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Dan Ar Wern Official Website
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LE CHEMIN PERDU - 19 - Roue ar Gwern - Erlkönig - Le Roi des Aulnes .

6 Novembre 2008 , Rédigé par Dan Ar Wern Publié dans #Le Chemin Perdu


Le Chemin Perdu

( 19 )





 

 

 

 

 

Roue ar Gwern

 

" Wer reitet so spät durch Nacht und Wind ? "
Goethe - " Balladen "



C'hwez an avel
' Gan er gwez 
' Uc'h d'ar mein-bez ,
War e varc'h-red ,
En deus an tad tridet 
' N ur vlenian
Ken buan e loen ...
"Aon ' meus " , eme he bugel ,
A-drenv dezhan ...


-
Piv 'vefe gouest d'am c'havout ,
 
P'en em guzhat a ran ken flour da welet
  Barzh da sellad liv dour louet ?
 

N'eus netra met un Ael 
Yen ha dall 
A denn anal

Da zremm rouez :

 

 

Ne fell ket din met da c'harantez ,
  
Hud da vuhez
  Leun a chal  !

 

 

N'eus ket tra 'met ur sarac'h 
'Barzh deil ar Gwern ,
Ur vouezh ' lar :


Diwall d'al latarenn ! "

"Eus da c'hoant n'em eus ket ezhomm  " ,
  ' Sonj enni ar varc'hegerez ,
  Pa vez redet 'herr 
  Dre 'r c'hoad digenvez ... 


Ha selaou , setu Roue ar Gwern
A c'hwezh , didud ar wenodenn ...

 

Met pa oent erru en diwezh ,
Edo an dimezell
O vervel ...

-
Dindan sell digas ar merc'hed ,
  
E riv va c'halon , didruez ,
  
A-raok ma gaso anezho du-se ,
  
Em anoued ...



DAN AR WERN - Le Chemin Perdu - 19 - Roue ar Gwern - Du 1982 / Du 2008 - Pep gwir miret strizh / All rights reserved / Tous droits réservés . "Le Chemin Perdu " , Copyright 1992 .

 

La Ballade de Lenore - Horace Vernet ( 1839 )

La Ballade de Lenore - Horace Vernet ( 1839 )

- 34 -

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LA LETTRE - 4 - On M'Appelle Billy - Billy 'Vez Graet Ac'hanon - They Call Me Billy ( Version Française / E Galleg ) .

4 Novembre 2008 , Rédigé par Dan Ar Wern Publié dans #BALADE AU PAYS DES OMBRES

La Lettre
- Histoire d'une Ancienne Amitié -


Journal , Souvenirs ( II )
pour Annemarie Schwarzenbach


4 - On M'Appelle Billy


           J'eus d'autres raisons , celles-ci professionnelles , de suivre sa trace .
Je n'avais pas seulement vu briller son nom dans mes rêves , mais aussi sur l'enseigne d'une banque des Champs-Elysées .
Cà , je le réalisais quelques jours plus tard .
           Mon patron m'avait confié une enquête la concernant , banale histoire de chèques volés , notre pain quotidien .
J'avais enfin trouvé le prétexte que je cherchais , me dis-je , surpris toutefois qu'une fille comme elle puisse louer une chambre de bonne au Quartier Latin .
           Je me souviens . C'était un après-midi flamboyant de Novembre .
Une foule d'apparence insouciante déambulait sur des trottoirs jonchés de feuilles multicolores .
Mademoiselle Sibylle Dürrenbach , 8 , rue de la Harpe : j'avais relu cent fois l'adresse , anticipant avec impatience l'heure tant attendue de notre rencontre !
          Arrivé sur place , je ne trouvais décidément personne .
Résolu , malgré tout , de guetter sa venue en haut de l'escalier , je vis soudain surgir à l'étage deux individus musclés tels des bêtes de concours , muets comme des carpes , l'air malveillant .
Mais comment , me demandais-je , avaient-ils pu ouvrir si facilement la porte ? Et que cherchaient-ils ?
          M'approchant en silence , je compris qu'ils effectuaient une fouille méthodique , inspectant le logis de fond en comble .
          Vif comme l'éclair , je m'élançais dans la cage avec l'intention de la prévenir !
Enfin , ce fut elle , sur le boulevard : j'avais reconnu sa coupe à la garçonne et sa frimousse d'angelot .
" N'y allez pas , Sibylle  ! , fis-je , la touchant à l'épaule .
On a forcé votre studio  ! "
          Dans la précipitation , nous n'échangeâmes qu'avec peine deux ou trois mots .
" Mais qui êtes-vous ? , finit-elle par me demander au bout d'une petite course , affectant d'abord de ne pas me reconnaître .
Le havre d'une brasserie alsacienne , tapie dans l'ombre des platanes , servit de cadre à nos confidences forcées .
           La jeune fille parut avoir du mal à feindre l'émotion qu'une telle poursuite avait déclenchée .
Elle se montra nerveuse , extrèmement choquée , alluma une cigarette .
          Je tentais de lui venir en aide , évoquant les carnets de chèques , la fausse signature ...
Pourtant , je sentis qu'elle éludait toutes mes questions , qu'elle n'avait pas confiance .
Elle souhaita rentrer chez elle .
" Vous n'y pensez pas  ! , lui rétorquai-je . On doit vous y attendre , il y a trop de risques  !
           La malheureuse avait l'air anéantie . Elle se mit à fondre en larmes .
" Permettez-moi de partir , je vous en prie ...
           Elle consentit à me suivre , cependant .
L'assurance de pouvoir passer un coup de fil , une fois parvenue à mon domicile , dut lui plaire .
Elle commençait à jouer un peu de son charme . Elle me décocha un timide sourire qui , tout à coup , m'avait transpercé le coeur !
           Puis elle me fit promettre , auparavant , d'aller jeter un coup d'oeil sur sa porte . Elle aviserait , le lendemain , ce qu'il conviendrait de faire .
" Surtout , ne dites rien à personne  ! 
- Voyons , Sibylle ...
" Mes amis m'appellent Billy , vous savez  ?
           Lorsque je passai la reprendre , ma tourterelle s'était envolée ...


( A Suivre )


DAN AR WERN - La Lettre - 4 - On M'Appelle Billy - Novembre 2008 - Journal de Yann Kervern ( II ) - Pep gwir miret strizh / All rights reserved / Tous droits réservés - Version Française / E Galleg .

La Lettre " , Copyright 2008 .

Photo du téléfilm de Luc Béraud  ,
" Eaux Troubles " ( 2003 ) , avec
Julie Debazac , Jean-Pierre Lorit .                            

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LA LETTRE - 3 - Connais-Tu Cette Chanson Si Légère ? Anavezout a Rez ar Ganenn-Man , Ken Nenvel ? Do You Know That So Airy Song ? ( Version Française / E Galleg )

30 Octobre 2008 , Rédigé par Dan Ar Wern Publié dans #BALADE AU PAYS DES OMBRES

La Lettre
- Histoire d'une Ancienne Amitié -


Journal , Souvenirs ( II )
pour Annemarie Schwarzenbach


3 - Connais-Tu Cette Chanson Si Légère ?

