Etoile " raconte l'aventure des Atlantes qui , une fois leur royaume terrestre détruit ( La Demeure Enchantée , Le Livre de Virginia , La Dernière Chute ... ) , retournent à leur matrie d'origine : AUBERIVE !
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Chute : La conscience de l'empereur atlante , Poséidon , remarque un jour , par concentration télépathique et mentale , un lumineux arc-en-ciel , passage entre le temps et l'éternité , faisant étinceler le pont reliant le continent disparu au reste de la Terre . Ce phénomène , croit-il , est provoqué par sa fille Antinéa qui , tombée jadis du ciel avec ses jumeaux , l'a emprunté , désobéissant ainsi au Grand-Prêtre Horiosis , pour courir , comme la lune après le soleil , à la recherche son double céleste .
Accompagné de son conseiller pisciforme à la taille immense , Elis , le " Basileus " veut visiter ce chemin des âmes qui se trouve à la frontière de la couronne céleste . Mais ce royaume au-dessus des flots montre deux visages différents , l'un ressemble à l'Atlantide , gardée par les fabuleux Tritons , tandis que l'autre auquel on accède par les Portes de l'Enfer que protègent les Dragons de l'Ordre Noir , est celui de la démone Arakné , servie par ses horribles Gorgones !
Celle-ci avait conçu , pour la servir , une créature lourde et maladroite , sorte de
" Golem " , pâle imitation de celle imaginée par les réfugiés de la planète bleue , l'homme-poisson futur conçu par le Dieu d'Auberive !
Est-il possible , se demande alors l'auguste Neptune , que la dauphine ait pu s'attendrir devant la misère d'un de ces monstrueux mutants du nom d'Enoch ou de Noah , ce jour où l'astre sombre fit choir sur l'eau bénie sa pluie d'étoiles destructrices ?
" Comment pouvait-elle , pénétrant au coeur des préoccupations les plus intimes de ses soucis quotidiens , ressentir ainsi sa présence indicible au tréfonds de son âme ? " ( I , 1 - Un Nouveau Monde - I , 2 - Antinéa )
Dans les méandres du continuum temporel , une expédition libère par erreur la Déesse du Mal , prisonnière des glaces de l'Antarctique ( I , 3 - L'Expédition , voir " La Dernière Chute " , Cycle de L'Etoile IX ) .
" Triste chimère qu'on a toujours de se dire qu'on pourrait changer quelque chose à la partition du seul véritable Chef d'Orchestre ! , déclare le malheureux souverain des flots lorsqu'il constate , résigné , l'inéluctable infiltration du nouvel Eden par les forces diaboliques ! ( I , 4 - L'Empereur )
N'avait-il pas dû " accueillir " , déjà , venu d'Orion , l'héritier de ceux qui , rompant l'équilibre , mais guidés par l'étoile virginale , voulaient savoir si l'on pouvait enfin sortir des affreuses mines de la cité maudite d'Argol ?
N'était-il pas temps de donner une chance au nouvel " Elu " , songeait l'ondine princesse dans son bassin de cristal , tandis que sa servante , Rhéa , commettant elle-même , une trahison mortelle avec un mutant de la " Zone Extérieure " , finit par se suicider ? ( I , 5 - Le Retour du Maître - I , 6 - Le Serment d'Arka ) .
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Reintegratio : N'était-il donc pas venu , le temps de regagner la mère patrie , laissant les enfants d'Eve à leur sort de naufragés , comme ce Noah sur son Arche , mais reliés à eux par le pouvoir d'un Livre et d'une Pierre vivante , écarlate , plongée dans une Coupe en Or ? ( II , 7 - Le Recueil Sacré - II , 8 - Déluge )
Tandis que l'ancien peuple rejoint la planète primordiale , Noah , le nouveau Seigneur des Eaux , rescapé de la catastrophe , est chargé de mener sa barque en gardant la flamme au milieu des terriens ( II , 9 - Le Retour de Malkuth )
C'est à lui , maintenant , de leur montrer la nouvelle voie difficile qui , au terme de toute une vie , grâce au travail , à la prière et l'introspection , permettra au héros-voyageur , lorsqu'il atteindra son but , de comprendre qu'il est enfin rentré chez lui , au pays de ses pères , vers la source de l'Être véritable ! ( II , 10 - Symphonie Céleste )
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DAN AR WERN - Le Chemin Vers la Terre Promise
( Cycle de L'Etoile XXIV ) - Résumé / Summary - Copyright Dan Ar Wern / OmniScriptum S.R.L Publishing Group - janvier 2024 .
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UN COEUR SOLITAIRE - V - Banqueroute .
UN COEUR SOLITAIRE
V - Banqueroute
" Une âme qui en fait une autre , un corps qui nourrit un autre corps en lui de sa substance ... "
" Le Soulier de Satin " ( 1929 ) , pièce de Paul Claudel
( 1868 - 1955 ) , Troisième Journée , Scène I .
11 - La librairie que les parisiens et les touristes prenaient plaisir à visiter sous les arcanes majestueuses du Palais-Royal , et qui avait jadis abrité l'univers merveilleux de Lilian , véritable sanctuaire où celui-ci avait non seulement consacré toute sa vie à la reliure d'art , mais aussi à la restauration de livres anciens et précieux , cette petite boutique sans prétention , mais que l'on croyait éternelle , avait , depuis peu , définitivement fermé ses portes ! Financé par un groupe d'outre-Rhin qui , ayant ses entrées dans les commissions de Bruxelles , pouvait ainsi lui obtenir des dégrèvements illégaux , le propriétaire , qui avait exagérément puisé dans les fonds de sa société , avait été poursuivi ensuite pour abus de biens sociaux et manipulations financières , tout ceci n'étant , après tout , que la partie immergée d'un iceberg dissimulant des activités bien plus secrètes concernant la toile est-allemande qu'une puissance étrangère avait tissée à travers toute l'Europe ! Notre ami , qui par la suite s'était demandé si son voyage à Merzig avait été vraiment le fruit du hasard le plus pur , eut tout le temps d'y réfléchir dans sa cellule de la prison de la Santé , puisque c'est là qu'il fut incarcéré comme complice malgré l'action des avocats de la défense et ses plus vives et sincères protestations ! Le bel ouvrage que lui avait offert Liesel sur les légendes sarroises du 19è siècle en caractères gothiques , prétendirent les juges , contenait d'ailleurs des documents microfilmés de la plus haute importance !
12 - Pourtant , l'histoire du pauvre homme ne s'arrêta pas là . Déterminé à ne pas laisser l'héritage de son art disparaître , il décida , malgré tout , de poursuivre son travail chez lui . Transformant en atelier son modeste appartement de banlieue , Lilian poursuivit longtemps son travail d'écrivain , continuant à militer pour sa réhabilitation , mais aussi à relier des livres pour ses clients les plus fidèles . Cette passion pour son métier ne pouvait être éteinte par les épreuves , et même sans fonds de commerce , il trouva ainsi , malgré sa profonde amertume , une manière de maintenir son amour des livres , le seul qui lui restait , vivant . Mais si les clients venaient toujours d'aussi loin pour lui confier leurs précieux volumes , parce qu'ils appréciaient , disaient-ils , bien plus que son savoir-faire exceptionnel , sa grande expertise et son dévouement , lui restait maintenant sur la défensive , repensant , le soir , au mauvais accueil des habitants du village où , sur le monument aux morts , figuraient nombre de citoyens qui avaient été tués par les troupes de Louis XIV et de Napoléon !
Tandis que , sous ses doigts habiles , renaissait d'incomparables chefs d'oeuvre grâce à la magie de la reliure transformant des pages usées en trésors de nouveau éclatants , l'artiste repensait sans cesse à la banqueroute de sa propre vie , se posant toujours les mêmes questions sur la nature de l'amour lorsqu'il avait découvert , fouillant dans un tiroir , la photo du père de sa fiancée en costume des jeunesses hitlériennes !
13 - Mais pire encore , ce fut lorsque Il s'était laissé aller tout doucement , près d'elle , vers ce rêve impossible de vouloir embellir sa triste
vie . Comment saisir le mystère de sa beauté , se demandait-il en lui-même , un peu plus
tard , tandis qu'elle lui parlait ? N'était-il pas , en effet , retombé soudain sous le charme de cette fille , une belle blonde qu'il trouvait si attirante , jadis ? Ne se retrouvait-il pas complètement ensorcelé par ses mêmes éclats de rire , fasciné par le son de sa voix
si particulière , légèrement " exotique ", plaisante , comme lorsqu'elle s'était assise un soir d'hiver tout près de l'âtre , à côté de lui , jeune femme agile aux longues jambes effilées , voulant le questionner , d'abord , sur un ouvrage qu'il avait souhaité lui offrir , dont la couverture était décorée d'un ravissant ex-libris : le portrait d'une élégante qui , bizarrement , lui ressemblait un peu , façon Burne-Jones ou Rossetti , avec sa chevelure de
miel , représentée dans le grand salon de l'hôtel Danieli . ( 11 )
C'était elle , sans doute , pensa-t-il alors , vêtue d'un costume d'avant la " Belle
Epoque " ! Elle croyait , d'ailleurs , même s'il n'avait pourtant presque jamais rien peint , songea-t-il peu après , sinon de " petites choses " ,
des " trucs " sans valeur qu'il jugeait sans complaisance , qu'il était devenu
professionnel !
- Dansez-vous toujours , lui avait-elle ensuite demandé sans paraître attendre de réponse , d'un ton qui se voulait rempli d'indifférence à son égard ? Comme pendant cette nuit magique à la Fac ? , feignit-elle de s'enquérir auprès de lui avec une légère effronterie . N'était-ce pas votre anniversaire ? Il y a si longtemps !
Ce souvenir , tel un incendie dans un ciel d'azur , fit davantage étinceler le bleu-vert de ses yeux : les siens , lorsqu'il s'y fixèrent , ne résistèrent pas à leur force éclatante , magnétique !
- Tu sais , se reprit-elle avec grâce , ayant enfin reconnu la force d'un véritable amour , nous étions jeunes dans ce temps-là .
Sans réfléchir , elle avait mis sa joue contre le front de son ami . Elle lui tenait fortement le bras . Puis , d'une voix remplie de fièvre , d'émotion :
- Je n'ai rien oublié de nos chaudes étreintes ... de cette soirée magnifique à la belle étoile , de notre longue promenade à travers le campus assoupi sous la neige ! J'avais même failli tomber , rappelle-toi !
Un court moment , l'auditeur , les traits durcis , le visage devenu blême , avait fouillé sa mémoire , celle d'un homme n'ayant jamais fabriqué de ces tableaux sans âme ou pastels mornes qui n'ont que l'apparence d'une oeuvre , puisqu'ils n'expriment en rien la recherche d'un artiste qui n'a pas pris cette voie . Puis , suffoqué par la honte , le désespoir , il s'était mis à fondre en larmes , la suppliant de se taire d'un regard silencieux . Douloureusement , la mémoire des faits véritables remontait , comme une épave de sa désespérance , à la surface des flots impassibles . Ne doit-on pas lever l'ancre pour ouvrir la route aux navires
abandonnés ?
C'est ainsi qu'il s'en alla , le lendemain , peut-être parce qu'il n'avait jamais rien compris du balancement des vagues dans les gerbes d'écume , et qu'elle aussi n'avait jamais tenu compte , sous la mer , au plus profond d'elle même , de leurs rendez-vous silencieux !
FIN
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DAN AR WERN - Un Coeur Solitaire - V - Banqueroute - Pep gwir miret strizh - Tous droits réservés - All rights reserved - " Un Coeur Solitaire " , copyright 2024 .