" Il n'y a rien de plus merveilleux que d'attendre une femme ... "
Annemarie Schwarzenbach - " Nouvelle Lyrique " ( Lyrische Novelle )


                           
          Difficile , ici-bas , d'aborder la Princesse qui vous ignore .
Vous contemplez sa beauté lointaine , lumineuse , un peu comme le ver de terre amoureux d'une étoile , mais vous pleurez dans son ombre la nostalgie d'un rêve inaccessible .
Sybille avait quitté  "La Belle Epoque " , et je dus rendre visite à mon ami Tom pour en savoir plus .
" Ah ! Tu en pinces pour Billy ? , me demanda celui-ci d'un regard consterné .
          L'Américain connaissait beaucoup de monde sur la place , parmi la faune étrangère .
Il écrivait dans un journal bilingue au service de la diaspora anglo-saxonne et , parfois , lorsqu'il ne donnait pas quelque cours sur la radio scolaire , il prodiguait à domicile ses précieux conseils dans le langage de Mark Twain , ou dans celui , plus sophistiqué , de Faulkner . ( 10 )
          " Que puis-je pour toi , mon vieux  ? , me lança-t-il , peu loquace , de son accent rocailleux .
" C'est une famille Bavaroise , ou Suisse . Je crois qu'elle " perche " pas loin d'ici .
" Tiens , me siffla-t-il ensuite sur l'air de "Yankee Doodle " , voilà son " number " ... ( 11 )

          Je tentai le soir même de prendre contact .
Mais lorsque j'entendis le son de sa voix dans le téléphone , si grave , si mystérieux , je fus paralysé par la peur .
L'incantation de l'envoûtante sirène m'avait déjà pétrifié !
          Comment , pauvre mortel , aurais-je pu m'imaginer , d'ailleurs , franchir facilement les frontières d'un Royaume interdit ?

          De toute mon âme , j'étais à l'affût . J'avais la gorge nouée .
Sous ma fenêtre , c'était la " Sonate d'Automne " , une lugubre complainte agitant le feuillage des arbres . ( 12 )
          Mais connaîtrais-tu , mon amie , l'autre merveilleuse musique , cette villanelle où vibrait la parole de l'Enchanteresse ?
Avec elle , nous traverserions vingt siècles , si tu veux , jusqu'à ressentir en nous la douceur d'une onde effleurée des dernières caresses du vent d'été ...
" Bergeronnette , oiseau de Kypris ,
  Chante avec nos premiers désirs
! " ( 13 )
          Les volutes d'encens s'élèveraient jusqu'au ciel , tandis que je penserai à toi , égrénant les notes magiques :
" ... Le corps nouveau des jeunes filles
  Se couvre de fleurs comme la Terre ,
La nuit de tous nos rêves approche
... " ( 13 )
         Alors , je me dirai que nous rechercherions peut-être une même Personne , que nous souhaiterions redessiner , tous les deux , dans un miroir , les couleurs de Son ombre imperceptible ...
Et ne pourrions-nous rejoindre aussi , par la grâce de Son visage , les profondeurs de l'imaginaire , la sérénité de l'enfance ?
Car , songes-tu , il est plus facile , en apparence , de chérir une vie , en ce triste monde , que d'en partager vraiment les peines ...
         Comment ne voudrais-je mieux te connaître et te comprendre , toi dont les subtilités me ravissent , me font souffrir , ô Femme unique dont je pressens les richesses ?

( A Suivre )

                                    ___


DAN AR WERN - La Lettre - 3 - Connais-Tu Cette Chanson Si Légère ? - Octobre 2008 - Journal de Yann Kervern ( II ) - Pep gwir miret strizh / All rights reserved / Tous droits réservés - Version Française / E Galleg . " La Lettre " , Copyright 2008 . 

                                    ___
Notes :
10 - Mark Twain , Samuel Langhorne Clemens , ( 1835 - 1910 ) , auteur américain parmi les plus grands : " Les Aventures de Tom Sawyer " ( The Adventures of Tom Sawyer , 1876 ) , " Les Aventures d'Huckleberry Finn " ( Adventures of Huck Finn , 1885 ) .
 William Faulkner ( 1897 - 1962 ) , romancier américain , figure marquante du " Courant de la Conscience " ( Stream of Consciousness ) .
11 - Chant patriotique américain .
12 - " Sonate d'Automne " ( Höstsonaten ) , film d'Ingmar Bergman ( 1977 ) , avec Ingrid Bergman , Liv Ullmann .
13 - "  Chansons de Bilitis " , 1ère Partie , Bucoliques en Pamphylie , " Les Comparaisons " , Pierre Louÿs , 1894 .


" Sonate d'Automne " , tableau par Annie Ranguin , peintre du Trégor .

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LA LETTRE - 2 - La Danseuse - An Danserez - The Dancer ( Version Française / E Galleg ) .

23 Octobre 2008 , Rédigé par Dan Ar Wern Publié dans #BALADE AU PAYS DES OMBRES

La Lettre
- Histoire d'une Ancienne Amitié -





Journal , Souvenirs ( II )
                                      pour Annemarie
  Schwarzenbach



2
- La Danseuse

" Est-ce que je pense beaucoup à Sibylle ? "
Annemarie Schwarzenbach - " Nouvelle Lyrique " ( Lyrische Novelle )



          
On l'appelait " Bilitis  " à " La Belle Epoque  " , ce cabaret qu'elle fréquentait parfois , le samedi , pour arrondir , peut-être , ses fins de mois d'étudiante .
          Je l'avais rencontrée " par hasard  " , lors d'une soirée d'anniversaire , où j'essayais , dans les flonflons de la fête , et sous l'effet de l'alcool , d'oublier mes déboires sentimentaux .
Je me souviens , ce soir-là , de ses beaux yeux d'azur un peu tristes , dont l'éclat reflétait celui du cristal , sous les lustres rutilants d'un salon bourgeois du Vè où mon ami Tom avait réuni des jeunes gens venus des quatre coins de la planète .
          Inspirant sans doute bien des coeurs , son visage d'ange n'avait pu que transfigurer notre ivresse collective .
Une espèce de grand dadais s'étant même avisé de l'entreprendre , au milieu de sa petite cour , elle s'éclipsa comme le Soleil , tandis qu'avec désespoir , je me demandais quand j'aurais enfin l'occasion de lui glisser un mot .
          Ce ne fut que plus tard , lorsqu'une âme dévouée s'occupa de me sortir de ma dépression .
Je me souviens encore de mon coeur se mettant à battre violemment quand je la reconnus , dansant sur scène , affublée d'un petit chapeau noir et d'un maquillage .

 
                       
          Et cette nuit-là , je m'étais promis de revenir l'attendre seul , une autre fois , pour lui confirmer la réalité de mon existence .
          Enfin , cette heure arriva , où je restais dans la rue bien après le spectacle , ayant repéré la sortie des artistes , puis guettant sa silhouette longiligne , élégante .
Mais je craignais qu'elle ne s'effrayât de ce curieux bonhomme au premier rang , verre à la main , qui ne cessait de toiser "L'Ange Bleu " tout au long de sa mirifique démonstration . ( 8 )
J'avais peur de mon insignifiance , et lorsque s'entr'ouvrit la porte cochère , un vent d'automne balayant les trottoirs sombres d'une bruine persistante , je m'étais réfugié sous l'avancée d'un bar voisin ,  dont la toile dégoulinait de pluie .
C'est là que je vis passer l'ombre fugitive d'un éphèbe aux cheveux blonds , naguère entrevu .
Visage pensif , elle déboutonna lentement son imperméable .
Une autre personne l'y aida .
          C'était une belle femme de race noire , un peu plus âgée , la trentaine ...
- Alors , chérie , quel temps de chien , ce soir  !
- Oui , Camille . Heureusement , tu es passée me prendre . Madame Clark ne nous ménage pas , tu sais . Je suis morte  !
          J'étais assis derrière une cloison rococo en verre fumé , décorée de feuilles de vigne .
J'avais tendu l'oreille .
La conversation roulait sur l'Afrique . Il semblait évident que Sibylle ( j'avais pu saisir au vol ce prénom ) n'était pas du tout ravie de son récent séjour au Sénégal :
- Moi , ce que je veux , Nitscha , c'est vivre au milieu des pauvres , vois-tu ? Les aimer , les comprendre ...  Je veux connaître le secret de la nature ... ( 9 )
- Mais , ma poule ? rétorqua l'autre d'un air hilare , sirotant son cognac .Tu es comme nous , n'est-ce pas , née dans la soie , tu as des goûts de luxe ? ...
          Soigneusement habillé d'un costume de ville , un homme s'approcha de leur table .
Puis je les vis s'engouffrant tous les trois dans une " mercedes  " blanche aux lumières vives , qui disparut dans les ténèbres ... 