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Notes :
11 - Sir Edward Burne-Jones ( 1833 - 1898 ) et Dante Gabriel Rossetti ( 1828 - 1882 ) , Peintres préraphaélites anglais .
- Le " Danieli " , célèbre hôtel de Venise .
UN COEUR SOLITAIRE - IV - Etoile Bleue .
UN COEUR SOLITAIRE
IV - Etoile Bleue
" You opened the door
And I stepped in
Not knowing where I'm going
But I know I'm gonna win
A new merry go round
Carnival begin ! "
Christine Mc Vie ( 1943 - 2022 ) *
9 - " Ce que nous entendons des grands artistes , parfois , nous laisse rêveurs , pensait-il . Quand ils jouent , c'est aussi beau , peut-être plus , que la musique des sphères , mais lorsque leur amour s'envole avec le nôtre et que nous assistons , comme eux , remplis d'impuissance , au triomphe de la Mort ?
Puis il y eut ce moment de désespoir un peu fou quand le libraire , ayant gardé en mémoire la plaque minéralogique de son copain venu la chercher un soir à " La Cigale " , caressa l'idée de partir à l'aventure pour essayer de la retrouver .
Le temps , réfléchit-il en observant le cadran de sa pendule , n'a souvent plus de couleur , il ne fait que passer comme une ombre fugitive , entre nuit et jour . Il y a des gens qu'on aime , d'autres qu'on voudrait voir s'éloigner . Qui peut dire , en vérité , où vont nos pas , ce qu'étaient vraiment nos amours , nos vies ?
Poursuivant sa lecture , il nourrissait de sombres pensées , sa propre vie lui semblant " solitaire , assez insignifiante , fragile colonne dressée parmi les ruines des années perdues , ne supportant plus rien ... " ( 8 )
10 - Ce fut une tournée de promotion radiophonique demandée par l'éditeur pour l'un de ses ouvrages qui lui fournit le prétexte de se rendre en Sarre , pittoresque région frontalière franco-allemande où , fatigué par le voyage , il décida de s'arrêter dans un petit hôtel familial proche de Merzig : " Blauer Stern " . Après s'être installé , il descendit au restaurant pour y dîner .
À sa grande surprise , il avait tout de suite reconnu la voix qui lui parlait à l'oreille pour lui proposer le menu . ( 9 )
" C'est vous , n'est-ce pas ? , lui dit-il enfin . Surprise , la femme , l'air de celle qui a vu brusquement surgir un revenant accouru depuis l'au-delà , fronça le sourcil .
" C'était il y a si longtemps , rappelez-vous ! , poursuivit-il à voix basse ... Vingt ans , peut-être ? Elle n'avait pas prononcé une parole , et , bizarrement , les dernières lignes de la nouvelle qu'il avait commencée à parcourir dans un bar parisien de la galerie Vivienne se mêlèrent encore aux images floues de ce passé révolu .
Il y eut ensuite un bref instant de reconnaissance et , pour lui , d'émerveillement
lorsque , lui parlant de Launay-Violette et de la fac de Nantes , le bleu de son regard finit au bout d'un long moment d'hésitation de sa part , par croiser le sien . Puis , elle parut presque ravie de le retrouver ainsi après toutes ces années . ( 10 )
Des décennies s'étaient écoulées , Lilian ayant publié depuis créé sa boutique et vendu quelques mauvais romans pour vivre . Mais , parce que sa vie sentimentale et professionnelle n'avait été qu'une suite d'échecs et de déceptions , jamais il n'avait oublié ces soirées muettes passées auprès de Liesel , dans l'innocence de leur jeunesse et le silence de ses sourires , de ses gestes , pendant qu'il admirait en secret son corps de déesse wagnérienne sous les lustres du fameux restaurant nantais !
Plus tard , ce fut elle qu'il aperçut encore , à moitié assoupie , une belle écharpe de cachemire tombant sur ses épaules . Quand il eut l'audace de revenir à l'endroit où elle se trouvait assise au bar , se glissant près d'elle pour la retrouver , leurs yeux se croisèrent encore . Le visage blême , elle avait levé la tête , osant même une esquisse de
sourire . Durant la soirée , tous deux parlèrent de leurs histoires , tentant de rattraper un peu le temps perdu . Lilian apprit que Liesel avait fini par s'installer ici , où elle avait ouvert cet hôtel avec son mari , un jeune homme qu'elle avait rencontré jadis du côté de Bayreuth et dont il était jaloux , décédé quelques années auparavant . C'était avec elle , dans son village natal , qu'il avait réussi , lui précisa-t-elle , à réaliser son rêve d'ouvrir un lieu d'accueil au coeur de cette Europe sans guerre pour laquelle , en tant que maire , il s'était toute sa vie battu !
Allongé sur son lit comme au dehors , dans les lointains d'un rêve crépusculaire étendu sur la campagne bleue-verte , une pâle lueur fit renaître , au petit matin , d'une manière incomparable , un timide , indicible espoir naissant de l'aube nouvelle comme d'une réponse depuis si longtemps guettée par le mystérieux
étranger !
( A Suivre )
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DAN AR WERN - Un Coeur Solitaire - IV - Etoile Bleue - Pep gwir miret strizh - Tous droits réservés - All rights reserved - " Un Coeur Solitaire " , copyright 2024 .
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Notes :
7 - Franka Potente , actrice allemande née à Münster ( Rhénanie du Nord / Westphalie ) .
8 - " The Sojourner " ( Celui Qui Passe ) , nouvelle de Carson Mc Cullers ( 1917 - 1967 ) dans " The Ballad of The Sad Café " ( La Ballade du Café Triste , 1951 ) - All rights Reserved .
9 - Blauer Stern = Etoile Bleue .
10 - Résidence universitaire Launay-Violette , à Nantes .
* " Carnival Begin " , chanson de Christine Mc Vie sur l'album " Lindsey Buckingham / Christine Mc Vie " ( 2017 , Atlantic Records ) , tous deux membres du groupe " Fleetwood Mac " - All rights reserved .
" Tu as ouvert la porte
Et je suis entré ,
Ne sachant pas où je vais ,
Mais je sais que je vais gagner
Un nouveau tour de manège ,
Le carnaval commence ! "
UN COEUR SOLITAIRE - III - Doute .
UN COEUR SOLITAIRE
III - Doute
" Miranda : M 'aimez-vous ?
Prince Ferdinand : Oui , plus que tout au monde , je vous aime , je vous estime , je vous honore . "
William Shakespeare - " La Tempête " , Acte III , Scène I .
6 - Qui donc pouvait être cette nouvelle Madone ? , s'interrogeait-il au milieu de la nuit , se sentant défaillir , éclatant en sanglots . Qui était celle ayant su si bien lire en ses yeux la blessure démesurée du soleil couchant , cette petite tache rouge comme une aube nouvelle à sa tempe sanguinolente , signe en lui d'une douleur sans fin , souvenir d'une lutte féroce avec ces ombres cruelles qui l'avaient mortellement assailli , et dont il avait cru se défendre par un coup de révolver providentiel ?
Peut-être comprendrait-elle qu'il allait bientôt mourir avec ce bandeau posé sur les yeux de son esprit malade , mais tombant enfin dans les bras providentiels de cette pimpante infirmière ?
" Qu'aurais-je pu faire d'autre que
m'enfuir ? , se demandait-il parfois , tourmenté par cette rencontre , pendant que son âme prisonnière se voyait obligée de se rappeler , dans un terrible sentiment d'angoisse mêlé de culpabilité , sa petite étoile * abandonnée jadis au loin , restée en fin de compte si peu de temps blottie contre lui parmi les trésors de leur enfance bretonne où il s'était parfois réfugié , comme inexorablement échoué dans le pays de ses rêves , tels ces quelques arbres bordant de leurs sinistres silhouettes décharnées les allées sombres du Palais-Royal , ombres d'un autre vaisseau-fantôme , celui de l'ancienne monarchie ...
Comment vivre sans elles ? , se torturait-il maintenant , fixant , pour s'endormir , l'horloge ancienne au visage impitoyable comme si elle ne parvenait qu'à lui rappeler le sien , pendule murale dont les aiguilles , " deux caravanes traversant un désert " , sonnaient le glas de sa solitude ... ( 5 )
D'ailleurs , l'avaient-elles jamais aimé ? Le pire tourment , c'est le doute , finit-il par conclure à la fin d'un sommeil agité , se levant pour ,
ensuite , contempler l'oeil indifférent de la Lune tel un songe à la surface de l'onde
frémissante ... Le retour de la clarté se produit-il quand on revient du royaume invisible ? Quand il n'est pas partagé , l'amour peut-il jamais
mourir ? Tant de questions l'agitait dans tous les sens , l'empêchant de dormir au pied de l'âtre silencieux .
Que de lettres pleines de fièvre avait-il aussi écrite à une adresse figurant sur le site officiel de Clara Stern , la pianiste , son âme remplie d'elle , pleine d'espoir aussi longtemps que sa foi naïve avait pu résister à l'étendue de son
chagrin ! Banale rencontre , certainement , dont il n'avait jamais eu de réponse . Tout ca semblait si loin , désormais ... Ne s'était-il pas lui-même convaincu que cette histoire était impossible ? D'ailleurs , que pouvait bien signifier , au sens commun , la valeur d'une vraie passion ? Les souvenirs continuaient , de temps à autre , d'attrister son coeur . C'était tout . Fouiller dans le passé ne sert très souvent qu'à faire s'agiter des
fantômes . Découragé , sans force , il était devenu peu à peu insensible , presqu'indifférent . N'avait-il pas fait tout son possible , après tout , pour se débarrasser de son ancienne vie ? Même si le temps d'une balade , quelquefois , devant le spectacle d'amoureux se promenant , main dans la main , sur les quais de Seine , il croyait revivre les temps insouciants de son adolescence des bords de Loire ...
Mais elle avait fui , profitant , croyait-il , d'un simple prétexte pour mettre un terme définitif à leur éphémère duo . Alors guettait-il , sans
raison , le retour de son hirondelle comme on attend la venue du printemps ! Parfois Dieu calme la tempête , souvent , l'homme la laisse éclater !
- Qui apaisera la mienne ? , implorait-il au matin de ses trente-neuf ans . J'ai beau rêver tel un prince de Shakespeare , mais ne l'aimer que sur scène , sans pouvoir l'approcher ! ( 6 )
Ces après-midis d'automne , l'orage hurlait sa plainte au coeur des grands arbres , et des nues d'épouvante , roulant à la surface des
toits , l'eau ruisselait de pluie sur les tuiles , pénétrante , comme elle tombait , infiniment , sur le bois vermoulu des charpentes : - Des blessures si profondes , gémissait-il , qu'elles ne doivent se murmurer qu'à l'oreille d'un ange , tel un brûlant secret !
7 - Dans ses moments de fatigue ou lorsqu'il travaillait à la conception d'un nouveau livre , il lui arrivait d'oublier cette peine en pensant , sous les vieilles arcades du Palais-Royal , à l'avenir de sa boutique . Assez secret , tout de même , c'était un homme aux gestes lents , méticuleux , dissimulant son activité de bouquiniste derrière un regard sombre et des lunettes noires , qui lui donnaient un drôle d'air de conspirateur , quoique jeune
encore , la quarantaine , malgré , quelquefois , des airs absents qu'on attribuait à l'emprise de son métier . Mais , dans le quartier , chacun pensait que la seule passion connue de cet homme dont nul ne connaissait la véritable origine , c'était ce travail qui , toute la journée , lui faisait
concevoir , au prix d'une d'une très solide
technique , de belles histoires lui permettant , par leur style ou leur décoration , de donner libre cours à ses talents cachés d'artiste-relieur et de bibliophile . Bref , sa renommée était établie , certes , mais bien trop discrète , et son style paraissant démodé , il était ignoré de la critique parisienne , celle-ci ne s'intéressant guère aux doux rêveurs comme lui !