( A Suivre )

                       ___


DAN AR WERN - La Lettre - 2 - La Danseuse - Octobre 2008 - Journal de Yann Kervern ( II ) - Pep gwir miret strizh / Tous droits réservés / All rights reserved - Version Française / E Galleg . " La Lettre " , Copyright 2008 .

                       ___
Notes
:
8 - " L'Ange Bleu "  ( Der Blaue Engel ) , film allemand de Josef Von Sternberg ( 1930 ) , avec Marlène Dietrich .
9 - Surnom de Camille , c/f : " Onitsha " ( 1991 ) , roman de J.M.G Le Clézio , prix Nobel 2008 .

" ... Cambre-toi sur tes pieds dressés ,
 Secoue les reins , lance les jambes ,
 Nous applaudissons à grands cris
! "
 " Chansons de Bilitis " , 3è Partie , Epigrammes dans l'île de Chypre , " La Danseuse Aux Crotales "
Pierre Louÿs , 1894 .

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LA LETTRE - AL LIZHER - THE LETTER - Journal de Yann Kervern ( II ) - 1 - Bilitis / Bilitiz ( Version Française / E Galleg ) .

16 Octobre 2008 , Rédigé par Dan Ar Wern Publié dans #BALADE AU PAYS DES OMBRES

images-two-doves-2.jpgLa Lettre
 - Histoire d'une Ancienne Amitié -

Journal , Souvenirs ( II )
pour Annemarie Schwarzenbach


1 - Bilitis

" ... Zwei Lerchen nur noch steigen ,
 Nachträumend in den Duft . "
( ... Seules deux alouettes s'élèvent ,
Rêvant de la nuit dans l'air embaumé . " )
Joseph Von Eichendorff - " Im Abendrot " ( Au Crépuscule ) - Gedichte - Ausgabe letzter Hand ( 1841 ) .




Voici quelques lignes d'elle  , si curieuses , retrouvées dans la poussière de mes souvenirs , les premières qu'elle m'adressa  , les seules , d'ailleurs , voici l'histoire d'une ancienne amitié  :

Saint-Moritz , 2 Novembre .

" Cher ami , chère flamme de mon coeur, 

Sacr--coeur-2.jpg
          
J'ai reçu ton mot , mais je ne pense pas ,  comme ton poète , que " les fleurs vont de nouveau luire au Soleil ... " Pas pour moi , hélas ! Pas maintenant ! ( 1 )
Je m'efforce d'écouter la musique de Debussy , celle dont tu m'as parlé l'autre jour , ces " Chansons de Bilitis
" où je me retrouve un peu , il est vrai , ( je déchiffre ta belle écriture ) , " dans ce mélancolique automne , frôlant de leurs ailes de libellule , une certaine apparence des choses . " ( 2 )
Belle phrase ! Mais je fais , pour toi , des efforts , je me sens bien trop effondrée pour goûter à la nostalgie des feuilles mortes ... 
           
Mon amie m'a quitté pour un autre . J'ai dû trainer dans des villes désertes ,  " la nuit s'efface . Les étoiles s'éloignent . Voici que les dernières courtisanes sont rentrées avec les amants . Et moi , dans la pluie du matin , j'écris ces vers sur le sable ... " ( 3 )
J'ai les mains vides . 
          Tu dois penser , parfois , que je suis un être bizarre . Il m'arrive , moi-même , de ne pas me comprendre ... Je relis Rilke :

" A travers ma vie tremble sans plainte
  Sans soupirs , profonde et sombre , une douleur
... " ( 4 )
Une blessure saigne , à l'intérieur , accentuant son emprise , au désespoir de mon jeune âge . Ma tristesse est lourde . Chaque fois que j'essaie de prier , je repense à cette promenade au Sacré-Coeur . J'y ai senti , près d'elle , toute la misère du monde , plantée là , dans mon âme , telle une épine dans celle de Notre Sainte Mère  ... Je citerai la belle phrase de ton livre , que tu m'as envoyée , mais je ne puis croire aux promesses des pleurs . Cependant ,

" Son sourire , imprégné de quelques perles diaphanes roulant sous ses paupières closes , baigne ma pensée d'une eau fécondante et neuve . Comme le premier baiser de l'Amour , avant que l'Amour se soit compris Lui-même ... " ( 5 ) Notre Amour ... 
A la tombée du soir, depuis le belvédère , lorsque Paris s'embrase des premiers feux du crépuscule , nous avions suivi l'envol d'un couple de colombes ...
          Sans doute aussi , " le long de la nuit transparente " , aurais-je , avec elle(s) , voulu fuir  ?
Mais ce ne sera plus jamais pareil , tu sais .
Maintenant qu'à défaut des siennes , j'implore en vain la caresse des cieux , mon rêve ressemble à leurs " flots de dentelles " , ces nuages ... ( 6 ) Pauvres nuages , qui ne cessent , comme moi , de sangloter !
          Merci , mon ami .Tes lettres me font comme un baume . Parviendra-t-il à me guérir , pourrai-je y trouver l'oubli ?
         Ta parole me touche , lorsqu'elle vibre au regard de ma peine , seulement riche du trésor inestimable de tous ceux qui n'ont plus rien .
Pourtant , je souhaiterais ne pas être trop pessimiste . Même si nous vivions , dis-tu , aux temps difficiles de l'Apocalypse , qui est Révélation , celle-ci tiendrait-elle ses promesses
 ? 
Devant moi , la vieille Bible de mon père , où j'ai noté ce passage :  comme la Terre fait sortir son germe , et comme le jardin fait germer les choses qu'on y sème , ainsi Dieu fera germer la Justice et la Louange devant toutes les nations . " ( 7 )
          Mais ne serai-je pas éternellement coupable devant Lui ? Et toi , me pardonneras-tu  ?
          Je me sens si seule !   
Réchauffe mon coeur , je t'en prie , apaise mon âme , et que cette prière puisse unir nos croix ...

                                       ___


DAN AR WERN - La Lettre - 1 - Bilitis - Octobre 2008 - Journal de Yann Kervern ( II ) - Pep gwir miret strizh / Tous droits réservés / All rights reserved - Version Française / E Galleg . " La Lettre " , Copyright 2008 . 

                                       ___
Notes :
1 - " Le Deuil des Primevères - Elégie Seconde " , Francis Jammes , 1898 . 
2 - " Chansons de Bilitis " , musique de scène devant accompagner la récitation de douze poèmes de Pierre Louÿs , par Claude Debussy , 1897 .
3 - " Chansons de Bilitis " , 3è Partie , Epigrammes dans l'île de Chypre , " La Pluie au Matin " , Pierre Louÿs , 1894 .
4 - " Briefe an einen Jungen Dichter - Franz Kappus Sonett " ( Lettres à un Jeune Poète - Sonnet de Franz Kappus ) , Rainer Maria Rilke , 1904 .
5 - " Le Passeur des Mondes - Le Secret d'Eon de L'Etoile " , Dan Ar Wern .
6 - " De l'Angelus de l'Aube à l'Angelus du Soir - Aujourd'hui , le Long de la Nuit ... " , Francis Jammes , 1897 .
7 - Esaïe , 61 , 11 .

                                        
Film de David Hamilton , " Bilitis " ( 1977 ) , avec Patti d'Arbanville , Mona Kristensen , Bernard Giraudeau .

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LE CHEMIN PERDU - 18 - Bibrakt - Bibracte .