8 - Il se rappellerait encore longtemps cette nuit de pleine lune et les sensations bizarres qu'il avait éprouvées , resté seul avec le souvenir de cette fille qui l'avait toujours ignoré ! C'est ainsi que cette fièvre particulière l'avait atteint , ces idées de suicide !
Quelle fantasmagorie ! , se souvint-il , au moment ou lui et Sterenn , la compagne de sa prime jeunesse , avaient pu , il s'en réjouissait maintenant , grâce à une clef qu'elle dissimulait sur elle , entrevoir une cachette où , disait-elle , se trouvait peut-être la fameuse
" Croix de la Grève " en aigue-marine et cristal de roche qui délivre les coeurs prisonniers !
Mais le soleil avait décliné sur le parc , laissant ses derniers feux brûler le fronton des façades qu'un trio insoucieux de mannequins et photographes bravait encore de leurs sourires enjôleurs , snobant les rares passants pressés témoins de leurs poses d'Arlequins moqueurs ...
( A Suivre )
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DAN AR WERN - Un Coeur Solitaire - III - Doute - Pep gwir miret strizh - Tous droits réservés - All rights reserved - " Un Coeur Solitaire " , copyright 2024 .
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Notes :
5 - " Les Vagues " ( The Waves , Virginia Woolf , 1931 ) .
6 - " La Tempête " ( The Tempest , 1610 - 1611 ) , l'une des dernières pièces de William Shakespeare .
* Etoile = Sterenn en langue bretonne .
UN COEUR SOLITAIRE - II - Liesel et Clara .
UN COEUR SOLITAIRE
" Il se peut que vous soyez mort et que j'erre encore parmi les vivants ... "
Anna de Noailles - "Exactitudes "
- Méditation sur la Mort , III , Rupture .
( 1930 )
II - Liesel et Clara
" Pour ceux qui portent Son Feu dans le coeur et Sa Lumière dans les yeux ! "
Pape François
4 - Qu'est-ce que l'Amour ? , se demandait Lilian , dissimulant avec peine le douloureux secret de son âme , quand il se mettait à suivre une ombre rêveuse et téméraire portant un masque dans ces ténèbres du crépuscule où il errait vers l'autre incognito , finissant par la rejoindre dans son rêve un peu plus tard quand il ne la cherchait plus , là où celle qu'il avait souhaité depuis longtemps connaître , mais dont il prenait peur , chaque jour , de découvrir l'identité , devenait son double !
Dans les lointains brumeux d'un miroir
d'eau , il pouvait alors contempler la magnifique jeune fille vêtue d'une robe toute blanche : - Eh bien , mon cher ? , lui disait la belle provoquant le rire de ses compagnes qui telles des tourterelles prenaient leur envol ... Vous ne trouvez pas qu'il est trop tard pour des retrouvailles ? Mais déjà , une autre voix l'appelait à l'entrée majestueuse du Temple : - Entrez donc , il faut soigner vos blessures , vous avez bien trop souffert !
Chaque être a son jumeau , se disait-il pour se consoler , comme l'éclat d'un faux sourire dissimulant la part d'ombre . Et malgré son chagrin , le promeneur s'efforçait d'imaginer qu'ils avaient été " deux " , pourtant , sur la Terre , un moment réunis par la Providence , mais , comme la foudre d'un éclair jamais ne remplace la vraie lumière du Paradis , qu'ils ne pourraient peut-être plus désormais devenir " un seul être " afin de communier à cette indicible patrie de leur idéal ...
5 - Revenu à Nantes , l'écrivain dîna , comme chaque mercredi soir , au restaurant " La Cigale " , un établissement célèbre pour son décor somptueux et son ambiance " Art nouveau " . Puis , vers vingt-deux heures trente , il se rendit au piano-bar voisin , " Le Melocotton " où il avait ses habitudes , lieu intimiste et feutré , jazzy , où régnait une atmosphère unique , propice à la rêverie et à la réflexion . ( 3 )
Là , il se montra plutôt captivé par le jeu de Clara , l'américaine , lorsque les doigts effilées de celle-ci dansaient sur les touches du piano avec une grâce presque surnaturelle , créant des mélodies qui transportaient l'auditoire dans des mondes oniriques . Lilian était fasciné non seulement par la virtuosité de l'artiste , mais aussi par son expression spirituelle , par la manière dont elle semblait communier avec la musique . À chaque performance , et plus il avait bu , plus il sentait qu'elle révélait un fragment de son âme , et cela le touchait profondément .
Cependant , tout en écoutant la musique , il ne pouvait s'empêcher de penser aussi à l'autre personne dont il venait de faire la rencontre , une serveuse aux cambrures félines dont le charme magnétique et le sourire radieux l'avait troublé bien plus que de raison !
C'est ainsi qu'il s'était soudain retrouvé tiraillé entre deux attractions , l'une davantage spirituelle et l'autre plutôt physique , et tandis que l'une faisait naître en lui des sentiments intensément poétiques , lui inspirant déjà des pages entières de prose délicate et émotive , l'autre éveillait en lui des désirs plus terrestres , plus immédiats , lui rappelant l'éphémère beauté de la jeunesse et de l'incarnation !
Le samedi d'après , comme il avait hardiment décidé de retourner plus tôt que prévu à la brasserie afin de croiser le beau regard de celle que ses collègues nommaient Liesel Müller , il fut déçu d'apprendre que , celle-ci ne travaillant pas ce jour-
là , l'impulsion soudaine qui l'avait poussé à l'inviter à prendre un café après son service , n'avait servi à rien .
Toutefois , le mercredi suivant , l'étudiante allemande , d'un petit accent mélodieusement exotique et d'un sourire charmeur , lui déclara que son copain venant la chercher en voiture depuis la banlieue , elle n'avait pas le temps .