13 Octobre 2008 , Rédigé par Dan Ar Wern Publié dans #Le Chemin Perdu

Le Chemin Perdu ( 18 )


Bibrakt

" Die Flamme lodre durch den Rauch !
  Ra skedo ar flamm a-dreuz ar moged !
Goethe - "Balladen " / Gwerzioù , 24 - Kentan Noz Walpurgiz .

da Wenc'hlan Ar Skouezeg ( 1929 - 2008 )
     Drouiz Meur Goursez Vreizh


Bibrakt ,
Keoded kevrinel ,
Savet war uhelennoù Morvan ,
Em c'halon da c'hortoz a ran !
Ken kozh n'em eus ket a sonj ken
Eus da dremened c'hoazh ,
Met furnez da Zrouizien
Am sklerijenno evel Roz
E-kichen ur Groaz ...

N'eus nemedout
Ac'h anavez anv ar gwez ,
Galloud ar faouenn ,
Hini an derv ,
Ha zoken ma n'eus mui den
War an Dosenn ,
N'eo ket erru 'vidout eur
Da varv ...

Bibrakt ,
Kerbenn Santel ar C'halianed ,
Sterenn sklaerius en hor bed ,
Piv 'vefe gouest d'az kweled
'Dreuz an avel ?
Ha pa vefe troc'het an uhelvarr ,
'Kerz egin an ed ,
Pe zen krenv 'stourmfe ouzh e var ,
Da vleunian 'nevez
An Neved ,
A-drenv da Ouel ?

Hag e vo trec'h
Skinoù c'hoarius an Heol 
E-touez an deil ,
Eo kollet da vouezh ,
Ha ma'z eus un hent hepken
Da zisklerian da rin ,
Gant Spi , Feiz ha Karantez 
Hen heulian a rin ...

Bibrakt ,
Iliz diwel ar wir Gelted ,
Melezour va hunvreoù glanan ,
Em c'hreiz e vi da viken o vevan !


DAN AR WERN - Le Chemin Perdu - 18 - Bibrakt - Mezheven / Eost 1984 - Pep gwir miret strizh / All rights reserved / Tous droits réservés . "Le Chemin Perdu " , Copyright 1992 .



- 32 -

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LE PASSEUR DES MONDES ( 1er Cercle ) - VII - L'Accomplissement - 9 - Gaeltacht - IV - Iona .

9 Octobre 2008 , Rédigé par Dan Ar Wern Publié dans #Trilogie 1 " Le Passeur Des Mondes "

Premier Cercle : A La Pointe du Jour ...


Le Passeur Des Mondes ( VII )


Deuxième Partie


/ L'Accomplissement /

" Les idées qu'il s'était faites du voyage n'avaient pas été accompagnées de l'impression étrange qu'il ressentait à cette heure où , pour la première fois , le monde de son enfance lui était brusquement enlevé , et où il semblait jeté par les flots sur une rive étrangère . "

Novalis - " Heinrich Von Ofterdingen " , I , 2 .



- Gaeltacht -


9 - Gaeltacht  ( Voyage dans Les Îles )

" Da be vad merdein ken pell all ,
  Ma'z eo ret mont d'ar strad , ouzh genou an aber
? "
Youenn Gwernig - " Stok ouzh an Enez "


                 IV - Iona


                  Lorsqu'on va mourir , on mesure l'essentiel , cette distance qui sépare l'homme ( en anglais , MAN ) , de l'invisible ( IOAN , IONA ) .
On revoit le visage d'une fée .
On entend ses paroles mystérieuses , qu'on mélange aux confidences de la veille sur l'amour , la mort ...
                  Toutes les images d'une vie vont ressurgir , la Bretagne et ses odeurs de grand large , la forêt de Brocéliande , temple celtique , l'enfance voyageuse puis la solitude , au coeur du Paris de " la Belle Epoque " .
                  Roll était alors journaliste , passionné d'astronomie .
Dans sa chambrette d'étudiant du quartier de l'Observatoire , il avait dû croire en l'avenir , comme toute une jeunesse . 
Avant de partir se battre , il écrivit une dernière lettre .
                  Tout allait si vite ! L'absurdité de la guerre ...
Et cette conversation d'hier avec le lieutenant Fournier , qui n'arrêtait pas de lui trotter dans la tête !
Une fois de plus , on avait abordé le problème du mal .
Ne serait-il dû qu'à la déclinaison d'Epicure , le fameux " clinamen " ? , avait demandé l'ex-élève d'Hypokhâgne . ( 35 )
Alors , notre liberté ne serait qu'un leurre ? , lui avait répondu l'auteur du " Grand Meaulnes " .
Mais comment mesurer le prix de toute cette souffrance ? , conclut l'écrivain d'un air fataliste .
Oui , ce mal qui ressemble au tranchant d'une baïonnette : violente douleur , votre sang qui se vide , et le froid montant , peu à peu , inexorable ! 
                  Plus tard , quelqu'un de la famille , sans doute , retrouverait , dans un monceau de paperasses , le récit d'une aventure .
On prendrait ça pour du rêve , de la fantaisie ... L'héritage d'un condamné . ( 36 )
Mais , voici le document . Voici , d'après quelques souvenirs manuscrits , ce qui survint , selon lui , sur Iona , où la " Mari-Morgane " avait échoué par le plus grand des miracles !
                  " J'avais douze ans , c'était en août 1899 , notait l'explorateur des étoiles , ma première traversée ...
 
                 
Tu es la Science , et moi la Poésie ! , claironna tout à coup mon cousin , tandis qu'une force insaisissable nous entraînait jusqu'au bout de l'île .
Mais n'était-ce pas plutôt le contraire ?
Son excitation , d'ailleurs , me parut difficile à comprendre .
                    Un épais brouillard nous avait enveloppé de son voile cotonneux .
Deux yeux d'ombre , perçant un casque noir , nous guidaient à travers la lande . Mais , on ne voyait , devant nous , que la croix rouge d'un chevalier du Temple .
                    Nous arrivâmes pourtant de l'autre côté de la mer .
Il y avait là une ruine semblant posée sur les flots gris , comme un reflet sombre éclairé de Lune . Etait-ce une chapelle ?



                    Une grande porte aux battants argentés s'ouvrit dans le sol d'herbe verte .
                    J'entends encore cette étrange voix surgie de nulle part , si douce et froide , artificielle et fragile , avec des accents métalliques .

" Je suis la Princesse Iona , bienvenue , mon Messager !
                    Je revois son visage changeant , multiforme .
On aurait dit tantôt le sourire de Virginia , mais tantôt , la créature inhumaine aux traits éffilés de serpentine , à la peau écailleuse , me dévisageait d'un regard bleu-nuit du fin fond de la galaxie !
Alors , ce qui m'émerveilla vous paraîtra peut-être incroyable !
                   A l'intérieur , une coupe d'émeraude se trouvait sur une table en or massif .
Une lueur de feu incendiaire illuminait toute la crypte où nous nous trouvions !
" Voici la Pierre tombée du Ciel , qui a provoquée le malheur de l'homme
Elle s'est scindée en trois .
Si quelqu'un retrouve la troisième , Sa Lumière , enfin , triomphera des Ténèbres

Le bonheur et la paix reviendront ! "
                   Je sentis , derrière moi , une présence inexplicable et troublante . Celle d'une femme assez grande et belle , qui avait posé sa main sur mon épaule avec douceur
Fondant en larmes , je crus reconnaître ma mère , autrefois disparue lorsque j'étais bébé .
Nous étions tous deux si bouleversés , qu'il me fut difficile de comprendre quelque chose .
Par la suite, chacun d'entre nous témoignerait de façon différente . Et l'on crut aussi que l gemme stellaire avait pu modifier nos pauvres facultés terrestres , si limitées !
                  Lorsque , le lendemain , nous reprîmes notre route , il ne s'agissait plus d'aller en Ecosse , mais au contraire de faire marche arrière d'où nous venions .

               " Vers midi , nous abordions Saint Patrick , proche de Man .
Cependant , ne parvenant pas à m'endormir , j'avais assisté à un étrange phénomène sur le bastingage .
L'un des matelots , discutant avec son camarade , avait sorti de sa poche un curieux petit tube en cuivre . Celui-ci semblait surmonté d'une sorte d'objet rotatif en cristal de quartz , de forme conique , morceau de verre translucide aux multiples facettes .
Je n'eus pas le temps de me demander quel pouvait bien être son usage .
L'homme , en me voyant , prit peur , et jeta l'étrange instrument par-dessus bord .
Cela produisit un drôle de bruit sourd , comme celui qu'on entend lorsqu'on allume un pétard dans une fête foraine .
Et cela éveilla aussi mes soupçons . Surtout quand je reconnus la mine surprise de Houarn Pogam se tournant vers moi ! 
                  Je voulus m'en ouvrir au capitaine .
Mais les manoeuvres d'accostage rendirent la chose impossible pour l'instant
. " 

               C'est ainsi que Roll s'était efforçé de décrire , dans son journal , cette impression bizarre qu'il avait ressenti de revenir sur ses pas .
Pour eux , le temps semblait n'avoir pas bougé .
A Douglas , une chaise de poste était passé les prendre , puis les ramènerait à leur hôtel avant la nuit .
               Le conducteur de la voiture , qui n'était autre que le marchand de Penzance , avait dû perdre , vu le peu de paroles qu'il prononçât , son accent slave .
               Les enfants , médusés , posèrent de nombreuses questions , mais leur grand-père sembla n'y rien comprendre .
" Êtes-vous sûrs ? , n'arrêtait-il pas de leur dire , tandis qu'ils parvenaient sur les hauteurs de Saint John , lieu d'un mystérieux rendez-vous .
" Vous avez sans doute pris la chapelle Saint German pour le monastère de Colomba . Ca m'étonne , tout de même ! , bougonna-t-il dans sa barbe . ( 37 )

                             
                                    
               La seule explication qu'en fin de compte ils obtinrent fut celle que leur donna le vieil homme , visiblement de bonne foi face à l'empressement de la jeunesse !
Il s'était demandé , en effet , par quel miracle son petit-fils avait pu découvrir la nature d'un secret si bien gardé .

               L'émotion fut à son comble lorsque la magie d'une heure si grave sonna au clocher de l'église , et qu'enfin se produisirent , tant attendus , d'heureuses retrouvailles .
La mère étreignit son enfant , qu'elle n'avait pas revu depuis de si longues années !

               Mais le plus intéressant fut ce qui se passa le soir dans la crypte : une séance de spiritisme .
Roll , épuisé , ne parvenait cependant pas à dormir .
Tapi dans l'ombre , il cherchait vainement le sommeil dans un fauteuil de sacristie .
               La salle obscure , voûtée d'ogives , s'éclairait de quelques torchères fixées sur des parois de vieille pierre moussue .
Il y avait dans la pièce une immense table ronde , sur laquelle on voyait un ciboire en or massif , orné d'une petite croix celtique , d'où s'échappaient des volutes d'encens .
Douze personnes , vêtues de longues robes de bure blanches , se tenaient tout autour . Elles avaient une capuche décorée d'un " tribann " , qui ne laissait filtrer que la flamme d'un regard plein de mystère !
          
    Etait-ce Morgane encore , la femme aux yeux verts présidant la séance ? On aurait dit une Grande-Duchesse !

Un bandeau de cristal , serti d'argent , scintillait sur son front de cire marqué de quelques taches de rousseur .
D'une voix trahissant son origine russe , elle prononça des paroles graves :
" L'inquiétude est grande au sein de l'Arche . Nos ennemis sont puissants , mais nous devons réagir !
Mon mari est mort de façon brutale , je viens de l'apprendre ... ( 38 )
Sa fille l'ignore encore , elle ne doit pas être la prisonnière de quelqu'un qui voudrait brader son héritage
Frères , notre " Grand Maître " dit que l'échange doit avoir lieu bientôt sur le " Morven " , sinon la grande catastrophe surviendrait , ne laissant que peu de chances de survie à notre espèce !

En attendant , Boris nous fait savoir qu'il n'y a pas de plus sûr endroit que la forêt de Brocéliande ou l'île de Cézembre . Elles espèrent , paraît-il , retrouver leur précieux trésor enfin rapatrié dans sa terre d'origine . " ( 39 )
               Après avoir connu la joie de tout-à-l'heure , éclatante et profonde , elle semblait maintenant brisée par l'autre nouvelle , ô combien douloureuse !
               Chacun des membres du Conseil , se tenant par la main , n'osa dire un mot , faire un geste .
Ils se séparèrent en silence , après ce " hourra " résonant comme un écho lointain sur la  vénérable muraille des Druides :

" Vive l'OINT , vive notre combat !
   Que la mémoire d'Arthur-Léo Dagan reste à jamais vivace en nos coeurs ! "


                                      ___



DAN AR WERN - Le Passeur Des Mondes ( 1er Cercle ) - VII - L'Accomplissement / Gaeltacht - Deuxième Partie9 - Gaeltacht - IV - Iona - Pep gwir miret strizh / Tous droits réservés / All rights reserved . " Le Passeur Des Mondes " , Copyright 2005 SGDL / Dan Ar Wern . Copyright arbredor.com 2007 et 2008 .

                                      ___
Notes  :
35 -
Epicure , philosophe grec né à Athènes ( - 342 / 341 - - 270 )  

36 - Cet épisode évoque la mort du lieutenant Fournier ( Alain-Fournier , l'auteur du " Grand Meaulnes " , 1913 ) , tué lors d'un combat dans le bois de Saint-Remy ( Meuse ) , le 22 septembre 1914 .
37 - Ruines de la Cathédrale Saint-German , sur l'îlot Saint Patrick , à l'ouest de Man ( Mannin ) . Monastère de Saint Colomba , sur l'île d'Iona , en Ecosse
38 - " La Demeure Enchantée " , I , 1 - La Jeune Fille et la Mer - " Le Livre de Virginia " , X , 20 . 

39 - Montagne écossaise ( A' Mhor Bheinn , 706 m ) , dans le comté de Caithness ( Gallaibh ) . 

OINT = Ordre International du Nouveau Temple .

                                         


FIN DE LA DEUXIEME PARTIE

6 - Confession de Roll ( I et II )
7 - La Jeune Fille et la Licorne
8 - Mari-Morgane ( I - Bleimor , II - Sur Toutes les Mers de Lune

9 - Gaeltacht ( I - Sous le Roof de la Timonerie
                      II - Détresse de Diarmaid ,
                     III - Arbor Mirabilis ( 1 )
                                   - Rêverie
                                   - Venez-vous Chercher un Signe ?
                    IV -  Iona )
 
        

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PUZZLE , CARREFOURS ET LABYRINTHE ... VII - L'Un de Nous A Raison - One of Us Cannot Be Wrong - Gant Unan ' Man Ar Gwir .

4 Octobre 2008 , Rédigé par Dan Ar Wern Publié dans #PUZZLE , CARREFOURS ET LABYRINTHE


 

 

 

 

 

L'UN DE NOUS A RAISON

 

 

" You know who I am ,
  You ' ve stared at the Sun ,
  Well , I 'm the one who loves changing
  From nothing to one
... "

 

Leonard Cohen - "You Know Who I Am " *


J'ai usé toute ma chandelle
A désirer la nuit ,
Et quand mon coeur a compris
Que , peut-être , il avait des ailes ,
J'ai pris toute la poussière
D'une vie sans sommeil ,
Pour la mettre dans ton petit soulier ,
Il me faut bien avouer
Que j'ai dérobé
Le Soleil
Au monde que tu rêvais ...