Ce soir-là , le poète resta au bar plus longtemps que d'habitude après le concert , proposant un verre à la musicienne qui , souriante , s'approcha de lui et , l'alcool aidant , tous deux commencèrent à discuter .
- Qu'êtes-vous venus faire parmi nous ? , finit-il par lui déclarer , que sommes-nous venus faire
ici-bas , dans ce monde misérable , parmi tous ces gens qui ne comprendront jamais rien au mystère de la Beauté dont parlent Baudelaire ou Nerval ?
Parlant de n'importe quoi et de rien , des mystères de la vie , de la musique ou de la Bretagne , il se mit peu à peu à délirer sur le sens improbable d'une existence aussi difficile à comprendre que le voile clair-obscur d'un destin
qui , brutalement déchiré , comme un navire par le récif , se mettrait à ressurgir là , en lambeaux , parmi les vagues .
- Sans doute était-il temps que je m'accroche au dernier débris du navire qui coule ? Et qui peut savoir si tous ses souvenirs vivant encore avec force dans l'intimité de nos coeurs , dont nous prenons conscience , ne peuvent servir de prétexte à cacher notre effroi devant un avenir dont nous avons plus peur encore , nous demandant si ce qu'il y a en
lui , mais aussi tout autour , aura jamais une quelconque signification .
Découvrant avec surprise la simplicité de cette femme qu'il trouvait si originale par la profondeur mystique de son timbre , sans doute pleine de rêves d'harmonie et , comme lui , d'élévation mais aussi de tâtonnements esthétiques , dont , à l'égal de son art lui paraissant incomparable , il ressentait l'envoûtante complicité , il fut autant surpris ,
néanmoins , de sa brutale réaction que , par la suite enfin , de sa propre maladresse !
- J 'aurais préféré mambo à lambeaux , monsieur le philosophe ! Et merci de me comparer à un débris ! , rajouta-t-elle de sa voix grave new-yorkaise en lui jetant rageusement son verre de whisky à la figure . ( 4 )
( A Suivre )
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DAN AR WERN - Un Coeur Solitaire - II - Liesel et Clara - Pep gwir miret strizh - Tous droits réservés - All rights reserved - " Un Coeur Solitaire " , copyright 2024 .
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Notes :
3 - " La Cigale " et " Le Melocotton " , deux établissements nantais proches de la place Graslin .
4 - Mambo = style de danse populaire inventé dans les années 1930 par le musicien et compositeur cubain Arsenio Rodriguez ( 1911 - 1970 ) .
UN COEUR SOLITAIRE - I - Le Cygne Noir .
UN COEUR SOLITAIRE
" Il se peut que vous soyez mort et que j'erre encore parmi les vivants ... "
Anna de Noailles - "Exactitudes "
- Méditation sur la Mort , III , Rupture .
( 1930 )
I - Le Cygne Noir
" Ce rêve de partage , de complétude , d'une réponse trouvée dans la solitude de la plage n'était donc qu'un reflet dans un miroir ? Le miroir s'était brisé ... "
Virginia Woolf - " Vers le Phare " , II , 6 - Le Temps Passe . *
1 - La pluie avait tambouriné toute la nuit dans sa tête et sur le toit . Le lendemain , la maison , pâle fantôme dans la grisaille , lui sembla aussi vide qu'un navire abandonné . A l'occasion d'une éclaircie , ne voulant voir personne , il partit sur la plage , se contentant d'un cheval pour seul compagnon de tristesse , et , le long de la
côte , du bruit de ses sabots dans les gerbes d'écume . Coeur à marée basse , il s'était revu pourtant , le long de la grève immensément déserte , galoper comme en rêve sur " Perceval ", ce beau pur-sang du temps de sa jeunesse ...
Mais maintenant ?
" Tout est mouvement , tout est danse ... " , lui avait-elle encore expliqué la veille , le regardant avec peine , au milieu des brouillards de l'alcool , pendant cette soirée d'hier où elle avait réussi à l'entraîner pour fêter la parution de son nouvel opuscule , doutant si ce qu'il venait de vivre et d'entendre , ce qu'il avait écouté d'un air
si étrange , pouvait être vrai , ayant peut-être cherché la vérité de son cher visage au miroir impénétrable des mensonges de sa propre vie ...
Mais maintenant ?
Si irrépressible , un besoin soudain de vomir s'empara de lui qui se demandait soudain ce qu'il faisait là , dans ce pays de fête aux gens trop insensibles pour comprendre qu'après quatre siècles , le loup rouge ou l'hirondelle ne pouvaient simplement plus revenir chez eux , même discrètement , telle une ombre jetée sur la lande ...
" Un Alarc'h , un alarc'h tramor ! , chantaient-ils naïvement . ( 1 )
Mais lui , qui n'était pas comme eux , qu'est-ce qui le séparait de l'oiseau palpitant , cygne ou aigle noir s'élevant désespéré de trouver la chaude intimité d'une âme d'outre-monde ?
Parvenu loin de la terre ferme du continent , le vent du large étant contraire , son frêle esquif , battu par les vagues noires couronnées de mousse , n'était plus qu'une petite goutte frémissante au coeur du golfe !
Là-bas , le sémaphore mystérieux , planté comme un arbre au milieu des vagues , le dévisageait d'un oeil jaune ironique , paraissant douter qu'il se sente plus fort que lui pour découvrir son secret . Sa solitude , sans doute , était grande , songeait-il , autant que la sienne , mais l'Amour est parfois bien plus qu'un rêve , il ressemble à la Mort !
Le visiteur arrivant déjà près de la porte des éditions du Phare , n'eut guère , hélas , le temps d'explorer davantage l'escalier tournant grimpant jusqu'à sa mince plateforme !