J'ai donné mon coeur au docteur ,
Il m'a dit que c'était fini ,
Puis m'a fait une ordonnance ,
Mais , tu n'as jamais saisi
Qu'il s'était perdu
Dans un rayon de bruine ,
Pour une Lune de miel ,
J'ai entendu dire
Qu'on avait fait pire ,
En édifiant le ciel
Avec des ruines ...


Mais un Ange a crucifié
Mes souffrances dans ses yeux ,
Et je me suis senti mieux
En regardant nos péchés ,
Et je suis bien sûr
Que son coeur était pur ,
Quand l'eau l'a entraîné ,
Son esprit est parti ,
Mais son corps a continué
A brûler ...


Et l'Homme des Neiges m'a montré
Le cristal de ses cheveux ,
Mais il n'a pas cessé de trembler ,
Ses doigts et ses lèvres étaient bleus ,
Je suppose qu'il est mort gelé ,
Quand le vent l'a emporté ,
Mais toi , tu restes là ,
Dans ton désert de glace ,
O , laisse-moi seulement
Prendre sa place ...


Devet ' m eus va goulaouenn
Oc'h hiraezhin d 'az noz ,
Met p 'en deus graet an den kozh
Askellig d 'ar Rozenn-Wenn
,
Tennet  'm eus holl boultrenn
E vuhez-klask

'Vit he lakaat war da lerc'h ,
Ha dav eo din anzav 
' Oan skornet a-bezh ,

Met deut yenoc'h ivez gant ar verc'h ,
An erc'h ... **

 

 

 

 

 

 

 

 



 

DAN AR WERN - Puzzle , Carrefours et Labyrinthe ... - VII - L'Un de Nous A Raison - 1974 / 2008 - Pep gwir miret strizh / All rights reserved / Tous droits réservés - Awenet gant kanaouenn Leonard Cohen , " One Of Us Cannot Be Wrong " , Copyright Stranger Music Inc. New-York , 1967 , 1968 - All rights reserved - From the album " Songs of Leonard Cohen " , Copyright 1968 - Sony Music Entertainment Inc. / Columbia - All rights reserved .
" Puzzle , Carrefours et Labyrinth ... " , Copyright 2006 .


 

 

" You Know Who I Am " , Copyright 1967 , 1969 by Stranger Music Inc . - All rights reserved - From the album " Songs From a Room " , Copyright 1966 - Sony Music Entertainment Inc. / Columbia - All rights reserved .

 

 

**  " J'ai brûlé ma chandelle à désirer ta nuit , mais quand le vieillard fit sa cour à la Rose Blanche , j'ai enlevé toute la poussière de sa quête pour la mettre derrière toi , et je dois avouer que j'étais complètement gelé , mais que la neige aussi s'était refroidie à cause de la fille ... "

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LE PASSEUR DES MONDES ( 1er Cercle ) - VII - L'Accomplissement - 9 - Gaeltacht - III - Arbor Mirabilis 1 / Venez-Vous Chercher un Signe ? Do You Come for a Sign ? Un Diougan e Teuit da Gerc'hat ?

29 Septembre 2008 , Rédigé par Dan Ar Wern Publié dans #Trilogie 1 " Le Passeur Des Mondes "

 

Premier Cercle : A La Pointe Du Jour ...


Le Passeur Des Mondes ( VII )


Deuxième Partie


/ L'Accomplissement /

" Les idéées qu'il s'était faites du voyage , n'avaient pas été accompagnées de l'impression étrange qu'il ressentait à cette heure où , pour la première fois , le monde de son enfance lui était brusquement enlevé , et où il semblait jeté par les flots sur une rive étrangère . "
Novalis - " Heinrich Von Ofterdingen " , I , 2 .


- Gaeltacht -


9 - Gaeltacht ( Voyage Dans les Îles )


III - Arbor Mirabilis ( 1 )

       Venez-Vous Chercher un Signe ?

" Et voici qu'à travers les nuées ,
   ... Les Dieux Kymris , du fond de la nuit accourus ,
  Abordaient l'île sainte , immuable sur l'onde ,
  Mona la vénérée , autel central du monde
... "

Leconte de Lisle - " Le Massacre de Mona

( " Poèmes Barbares " , 1862 )



      Cependant , quelques bruits retentirent dans le lointain .
La réalité terrestre essayait de se faire entendre avec insistance aux oreilles du jeune homme qui s'était mis à somnoler contre une barque vermoulue dissimulée sous les pilotis d'une cabane de pêcheur .
Des voix s'étouffèrent d'abord dans la ouate moelleuse d'un profond sommeil , puis tentèrent de percer le mur d'insouciantes rêveries enfantines .
     Ses membres s'étirèrent mollement , ses yeux cillèrent , mouillés de rosée matinale , avant d'éclore comme le calice d'une fleur sous les premiers rayons du soleil .
     - Terre , droit devant ! Terre , droit devant !  
Des pas précipités battirent le plancher de bois , des portes claquèrent .
Toute une agitation fébrile saisit la " Mari-Morgane ", rompant avec la monotonie de son interminable traversée .
J'ai dû faire un cauchemar , songea Yann .
      Il était déjà debout , se demandant quelle heure il pouvait être .
Il avait faim .
Les borborygmes de son estomac traduisaient sans doute aussi l'impatience du navire dont les réservoirs plus ou moins vides réclamaient justement leur dû .
Les machines ralentirent peu à peu , et la houle , clapotant contre la coque , se contenta désormais de marteler avec plus de lenteur ses claquements secs de tambour .


      - Si tu savais ce qui m'est arrivé cette nuit ...
Roll était descendu de la couchette supérieure avec la mine fâcheuse d'un mauvais sommeil .
Un drôle de rêve je crois bien , mon vieux , fit le pauvre gosse aux traits tirés qui ne savait par quel bout raconter son histoire .
L'attitude et les paroles de réconfort de son plus proche ami tentèrent de calme son angoisse .
      " Je me baladais sur des montagnes ... , commença-t-il d'une voix mystérieuse .
Il y avait comme une lumière bleutée , insolite ... On aurait dit que la Lune m'avait décoché son plus beau sourire de Joconde ... Tu te souviens ? Ce portrait sur notre livre d'école pendant le cours de Monsieur Mauron , l'instituteur .
Et puis j'ai rencontré un berger de mon âge qui veillait sur son troupeau .
Que faisait-il sur la route à cette heure , celui-là ? , me demandai-je .
- , belle nuit pour une promenade ! , me lança-t-il en s'éloignant le plus vite possible , comme s'il avait peur de ma présence .                                 
     

      " Je me suis bientôt retrouvé seul , fit le garçon , la larme à l'oeil .
Le vent s'était retiré , pas un souffle d'air ...
" La Nature paraissait guetter un évènement d'importance .

      Il ne restait plus que moi , semblait-il , tandis que la Terre menaçante montait vers lui sa masse d'océan sombre pour observer ce ciel d'encre scintillant d'étoiles !
C'est alors que j'assistais au spectacle le plus fantastique jamais vu en ce monde : un immense vaisseau spatial surgissant du sommet , composé de plusieurs sphères lumineuses , des boules vertes reliées entre elles , qui laissaient s'échapper des traînées noires , blanches , rouges , de leurs tuyères !
J'en avais compté dix en tout , trois de chaque côté , le reste au milieu dont la plus grosse des quatre scintillant comme un Soleil flamboyant !  
     

      " Tu sais , reprit-il après une petite pause , si je te parle de çac'est parce que j'ai eu l'impression de vivre quelque chose d'irréel ...
Mais comment te dire ce que je ressentas ? Pour qui dois-tu me prendre ?
C'était comme un feu d'artifice aux couleurs étincelantes , comme une fête majestueuse agitant toute la voûte céleste
Comment te l'expliquer ?

 

      " J'étais sûr que des êtres supérieurs se trouvaient là ... Je les devinais au travers des hublots teintés de leur aéronef .
En même temps , je me suis senti merveilleusement exalté par leur présence , mais aussi très calme , d'une sérénité surprenante , un peu comme lorsqu'on a marché longtemps dans la forêt ... "
     

      Ce tableau parut plaire à Yann et même un peu le rassurer , car il avait écouté sans dire un mot , ne lui laissant paraître aucune émotion , son cousin dont la sincérité , pour lui ne devait faire aucun doute , ayant rapproché sa propre expérience onirique de cette stupéfiante vision .
 

      " Tu vois , ça m'a rendu malade quand j'ai senti la force de leur amour et de leur intelligence qui me brûlaient !
Je me suis jeté face contre terre ! Je voulais t'appeler , je désirais tellement partager la joie de cette minute inoubliable ! , confia-t-il ensuite à celui qui le dévisageait longuement , bouche bée , d'un regard fixe .
" Mais je n'ai pas pu ... "
    

     Quelle histoire ! , avait songé Yannig .
     Roll avait changé . Sa métamorphose était visible , un peu à l'image d'une chrysalide qui , soudain , se mue en papillon .
- Tu ne diras rien à personne ! , lui avait répété ce dernier .
Tu comprends , je suis sûr que ce sont nos vrais pères . Jamais je ne pourrai les oublier ...
     Le fils de Mona baissa la tête , vaincu par la peur et l'émotion . Quelque chose leur était arrivé qu'il avait sans doute pressenti sans toutefois pouvoir davantage en éclaircir le sens .
Il s'efforçait tout de même en évoquant sa propre aventure , d'y voir un parallèle .
Mais il se rendit compte plus ou moins consciemment qu'ils avaient entamé , à Dieu ne plaise  , une sorte de nouvel apprentissage , et que , très tôt , surviendraient d'autres phénomènes terrifiants comme celui-ci !


      ... Après la mort de son père , Mona avait récupéré le livre de bord de la " Mari-Morgane " , toujours tenu par le capitaine avec le plus grand soin .
Des volumes de pages défraîchies s'empilaient en nombre dans les caves du château familial et dans la maison de Lorient .
Toute une existence exaltante s'y trouvait consignée , une vie de marin , qui ne s'inscrit pas simplement comme un nom d'homme sur le fronton d'une église ou la tombe d'un cimetière .

La conteuse , à qui ses dons de voyance donnaient une intuition profonde , avait tenté de lever le voile occultant ce fameux périple . Mais en vain .
La barrière était dressée " comme dans la parabole de Job " , avait-elle imaginé : 

 

" Qui a barricadé la mer avec des portes 
  Quand je lui impartis pour vêture la nuée 
  Et pour langes , le brouillard
 ? " ( 31 )

      Sans doute aurait-il paru difficile au peuple de la terre de comprendre les vraies raisons d'une telle étrangeté : pourquoi , brusquement , le mystère d'une brume épaisse avait-il ancré miraculeusement notre belle et vaillante coursière au port d'Iona , bien loin de sa destination présumée d'origine , la petite ville écossaise d'Oban ?
      Notre vieux loup de mer , comme à son habitude , avait résumé l'essentiel :
" ... En fin de matinée , écrivait-il , nous atteignîmes l'île d'Anglesey , ou des Druides , l'ancienne Mona où s'érige la Croix de Vie , dans le nord du Pays de Galles .
C'était une belle journée , bon vent , bonne brise , pas un nuage dans le ciel .
Nous devions juste , avant de repartir , nous y ravitailler en vivres et charbon .
Les enfants s'éveillèrent lorsque les amarres de poste venaient d'être jetées à l'estacade du port d'Holyhead .
      " Une certaine animation régnait aux environs des quais .
Des vendeurs à la criée vantaient leurs marchandises . Nous n'eûmes pas beaucoup de mal à trouver ce qui nous faisait le plus défaut , d'autant que j'avais , dans la place , quelques accointances .
Mon second fit embarquer , pour le compte du cuistot , du pain , du riz , trois fromages d'Irlande ainsi qu'une provision de liqueur et d'eau-de-vie , des pièces de viande et du poisson séché , du blé pour quelques poules , des caisses de sucre et  puis un tonneau de fleur de farine .
Sans parler des légumes frais du marché , des oeufs , du lait ...
Nous achetâmes aussi trois sacs de clous , deux nouvelles haches , quelques menus cordages ...
Bref , tous objets de maintenance nécessaires pour ce court voyage et qui serviraient à bien d'autres , dans l'avenir .

Car nous étions neuf à bord , les réserves s'épuisaient .
Mais une chose m'intrigua : j'avais beau essayer de distraire nos diables de moussaillons par mes pitreries , je n'y arrivais pas comme de coutume .

Au contraire , ils me toisaient bizarrement , les pauvres , comme s'ils avaient perdu l'insouciance et l'entrain de leur jeunesse pendant la nuit ... "
      

      La croisière devait se poursuivre tandis que le capitaine irait faire sa petite sieste et que Houarn prendrait les commandes .
Le cap fut fixé au Nord-Est .
" Nous hissâmes la grand'voile 
car on pouvait sentir le souffle d'une légère brise , notait Tadig . 
Avant de gagner sa couchette , il avait passé quelques consignes :
- Nous longerons l'île d'Arran par le canal Nord , la Firth of Clyde , au large du Mull of Kintyre ...  Ensuite , le loch Crinan . Puis , tu caboteras doucement vers la côte en passant les îles Seil et Kerrera . Quant à Shuna et Luing , laisse-les sur ta droite
! " 
        Par la suite , le récit montrait que la navigation s'était déroulée sans histoire jusqu'au fameux Corryvreckan .
C'est là qu'ils parvinrent , vers quatre heures de l'après-midi ...

        " Ce n'était pas la première fois que je venais par là ,  nous expliqua le grand-père .
Le passage est très dangereux , c'est vrai , on le compare au Raz de Sein .
La mer montante s'y précipite entre les îles Jura et Scarba
, créant une sorte de  formidable tourbillon !
Mais je ne voulais sûrement pas faire comme ce prince scandinave dont parle Jules Verne , et qui , selon la légende , a donné son patronyme au lieu horrible qui vit périr son pauvre navire !

( 32 )
Donc , nous croiserions bien au large , lorsque la ligne de foi du compas serait mise au rhumb de l'est-nord-est .
Nous étions tous très vigilants !
C'est ainsi que nous dûmes très vite amener les voiles .
        " ...  Pour me rassurer , je jetai un rapide coup d'oeil sur les monts Grampians , dominés par le Ben Nevis , et sur les lointains d'Argyll .
Et , de l'autre côté , à l'horizon du sud , j'avais aperçu le phare d' Oronsay
... 
        " Le voilà , notre affreux gouffre ! , lancé-je aux enfants , qui se montrèrent impressionnés par le fracas des eaux . 

        " Que s'est-il passé après ? Difficile à dire ...
Tandis que mon petit-fils , entendant mes paroles , fonçait vers l'avant du bateau sans m'écouter davantage , un " fog " du tonnerre de Brest , une purée de pois jamais vue , tombèrent brutalement sur nous
!

        " Plus personne ne s'est souvenu de quoi que ce soit d'autre ! , conclut le narrateur . Pas même Yannig . On a peut-être dormi ?
Oui , c'était sûrement le marchand de sable ! Il nous a tous emporté loin sur son nuage blanc tel un cygne d'outre-monde !
Ou étaient-ce l'ïle de Llangoed , le prieuré de Penmon ? Etions-nous tombés au passage dans le puits de Saint Seirioll ? ( 33 )


        " Mais , sapristi , - que je sois pendu ! , ( ha me vo krouget ! ) - , s'exclamait-il encore , que faisions-nous juste à l'opposé de notre route  ? "

        Ce fut sans doute sa dernière phrase ...
 