2 - Parlant un peu tout à l'heure avec Job Le Du , capitaine du bateau , il s'était mis , plus encore , à douter de son identité , " petite goutte frémissante au coeur de l'océan " , face à ce lumineux témoin marchant comme un patriarche au milieu des flots paisibles du jour .
- Homme en quête d'image idéale , n'as-tu pas peur de mes jaillissements d 'écume qui , avec de plus en plus de sel , rougiront sans mesure tes prunelles aveugles de pauvre apprenti-matelot ? , semblait lui murmurer sans cesse la chanson folle du vent de mer s'engouffrant pleine de furie depuis les grandes montagnes abyssales du large dans l'immense cage d'escalier du bâtiment ! Suis plutôt ton âme , elle connaît le chemin ! Pourquoi chercher ailleurs ton double , ô , Roi du monde , qu'en ce délire étrange de ma vertigineuse immensité ? Entends-tu bien , de mes profondeurs , le chant sacré ?
Sterenn , curieuse , observait dans l'éclat d'un morceau de verre , cet homme bizarre qui revenait toujours vers elle comme son fils ou son amant . Ressentir de la tristesse , désormais , devant ce bel ermite qu'elle aimait en secret , lui semblait inutile .Toute vie , après tout , n'était pour elle , que flux et reflux , sève océane s'écoulant depuis l'immuable éternité jusqu'aux vagues mourantes reflétant , là-bas , sur le rivage , le continuum de l'inépuisable énergie d'un peuple , mystère du sang , mystère du sel où , créature éphémère parmi tant d'autres , fragile ondoiement de la pensée collective , inexorable conscience d'un inutile frémissement liquide , elle n'était , parmi eux , sans doute , que l'une d'entre elles ?
Ne suis-je pas moi-même née de la
mer ? , demandait-elle à son image devenue floue qui , renvoyée par la grande vitre de la bibliothèque , se mettait à disparaître et se dissoudre dans l'instabilité du décor ? Et tous ces livres d'aventure soulevant en nous ces tempêtes surgies des profondeurs les plus abyssales de la conscience impétueuse du Grand Chef d 'Orchestre , ne sont-ils pas capables d'aggraver , se disait-elle
aussi , son imprévisible fantaisie symphonique inassouvie en explorant les gouffres de l'insondable partition venue se perdre dans ce labyrinthe inextricable de nos maladies d'enfance ?
Car ne l'avait-elle pas connu à l'école primaire ?
" Auberive " ? , l'interrogea-t-elle sur son dernier ouvrage , fixant le faisceau écarlate brûlant ses paupières . Plutôt " Psyché " , beauté déchue d'un astre du crépuscule , soeur jumelle en train de mourir , la vraie Sterenn , qui avait juste cherché à vouloir vivre à la place , dans le rêve d'une autre ayant le pouvoir de le séduire , illusion de l'amour , un peu comme un coquillage se laisse caresser par le feu scintillant d'une étoile sous-marine avant d'être englouti ...
Curieuse espèce , constatait-elle
attristée , saisissant celle qui se trouvait dans la vitrine , perpétuellement en recherche d'un contre-jour idéal ou d'une autre définition possible de sa changeante identité . Quant à sa rivale , cette Morgana Kerlann , elle n'avait certes pas la couleur grisâtre d'un nuage au milieu des cieux .
Mais qui était-elle vraiment , pâle reflet de l'esprit tourmenté de " son " grand créateur , songeait-elle avec pitié ?
Dès lors , l'artiste , à moitié ivre, lui avait répondu , la veille , balbutiant , comme
intimidé , que , de tout son possible , il s'efforcerait , dans cette Apocalypse des âmes ne commençant vraiment que lorsque la journée s'achève , d'écarter ce voile insidieux qui , nuit et jour , s'entremêlait à ses sentiments , ses pensées , ses rêves de beauté , voulant empêcher sa vraie nature de répondre à tous ses sens mais , des ténébreux confins de leur monde , au contraire , les encerclait d'octaves d'une profondeur et d'une hauteur tellement mystiques , lui permettant ainsi , avec maestria , lorsqu'il se mettait au travail , d'émerger majestueusement vers l'infini ! ( 2 )
C'est alors qu'elle avait cru furieusement désirer , prononçant de tels mots , les lèvres sa bouche !
3 - Le visiteur finit pourtant par trouver , sur son bureau , un vieil album , ainsi qu'une photo jaunie à l'intérieur , découvrant enfin la vérité sur une époque apparemment disparue de sa mémoire , et qui malgré ses dires , devait être aussi celle de son hôtesse . Car le cliché montrait effectivement une scène de jeu dans une vieille école . On y voyait bien les deux jeunes enfants s'embrasser , l'un vêtu d'un costume breton , l'autre étant une petite fille dont le sourire lumineux rayonnait sur l'assemblée comme après l'un de ces mémorables instants d'extase !
Mais il n'y aurait certainement pas davantage de traces concernant l'origine de ce triomphe éclatant , réfléchit-il avec tristesse . Jamais !
Peut-être était-ce mieux ainsi ?
( A Suivre )
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DAN AR WERN - Un Coeur Solitaire - I - Le Cygne Noir - Pep gwir miret strizh - Tous droits réservés - All rights reserved - " Un Coeur Solitaire " , copyright 2024 .
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Notes :
1 - " Barzaz Breiz " , I , 31 - Le Cygne ou le Retour de Jean le Conquérant :
" Un cygne , un cygne d'outre-mer ... " La Bretagne acclame le retour de son libérateur , le duc Jean IV
( 1339 - 1399 ) .
2 - " La Littérature et le Verbe " , conférence de Charles du Bos ( 1882 - 1939 ) , écrivain français , critique littéraire , dans " Qu'Est-ce que la Littérature ? " ( Posth. 1945 ) .
* " To the Lighthouse " ( Vers le Phare , 1927 ) , roman de Virginia Woolf ( 1882 - 1941 ) .