        " Deux jeunes princesses nous attendaient sur le quai , crut plus tard se rappeler Roll : c'étaient jumelles , de toute évidence , avec des regards de mer profonde éclairant leurs doux visages d'une incomparable clarté ...
 L'une d'elles portait un " snood " , sorte de coiffe écossaise . La blondeur de sa chevelure aurait pu ternir celle des blés . L'autre était une brune aux yeux verts
! 

       
- Je suis Moïna la bien-aimée , dit celle-ci , la vierge souriante ... Venez-vous chercher nos 360 croix ? Je quitte ma retraite , où je soupire en secret ... Me voici , dans toute ma beauté , comme la Lune au bord des nuages rayonnants de l'Orient ...
Venez-vous chercher un signe ?

        - Je suis Fiona , la belle sans égale , avoua celle-là ... Et le bruit de mes pas légers plaît à l'oreille comme une musique célest .
Venez-vous chercher l'ombre de Duncan , qui se cache au fond de grottes de Fingal ? Venez-vous , mes amis , chercher la Verité du Livre de Kells ?
... La harpe , hélas , ne fait plus retentir les bois de Sebora ! " ( 34 )

 

   Moina-et-Fiona.jpg
                                     

           Ce furent leurs derniers mots . Deux longues silhouettes blanches disparurent , s'évaporant du calice des fleurs-fantômes du crépuscule ... Celui des Belles-de-Nuit , les Mirabilis ...

Elles ont couru si vite , et si loin de nous ... "  

                         

                                     


DAN AR WERN - Le Passeur Des Mondes ( 1er Cercle ) - VII - L'Accomplissement / Gaeltacht - Deuxième Partie9 - Gaeltacht - III - Arbor Mirabilis 1 ( Venez-Vous Chercher un Signe ? ) - Pep gwir miret strizh / All rights reserved / Tous droits réservés  . " Le Passeur Des Mondes " , Copyright 2005 SGDL / Dan Ar Wern . Copyright arbredor.com 2007 et 2008 .

                                      ___
Notes :
31 -
Livre de Job , 38 , versets 8 à 11 .
32 -
Tout ce chapitre ( ainsi que le nom des îles calédoniennes ) s'inspire du merveilleux livre de Jules Verne intitulé " Le Rayon Vert " ( 1882 ) . Voir note 29 .
33 - Penmon , sur l'île d'Anglesey , au nord du Pays de Galles . Eglises celtiques du 6è siècle .penwellg.gif
34 - Le Livre de Kells ( Leabhar Cheanannais ) , ou Grand Evangiliaire de Saint Colomba , manuscrit du IXè siècle . Voir illustration ci-dessous .

  



                      


                                                

 

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AUBERIVE ( Trede Kelc'h ) - 9 - An Trede Arc'h / La Troisième Arche / The Third Arch - E Brezhoneg / Version Bretonne ( 5 ) .

22 Septembre 2008 , Rédigé par Dan Ar Wern Publié dans #Trilogie 3 " Auberive " - Danevelloù

AUBERIVE ( 9 )


An Trede Arc'h ( 5 )




























Da
Ray Bradbury

"
Neuze e tigoras en Nenv Templ an Aotrou ,
  Hag e teuas war wel ennan Arc'h Santel E Emglev
. "
Diskuliadur Sant Yann ( 11 , 19 )




   
           17 - Tra ma talc'he o-daou da ziskulian o c'halonoù an eil d'egile , e oa krog a-nevez , e damc'houlou ar serr-noz , gant treluc'h mein-sked o zro-goroll vistr-divent . O vomman a-vil-vern a-ziwar islonkoù an Hent-Gwenn , e hanvalas glavan puilh , en un taol , barradoù stered luc'hus .

 
          Kouezhan a rejont war vorlenn Vrest , o sklerijennan anezhi gant un tan-arvest hollgaer .
Met ez eas pep tra buan diwar wel da c'houde .

          18 - Diwezhatoc'h , e-keit ma tispake al Loar he bravan mousc'hoarzh war an inizi , dreist dremmwel damruz an Diskuliadur , e splannas er pellder , e-kreiz spesoù skornet ar bed kozh , ur pezh houarnaj e stumm ur groaz .
Dizoloet e oa evel-se un daolenn spontus , gant rivinoù e pep lec'h : ur bern traoù mesk-ha-mesk , strewet a bep tu , tammoù kirri-tan bet losket ha penseet a-leizh , dismantroù liesseurt o tivogedin , relegennoù tiez-labour pe listri-brezel niverus ...
An Arsanailh kozh e oa .
War-du an donvor , e klaskas aonik skleurennoù bennak liv glas treuzin aezhennoù ar vrumenn ...
Ur goulm splann a zifoupas eus neblec'h a-dreuz an egor , o terc'hel ganti en he beg ur skourrig wezenn-olivez torret .
Neuze ez entannas an oabl a-bezh gant kantadoù gouleier skedus !
Flammoù spi , leun a veurded hag a garantez , a zeuas don e kalonoù gloazet an dud , hag o trein liv du an noz , e lugernas ar Geoded Splann , a bare Gloar Doue warni !

         19 - E-tal ar meurvor didermen , a laka gwagennoù diniver da lintran sked-disked , e taoulinas ar re-holl . Evel eneoù dasorc'het ' oant .
Marteze e kouezhfent bremaik e poanioù an Ifern ?
Pe anez , ez afe an trec'h dezho , d'o doareoù bevan toullbac'het war an Douar kent ?
         Gwelet e vefent o vervel dizehan , chal ha dichal , a-raok dont en-dro 'man , da c'henel , eus aodoù ar Bed-hont , lusket anezho o c'halon , leun-barr a levenez hag a beoc'h .
         "Sell 'ta , breman ! , a hopas dezhi an den yaouank . 
Un egorlestr bras-divent en doa riklet goustad betek gorre ar mor .
" Evel un dour sklaer-tre eo , a red war wer strink , hag a zistaol warnan sklerijenn an Heol " ( 7 )

           Aon 'oa aet diganto . Minc'hoarzhin a rae hepken , ur santad a wenvidigezh war o dremm .
" Dalc'h sonj , mamm , Diougan hon hendadoù
  ... ( 8 )
" Dalc'h sonj , eme c'hoazh ar bugel , a zalc'he start brec'h e baourkaezh vamm .
           Dirollan a reas Laura da ouelan .
He buhez-pad a wele c'hoazh , gant he hent fall .
" Se eo Arc'h Noah an dra-man ? , a hirvoudas .
En diwezh ...



ECHU
                                          ___

 

DAN AR WERN - Auberive ( Trede Kelc'h ) - 9 - An Trede Arc'h ( 5 ) - 1992 / 1993 - Pep gwir miret strizh / Tous droits réservés / All rights reserved - Breton Version / E Brezhoneg . " Auberive " , Copyright 2006 - Embannet war " NIDIAD " n°16 ( Here 2013 ) .

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Notennoù :
7 - Santez Tereza Avila :  " Oberennoù  " .

8 - Diougan " Tilsam ar Sterenn " ( C/f : An Erbeder 

 

 

Luc'hskeudennoù ar film : " Close Encounters of the Third Kind / Emgavioù Tost an Trivet Stumm " , gant Steven Spielberg ( 1977 ) . All rights reserved .


" Dre holl ha da viken ,
  E splanno glas an dremmwel  !
  Da viken ... Da viken ... "
Gustav Mahler - Kan an Douar / Das Lied von der Erde ( Kimiad , der Abschied )


 
                                 
                                                

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