Le Porteur de Lumière - VI - Table des Matières
LE PORTEUR DE LUMIERE
( Nouvelle Fantastique )
VII - Table des Matières
1 ) Préface / Dédicace :
Miracle de L'Amour !
2 ) I - Séduction - II - L'Accident - III - Deux Notes - IV - Lucile - V - L'Oeil De Dieu - VI - Cimetière Marin - VII - Transfiguration - VIII - EPILOGUE : Métamorphose !
3 ) Postface
Une Curieuse Naissance !
4 ) LES TROIS DERNIERS LIVRES
Résumé
I - Jugement D'Anna ( Cycle de L'Etoile 20 ) - II - Nouveau Monde ( Cycle de L'Etoile 21 ) - III - A La Pointe Du Jour ( Cycle de L'Etoile 22 ) .
5 ) Chronologie des Œuvres
( 5 , XXXIII à XXXVI )
Romans , Poèmes , Nouvelles
6 ) Table des Matières
DAN AR WERN - Le Porteur de Lumière - VI - Table des Matières - Pep gwir miret strizh - Tous droits réservés - All rights reserved - " Le Porteur de Lumière " , copyright 2024 .
Le Porteur de Lumière - Préface / Dédicace - Miracle de l'Amour !
LE PORTEUR DE LUMIERE
I - PREFACE / DEDICACE
pour Gérard de Nerval
pour Charles Nodier
Miracle de l'Amour !
" L'Ange de la Mort dit encore : - Votre ami connaissait son destin ; il ne s'opposa pas à lui . Il m'attendait quand , un soir d'été , je descendis le trouver ... "
Jakez Riou - " Promethée Enchaîné " ( " Prometheus Ereet " , 1928 )
Longtemps , j'ai marché solitaire dans l'épais brouillard d'horizons sans bornes , minée par l'impression bizarre de laisser un beau soir d'automne , sans savoir pourquoi , le foyer familial . Au début , nous étions deux , je me rappelle , mais l'autre homme , qui m'avait sans doute aidé à fuir une vie sans espoir , m'avait ensuite lâchement abandonnée au bord d'une rivière sinueuse , encaissée entre deux grands pylônes , lieu du terrible accident !
Le temps s'était mis à changer depuis la frontière bretonne .
Ce n'était plus l'indicible été , mais une chape avait peu à peu recouvert lourdement mon âme de son linceul immaculé tandis qu'un rideau persistant de brume était tombé lui aussi sans relâche devant
moi ... Mais lorsqu'au hasard de cette providentielle étape , je pus enfin lever mon voile et poser sur elle mon regard sombre , elle me révéla la profondeur gris ciel de ses yeux cristallins de louve , ignorant , peut-être , que sa compagne d'infortune se montre autant fasciné par le magnétisme de son charme animal que par l'étendue de sa beauté !
- Je suis la fille des voisins , souviens-toi , Lucile , et j'ai traversé tout ce putain de désert blanc pour te récupérer !
Moi , regardant par-dessus son épaule au-delà de la nue enneigée où s'écrasaient des flocons d'ou- ate , je crus reconnaître , bercée par la chaleur de l'air , les traces d'un autre passé où , fugitive déjà , je m'étais courageusement efforcée d'affronter la tourmente , lancée dans l'immense aventure de la vie terrestre !
A moitié délabrée , perdue aux confins de nulle-part comme une vigie au milieu de l'océan des nuits blanches , je tentais alors de cacher mes chambres aveugles , mes murs fissurés , pleins de lézardes , comme on profite parfois , tant bien que mal , d'une averse de " poudreuse " pour couvrir de fard le visage noble mais flétri d'une respectable douairière !
- Nous ne pouvons revenir sur nos pas , tu le sais bien ! , m'avait-elle tendrement murmuré à l'oreille tout à l'heure , tandis que , sur la terre endurcie , le crissement de nos bottes faisait resurgir en moi , tel un écho , mon premier amour d'autrefois , " double " parfait , créature idéale enfin , par magie , réapparus !
Mystères de la vie , une , si diverse , eaux saumâtres d'un fleuve aux multiples reflets finissant par se perdre dans l'onde océane infinie rejoignant le ciel !
C'est là qu'elle était venue me chercher " pour me sauver , me raconta-t-elle , de la sauvagerie bestiale des humains " !
Puis je m'étais retrouvée dans une sorte d'hôpital aux vitres couleur de nuages que de hautes silhouettes vêtues de blanc parcouraient sans cesse .
Combien de temps cela dura-t-il , au coeur de cette gigantesque cité surmontée de dômes lumineux ?
Un jour , je me sentis néanmoins coupable ou victime . Difficile à comprendre ! Un peu comme si j'avais été celle qui n'avait jamais connu la " vraie " Lumière !
J'avais été guérie , certes , soignée par d'étranges créatures , mais je ressentais profondément en moi , de manière lancinante , cette souffrance et ce désespoir inexplicables d'une conscience en ruine , prisonnière d'un jardin de pacotille ...
Peut-être aussi désirais-je simplement refaire la route en sens inverse ?
L'homme n'est jamais satisfait de son sort quand il doit choisir sa voie entre mal et bien , se retrouvant souvent coincé à la frontière qu'il juge souvent factice , infranchissable , du crépuscule et de l'aube , de l'être et du néant ...
" L'âme n'est-elle qu'une ombre emprisonnée dans la maison du péché ? " , pensais-je un matin , la touchant de mes anciennes rides naissant sur son front dans un miroir .
Qui peut dire ou finit la chair mortelle , où commence l'Esprit de Dieu ? Ne nous attend-Il pas quel-
que part , loin du mensonge ?
Qu'y-avait-il au-delà de cette arche de bonheur artificiel impeccablement fleurie de plantes inodores ?
La surface du globe , à quoi ressemblait-elle maintenant , loin du sourire sans conviction d'incarnés repus de crainte ou de fausses certitudes ?
N'était-il pas temps pour elle de repartir afin d'accomplir à ma place notre mission ?
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